DECHETS PLASTIQUES A PARAKOU: UNE MENACE POUR LA SANTE ET L\’ENVIRONNEMENT

Plus de 500 à 1000 milliards de tonnes de sachets plastiques sont produits dans le monde chaque année, selon une enquête de Greenberry. C\’est l\’une des pollutions environnementales les plus avancées et les plus dangereuses de la planète.

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À Parakou, la situation n\’est pas non plus reluisante. Sachets en plastique, bidons de jus de fruits et d\’eau minérale jetés ci et là, c\’est le constat qui se dégage dans la 3 ème ville à statut particulier du Bénin.

L\’une des causes de l\’insalubrité à Parakou est l\’insuffisance et le manque de proactivité des structures de précollecte d\’ordures qui, selon les citoyens, manquent de moyens pour intervenir dans toutes les maisons. «A Parakou, il n\’y a pas de système de récupération à travers la ville. Ce qui fait qu\’après usage, les bidons en plastiques sont jetés n\’importe où», a laissé entendre Dominique Tognisso, étudiant résidant à Parakou. Certains citoyens préfèrent brûler les déchets plastiques lorsque ceux-ci deviennent encombrants. C\’est le cas de Latifah Bio vendeuse de jus qui, après usage de ses bidons, ne trouve d\’autres solutions que de les brûler. «Je réutilise les bidons pour mon commerce, mais quand ce n\’est plus bon, j\’essaie de les brûler», a t-elle déclaré. Toute chose qui n\’est pas sans effets néfastes sur la santé et l\’environnement. Blaise Ali, étudiant en géographie n\’en dit d\’ailleurs pas le contraire. «Quand on brûle les plastiques, ça pollue l\’environnement et ça dégrade l\’écosystème», a t-il confié. «Parce-que même quand tu sens l\’odeur issue de l\’incinération des déchets plastiques, tu te rends compte que les plastiques sont composés de produits nuisibles», a t-il ajouté.

L\’incinération des déchets plastiques est l\’une des causes du réchauffement climatique, ceci du fait des gaz à effet de serre qui sont émis lors de l\’incinération de ces déchets plastiques, selon les experts en changement climatique.

Au regard des dangers que causent les déchets plastiques, Il est impératif que dirigeants et citoyens prennent conscience de la situation, pour agir en faveur de la protection de l\’environnement. Ce qui passe par la mise en application des textes et lois qui régissent le cadre de vie.

Germain ALOZE




L’ONG Save Our Planet promeut les sacs biodégradables contre les plastiques en milieu scolaire

Une session d\’ateliers sur la fabrication de sacs biodégradables a été organisée au Complexe Scolaire Camp-Adagbè de Parakou, dans le cadre du Projet de Renforcement de l’Éducation Relative à l\’Environnement en Milieu Scolaire et Estudiantin (PRE REMiSE) piloté par l\’ONG Save Our Planet. Cette activité a rassemblé divers acteurs, dont les élèves des groupes A, B et C, les enseignants des groupes A, B et C de l\’école en question, ainsi que des membres de l\’ONG Save Our Planet.

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L\’objectif principal était de sensibiliser les apprenants à privilégier l\’utilisation de sacs biodégradables et à abandonner les sacs en plastique non biodégradables, néfastes pour la santé et l\’environnement.

Une vingtaine de participants ont eu l\’opportunité d\’apprendre les outils et les techniques nécessaires à la fabrication de sacs biodégradables en papier. Six exemplaires fabriqués sur place ont été remis aux responsables de l\’établissement scolaire pour servir de modèles pour d\’autres sacs.

La séance de formation a été dirigée par Megan Valère SOSSOU, Directeur Exécutif de l\’organisation, qui n’a pas manqué de plaider en faveur d\’une interdiction stricte des sacs en plastique au sein de l\’école, conformément à la loi de 2017 sur les plastiques.

Dans les prochains jours, un atelier de formation destiné aux apprenants et enseignants formateurs permettra aux participants de partager les connaissances acquises sur la fabrication de sacs biodégradables en papier avec leurs camarades et leurs communautés à Camp-Adagbè.

Suite à sa participation à l\’atelier de fabrication des sacs, Josline Balogoun, élève en Cours Elémentaire 2ème année, s\’engage à poursuivre la sensibilisation sur l\’utilisation des sacs biodégradables. \ »Une fois rentrée à la maison, je préviendrai mes frères des dangers des sacs en plastique et les encouragerai à utiliser désormais des sacs en papier pour préserver notre santé et notre environnement\ », a-t-elle promis.

Il est important de rappeler que ce projet d\’éducation environnementale est l\’un des projets phares de l\’ONG Save Our Planet, mis en œuvre depuis l’année passée dans les villes de Dassa-Zounmè, Abomey-Calavi, et à Parakou.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




Assainissement urbain : le règne incontesté des déchets plastiques à Parakou inquiète

Il est un témoin de ce triste spectacle. À chaque déchet jeté, à chaque défécation, il se désole de l’incivisme des populations. Josué ADJOBO travaille à la Société Béninoise pour l\’Approvisionnement en Produits de Santé (SoBAPS). Une société sanitaire qui se trouve malheureusement à proximité d\’une décharge insalubre.

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Malgré les efforts de sensibilisation et les mesures répressives mises en place, la lutte contre le dépôt d\’ordures à cet endroit stratégique de la ville n\’a pas porté ses fruits. Sieur Josué déplore le manque de civisme des habitants, qui semblent ignorer même les enjeux en matière d\’hygiène.

Pourtant, Parakou est connue comme la troisième ville à statut particulier du Bénin. Un charme indéniable derrière lequel se cache un problème croissant d\’insalubrité qui menace de ternir sa réputation.

En plein centre-ville de Parakou, se trouve un dépotoir sauvage qui détonne dans le paysage urbain. La zone semble servir de décharge à ciel ouvert, et il est alarmant de constater qu\’il serait entretenu par la mairie de Parakou avec l’appui des structures de collecte.
Toutes sortes de déchets y sont jetées. La majorité est plastique. Une barque à ordure portant fièrement l\’inscription de la mairie de Parakou y est même déposée. Comment expliquer qu\’un point de rassemblement d\’ordures soit érigé en plein cœur de Parakou ? Cela témoigne du manque de responsabilité au niveau des autorités locales, des organisations non-gouvernementales chargées d\’assainir la ville et des populations.

Il est tout aussi alarmant de constater que certains habitants prennent plaisir à déféquer en plein air, contribuant ainsi à l\’aggravation de cette situation déjà préoccupante. Pour les usagers de cette zone, c\’est un véritable calvaire.

HOUAGA Carmel Chanol, un usager régulier de cette voie, déclare : « C\’est ici que les bonnes dames qui vendent les nuits viennent verser les ordures ». Il exprime son désarroi face à l\’état actuel de la voie, soulignant les risques de maladies, tels que le paludisme et le choléra, auxquels les usagers et les résidents environnants sont exposés.

Quant à Tryphène TCHAOU, il lance un appel au Maire de Parakou, le priant instamment de solliciter l\’aide des ONG spécialisées dans la collecte des déchets pour nettoyer la ville de ces amoncellements d\’ordures.

Des efforts conjoints entre les autorités locales, les organisations non gouvernementales et les habitants sont indispensables pour instaurer une culture de propreté et d\’hygiène à Parakou. Tant que la mairie de Parakou restera plongée dans son profond sommeil, les déchets continueront de régner en maîtres dans la ville. Toutefois, pour le bien-être des populations innocentes, le gouvernement, par le biais de son ministère du cadre de vie, doit impérativement mettre en place une société de gestion des déchets, à l\’instar de ce qui a été fait dans le Grand Nokoué. Cependant, la réussite d\’une telle initiative est loin d\’être garantie.

Megan Valère SOSSOU

Nous vous invitons à suivre le reportage vidéo de notre équipe.