Bénin: 173 migrants béninois reviennent au pays

L\’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Bénin, en étroite collaboration avec le Gouvernement du Bénin, a facilité le retour volontaire de cent soixante-treize (173) migrants béninois (14 familles) de la Tunisie à travers son premier vol spécial humanitaire. Ce retour fut rendu possible grâce à l’initiative conjointe UE-OIM qui vise à renforcer la protection et les capacités des migrants de retour volontaire dans leur pays d\’origine.

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Retour des migrants béninois

Les migrants de retour ont été accueillis par les représentants du Ministère des Affaires étrangères, les représentants du Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique, les représentants du Ministères des affaires sociales et micro finances et les représentants du Ministère de la santé, des représentants de la délégation de l’Union Européenne et La Cheffe de Mission de l\’OIM Benin Madame Ndiaye Fatou Diallo.  

Madame Myrina Amoussouga Adam-Bongle, Directrice des Béninois de l’extérieur, exprime avec enthousiasme : « C\’est avec une immense joie que nous accueillons nos compatriotes au pays »  

À leur arrivée, les migrants de retour volontaire ont reçu une assistance immédiate de l\’OIM Bénin, comprenant la fourniture de nourriture, d\’eau, de kits d\’hygiène, d’un lieu d’hébergement ainsi que l\’assistance pour leurs besoins immédiats comme le transport vers les zones de retour définitif, notamment Djougou et ses environs en attendant la seconde phase de l’assistance qui est la mise en place d’activités génératrices de revenu dans le cadre de leur réintégration.  

Après l’étape de la Tunisie où un travail préalable a été fait en termes de collecte d’information, Le personnel de l\’OIM Benin a continué avec le processus d\’enregistrement et de profilage. Cela permettra d\’adapter l\’assistance à la réintégration aux besoins des migrants de retour dans leurs communautés d\’origine. En parallèle, les agents des Ministères en charge des Affaires Sociales et de la Santé en étroite collaboration avec le personnel de l’OIM Bénin ont apporté un appui psychologique et sanitaire aux migrants dans le besoin et effectué les orientations nécessaires.

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Rencontre avec les autorités

Madame Ndiaye Fatou Diallo, Cheffe de mission OIM Benin, exprime sa gratitude envers le Gouvernement Béninois pour sa collaboration continue et dans l\’organisation de ce retour volontaire de migrants. Elle souligne l\’importance de cette initiative conjointe de l\’Union Européenne et de l\’OIM, car « elle offre aux migrants désireux de retourner dans leur pays la possibilité de le faire en toute dignité » a-t-elle déclaré. Mme Ndiaye insiste sur le fait «qu\’il n\’y a aucune honte à migrer, mais que cela devrait se faire de manière régulière et ordonnée » ajoute-t-elle.  

L’OIM et ses partenaires continueront de soutenir les migrants de retour dans l\’élaboration de plans complets de réintégration, englobant les besoins économiques, sociaux et psychosociaux, et particuliers qui devraient inclure l\’identification d\’activités génératrices de revenus, le logement, l\’éducation,  la formation professionnalisante  pour développer de petites entreprises et renforcement des compétences professionnelles acquises avant et/ou pendant le parcours migratoire ceci pour un potentiel d’insertion dans le marché du travail à travers les programmes de création d’emploi dans le secteur privé ou public.  

Monsieur Cissé Ahmadou, migrant de retour originaire de Djougou, exprime sa joie d\’être de retour et encourage ses compatriotes à éviter les routes de la migration irrégulière. « Je n\’encouragerai personne à emprunter cette voie, car moi seul sais ce que j\’ai vécu lors de mon voyage », déclare-t-il. Avant son départ, Monsieur Cissé Ahmadou avait un travail qui lui permettait de subvenir à ses besoins. De retour à Djougou, il bénéficiera du soutien de l\’OIM pour sa réintégration et envisage de reprendre son activité de commerçant.

Megan Valère SOSSOU




Frontière Bénin – Niger: les migrants paient un lourd tribu

La fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger, décrétée pour des raisons de sécurité et de contrôle des flux migratoires, a des répercussions profondes sur les migrants et les communautés vivant dans ces deux pays d\’Afrique de l\’Ouest. Depuis l\’instauration de cette mesure, les échanges humains, commerciaux et économiques, autrefois fluides, ont été drastiquement réduits, impactant directement les populations migrantes et leurs moyens de subsistance.

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Frontière Bénin – Niger

Le Bénin et le Niger partagent une frontière longue et poreuse, traditionnellement traversée par des migrants pour des raisons économiques, culturelles et familiales. Ces deux pays, situés dans la région sahélienne, ont vu leurs économies et leurs sociétés interdépendantes se développer autour des flux migratoires réguliers. La fermeture de la frontière a mis un terme brutal à cette circulation, coupant l’accès aux marchés transfrontaliers pour des milliers de travailleurs et de commerçants.

Pour de nombreux migrants nigériens vivant au Bénin, la frontière représentait un lien vital avec leurs familles et leurs terres d\’origine. Les allers-retours réguliers, qu\’ils soient pour participer à des cérémonies familiales, transporter des marchandises ou envoyer de l\’argent, étaient essentiels pour maintenir ces connexions. Aujourd’hui, avec l’impossibilité de traverser librement, beaucoup se retrouvent isolés, incapables de subvenir aux besoins de leurs proches restés au Niger.

Conséquences sociales et humanitaires

Sur le plan humanitaire, la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger exacerbe les conditions de vie des migrants, notamment ceux qui vivent dans des zones frontalières. Le manque d’accès aux soins de santé, aux services sociaux et aux aides humanitaires, déjà fragiles, s’est aggravé avec l’isolement provoqué par cette situation. De nombreux migrants se trouvent dans une impasse, incapables de poursuivre leur route vers des destinations plus prometteuses ou de retourner chez eux.

La fermeture a également engendré des tensions sociales entre migrants et communautés d’accueil, en particulier dans les zones urbaines comme Cotonou et Niamey, où la compétition pour les ressources économiques et les emplois est devenue plus rude. Ce climat tendu contribue à une marginalisation accrue des populations migrantes et à des risques accrus de xénophobie.

Face à ces défis, les autorités béninoises et nigériennes, ainsi que les organisations internationales, devront envisager des solutions concertées pour rouvrir progressivement les frontières, tout en assurant la sécurité régionale. La migration, loin d’être un problème, reste un moteur de développement pour les deux pays. Une gestion plus inclusive et coordonnée des flux migratoires pourrait non seulement protéger les migrants, mais aussi renforcer les liens économiques et sociaux entre le Bénin et le Niger.

En attendant, les migrants, pris dans l\’étau de la fermeture, continuent de subir les conséquences économiques et sociales de cette situation, en espérant que des solutions durables soient rapidement trouvées pour alléger leur fardeau.

Megan Valère SOSSOU