Santé durable : l’Afrique appelle à une action collective

Plus de 200 personnes, venues de la santé humaine, animale et environnementale, se sont réunies en webinaire le 3 avril 2026. Parmi elles, des représentants d’institutions publiques, d’universités, de la société civile, des médias et des jeunes africains. Elles ont préparé le « One Health Summit » qui aura lieu le 7 avril 2026 à Lyon. Leur objectif est clair : faire avancer en Afrique l’approche « One Health », qui relie la santé des humains, des animaux et des écosystèmes.

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Vue d’ensemble

L’organisation Galien Africa participe activement à cette dynamique mondiale. Elle était présente aux éditions 2023 et 2025 du forum « One Sustainable Health for All ». Elle a aussi largement contribué à l’organisation d’un forum à Dakar en 2024, marquant ainsi la volonté de l’Afrique de jouer un rôle moteur dans la promotion d’une santé durable et collaborative. Aujourd’hui, Galien Africa dirige les groupes de travail issus de ces forums et promeut une approche intégrée de la santé, avec une contribution africaine originale.

Des constats partagés

Les participants ont rappelé que les crises sanitaires, climatiques, environnementales et alimentaires actuelles montrent l’interdépendance étroite entre la santé des populations, celle des animaux et celle des écosystèmes. Ils ont réaffirmé que l’Afrique, riche de ses expériences, de ses innovations et de ses dynamiques communautaires, doit jouer un rôle central dans la construction d’un modèle mondial de santé durable, équitable et résilient. Ces constats s’inscrivent dans la continuité de la Déclaration de Lyon, adoptée en novembre 2025.

Dix engagements pour l’action

Les participants appellent les gouvernements, les institutions régionales et les partenaires internationaux à passer à l’action. Ils demandent d’abord d’institutionnaliser durablement l’approche One Health en renforçant les cadres juridiques et une gouvernance coordonnée. Ensuite, ils recommandent de développer des systèmes d’alerte précoce intégrés reliant santé, climat et environnement. Ils insistent aussi sur l’investissement dans les données et les technologies géospatiales pour mieux prévenir les crises, tout en garantissant un accès libre et équitable aux informations fiables.

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Panel d’échange

Les participants veulent encourager l’innovation africaine adaptée aux réalités locales, en soutenant des solutions frugales et concrètes. Ils appellent à accélérer la production locale de solutions de santé, notamment dans les domaines pharmaceutique, vaccinal et des technologies médicales. Ils demandent également de renforcer le capital humain africain en formant des compétences capables de transformer les systèmes sanitaires et environnementaux.

Améliorer la coordination entre acteurs et initiatives est un autre point clé : il faut cartographier les actions et partager les ressources et connaissances. Les participants insistent aussi sur une participation communautaire inclusive, associant pleinement les communautés locales, les jeunes et les femmes à la conception et à la mise en œuvre des politiques One Health. Ils reconnaissent le rôle stratégique de la société civile et des médias pour la sensibilisation et la mobilisation citoyenne. Enfin, ils appellent à renforcer le leadership africain dans la gouvernance sanitaire mondiale, en portant une position coordonnée du continent dans les forums internationaux.

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Délégation Galien Africa

Un appel à transformer les paroles en actes

Les participants demandent que ces engagements se traduisent par des actions concrètes, mesurables et financées. L’objectif est de faire de l’approche One Health un levier structurant pour la souveraineté sanitaire, le développement durable, la résilience climatique et l’équité en santé en Afrique et dans les pays du Sud. En adoptant cette déclaration comme un engagement commun pour un avenir plus juste, plus sûr et plus durable, ils réaffirment leur volonté de poursuivre le dialogue, de renforcer les partenariats multisectoriels et de contribuer activement aux travaux du One Health Summit de Lyon 2026.

Megan Valère SOSSOU




Gouvernance, données et innovation : le triptyque gagnant du One Health à l’africaine

Si l’approche « Une seule santé » semble parfois théorique en Occident, l’Afrique, et particulièrement le Sénégal, en a fait un laboratoire grandeur nature. Entre leadership politique, exploitation des données spatiales et production locale de solutions, le continent avance ses pions. Décryptage à travers les interventions percutantes de plusieurs experts réunis en prélude au sommet de Lyon.

images ONE HEALTH

L’un des principaux freins au déploiement du One Health est souvent le cloisonnement des ministères. Le Sénégal a choisi de briser ce mur en plaçant son dispositif sous l’autorité directe du Premier ministre. Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, secrétaire permanente du Haut Conseil national de la sécurité sanitaire One Health, détaille : « Notre cadre institutionnel associe l’ensemble des secteurs – santé humaine, animale, environnement – mais aussi la société civile, le secteur privé, les universités, les forces de défense et même les organisations professionnelles. C’est une gouvernance collaborative et intersectorielle. »

Pr Ibrahima Seck renforce cette analyse : « Le Sénégal est considéré comme un pays pionnier en Afrique de l’Ouest. Dès 2017, nous avons institutionnalisé cette approche. Notre force, c’est la volonté politique forte. Mais notre efficacité reste limitée par des contraintes opérationnelles et financières. » Le défi, aujourd’hui, est de transformer ce bel édifice institutionnel en résultats tangibles sur le terrain, grâce à un financement durable et une meilleure coordination.

Des satellites pour anticiper les crises

L’un des angles morts du One Health est souvent la faiblesse des systèmes d’alerte précoce. Dr Naledzani Mudau, de l’Agence spatiale sud-africaine, apporte une réponse technologique concrète : « Grâce aux images satellite, nous pouvons cartographier les habitats, même informels, et identifier les zones exposées aux vagues de chaleur ou à la mauvaise qualité de l’air. Ces données permettent aux décideurs de cibler les interventions avant que la crise ne survienne. »

M. Gerry Gimaiyo (Fondation Rockefeller) ajoute une dimension politique essentielle : « Aujourd’hui, les données climatiques et sanitaires sont cloisonnées. En intégrant ces informations – par exemple via des desks météo-santé déjà opérationnels au Sénégal, au Kenya ou en Afrique du Sud – nous pouvons passer de la réaction à l’anticipation. Mais nous sous-estimons largement l’impact des vagues de chaleur sur la santé parce que nous ne le mesurons pas. Or, ce que nous ne mesurons pas, nous ne le finançons pas. »

Produire localement pour exister

Le troisième pilier de la stratégie africaine est la souveraineté sanitaire. Pr Issakha Diallo est sans détour : « La pandémie de COVID-19 a révélé notre dépendance inacceptable aux importations de médicaments et de vaccins. L’Afrique produit moins de 20 % des médicaments qu’elle consomme. »

Sa solution : l’« innovation frugale ». « Nous avons besoin de solutions simples, robustes, peu coûteuses et réparables localement. Cela passe par des diagnostics portables, la télémédecine via mobile, et l’intelligence artificielle formée sur nos propres données. » Il appelle à former des « innovateurs sanitaires » dans les universités, et non plus seulement des cliniciens, pour endiguer la fuite des cerveaux.

Pr Francine Toumi abonde : « La souveraineté sanitaire ne se décrète pas. Elle se co-construit dans nos laboratoires, nos universités et nos politiques publiques. L’Afrique ne doit pas être un éternel consommateur. »

La leçon venue du Kenya : co-construire avec les communautés

Enfin, aucune politique ne réussit sans l’adhésion des populations. Pr Salome Bukachi raconte une histoire éloquente : « Lors de l’épidémie de fièvre de la Vallée du Rift en 2006, le gouvernement kenyan a interdit de consommer lait et viande. Mais pour les communautés pastorales, c’était leur seule source de nourriture et de revenus. Ils ont continué. L’intervention a échoué. »

La leçon est claire : « Rien pour nous sans nous. » Les communautés doivent être associées dès la conception des programmes. Les jeunes et les femmes, souvent marginalisés, doivent avoir une place centrale. « Les jeunes utilisent la musique, les défilés de mode, les sports pour sensibiliser leurs pairs. C’est une force que nous devons systématiquement intégrer », ajoute-t-elle.

l’Afrique, laboratoire d’un One Health pragmatique

À quelques jours du sommet de Lyon, les experts africains apportent une conviction forte : l’approche « Une seule santé » ne peut plus se contenter de discours. Elle exige un leadership politique au sommet, des outils technologiques pour anticiper, une production locale pour ne plus dépendre, et une inclusion réelle des communautés pour que les mesures soient acceptées. Le Sénégal, le Kenya, l’Afrique du Sud montrent la voie. Reste à convaincre les bailleurs et les États de transformer ces expériences prometteuses en politiques à grande échelle.

Megan Valère SOSSOU




Climate Justice : A new generation of climate reporters emerges in Benin

Thirty young Beninese activists and journalists gathered in January 2026 at the Hôtel Le Doppel in Bohicon for the Benin Youth Climate Reporting Academy project. This initiative by the Save Our Planet NGO aimed to strengthen the capacities of these young people from Bassila, Parakou, Abomey, Calavi, Ketou, Porto-Novo, Savalou, Zogbodomey, and Bohicon. For trainer William Tchoki, this approach is essential : « The more of us there are talking about the environment, the more we can impact the population on environmental issues. »

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Vue d’ensemble

During the training workshop, participants learned about the challenges of climate change, climate justice, and storytelling and media production technique. Anna Tchagnonsi, a student and activist, recalls a key definition: « This day taught me a lot… I was able to note… that when we talk about climate change, we must note that it is an increase in the earth’s average temperature and it is caused by the emission of greenhouse gases. »

The training was delivered by a quartet of experts: Megan Valère Sossou, environmentalist; Rachida Yenoukounme Houssou, journalism consultant; Dr. William Tchoki, environmental journalist; and Modeste Glin, radio journalist. Trainer Rachida Yenoukounme Houssou emphasized suitable formats : « The news report : more concrete, you see certain realities firsthand… Interviews : short video or audio… An image that conveys a lot. »

The academy combined theory and practice with a field visit to a rainwater harvesting site under the Program for Urban Adaptation to Climate Change (PAVICC) in Bohicon. For Sylvain Ecatcho from Bassila, this training is crucial : « I believe this training comes at just the right time to address some problems that my community… faces due to climate change. It will lead me to produce journalism that will… lead the population to change its behavior. »

Following this immersion, each participant received individual coaching. Daré-Montan Dossoumon, a journalist participant, now feels equipped: « Today I am able to identify a problem in my society and solve it through journalistic production that addresses an aspect of climate. »

The workshop culminated in the official creation of a Beninese Network of Young Climate Reporters, led by a coordination team of three elected members and three regional representatives, including Anna Tchagnonsi for the North. For her, the mission is clear: « To better reach our audience, we must provide solutions after identifying the problems. »

Supported by the Earth Rising Foundation and the Arete Arts Foundation, the project plans to award prizes for the best productions with work equipment.

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Atelier de formation

William Tchoki praised this initiative : « It is a major step that Save Our Planet has taken by providing the basics of understanding to our young colleagues. » He insists on specialization: « I insisted on this question of specialization… the environment is an issue that touches every aspect of human life… if more of us talk about it, we will undoubtedly impact a lot of people. »

Rachida Yenoukounmè Houssou, for her part, appreciated the diversity of profiles : « It’s a good mix… it’s time for [the activists] to learn the rules of content production. » An opinion shared by activist Aurelle Kouagou: « I especially appreciated our sessions on content production techniques in a climate context. After this workshop, I will be able to debate on subjects concerning the climate and the environment. »

Honella Adogbo-Medagbe




Climathon Parakou 2025 : des talents révélés, des solutions prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin

Démarré le vendredi 24 octobre, le Climathon Parakou s’est clôturé ce samedi 25 octobre 2025, avec des solutions innovantes et prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin. Organisé par Impact Hub Cotonou, l’événement visait à réunir des jeunes pour proposer des solutions innovantes pouvant permettre de renforcer la résilience des exploitations agricoles, d’améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et de promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes au Bénin. Pendant deux jours, les jeunes participants ont eu droit à des communications, des échanges et l’opportunité de défendre leurs idées de projet, en faveur d’une agriculture résiliente au changement climatique et de la sécurité alimentaire.

Après avoir passé leur Gate Check et validé leurs problématiques, les jeunes, répartis en 8 équipes, se sont lancés dans la recherche de solutions innovantes, qui puissent répondre aux enjeux climatiques. Le jury composé de M. Dimitri Koto N’gobi, directeur exécutif de GRADEB-ONG et préfet des jeunes du Borgou (président du jury), de M. Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou (1er membre du jury) et de M. Bernus Zinsou Djibé, agroforestier et spécialiste en microbiologie des sols (2ème membre du jury), a évalué avec objectivité et impartialité les différentes idées de projet présentées par chacune des équipes.

A l’arrivée, trois équipes se sont distinguées : « TEAM FOR CLIMATE » remporte le 1er prix,  « AGRI SMART » est sacrée 2ème, et « SEEDS OF THE FUTURE » part avec le 3ème prix du Climathon Parakou 2025. « C’est vraiment un plaisir pour nous de voir notre projet dénommé ‘’Agri Dech’’ remporter le 1er prix du Climathon Parakou 2025 », s’est réjouie Elsie Akodjenou, membre de l’équipe « TEAM FOR CLIMATE ». Ce projet, dit-elle, permettra aux paysans de valoriser les déchets agricoles et de les utiliser pour booster leurs productions. Alors que « SEEDS OF THE FUTURE » veut renforcer la chaine de valeur autour des semences améliorées en connectant les différents acteurs de la chaine, l’équipe « AGRI SMART » quant à elle se montre sensible aux peines des maraîchers. L’équipe a proposé un système d’irrigation basé sur l’intelligence artificielle, qui pourrait améliorer les pratiques maraîchères. « Ce système d’irrigation permettra d’arroser les plantes directement, sans que le maraîcher n’ait à trimballer des arrosoirs », a clarifié Boris Fagbedji, membre de ladite équipe.

Le Climathon Parakou 2025 tient toutes ses promesses

Les organisateurs du Climathon Parakou se disent satisfaits de l’engouement observé chez les participants, qui durant deux jours, se sont activement impliqués dans les différentes activités. Pour Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou, l’objectif est largement atteint. « Ce Climathon m’a permis de voir qu’il y a des jeunes pétris de talents. Nous avons vu des solutions très intéressantes qui pourront venir répondre à des questions pressantes », s’est-il réjoui.

Du côté des participants, l’on est tout aussi satisfait et reconnaissant. Nasirath Konmy a activement pris part au Climathon. « Je viens de comprendre que le changement climatique est un grand défi, et que nous, jeunes, avons un grand rôle à jouer dans la résolution des problèmes posés par la crise climatique actuelle », a-t-elle laissé entendre, sans manquer de remercier Impact Hub Cotonou et ses partenaires. Josiane N’touama, entrepreneure agricole qui a également pris part au Climathon, fait une doléance : « C’est l’occasion de demander au Gouvernement de nous aider, en nous facilitant l’accès au financement, que ce soit au niveau des institutions de microfinance, des banques ou des institutions internationales », a-t-elle plaidé.

Soulignons que cette édition du Climathon a reçu le soutien de plusieurs partenaires : Climate KIC, Tecnologico de Monterrey, GIZ, Green Climate Fund, German cooperaties, VIC-AFRICA, Université de Parakou, Planet Times, Journal Santé Environnement, Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Investisseurs & Partenaires, IDD ONG, Gouvernement des jeunes du Bénin, ABSE ONG, GRADEB ONG, Agricultural Expertise Center, et Digigreen Agri Center. Elle a permis de révéler de jeunes talents, porteurs d’idées et de solutions pour une révolution des pratiques agricoles, indispensable pour assurer durablement la sécurité alimentaire, un défi persistant au Bénin.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




« Vacances CPZ Junior » : Une plongée historique et culturelle pour les enfants des professionnels des médias du Zou

Le Club de la Presse du Zou (CPZ) a offert une journée immersive aux enfants de ses membres à travers les palais et sites emblématiques d’Abomey. Une initiative soutenue par la Maison du Tourisme d’Abomey et Région (MTAR), qui marque les esprits et renforce la cohésion familiale au sein de la communauté médiatique.

Les enfants visitent le palais d’abomey
Les enfants visitent le palais d’abomey

Grâce au soutien de la Maison du Tourisme d’Abomey et Région (MTAR), le Club de la Presse du Zou (CPZ) a organisé ce jeudi 28 août 2025 la première édition de son initiative « Vacances CPZ Junior ». Inscrite dans le programme « Allons au Palais » de la MTAR, cette activité a permis aux enfants des professionnels des médias du Zou de découvrir l’histoire et la richesse culturelle d’Abomey. Pour une association née il y a seulement quelques semaines, le CPZ marque déjà les esprits par des actions concrètes en faveur de ses membres et de leurs familles.

Accompagnés par des guides spécialisés, les jeunes explorateurs ont sillonné plusieurs sites patrimoniaux d’exception : le palais du roi Houégbadja et son exposition sur le vaudou, le monument des Allemands, le palais du roi Agboli Agbo, celui de Guézo, la maison à étage de Singbodji, ainsi que le village artisanal. Chaque étape a été l’occasion d’apprendre, d’interroger et de s’approprier une partie de l’histoire du Dahomey, ce royaume puissant et son héritage encore palpable.

« Cette initiative vise à offrir à nos enfants un cadre d’épanouissement, de découverte et de partage, en dehors du stress professionnel que vivent leurs parents. Pour une première édition, c’est une réussite, et nous voulons en faire un rendez-vous annuel », a confié le président du CPZ, Camor Adignon, qui a tenu à saluer la mobilisation des membres et le partenariat fructueux avec la Maison du Tourisme.
La guide médiatrice, Angèle Adandédjan, n’a pas manqué de souligner l’intérêt de cette expérience. « Nous avons élaboré un circuit adapté aux enfants, afin qu’ils découvrent l’histoire des rois et les symboles culturels qui font la renommée d’Abomey », a-t-elle précisé.

À la fin de la visite, la satisfaction se lisait sur les visages des enfants. « On a vu les tombeaux de rois, des monuments, et on a appris beaucoup sur le Dahomey », a témoigné l’un d’eux, encore émerveillé.
En organisant « Vacances CPZ Junior », le Club de la Presse du Zou confirme sa volonté de bâtir une communauté solidaire et dynamique, qui valorise non seulement les professionnels des médias, mais aussi leur famille. À peine né, le CPZ démontre déjà qu’il entend jouer un rôle moteur dans la vie associative des professionnels des médias du département du Zou.

Megan Valère SOSSOU




Entre légumes sains et contaminés, le Bénin face à son choix alimentaire

Alors que la production maraîchère nationale affiche une croissance record de 6,2%, atteignant 717 365 tonnes, une problématique persiste : comment distinguer un légume sain d’un légume contaminé ? Face à cette inquiétude, des femmes à Zakpota mènent une révolution agroécologique. Leur combat : nourrir le Bénin sans produits toxiques.

Valérie et ses collègues de l’association sonagnon
Dame Valérie et ses collègues ajoutent du compost aux cultures de légumes, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Dans les marchés de Bohicon ou de Cotonou, l’étalage coloré des légumes cache un dilemme angoissant pour les consommateurs. Comment reconnaître une tomate saine d’un légume gorgé de produits phytosanitaires ? Cette question, des milliers de mères de famille se la posent quotidiennement. Pourtant, une alternative existe, portée par des femmes maraîchères éprises du bien-être santé et de la protection de l’environnement.

Les chiffres officiels sont éloquents : 717 365 tonnes de légumes produits en 2023-2024, soit une hausse de 6,2% par rapport à l’année précédente. Des performances portées par des cultures phares comme le gombo, dont la production a littéralement explosé de 53,8% pour atteindre 101 003 tonnes. Une croissance agricole à double tranchant selon les spécialistes.

Pour Eric Dadjo, agroécologiste cette performance repose sur l’extension des superficies cultivées et l’usage intensif de produits chimiques. « Beaucoup de maux dont souffrent les Béninois aujourd’hui sont liés à ce qu’ils mangent » a-t-il déclaré.

Des cas concrets illustrent cette menace. À Tchaourou en 2007, 105 intoxications alimentaires dont 9 morts. À Parakou en 2010, 60 victimes recensées. À Djougou en 2011, 8 morts sur 10 intoxiqués. Derrière ces chiffres glaçants, une même cause : l’usage excessif de produits chimiques qui se sont retrouvés dans l’assiette des familles.

Le paradoxe est que la majorité des consommateurs urbains au Bénin connaissent l’existence des légumes biologiques, très peu les consomment, souvent par méfiance, par habitude ou pour des questions de prix. Une réalité démontrée dans une étude menée par le Professeur Simplice Vodouhè de l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB).

L’alternative agroécologique de Zakpota

Face à ce péril sanitaire, des femmes ont décidé d’agir. À plus de trois kilomètres du centre-ville de Zakpota, au centre du Bénin, le site maraîcher de Za-Zounmè dirigé par Valérie Djaglossou, la trentaine et son association de femmes maraîchères « Sonagnon » pratique une agriculture différente.

« Avec mes collègues, nous produisons des légumes de façon naturelle et saine en commençant par le choix des semences et le mode de culture », confie-t-elle, désignant les parcelles verdoyantes. Aubergines, concombres, laitue, vernonia, basilic, gombo, crincrins…

Une culture luxuriante nourrie uniquement au compost fabriqué sur place à base de déchets agricoles, de plantes, de fientes d’élevage et d’autres déchets domestiques.

« Pour un compost efficace, il faut choisir un endroit à l’ombre, directement sur le sol, y mettre des brindilles puis alterner des couches de matières. Nous arrosons régulièrement tout en aérant le tas avec une fourche pour favoriser une décomposition optimale », explique-t-elle.

Préparation du biopesticide à base de neem
Composition de biopesticide à base de neem, Crédit Photo Megan Valère SOSSOU

Pour lutter contre les ravageurs, Valérie et ses collègues produisent elles-mêmes un biopesticide à partir de feuilles de neem, d’ail, de piment et de cendre. « Le processus de fabrication est accessible à tous », précise-t-elle, détaillant la recette : macération pendant deux semaines, filtration, puis dilution. « Il est recommandé de diluer 1 litre de biopesticide dans 10 litres d’eau. »

Des pratiques durables recommandées

« Cette méthode de production préserve intégralement la densité nutritionnelle des légumes. Contrairement aux cultures conventionnelles souvent appauvries, les légumes agroécologiques apportent à l’organisme des nutriments essentiels. Ce qui permet le renforcement du système immunitaire plutôt que de l’exposer à des résidus toxiques », affirme Dr Bérénice Guedje, médecin nutritionniste.

Pour l’environnementaliste Artevelde Gbaguidi, cette approche est fondamentale, « Le biopesticide ne tue pas les insectes, mais les repousse simplement. Cette caractéristique est essentielle pour préserver les insectes pollinisateurs et les prédateurs naturels, garants d’une production durable de légumes sains. »

Culture de légumes sains à Zakpota
Cultures de légumes sains à Zakpota, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Cependant, ces pratiques durables se heurtent à une réalité économique implacable. Le surcoût des légumes sains constitue souvent une barrière infranchissable pour de nombreux consommateurs. La différence est saisissante : un kilogramme de tomates bio se vend à 800 FCFA et 1000 FCFA, contre 400 FCFA à 500 FCFA pour des tomates conventionnelles, le double du prix. Pourtant, Dame Valérie défend sa valeur santé avec une argumentation percutante, « Quand une cliente me demande pourquoi mes légumes sont plus chers, je lui explique : soit tu paies chez le maraîcher, soit tu paies chez le médecin. Son choix est vite fait ».

Aujourd’hui, plusieurs solutions émergent pour rendre les légumes sains plus accessibles et à moindre coût. Il s’agit de la mutualisation des coûts via des coopératives d’achat, les circuits courts de distribution qui éliminent les intermédiaires. C’est le cas de l’ONG Les Jardins de l’Espoir qui a initié le Marché Fermier les deux premiers samedis de chaque mois.

Les obstacles persistants

Comme Valérie et ses collègues de l’association Sonagnon, plusieurs autres acteurs s’attelle à la production saine des légumes mais leur chemin reste semé d’embûches. Difficultés d’accès au crédit, concurrence déloyale des légumes conventionnels. Autant de défis qui freinent l’expansion de ce modèle vertueux.

Pour renverser définitivement la tendance, les décideurs politiques ont un rôle capital à y jouer, reconnaît Innocent TOGLA, Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche : « Le développement de l’agroécologie est une réponse directe aux défis de l’appauvrissement des sols et des impacts du changement climatique. » Un avis partagé par Pierre Bédié, Président de la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB) qui invite les autorités à « soutenir davantage la production et l’accessibilité des engrais biologiques. »

Le combat de Valérie et de ses collègues maraîchères dépasse le cadre agricole. Il interroge notre modèle de société tout entier. Voulons-nous d’une alimentation qui empoisonne ou qui soigne ?

Megan Valère SOSSOU




Speak Up Africa, Sightsavers, Brands on a Mission et le REMAPSEN unissent leurs forces pour mettre en lumière les défis liés aux maladies tropicales négligées en Afrique

Du 25 au 27 novembre 2025 aura lieu le 4ème forum des médias sur le thème : Contribution des médias pour le positionnement de la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) en Afrique.

Pour la réussite de cet événement, le REMAPSEN peut compter sur ses partenaires stratégiques dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. Au nombre de ceux-ci, l’on peut citer Speak Up Africa. Selon M.Papa Djibril Faye, chargé du plaidoyer en santé à SUA« Les médias ont un rôle prépondérant à jouer dans l’éducation, la sensibilisation et la mobilisation des ressources » avant d’ajouter :« A travers ce forum, nous espérons que les journalistes du REMAPSEN seront outillés pour renforcer la couverture médiatique autour des MTN en Afrique, devenant ainsi des alliés du plaidoyer avec des récits accessibles et factuels » a-t-il conclu.

Papa Djibril Faye, Chargé du plaidoyer en Santé à Speak Up Africa

Dans une vidéo transmise au comité d’organisation et diffusée au cours de la conférence de presse de lancement le 30 mai dernier, la Professeure Myriam Sidibé, Présidente Fondatrice de Brands On a Mission(BOAM) principal partenaire des Awards du REMAPSEN a expliqué aux médias, les missions de son organisation. Selon la Professeure Myriam Sidibé, BOAM est une agence qui opère dans la santé et le développement durable. « La mission de Brands On a mission est donc parfaitement alignée sur les objectifs du REMAPSEN » a-t-elle précisé. Concernant l’implication de BOAM dans l’organisation du forum des médias et des Awards 2025, elle tire sa source de l’évidence que les journalistes peuvent publier des récits pour changer des comportements.  « Nous croyons que le récit est l’un des outils les plus puissants pour changer les comportements et à terme, les systèmes. A travers les Awards du REMAPSEN nous sommes fiers de célébrer et d’investir chaque année dans les voix des journalistes   africains, en particulier les jeunes qui façonnent les récits, porteurs de progrès ». La Professeure Myriam Sidibé a aussi indiqué que  le partenariat entre Brands On a mission et le REMAPSEN s’inscrit dans le cadre de African Voices qui visent à amplifier des solutions africaines et à valoriser les champions locaux qui redéfinissent ce qui est possible dans les domaines de la santé, du climat et du développement durable avant de conclure « BOAM attend des journalistes une approche orientée vers des solutions mettant en lumière les défis et des innovations qui émergent localement

Professeure Myriam Sidibé, Présidente Fondatrice de Brands On a Mission

Dans son message, M. Simon Bush Directeur de la lutte contre les maladies Tropicales Négligées au siège de Sightsavers à Londres a écrit ceci. « Sightsavers est heureuse de rejoindre le forum des journalistes du REMAPSEN concernant la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) qui se déroulera à Abidjan. Bien que les MTN soient évitables, elles continuent néanmoins d’affecter plus d’un milliard de personnes à travers le monde. Sightsavers aide donc les ministères de la Santé à travers l’Afrique afin de contrôler et d’éliminer cinq de ces maladies invalidantes : le trachome, l’onchocercose (la cécité des rivières), la filariose lymphatique, la schistosomiase et les vers intestinaux.

À l’heure où de nombreux progrès récents concernant la santé mondiale sont menacés, les journalistes ont un rôle essentiel à jouer en demandant aux gouvernements de rendre compte de leurs engagements en matière d’élimination des MTN. Les journalistes peuvent également partager les histoires des personnes atteintes d’une MTN afin de briser la stigmatisation liée à ces maladies et d’encourager les malades à se présenter pour suivre un traitement. ». Avec l’engagement de ses partenaires, le REMAPSEN peut être rassuré quant au succès du prochain forum des médias sur les maladies tropicales négligées et des Awards du REMAPSEN dotés des prix Michel Sidibé.




De l’Afrique de l’Ouest au sud-ouest de l’océan Indien : l’action régionale du GRID-Arendal contre la pêche INN prend de l’ampleur

Dans sa lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), Madagascar a organisé une formation intensive à la surveillance aérienne qui a présenté les technologies de pointe des drones aux autorités des pêches, aux agences gouvernementales et de surveillance, ainsi qu’aux acteurs locaux. Cet atelier, organisé par le gouvernement malgache et le WWF-Madagascar en partenariat avec GRID-Arendal et Distant Imagery, s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste d’économie bleue durable du sud-ouest de l’océan Indien (SWIO-SBE), financé par l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD).

Une personne tenant un appareil avec écran.  Description générée automatiquement.
Un groupe de personnes debout sur une plage  Description générée automatiquement

Vol de démonstration à Madagascar

Un drone dans une boîte posée sur un bloc de béton  Description générée automatiquement

Démonstration de drones à ailes Delta à Madagascar

Capture d'écran d'un jeu vidéo  Description générée automatiquement

Vol de nuit à Madagascar

Pendant trois jours, des participants du Centre de Surveillance des Pêches (CSP), du Ministère des Pêches et de l’Économie Bleue, du WWF et de l’Observatoire Indépendant des Pêches (FITSINJO) ont bénéficié d’une formation pratique sur l’assemblage et la construction locale de drones, l’intégration des opérations aériennes aux systèmes existants de Suivi, Contrôle et Surveillance (SCS) des pêches, et les techniques de surveillance en temps réel. Des démonstrations en direct au-dessus de la baie de Diego ont démontré la puissance des outils aériens pour détecter et dissuader les activités illégales.

Cette formation marque une avancée significative pour Madagascar. En intégrant la surveillance aérienne à notre stratégie nationale de pêche, nous comblons des lacunes techniques critiques en matière de capacités en adoptant des innovations qui nous aideront à protéger nos océans et à soutenir les communautés qui en dépendent.

 Rijasoa Fanazava, directeur exécutif, Centre de surveillance des pêches (CSP), ministère de la Pêche et de l’Économie bleue

Une approche holistique de la gouvernance des pêches

Si la formation aux drones constitue une avancée notable, le GRID-Arendal souligne que les outils technologiques ne constituent pas à eux seuls une solution miracle. Une réponse véritablement efficace à la pêche INN doit être globale : elle doit intégrer l’innovation aux réformes juridiques et institutionnelles, à la collaboration interinstitutionnelle, à l’harmonisation régionale et au développement des capacités à long terme.

Un groupe d'hommes assis autour d'une table  Description générée automatiquement

Intégration de la technologie des drones dans le système MCS des pêches en Guinée

« L’utilisation des technologies de télédétection en combinaison avec les technologies des drones fournit un outil complémentaire puissant aux États côtiers pour mieux protéger leurs ressources marines, améliorer la transparence et améliorer la gouvernance marine globale »,

— Romain Langeard, expert en gouvernance des pêches du GRID-Arendal

Cette philosophie sous-tend le travail de GRID-Arendal au-delà de Madagascar. En Guinée, par exemple, le projet « Renforcer la gouvernance des pêches » lancé en 2021 va au-delà de la surveillance en renforçant les cadres juridiques nationaux, en révisant les mandats institutionnels, en soutenant la mise en œuvre des traités internationaux comme l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port (PSMA) et en améliorant les voies de poursuite et de sanction des infractions liées à la pêche. Dès 2015, aux Seychelles, l’initiative « FishGuard » utilise les données satellitaires et les systèmes VMS non seulement pour l’application de la loi, mais aussi pour améliorer la coordination entre les agences maritimes, les autorités portuaires et les organismes de surveillance environnementale.

Un groupe de personnes sur un bateau  Description générée automatiquement

Déploiement de drones depuis un bateau en Guinée

Plus récemment, en Guinée-Bissau, dans le cadre du projet Bijagos Bleus, en partenariat avec le Partenariat régional pour la conservation marine (PRCM), un travail complémentaire de développement des capacités bleues a été mené par GRID-Arendal, renforçant ainsi la solidité institutionnelle locale. Ce projet soutient les organismes de première ligne, les organisations de la société civile et les communautés côtières en leur fournissant les compétences, les outils et les systèmes de gouvernance nécessaires pour gérer efficacement leurs espaces marins et soutenir les moyens de subsistance locaux sur le long terme.

Soutenir la collaboration interinstitutions régionale

L’initiative de Madagascar renforce également l’importance de la coopération interinstitutionnelle, pierre angulaire d’une gestion efficace des pêches. Le GRID-Arendal œuvre aux niveaux national et régional pour améliorer la coordination entre les autorités des pêches, la police maritime, la marine, les douanes, les autorités portuaires et les organismes régionaux de pêche. Ces liens sont essentiels pour exploiter le renseignement, partager les données et garantir une application cohérente et équitable des règles.

Ce projet pilote est plus qu’une simple mise à niveau technologique : il représente un changement radical dans notre façon de gérer nos ressources marines. Les drones offrent une surveillance rapide et économique qui peut combler d’importantes lacunes en matière de contrôle, notamment dans les zones côtières reculées où la pêche artisanale est la plus active et la plus vulnérable.

— Umair Shahid, responsable des pêches du WWF pour la région SWIO.

Le projet pilote de surveillance aérienne s’inscrit dans une vision régionale plus large de systèmes SCS accessibles et peu coûteux, adaptables et maîtrisables localement. Les enseignements tirés seront intégrés à des notes d’orientation destinées à la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI), à la Commission des pêches du sud-ouest de l’océan Indien (SWIOFC) et au Centre de coordination SCS de la SADC à Maputo. Pour ce faire, GRID-Arendal et le WWF développeront conjointement des outils de communication visuelle, des infographies et des boîtes à outils visant à sensibiliser et à développer une compréhension pratique des meilleures pratiques en matière de surveillance et de contrôle.

Un modèle évolutif à travers les régions

Le portefeuille plus large de GRID-Arendal reflète ce modèle intégré et adapté au contexte. En Guinée-Bissau, l’initiative Blue Bigajos soutient la cogestion des principales pêcheries dans les aires marines protégées tout en pilotant des structures communautaires de SCS. Le programme travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales pour mettre en place des systèmes de données et renforcer les réseaux locaux de surveillance, le tout ancré dans les principes d’équité, de durabilité et de conservation de la biodiversité marine.

Vers une gouvernance maritime modernisée et résiliente

Ce pilote de drone à Madagascar pose les bases d’un système de contrôle des pêches plus intelligent et plus réactif. Il constitue également une étape importante dans un processus plus vaste : une évolution vers une architecture régionale de gouvernance marine modernisée et résiliente, capable de répondre aux menaces actuelles et de se préparer aux défis futurs.

Grâce à ses interventions ciblées, ses partenariats régionaux et son engagement à bâtir des institutions durables, GRID-Arendal contribue à façonner un avenir dans lequel les États côtiers peuvent affirmer leur contrôle sur leurs ressources maritimes, lutter contre la criminalité environnementale et offrir des avantages durables aux millions de personnes qui dépendent de l’océan.




Des journalistes formés pour promouvoir la consommation de légumes et les bonnes pratiques culinaires

Les 22 et 23 mai 2025, la ville de Parakou a accueilli une session de formation à l’intention des professionnels des médias sur la consommation de légumes et les bonnes pratiques culinaires. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la composante 2 du projet Safe Veg avec l’appui de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) et du projet CASCADE soutenu par Care International Togo-Bénin et l’Union Européenne.

Photo de famille
Photo de famille

L’objectif de cette activité était d’outiller les journalistes afin qu’ils jouent un rôle de relais dans les communautés, en vue de favoriser un changement de comportement durable en matière d’alimentation. En effet, bien que les médias soient des acteurs clés de sensibilisation, il est constaté qu’ils disposent souvent de connaissances limitées sur la consommation des légumes et les pratiques culinaires appropriées. D’où la nécessité de renforcer leurs capacités dans ce domaine.

Pendant deux jours, des journalistes venus de tous les départements du pays et issus de différents organes de presse (radio, télévision, presse écrite et en ligne) ont pris part à des communications portant sur quatre thématiques principales :

  • « Importance des légumes pour l’organisme humain » ;
  • « Bonnes pratiques culinaires et d’hygiène des légumes » ;
  • « Bonnes pratiques de production maraîchère, y compris qualité sanitaire et quelques indices de reconnaissance des légumes de qualité » ;
  • « Pratiques de communication sur la consommation des légumes dans le contexte béninois ».

Ces thèmes ont été développés respectivement par le Dr Yann Eméric Madode, professeur associé de biochimie et technologies alimentaires à l’Université d’Abomey-Calavi, Djibril Aboubacar et Marcel Beria, expert en communication.

En plus des exposés, les participants ont pris part à des travaux de groupe, partages d’expériences et échanges de connaissances, ce qui a enrichi la formation et favorisé une meilleure appropriation des messages.

À l’unanimité, les journalistes ont salué la pertinence des thématiques abordées et la richesse des échanges. Ils ont exprimé le souhait de voir ce type d’initiative se pérenniser afin de renforcer régulièrement leurs compétences.

Lors de la clôture de l’atelier, le Dr Janvier Egah, enseignant à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Parakou et coordonnateur national de la composante 2 du projet SAFEVEG, a exprimé sa satisfaction quant à la participation des journalistes :

« C’est le moment pour moi de témoigner toute ma gratitude à l’endroit de toutes les faitières des professionnels des médias. Votre disponibilité, votre engagement nous ont marqué et cela nous rassure du fait que nous resterons ensemble pour poursuivre le combat, c’est-à-dire la lutte contre l’insécurité alimentaire. »

De son côté, Florence Honvo Bello, cheffe du sous-bureau de Parakou pour la coordination des actions de l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), a formulé le vœu que les connaissances acquises servent durablement les productions médiatiques des participants. Le rôle des professionnels des médias n’est plus à démontrer. Ils sont importants dans la transmission des messages. C’est pourquoi, elle a souhaité qu’ils deviennent « des ambassadeurs convaincus de la promotion des légumes et des bonnes pratiques culinaires au service de la santé ». Les médias sont invités à influencer durablement les habitudes alimentaires, à déconstruire les idées reçues et promouvoir les bonnes habitudes nutritionnelles.

Megan Valère SOSSOU