Inauguration officielle à Rome de la Chambre de Commerce Marocaine en Italie (CCMI): Un nouveau pont économique entre le Maroc et l’Italie

Rome a été aujourd’hui le théâtre d’un moment fort dans l’histoire des relations économiques entre le Maroc et l’Italie. La Chambre de Commerce Marocaine en Italie (CCMI) a officiellement lancé ses activités, ce mardi 19 novembre 2025, lors d’une cérémonie organisée dans la Salle « Caduti di Nassirya » du Sénat de la République, au Palazzo Madama. De 12h30 à 14h00, responsables institutionnels, diplomates, élus et acteurs économiques marocains et italiens se sont réunis pour saluer la naissance d’une structure appelée à jouer un rôle déterminant dans l’intensification des échanges bilatéraux.

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Le choix d’un haut lieu institutionnel italien pour cette inauguration témoigne du poids accordé à cette initiative et de la volonté des deux pays de consolider durablement leur coopération économique. À Rome, les interventions ont mis en lumière le potentiel croissant des investissements croisés et l’importance d’un acteur capable d’accompagner les entreprises, de structurer les opportunités et de faciliter l’accès aux marchés des deux rives de la Méditerranée.

La journée s’est poursuivie avec un Congrès économique, organisé de 15h30 à 18h00 au Palazzo Santa Chiara. Ce deuxième temps fort a permis d’engager des discussions approfondies entre entrepreneurs, investisseurs et experts, autour des perspectives de croissance dans des secteurs clés tels que l’industrie, l’innovation, les énergies renouvelables, le tourisme ou encore l’agroalimentaire. Les participants ont également échangé sur la manière dont la nouvelle Chambre peut simplifier les démarches, améliorer la visibilité des projets et renforcer la confiance des opérateurs.

Au cours de cette inauguration, Marouan El Mansoub, Président de la Chambre de Commerce Marocaine en Italie, a rappelé la vocation stratégique de cette structure. Il a déclaré : « La création de la CCMI constitue une plateforme stratégique pour consolider les relations économiques entre nos deux nations et pour bâtir un pont durable entre les tissus entrepreneuriaux marocain et italien. » Ses propos ont résonné comme une feuille de route claire, tournée vers une ambition partagée : faire de la CCMI un outil opérationnel, agile et orienté vers les résultats.

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Avec son lancement officiel, la CCMI s’affirme désormais comme un interlocuteur privilégié pour les entreprises marocaines souhaitant s’implanter ou se développer en Italie, et pour les opérateurs italiens intéressés par le marché marocain, l’un des plus dynamiques de la région. Elle prévoit d’accompagner les porteurs de projets, de faciliter les démarches institutionnelles, d’organiser des missions économiques ciblées et de renforcer les passerelles entre les écosystèmes industriels et entrepreneuriaux des deux pays.

Cette inauguration intervient à un moment où les relations maroco-italiennes connaissent un nouvel élan, marqué par des partenariats stratégiques, des projets industriels conjoints et une intensification des flux commerciaux. La création de la CCMI vient ainsi consolider cette dynamique et offrir un cadre structuré, durable et lisible aux entreprises.

Megan Valère SOSSOU




Au Bénin, l’outil SISAN, un levier stratégique pour renforcer la planification sensible à la nutrition au niveau communal et local

Le partenariat stratégique entre le consortium CARE Bénin/Togo, GAIN et l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) permet de promouvoir l’intégration effective des enjeux de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SAN) dans la planification communale, notamment à travers l’utilisation de l’outil SISAN, un levier stratégique pour renforcer la planification sensible à la nutrition au niveau communal et local. Cette avancée est possible grâce au renforcement de la politique nationale en matière de nutrition qui s’inscrit dans le cadre du projet CASCADE (Catalyzing Strengthened policy Action for healthy Diets and resiliencE).

Atelier Sécurité alimentaire
Atelier Sécurité alimentaire

CASCADE tisse une nouvelle corde au bout de l’ancienne 

Le Score d’Intégration de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SISAN) est un outil qui permet d’évaluer et de mesurer le degré de prise en compte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les documents de planification (PDCPAI et PTA). Outil développé par l’Association des Communes de l’Atacora et de la Donga (ACAD) et le programme Appui Multisectoriel à la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle dans l’Atacora (AMSANA), le SISAN est encore aujourd’hui au cœur de la stratégie d’intervention du projet CASCADE pour l’amélioration de la nutrition dans ses six départements d’intervention.

Par le passé, le Bénin a abrité de nombreux projets et programme qui ont permis d’obtenir des résultats conséquents dans le secteur de la nutrition. Il s’agissait principalement du Projet de Nutrition Communautaire (PNC), du Projet Multisectoriel de l’Alimentation, de la Santé et de la Nutrition (PMASN) et le Projet de Nutrition et de Développement de la Petite Enfance (PNDPE). Les différentes transformations induites au sein des communautés constituent des acquis pour le projet CASCADE. Désormais ce sont sur ces acquis que CASCADE se base pour relever des défis de financement des initiatives de nutrition, à travers la mobilisation des ressources locales propres. Les budgets communaux prennent de plus en plus en compte les questions de nutrition.

Elaboration des Cadres Communs de Résultat (CCR) et redynamisation des Cadres Communaux de Concertation (CCC) : une approche dynamique impulsée par CASCADE à travers l’ANCB.

La coordination et la synergie entre les acteurs, la couverture géographique des interventions en matière de nutrition sont encore des défis que le secteur doit relever. Ces constats ont motivé dans un premier temps l’élaboration des Cadres Communs de Résultat et dans un second temps, la redynamisation des CCC, pour l’atteinte des objectifs dans le secteur de la nutrition. C’est une stratégie qu’a implémentée CASCADE à travers l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB).  Entre août 2024 et août 2025, la plus grande organisation faitière des communes du Bénin a réuni dans différents ateliers organisés des préfets, les Directeurs départementaux des ministères sectoriels (santé, agriculture, affaires sociales, hygiène), les cadres techniques des mairies (SE, DDLP, points focaux nutrition et les responsables des structures déconcentrés de l’Etat). Ces différentes rencontres ont permis entre autres de définir des activités et des indicateurs faciles à mettre en œuvre et à suivre dans le cadre de l’amélioration de la nutrition au sein des 20 communes d’intervention du projet CASCADE.

Quant à la redynamisation des Cadres Communaux de Concertation, il est important de souligner qu’il est un creuset d’institutionnalisation et de coordination des interventions en nutrition. Le CCC regroupe les sectoriels et les acteurs de la mairie. Ainsi, dans son rôle d’accompagnement en tant que partenaire stratégique, l’ANCB a, au cours de l’année 2024 et 2025, saisi l’occasion de chaque rencontre qu’elle tient pour des échanges sur le fonctionnement des CCC, en vue de proposer des solutions.

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Des transformations systémiques induites au sein des communes pour l’amélioration de la nutrition

Afin d’asseoir l’ancrage institutionnel de l’outil SISAN, le projet CASCADE a soutenu l’organisation d’un atelier de plaidoyer les 28 et 29 août 2024 à Dassa-Zoumè. Cette rencontre, qui a réuni les Préfets, les représentants des ministères sectoriels concernés (Décentralisation, Développement, Finances), avait pour objectif de faire un plaidoyer auprès des autorités déconcentrées et de les sensibiliser aux enjeux de l’outil SISAN et de solliciter leur accompagnement pour sa diffusion au niveau communal. À l’issue des échanges, une recommandation forte a été formulée en faveur de l’élaboration d’une circulaire officielle incitant les communes à intégrer la SAN dans leurs Plans de Développement Communaux (PDC), le Plan d’Investissement Annuel (PAI) et le Plan de travail Annuel (PTA) tout en utilisant l’outil SISAN dans leurs processus de planification.

À la suite de ce plaidoyer, des ateliers régionaux de formation sur l’outil ont été organisés au profit des 77 communes du Bénin entre Septembre et Novembre 2024. Ces sessions ont permis de renforcer les capacités des Secrétaires Exécutifs (SE), des Directeurs du Développement Local et de la Planification (DDLP), ainsi que des Cellules de Planification et d’Aménagement du Territoire (CSPAT), en les outillant sur les enjeux de la SAN et l’utilisation opérationnelle du SISAN. A la suite de ces sessions de renforcement, d’autres ateliers sont également tenus pour diagnostiquer l’état d’intégration de la nutrition dans les PDC, PAI et PTA et d’analyser les budgets 2023 à 2025 consacrés à la SAN. Ceci a permis de clairement mettre en évidence une meilleure prise en compte des enjeux liés à l’alimentation, à la santé et à la nutrition dans leur planification. Pour les communes dont les PDC n’étaient pas encore validés, un accompagnement a été fait, permettant de les rendre plus sensibles voire spécifiques à la nutrition grâce à l’outil SISAN.

Ces résultats ont été illustrés par des témoignages concrets. La Secrétaire Exécutive d’Adjohoun a partagé l’expérience de sa commune, qui a connu des avancées significatives grâce à un partenariat de cofinancement avec l’institution française CD40. Ce partenariat a permis de mettre en œuvre des actions d’éducation nutritionnelle et de prise en charge de la malnutrition.

Megan Valère SOSSOU




Climathon Parakou 2025 : des talents révélés, des solutions prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin

Démarré le vendredi 24 octobre, le Climathon Parakou s’est clôturé ce samedi 25 octobre 2025, avec des solutions innovantes et prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin. Organisé par Impact Hub Cotonou, l’événement visait à réunir des jeunes pour proposer des solutions innovantes pouvant permettre de renforcer la résilience des exploitations agricoles, d’améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et de promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes au Bénin. Pendant deux jours, les jeunes participants ont eu droit à des communications, des échanges et l’opportunité de défendre leurs idées de projet, en faveur d’une agriculture résiliente au changement climatique et de la sécurité alimentaire.

Après avoir passé leur Gate Check et validé leurs problématiques, les jeunes, répartis en 8 équipes, se sont lancés dans la recherche de solutions innovantes, qui puissent répondre aux enjeux climatiques. Le jury composé de M. Dimitri Koto N’gobi, directeur exécutif de GRADEB-ONG et préfet des jeunes du Borgou (président du jury), de M. Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou (1er membre du jury) et de M. Bernus Zinsou Djibé, agroforestier et spécialiste en microbiologie des sols (2ème membre du jury), a évalué avec objectivité et impartialité les différentes idées de projet présentées par chacune des équipes.

A l’arrivée, trois équipes se sont distinguées : « TEAM FOR CLIMATE » remporte le 1er prix,  « AGRI SMART » est sacrée 2ème, et « SEEDS OF THE FUTURE » part avec le 3ème prix du Climathon Parakou 2025. « C’est vraiment un plaisir pour nous de voir notre projet dénommé ‘’Agri Dech’’ remporter le 1er prix du Climathon Parakou 2025 », s’est réjouie Elsie Akodjenou, membre de l’équipe « TEAM FOR CLIMATE ». Ce projet, dit-elle, permettra aux paysans de valoriser les déchets agricoles et de les utiliser pour booster leurs productions. Alors que « SEEDS OF THE FUTURE » veut renforcer la chaine de valeur autour des semences améliorées en connectant les différents acteurs de la chaine, l’équipe « AGRI SMART » quant à elle se montre sensible aux peines des maraîchers. L’équipe a proposé un système d’irrigation basé sur l’intelligence artificielle, qui pourrait améliorer les pratiques maraîchères. « Ce système d’irrigation permettra d’arroser les plantes directement, sans que le maraîcher n’ait à trimballer des arrosoirs », a clarifié Boris Fagbedji, membre de ladite équipe.

Le Climathon Parakou 2025 tient toutes ses promesses

Les organisateurs du Climathon Parakou se disent satisfaits de l’engouement observé chez les participants, qui durant deux jours, se sont activement impliqués dans les différentes activités. Pour Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou, l’objectif est largement atteint. « Ce Climathon m’a permis de voir qu’il y a des jeunes pétris de talents. Nous avons vu des solutions très intéressantes qui pourront venir répondre à des questions pressantes », s’est-il réjoui.

Du côté des participants, l’on est tout aussi satisfait et reconnaissant. Nasirath Konmy a activement pris part au Climathon. « Je viens de comprendre que le changement climatique est un grand défi, et que nous, jeunes, avons un grand rôle à jouer dans la résolution des problèmes posés par la crise climatique actuelle », a-t-elle laissé entendre, sans manquer de remercier Impact Hub Cotonou et ses partenaires. Josiane N’touama, entrepreneure agricole qui a également pris part au Climathon, fait une doléance : « C’est l’occasion de demander au Gouvernement de nous aider, en nous facilitant l’accès au financement, que ce soit au niveau des institutions de microfinance, des banques ou des institutions internationales », a-t-elle plaidé.

Soulignons que cette édition du Climathon a reçu le soutien de plusieurs partenaires : Climate KIC, Tecnologico de Monterrey, GIZ, Green Climate Fund, German cooperaties, VIC-AFRICA, Université de Parakou, Planet Times, Journal Santé Environnement, Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Investisseurs & Partenaires, IDD ONG, Gouvernement des jeunes du Bénin, ABSE ONG, GRADEB ONG, Agricultural Expertise Center, et Digigreen Agri Center. Elle a permis de révéler de jeunes talents, porteurs d’idées et de solutions pour une révolution des pratiques agricoles, indispensable pour assurer durablement la sécurité alimentaire, un défi persistant au Bénin.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




Agriculture résiliente au changement climatique et sécurité alimentaire : un Climathon s’y penche depuis ce vendredi à Parakou

La troisième édition du Climathon au Bénin s’est ouverte ce vendredi 24 octobre 2025. C’est l’université de Parakou, la deuxième plus grande du pays, qui abrite l’événement. Cette édition du Climathon réunit une cinquantaine de participants, de profils variés et d’horizons divers, tous appelés à réfléchir et à proposer des solutions innovantes autour d’une thématique centrale et très préoccupante : « agriculture résiliente au changement climatique et sécurité alimentaire ».

Photo de Famille
Photo de Famille

Dans son allocution, Madame Annick Andrée Akobé, coordinatrice du programme Impact Hub, a salué la participation et l’engagement des jeunes qui prennent part à cet événement, qui est d’une importance capitale pour l’avenir de l’agriculture béninoise et la sécuritaire alimentaire au Bénin. Selon elle, cette édition du  Climathon vise un triple objectif : renforcer la résilience des exploitations agricoles familiales, améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes.

Conscient des défis climatiques que rencontrent les populations du Nord-Bénin et les agriculteurs du septentrion en particulier, Dimitri KOTO N’GOBI, préfet des jeunes du Borgou, s’est réjoui de voir Parakou abriter cet événement. « Le contexte actuel exige des pratiques agricoles portées par l’innovation, la technologie et une intégration des outils digitaux. Je remercie Impact HUB Cotonou  et ses partenaires pour avoir choisi Parakou pour abriter cette édition du Climathon», a-t-il confié. Hyacinthe Constant Oba, représentant des partenaires, a quant à lui invité l’ensemble des participants à faire de ce Climathon un éclosoir pour produire des solutions innovantes, qui feront avancer l‘agriculture béninoise et le Bénin de façon générale.

Une première journée de Climathon avec des communications engageantes  

Les communications se sont enchaînées, les unes aussi intéressantes que les autres, suscitant un grand intérêt chez les participants. Gildas Hodjigue a axé sa communication sur l’ « Adoption de pratiques résilientes pour la prévention et la santé des sols agricoles : protéger, restaurer et renforcer la productivité de nos terres face aux aléas climatiques. » L’ingénieur agronome a rappelé que changement climatique accentue la dégradation des sols, soulignant que le continent africain est fortement affecté par le changement climatique « à cause de notre état de pauvreté et de notre lenteur en matière d’avancées technologiques. » Pour la communicatrice Josiane Ntouama, les semences sont la base de toute production et un levier clé de résilience. Celle dont la communication a porté sur « le renforcement de la chaîne de valeur autour des semences béninoises : promouvoir l’accès, la production et la diffusion de semences adaptées pour nourrir durablement nos populations », a fait observer que les agriculteurs ont souvent un accès limité à des semences de qualité, disponibles et adaptées. « Renforcer la chaine de valeur, c’est connecter les acteurs, améliorer la coordination, assurer la qualité ainsi que la disponibilité des semences à chaque étape », a-t-elle précisé.

Les différentes communications qui ont précédé les travaux en groupe, ont renforcé la compréhension des jeunes sur les différentes sous- thématiques qui leur ont été soumises, afin d’identifier les problèmes qu’elles suscitent, et de proposer des solutions innovantes concrètes.

Fin d’une première journée de Climathon sur des notes de satisfaction

Nasirath et Exaucé ont tous pris part au Climathon ce vendredi. Alors que l’initiative n’est qu’à sa première journée, les deux participants livrent déjà leurs impressions. « La séance d’aujourd’hui a été très enrichissante, parce qu’elle m’a permis de me familiariser avec les termes comme changement climatique et sécurité alimentaire », a confié la participante Nasirath Konmy, diplômée en master en administration générale et territoriale.Elle promet de développer des solutions innovantes, inspirées du Climathon, pour aider particulièrement le monde agricole à faire face aux défis climatiques. « Avec ce Climathon, nous pouvons mettre en œuvre des projets qui améliorent le quotidien des agriculteurs et de nos communautés »s’exclame Exaucé Senade, étudiant en sociologie et activiste.

Faut-il le rappeler, cette édition du Climathon organisée par Impact HUB Cotonou et AIESEC in Bénin, a reçu le soutien de plusieurs partenaires : Climate KIC, Tecnologico de Monterrey, GIZ,Green Climate Fund, German cooperaties, VIC-AFRICA, Université de Parakou,Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Investisseurs & Partenaires, IDD ONG, Gouvernement des jeunes du Bénin, ABSE ONG, GRADEB ONG, Agricultural Expertise Center, Digigreen Agri Center, Planet Times et Journal Santé Environnement.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




Dialogue Ouvert sur les Changements Climatiques 2025 : les jeunes et les femmes au cœur de l’action climatique au Bénin

Après une première édition réussie à Dassa-Zoumè en 2024, le Dialogue Ouvert sur les Changements Climatiques (ODCC) est revenu en 2025 avec encore plus d’ambition et d’impact. Organisé par les Jeunes Voix Vertes, sous l’autorisation de l’organisation Open Dialogue International, cet événement s’est tenu le 30 août 2025 à Abomey-Calavi, dans le prestigieux amphi Iran de la Faculté des Sciences Agronomiques.

ODCC
ODCC

Placée sous le haut marrainage de Madame Chrystelle DAKPOGAN HOUNGBEDJI, cette deuxième édition a réuni 116 participants venus d’horizons variés, jeunes leaders, acteurs institutionnels, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers. L’ODCC 2025 a été soutenu par 16 partenaires à qui nous adressons nos sincères remerciements, témoignant d’une mobilisation nationale grandissante autour de la cause climatique.

 Un thème fort: l’engagement des jeunes et des femmes dans les politiques climatiques au Bénin

Le thème de cette année, « Engagement des jeunes et des femmes dans les politiques climatiques au Bénin : enjeux et perspectives autour de la CDN », a permis d’ouvrir un dialogue intergénérationnel sur la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Bénin.

La communication principale sur ce sujet a été assurée par Monsieur Olaodjéwou ODJOUGBELE, Point Focal NDC Partnership-Bénin, représentant du Ministère du Cadre de Vie et des Transports, en charge du Développement Durable. Son intervention a permis d’éclairer les jeunes et les femmes sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la conception, mise en œuvre et suivi effective de la CDN et la transition écologique du pays.

 Des actions concrètes pour renforcer l’impact

En amont du dialogue, plusieurs initiatives ont été menées dans le cadre de l’ODCC 2025 : Une campagne nationale de sensibilisation sur les réseaux sociaux, qui a mobilisé plus de 500 jeunes et femmes autour des enjeux climatiques. Un bootcamp de formation en ligne ayant rassemblé 150 participants issus de diverses régions du Bénin pour renforcer leurs capacités en matière de leadership et d’action climatique.

Une enquête nationale sur la CDN, menée auprès d’un échantillon de 272 personnes, afin de recueillir les perceptions et attentes des citoyens sur les politiques climatiques. Et enfin, le Prix National du Jeune Leader du Climat, qui a récompensé KOUFODO Lébène pour son projet « Djè yoyo », une initiative innovante en faveur du développement durable.

Une jeunesse engagée pour un avenir durable

Sous la coordination de Monsieur Philémon Moïse Donatin DJOI, l’équipe des Jeunes Voix Vertes a su démontrer une fois de plus que la jeunesse béninoise est prête à s’engager activement pour un avenir plus résilient et durable. L’ODCC, plus qu’un simple événement, est désormais un mouvement national de réflexion, de dialogue et d’action pour le climat. Après deux éditions réussies, il s’impose comme un espace d’apprentissage, de plaidoyer et de collaboration entre jeunes, femmes et décideurs.

En route vers l’ODCC 2026 !

Les Jeunes Voix Vertes ouvertes à toutes collaborations annoncent leur volonté de poursuivre cette dynamique à travers l’édition 2026, toujours plus inclusive et impactante. Devenez partenaire de cette édition en nous contactant au : jeunesvoixvertes@gmail.com, (+229) 0167 05 96 08/ 95 63 01 92. Parce que chaque voix compte dans la lutte contre les changements climatiques, le dialogue continue…

Communication Jeunes Voix Vertes




Y10 obtient l’agrément de Bank Al-Maghrib pour promouvoir les paiements numériques au Maroc

Pay10, acteur majeur des Moyens de Paiement Alternatifs (APM), a obtenu une licence d’établissement de paiement délivrée par Bank Al-Maghrib, l’autorisant à faciliter les paiements numériques à travers l’ensemble du Royaume.

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Cette approbation réglementaire constitue une étape majeure dans l’expansion mondiale de Pay10 et renforce son engagement à construire une infrastructure de paiement sécurisée, interopérable et en temps réel, alignée sur la vision du Maroc en matière d’inclusion financière et de transformation numérique.

Grâce à cet agrément, Pay10 proposera ses solutions APM aux commerçants et à leurs clients via une intégration fluide avec les systèmes de paiement nationaux du Maroc. Cela permettra des règlements instantanés, des coûts de transaction compétitifs et des expériences numériques sécurisées qui stimuleront l’acquisition et l’adoption par les commerçants à travers le pays.

Harry Gill, Président de Pay10, a déclaré : « Nous sommes reconnaissants à Bank Al-Maghrib de nous avoir accordé l’agrément d’établissement de paiement. Cette étape clé marque un jalon important dans notre parcours pour concrétiser la vision du Maroc d’une économie moderne, inclusive et numériquement forte. Avec cet agrément, Pay10 collaborera avec les acteurs nationaux pour bâtir une infrastructure de paiement sécurisée et interopérable qui offrira aux commerçants et aux PME un accès à des règlements plus rapides, des coûts plus justes et des paiements numériques fluides, renforçant ainsi l’inclusion financière et favorisant une croissance durable dans tout le Royaume. »

Le Maroc s’impose comme l’un des écosystèmes fintech les plus dynamiques d’Afrique, soutenu par un cadre réglementaire avant-gardiste et une adoption croissante des paiements numériques. Les transactions numériques au Maroc n’ont cessé de croître, reflétant l’évolution du pays vers les paiements électroniques dans le cadre de son programme national d’inclusion financière.

L’arrivée de Pay10 sur le marché marocain contribuera à accélérer cette dynamique en dotant les commerçants et les PME d’outils de paiement modernes et interopérables qui améliorent la liquidité, renforcent l’efficacité et leur permettent d’être plus compétitifs dans l’économie numérique.

Megan Valère SOSSOU




Le Climathon fait escale à Parakou pour sa 3e édition dédiée à l’agriculture résiliente

La troisième édition du Climathon Bénin se tiendra à l’Université de Parakou les 24 et 25 octobre 2025, avec pour thème central « Agriculture résiliente au changement climatique et sécurité alimentaire ». Cet événement s’inscrit dans une urgence climatique particulièrement préoccupante pour les départements du Nord-Bénin, où les scientifiques locaux alertent sur la dégradation des conditions de production agricole et les menaces croissantes sur la sécurité alimentaire.

Climathon
Climathon

Portée par Impact Hub Cotonou et AIESEC in Bénin, en collaboration avec des partenaires techniques et financiers de premier plan dont la GIZ, Climate KIC et le Tecnologico de Monterrey, cette initiative bénéficie du soutien du Green Climate Fund et de la coopération allemande. Le Climathon s’intègre dans le programme régional CATAL1.5°T, qui vise spécifiquement à stimuler les investissements dans les start-ups les plus prometteuses en matière d’adaptation climatique.

L’objectif de cette édition est triple : renforcer la résilience des exploitations agricoles familiales, améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes. Les organisateurs entendent ainsi offrir une plateforme d’expression et d’accompagnement aux jeunes entrepreneurs et aux femmes du septentrion béninois, leur permettant de concrétiser des solutions innovantes au service de leur communauté.

Face à l’ampleur des défis, les organisateurs lancent un appel aux partenariats multiples, recherchant un soutien financier, technique, matériel et relationnel pour assurer le succès de cette édition. Après les expériences concluantes de Porto-Novo en 2024 et de Cotonou en avril 2025, le Climathon 2025 à Parakou se positionne comme un catalyseur décisif pour l’émergence d’une agriculture béninoise résiliente et innovante.

Megan Valère SOSSOU




Plaidoyer régional contre les VBG : Alliance Droits et Santé honore Me Alexandrine Saïzonou Bédié

Un tableau d’art très symbolique en signe de gratitude pour son implication et son engagement en faveur des droits des femmes. C’est ce que la section béninoise de l’Alliance Droits et Santé (ADS) a offert à Me Alexandrine Saizonou Bédié le lundi 6 octobre 2025 à la faveur d’une cérémonie fort simple.

Ceradis
Ceradis

Cela s’inscrit dans le cadre du Plaidoyer régional contre les Violences basées sur le genre (VBG), initié depuis quelques mois que Me Alexandrine Saïzonou Bédié a reçu les honneurs de l’ADS. Une délégation conduite par Nourou Adjibade, Directeur exécutif de Ceradis-Ong, chef de file de l’Alliance au Bénin, lui a offert un tableau d’art qui exhibe la condition des victimes de violences basées sur le genre, en insistant sur la nécessité d’initiatives concertées et d’actions concrètes.

Avocate au barreau du Bénin, Officier de l’Ordre national du mérite français, Me Alexandrine Saïzonou Bédié s’est distinguée par son engagement aux côtés de l’Alliance pour renforcer le plaidoyer. A noter que le plaidoyer initié par l’Alliance Droits et Santé et porté, au niveau national, par Ceradis-Ong, le scoutisme béninois et l’Ong Bacar, toutes, membres de l’Alliance, a permis l’adoption de la Convention de l’Union Africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et filles.

Emue par ce geste, Me Alexandrine Saïzonou Bédié s’est dite honorée et a salué les efforts de l’Alliance pour les droits des femmes, exprimant son admiration pour l’action de ses membres à l’échelle nationale. Selon Nourou Adjibade, l’Alliance œuvre activement à la promotion des droits des femmes dans l’espace francophone, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Sénégal.

Composée d’une vingtaine d’ONG actives dans plusieurs pays membres, l’Alliance, soutenue techniquement par Equipop, se positionne comme une véritable force sous-régionale dans la lutte contre les violations des droits des femmes. Il recommande aux États africains de mettre en œuvre des plans d’action nationaux budgétisés, inclusifs et efficaces, afin d’assurer une prise en charge globale et coordonnée des survivantes de violences basées sur le genre.

La rédaction




Left behing at the ballot: Gender disparities in Ondo and Osun politics and governance

It was a humid afternoon in Akure, the capital of Ondo State, when 42-year-old Funmilayo Waheed-Adekojo, a native of Arigidi-Akoko, walked smartly into the state secretariat of the All Progressives Congress (APC). Clutching her expression of interest form, she exuded confidence that belied the odds stacked against her. Around her, male party loyalists whispered, some sneered, others laughed. She was the first aspirant to pay for and pick up the form to contest the 2024 Ondo State governorship election.

Women group at public hearing on Reserved Seats for Women Bill by the House of Representatives 
(Image UNDP website)
Women group at public hearing on Reserved Seats for Women Bill by the House of Representatives 
(Image UNDP website)

OLUFISOYE ADENITAN

A Mechanical Engineer by training and a Chartered Management Consultant by profession, Waheed-Adekojo had returned home from Abuja with bold intentions. She wanted to break the glass ceiling in a political landscape where women were treated not as contenders, but as symbolic placeholders.

“I knew what I was up against,” she said later in an interview. “When women come out to contest elections, the predominance of men in power is not surprising. What is surprising is that many times, it is women themselves who reinforce the stereotypes by not supporting one another.” Waheed-Adekojo stated.

Funmilayo Waheed Adekojo
Funmilayo Waheed Adekojo

Her courage was tested almost immediately. The APC guidelines asked female aspirants to pay ₦10 million for the expression of interest form. They were exempted from the ₦40 million nomination fee, a “concession” that critics described as tokenism rather than genuine inclusion. Other major parties, including the PDP and Labour Party, adopted similar practices. By November 2024, the party primaries had ended, and 17 men emerged as candidates. Not a single woman made it to the ballot. Funmilayo Waheed-Adekojo’s story is not an isolated one. Data reveals the gaps in women political leadership in Ondo and Osun States, with women having similar experiences that reinforce stereotypes, patriarchy, and chauvinism.

According to data from the Independent National Electoral Commission (INEC), the registered voters in Ondo State for the 2024 governorship election were 1,991,344, with a near-equal gender distribution of 50.52 percent male and 49.48 percent female voters. Similarly, the same data was also used for the local government election in February 2025. Data from Osun State reveals a similar trend. Numbers from INEC reveal that the 2022 governorship election shows that out of 1,954,800 registered voters, 47.24 percent were male, while 52.76 percent were female. Despite the close numbers of eligible male and female voters, all 15 political parties in Osun fielded male gubernatorial candidates, while only six female candidates ran for deputy gubernatorial positions.

ONDO AND OSUN INFOGRAPHICS-3
ONDO AND OSUN INFOGRAPHICS-3

Analysis of Ondo and Osun States Governorship Election.

Across Ondo and Osun States, and indeed the country, the political playing field remains skewed. Despite near-equal numbers of male and female voters, women continue to face systemic exclusion in both elective and appointive positions. This investigation delves deeply into the journeys of female trailblazers in Ondo and Osun States, uncovering the obstacles they face, the systemic biases entrenched in party politics, and the cultural and economic barriers that perpetuate a perception of Nigeria’s democracy as a men’s club.

 The Numbers Don’t Lie

Democracy thrives on participation, yet the statistics from Nigeria tell a different story. The picture changed dramatically when it came to candidates on the ballot. In Ondo, all 17 governorship candidates in 2024 were men. Only two women appeared on the Ballot, and they were running mates, deputies. In Osun, the July 2022 governorship election featured 15 political parties. Every single gubernatorial candidate was male. Only six parties ceded their deputy governorship slots to women.

According to the data from the Inter-Parliamentary Union IPU, the imbalance in women representation has persisted for decades. At the national level, the proportion of women in the National Assembly has steadily declined, from 9 percent in  2007 to just 4.4 percent in 2015. As of 2023, women occupy 15 out of 356 seats in the National Assembly, which amounts to 4.2 percent. In the upper chamber, there are 107 seats, with only four women, representing 3.7 percent.

“Women are half of the voting population, but when you look at leadership, we’re barely visible,” said Hon.Taiwo Oluga, former House of Representatives member from Osun State.“The numbers show that it’s not about a lack of interest. It’s about systemic barriers that make it nearly impossible for women to win.”

“The contradiction is glaring: women line up in their thousands to vote, but their names disappear when it comes to who gets elected. The ballot box, in effect, has become a graveyard for female political ambition”.Hon.Taiwo Oluga

Ondo: The Battleground of Broken Dreams

The Funmilayo Waheed-Adekojo political journey

For Funmilayo Waheed-Adekojo, nicknamed FunmiAyinke, the 2024 governorship race was both an opportunity and a test. She campaigned with the fervour of a reformer, visiting communities, meeting women groups, and speaking passionately about development. Yet, she encountered resistance not just from men but from women themselves.

“How can we expect women to secure representation when many women are antagonistic toward one another?” she asked in frustration.“Many women in Ondo State are more interested in affiliating with powerful men to undermine other women rather than uniting to lift one another.” Funmilayo Waheed-Adekojo exclaimed, her words echo a painful reality: “internal divisions often weaken women collective bargaining power. And in politics, where numbers matter, division is costly.” Adekojo said.

The Ajasin Legacy and the Weight of a Name

If Waheed-Adekojo represents the new generation, Jumoke Anifowose represents continuity from a storied past. The daughter of late Chief Adekunle Ajasin, Ondo State’s first civilian Governor, she has contested the governorship three times, in 2012, 2015, and 2019, with bigwigs like the late Governor Rotimi Akeredolu, Chief Segun Abraham, Senator Tayo Alasoadura, and each time, she lost to the party establishment’s preferred male candidates.

“Being an Ajasin worked against me,” she said in an interview with Radio Nigeria. “Many of our people said they were not ready to serve the child after serving the father. Others insisted Ondo State was not ripe for a female governor.” Mrs Anifowose stated.

A seasoned lawyer with over fifty years of experience, Anifowose has served as Attorney General and Commissioner for Justice. She rose to chair the Action Congress of Nigeria (ACN) in Ondo State, travelling the length and breadth of the state to rebuild the party. Yet, when it came to leadership, patriarchy triumphed, expressing her disappointment.

Barrister Jumoke Anifowose
Barrister Jumoke Anifowoshe, while submitting her Governorship nomination forms.

“The hypocrisy is glaring,” she said. “If I could handle a state as chairperson of a major political party, even when the current President Bola Tinubu acknowledged my work, why was I not considered fit to govern? The answer is simple: patriarchy.”Mrs Anifowose stated.

Mrs. Anifowose highlights a broader structural issue: political parties serve as gatekeepers, and men largely control those gates.

The Weight of Money

Beyond cultural bias, financial muscle is another barrier. Nigerian politics is notoriously capital-intensive. Campaigns require billions in funding for logistics, media, and mobilisation. Male aspirants often benefit from networks of wealthy businessmen ready to bankroll their ambitions. Women rarely enjoy the same privileges.

“Many women do not have the financial base to throw money around like the men,” Anifowose explained. “The male billionaires will stake fortunes on their male counterparts, but very few female billionaires are willing to risk money on women in politics.”

Funmilayo Waheed-Adekojo echoed the same thought. “The cost of forms alone was prohibitive. Then you add campaign expenses. Without deep pockets or powerful backers, you’re already disadvantaged before the race even starts.”

The elective positions are challenging for women, and even in the appointive positions, women are also sidelined. The Executive and Legislative arms of government in both states also reflected significant gender disparities. In Ondo state, the Executive Council has only two female members out of 20. The Ondo state House of Assembly has only three female members out of 26 lawmakers. Meanwhile, the judiciary arm of government shows a significant underrepresentation of women, with a total of 20 current High Court judges,16 males and 4 females. The current local government Chairpersons in the state are all males across the 18 councils, with no single woman.

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ONDO INFOGRAPHICS-4

However, the administrations of Late Oluwarotimi Akeredolu and Dr. Olusegun Mimiko also had low women representation below the 35% affirmative action. The administration of the Late Governor Akeredolu had one woman at the state House of Assembly and 8 Women out of the 34 State Executive Council. Similarly, the former Governor Olusegun Mimiko administration had 2 women out of 26 members of the State Assembly; similarly, the State Executive Council had 4 women out of 20 members. (INFOGRAPHICS).

In the Federal general elections since 1999, Ondo State has produced one woman at the National Assembly. She is Hon. Janet Febisola Adeyemi, who represented Ile Oluji-Oke Igbo/Odigbo Constituency under the Alliance for Democracy, at the fourth Assembly.

Osun: When Half the Sky is Shut Out

If Ondo is a battlefield of broken dreams, Osun is a study in exclusion by design. The 2022 governorship election in the state offered little hope for women determined to break into political leadership. 15 political parties fielded candidates for the poll. Every single governorship candidate was a man. Out of those 15, only 6 picked women as deputy governorship candidates, a decision many observers dismissed as tokenistic.

“It is almost as if they are saying: ‘we know women exist, so let us add one as deputy to avoid embarrassment,’” said Mrs. Adebimpe Ajayi, a political analyst in Osogbo.“But when it comes to real power, the number one seat, they shut the door completely.”

Even in appointive positions, the story is grim. When Governor Ademola Adeleke announced his first cabinet list in 2023, only 4 of the 32 members of the Executive Council were women. That figure, about 23 percent, fell far short of the 35 percent affirmative action Nigeria pledged at the Beijing Conference in 1995. Also in 2025, the story is still the same, with the status of 23 percent of women in the Osun political cabinet.

At the State legislature, the 26-member House of Assembly is male-dominated, with a man who is unavoidably the Chairman of the House Committee on Women Affairs. The Judiciary also reflected low female representation, with the current High Court judges having 8 females and 14 males. This pattern of gender imbalance in political representation does not fare better at the National Assembly level. All the three 3 Senatorial Districts and 9 House of Representatives seats for Osun state are occupied by males following the 2023 election.

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OSUN INFOGRAPHICS-7

The trend is a bit worse at the local government level, where 28 males and 2 females emerged as leaders of the 30 local Governments during the February 2025 council election. Despite the agitation for increased balanced gender representation within the ruling People’s Democratic Party in Osun State, the story still remains the same.

“The gap is glaring,” said Hon. Taiwo Oluga, who represented Ayedaade/Irewole/Isokan Federal Constituency in the 9th House of Representatives.“Women form almost half of Osun’s voting population. We queue under the sun, we vote, we mobilise, but when it is time for appointments or for real decision-making, men take the lion’s share.”

In 2018, 45-year-old Accountant, Mrs Mercy Adeoye contested for the governorship seat under the Restoration party, which has been deregistered now by INEC, and she expressed disappointment on how there is no single woman from number one to five presently in Osun state political leadership.

“Most of the time, 80 percent of women who participated in politics lose out at the primary level. In the present government, women are nowhere. Senate, House of Representatives, House of Assembly women have been sidelined under this present administration, the previous administration of Governor Rauf Aregbesola and Gboyega Oyetola was not this gender bias”. Adeoye stated.

These trends reflected the gaps in gender disparity; even in the previous administration, it was almost the same, with very few women in leadership. The administration of former Governor Rauf Aregbesola had few women in the cabinet, with a woman being the deputy Governor of the state, Iyaafin Grace Titi Laoye-Tomori, and 7 other women at the cabinet level out of 39 members of the State Executive Council, but the House of Assembly had no women.

 Similarly, the former Governor Gboyega Oyetola administration had 2  females at the House of Assembly and at the state cabinet had 5 women out of 35 members. Out of the 9 federal constituencies and 3 senatorial districts in Osun State, only Ayedaade/Irewole/Isokan Federal constituency had produced 3 female representatives in the history of the state, with the current representative consecutively at the lower chamber of the National Assembly between 1999 and 2023. They are: former speaker of the House of Representatives, Hon. Patricia Olubunmi Etteh, 1999-2011; Hon. Ayo Omidiran, 2011-2019; and Hon. Taiwo Oluga, 2019-2023, who is presently a Federal Commissioner at the National Assembly Service Commission in Abuja.” Therefore, across all three administrations at the state and federal levels since 2010, women representation has been below the 35% Beijing pledge Nigeria signed up to”.

Relating her story, Hon. Taiwo Oluga, from 2019-2023, affirmed that she was able to secure a ticket through the zoning to her local government by leaders of the party at the local to the state level. She contested alongside five males in the election. These cultural perceptions reinforce political structures that are already biased, she noted.

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Former House of Representative member Osun state,Hon.Taiwo OLUGA

However, the race for another Osun election is scheduled for August. The 2026 Osun governorship race is already shaping up, with three male heavyweights, incumbent Governor Ademola Adeleke of the PDP, APC chieftains Alhaji Bola Oyebamiji, Prince Dotun Babayemi, and Senator Jide Omoworare, among others, in the field. Again, no female aspirant has declared interest or is ready to show interest, reinforcing a recurring question: Is political leadership in Nigeria structurally rigged against women?.

Parties as Gatekeepers

Across both Ondo and Osun, one fact is undeniable: political parties are the biggest gatekeepers in Nigeria’s democracy. And those gates are firmly controlled by men.

Party primaries are where battles are won or lost. But women often find themselves sidelined before the first ballot is cast. In Ondo’s APC, for example, Waheed-Adekojo alleged that the screening process was designed to eliminate women. “The guidelines looked neutral, but when you interpret them, you realise they favour men with godfathers and deep pockets,” she said.

In Osun, several female aspirants who initially expressed interest in contesting the governorship eventually dropped out, not because of a lack of ambition, but because the party leadership either discouraged them outright or failed to provide support.

“It is not just about money alone,” said Dr.Samaria Olarinde-Olomola, a Gender Development Expert at  Elizade University, Ondo state. “It is about access. Men have the network. Women are often left begging for crumbs, and that reflects in the kind of positions they are offered: deputy, women’s leader, or adviser on welfare. Very rarely do you see a woman being positioned as the candidate of a major party.”

By contrast, according to a Foundation for Investigative Journalism report published in 2025, in Nigeria, women held fewer than 5 percent of elective positions after the 2023 elections. In Southwest Nigeria, Osun, Ekiti, and Ondo have slightly fair female representation compared to many Northern states. Still, none of these states meets even a 20 percent threshold for women in state assemblies, and cabinet positions remain male-dominated.

According to Dr. Olarinde-Olomola, “This underrepresentation has significant consequences. Research consistently demonstrates that women in leadership positions enhance budget allocations for health, education, child protection, and security, while also strengthening economic outcomes. Nigeria, especially its individual states, is missing out on these benefits by allowing the existing political system to marginalise women”.

Even within the parties, the so-called concessions for women, such as free or discounted nomination forms, are derided as half-measures. “How does free form help when you don’t have money for campaign buses, billboards, or mobilisation?” asked Mrs Anifowose rhetorically.

The Peoples Democratic Party, Director of Media and Publicity, Ondo State, Leye Igbabo, blamed the women for failing to take advantage of their numbers to have their way, rather than this cap-in-hand approach, which is making them appear to be fighting from a weak pedestal.

“This game is about numbers, and invariably, women have this. There are a lot of women organisations that are sensitising women to present themselves for elective posts; they should continue to do more advocacy. Presently, they claim to have gotten over 1000 signatures to push their position on the Reserved Seat for Women Bill. Can’t they use such a method to also galvanise support for themselves during elections? Unfortunately, whenever any woman goes for a contest, she doesn’t get the expected support, even from the women’s camps! You remembered the time, Mrs Sarah Jubril contested for the presidency about four times.” Mr Igbabo stated.

The Power of Culture and Religion

Politics in Nigeria does not exist in a vacuum. It is shaped by cultural norms and religious interpretations. Both factors play a heavy role in how women are perceived. In Ondo and Osun, many communities still frown at women who aspire for the top job.

During her campaigns, Mrs Jumoke Anifowose recalled hearing statements like, “How can a woman govern men?” or “Our culture does not allow women to lead men in public life.”

Such sentiments are reinforced from the pulpit and mosque. In some churches, pastors openly preach that women should submit to their husbands and not “compete” with men in leadership. In certain mosques, clerics interpret Islamic teachings to mean women must stay away from political ambition.

“These cultural and religious barriers are as strong as money barriers,” said Dr. Aina Oyekanmi, Chief Consultant of the Federal Neuro-Psychiatric Hospital, Abeokuta. “When women are told from childhood that leadership is not their role, by the time they become adults, even the bold ones face ridicule and rejection.”

The irony is that the same societies that resist women in politics gladly embrace them in markets, farms, and home spaces where their labour sustains the family and economy.

Civil Society and the Push for Change

Despite these challenges, civil society organisations are pushing back. Groups like the Justice Development and Peace Makers Centre, Kimpact Development Initiative, Women in Politics Forum, and several local NGOs in Ondo and Osun have consistently advocated for more female representation.

The Head, Programme for  Democracy and Good Governance, Justice Development and Peace Makers Centre, Osun State, Mr. Festus Ojewumi, said campaign financing, political violence, and ideology are among the major challenges.

During the 2024 governorship election in Ondo State, Folasade Bamigboye served as state coordinator for a non-governmental organisation, Kimpact Development Initiative, KDI. She shared her experience on how women have difficulty ascending leadership positions due to limited resources interpreted as money bag politics that’s rampant in the Nigerian electoral system.

“In the last governorship election, some women were saying we have voted and collected money, this is one of the challenges, even women electorates prefer to align with male candidates that can give them money”.Bamigboye stated.

In 2023, a coalition of women groups in Osun launched the “Half the Sky” campaign, demanding that Governor Adeleke appoint at least 40 percent women into his cabinet. They argued that since women constitute nearly half the electorate, anything less was undemocratic.

“We are not asking for charity,” said the group’s leader, Mrs. Morenike Omowaiye. “We are asking for justice. Democracy is about representation, and if women are almost 50 percent of the voters, then they must be 50 percent of leadership.”

In Ondo, women organisations like the Nigerian Association of Women Journalists and other local NGOs rallied behind Waheed-Adekojo’s ambition, not because they believed she would necessarily win, but because they saw her candidacy as a test case for women’s political participation.

Mr Ojewumi noted at a recent political engagement in Osun ahead of the 2026 election that some political parties are not willing and ready to give their party ticket to women in the forthcoming election, suggesting that appointive positions seem easier to give women a voice rather than the elective positions.

The Global Contrast

The Global Gender Gap Index, released in 2025, ranked Nigeria 143rd out of 144 countries in women political representation, making Nigeria the lowest in five years. Similarly, data from the Inter-Parliamentary Union report states that Nigeria’s female political party representation ranked 148th out of 190 nations across the world. The index report further indicates that on a global average, women occupy 28.8 percent of top leadership positions, while the political empowerment gap stands at 22.9 percent.

However, the situation in Nigeria presents a different picture; 64 percent of the overall gender gap has closed, women hold only 6.6 percent of positions related to political empowerment, and just 3.4 percent of seats in the National Assembly.

The number from the global gender gap index shows that Nigeria is still facing significant challenges and opportunities in comparison, and the country can learn from regional success stories such as Sierra Leone’s comprehensive gender equality and Women Empowerment Act and Togo’s near gender equal legal framework. These can be seen in the stakeholders’ democracy policy vault for Africa.

Proffering a solution to disparities in gender representation

Dr. Omololá Olarinde-Olomola from Elizade University, Ilara-Mokin, Ondo state, stated that if Osun and Ondo are to align with global trends, they must move beyond token inclusion, adopting state-level gender quotas, reforming party candidate selection, and shifting social norms that treat politics as a male preserve.

Dr. Olarinde-Olomola suggested that Nigeria must intentionally legislate women into decision-making to help the country complete its democratic and economic vision as well as unlock the growth potential of its states.

Also, the Ondo coordinator of KDI, Folasade Bamigboye, suggested funding of a gender data initiative, which will help to promote gender parity as well as the intentional inclusion of women in political leadership to leverage women’s potential in politics.

“Nigeria’s gender inequality index score of 0.639 in 2021 still reflects the country’s significant gender disparities. Not having women in key decision-making positions has far-reaching effects on a country in terms of governance, education, equity, and development,” Bamigboye reaffirmed.

The Head, Programme for Democracy and Good Governance, Justice Development and Peace Makers Centre, Osun State, Mr. Festus Ojewumi, suggested that appointive positions seem easier to give women a voice rather than the elective positions due to huge campaign financing, political violence, and the ideology of most political parties, which are male-dominated.

“Every time we push for quotas, male lawmakers shout us down,” said Hon. Oluga.“They claim it will disrupt democracy. But the truth is,democracy without women is already disrupted.”

This brings to the fore the proposed “Reserved Seats for Women” bill, which is a constitutional amendment proposal aimed at increasing women representation in Nigeria’s National Assembly and State Assemblies. It’s proposing one additional seat for women per state and the FCT in both the Senate and House of Representatives, and three per state legislature, resulting in 74 new seats at the federal level and 108 seats across the state assemblies.

On the 22nd of September 2025, the House of Representatives had a public hearing to engage critical stakeholders and the sponsor of the bill, who is the Deputy Senate President, Hon.Benjamin Kalu, Women groups, civil society organisations. The bill has garnered support from the Nigerian President, Bola Tinubu, the Senate president, Goodwill Akpabio, and the United Nations Development Programme, UNDP, for Global Alignment. The bill aligns with international commitments such as the United Nations Sustainable Development Goals 5, focusing on Gender Equality.

 In 2022, five “gender bills” were presented to the National Assembly, but they were all rejected, and this led to protests by various women groups. The bills are the Reserved Quota for Women in cabinet, Affirmative Action in Party Administration, Specific Seats for Women in the National Assembly, Indigeneship Rights for Married Women, and Granting Citizenship to Foreign-Born Spouses. The five gender bill did not get the needed votes to scale through. However, the “Reserved Seats for Women” bill may likely scale through this time, considering the support it is currently receiving from both the Legislative and Executive arms of government.

Speaking on the bill, a Professor of Political Science and Gender Development at the Adekunle Ajasin University, AAUA, Professor Bukola Adesuyi maintained that the bill is a good way to intentionally legislate women into political leadership in Nigeria, and to also rate Nigeria high in Global Gender Index, but also emphasised the need to adequately mentor women politicians by women leaders in the political space.

“For women to leverage their capacity in the political space, women-to-women support is required to scale through in politics. Women should serve as Godfathers to fellow women with adequate backing,” Prof Bukola Adesuyi added.

To encourage more women political participation at the grassroot in Ondo state, efforts are geared to mentor young women by political leaders through working out modalities, one of such is taken up by the present Commissioner for Women Affairs and Social Development, Dr. Seun Bosede Osamaye, who coordinated the women’s social political group termed O’datiwa women group, spread across the eighteen local governments with membership across board, particularly the All Progressive Congress, APC.

Another social political group is the Progressive Young Women’s Forum, Ondo State chapter, a political group founded in 2020 by the Executive Director of the Nexim Bank, Hon. Stella Okotete, promoting young women’s empowerment, political participation, and placement in leadership positions.

In his submission on addressing low women representation in leadership position,a governorship aspirant in Ondo state, Jumoke Anifowose suggested that women should come together appealing  to Ondo State men to allow them to breathe and contest for elective positions saying there are no reasons why the women should not be given half of the membership of the Ondo State House of Assembly, particularly when state has two constituencies per local Government.

Speaking about the political party’s gender policy, the Peoples Democratic Party, Director of Media and Publicity, Ondo State, Leye Igbabo said that the PDP encourages women participation by giving them free forms to contest for any offices of their choice.

“The truth of the matter is that you cannot force someone who is not ready to come and collect forms by force. Women must first bring themselves out, and then the party encourages them through many other means.” Leye Igbabo, the PDP Spokesperson, Ondo State, said.

Speaking on the All Progressive Congress  Party policy for gender inclusion, APC, Secretary in Ondo state, Mr Alex Kalejaiye, affirmed that to encourage more women to run for political office, the party had a fifty percent cut for women, and they are exempted from paying the Expression of Interest form.

“For appointive positions, the party has a thirty-five percent affirmative action, but most times the Governors are compelled to be more intentional in achieving that because there is no policy document to back it up, just a moral appeal, and in the real sense of it, some governors have gone beyond the appeal to have more women, while some have not.” Kalejaiye Alex, APC secretary, Ondo State. 

The global comparison of women in leadership makes Nigeria’s case even more tragic. The acclaimed giant of Africa, a supposed leader on the continent, is one of the worst in including half its population in leadership.

Despite the bleak picture, some signs of hope are emerging. In local council elections in Osun, a few women have begun to win councillorship seats. In Ondo, young female activists are increasingly vocal in demanding representation. Social media has also given women a platform to challenge stereotypes. Waheed-Adekojo, for example, has a strong following online, where she shares her inspiring journey and encourages other women not to give up.

“I may not have won,” she said after the APC primaries, “but I have opened a door. Others will walk through it. And one day, a woman will sit in the governor’s office in Ondo State.” Waheed -Adekojo maintained.

This report was facilitated by the Wole Soyinka Centre for Investigative Journalism (WSCIJ) under the Champion Building component of its Report Women! News and Newsroom Engagement project.




Du continent, pour le continent : construire des systèmes de paiement instantané locaux pour favoriser l’inclusion financière en Afrique

Par le Dr Robert Ochola, CEO de la Fondation AfricaNenda, et Premier Oiwoh, Directeur Général / CEO de NIBSS

L’Afrique est en pleine transformation numérique, marquée par l’adoption croissante des téléphones portables, même dans les régions les plus reculées, une innovation financière rapide et la croissance constante des infrastructures publiques numériques, telles que les systèmes de paiement interopérables et les cadres d’identité numérique. Ces tendances jettent des bases essentielles pour une croissance économique inclusive.

Premier Oiwoh, Managing Director & CEO, NIBSS, delivering his speech at the Peer Learning Workshop Vis@-2045497782
Premier Oiwoh, Managing Director & CEO, NIBSS, delivering his speech at the Peer Learning Workshop Vis@-2045497782

Pourtant, pas moins de 400 millions d’Africains restent financièrement exclus, incapables d’accéder ne serait-ce qu’aux services financiers formels les plus basiques. Cette contradiction est non seulement inacceptable et insoutenable, mais elle risque aussi de renforcer les inégalités et de limiter l’impact de l’innovation. Combler cet écart est essentiel, non seulement pour le développement économique, mais aussi pour autonomiser les communautés, libérer la productivité et garantir que la révolution numérique touche tout le monde, partout.

Comme souligné lors de la récente visite d’apprentissage par les pairs organisée par la Fondation AfricaNenda en collaboration avec le Nigeria Inter-bank Settlement System (NIBSS) à Lagos, le moment est venu de dépasser la dépendance aux systèmes importés et de défendre des solutions de paiement conçues et détenues par des Africains, adaptées à nos réalités locales. Cet événement a rassemblé des parties prenantes de haut niveau de tout le continent pour apprendre, réfléchir et agir.

Un message a résonné constamment tout au long du forum de cinq jours : la voie vers l’inclusion financière en Afrique doit être pavée d’innovation locale ancrée dans les réalités du terrain. Si les technologies mondiales offrent des outils utiles, elles ne peuvent remplacer une compréhension profonde de la diversité économique, sociale et réglementaire de l’Afrique. Les véritables progrès exigent des solutions conçues pour les Africains, par les Africains ; adaptées aux commerçants informels, aux langues locales, à la connectivité rurale et aux besoins des communautés sous-bancarisées.

Pourquoi des solutions locales sont essentielles ?

Les technologies importées peuvent offrir de la rapidité, mais ne garantissent pas nécessairement une adéquation. Les systèmes financiers africains doivent tenir compte de nos économies informelles, de notre diversité linguistique, de nos déficits infrastructurels et de notre ambition commune pour l’équité. Comme l’a rappelé le Dr Robert Ochola, CEO de la Fondation AfricaNenda : « L’Afrique peut construire ses propres systèmes et les rendre de classe mondiale. »

L’objectif n’est pas simplement de numériser ; il est d’inclure. Cela signifie concevoir des systèmes depuis la marge vers le centre et veiller à ce qu’ils fonctionnent pour les plus vulnérables, y compris les femmes, les jeunes et les personnes non bancarisées. La véritable inclusion signifie aussi fournir un accès via USSD pour ceux qui n’ont pas de smartphone. Cela signifie déployer des réseaux d’agents dans les zones reculées, fournir des solutions hors ligne et des structures tarifaires qui protègent les plus pauvres. La véritable inclusion signifie aussi bâtir la confiance, pas seulement la technologie.

NIBSS : Un Modèle pour une Innovation Africaine Évolutive et Inclusive

Le Nigeria Inter-Bank Settlement System (NIBSS) est depuis longtemps un pionnier dans le paysage des paiements numériques en Afrique, et son parcours vient d’atteindre une nouvelle étape majeure.

Traitant près d’un milliard de transactions chaque mois, NIBSS est un système de paiement 100 % local qui fonctionne 24h/24 et 7j/7 avec une compensation en temps réel, une sécurité robuste et des fonctionnalités inclusives au service des banques, des fintechs et d’autres prestataires de services financiers.

Intrinsèquement, les plateformes NIBSS sont robustes dans leur conception et permettent une intégration par les banques, les fintechs, les opérateurs mobiles, les réseaux d’agents et autres prestataires de services financiers, garantissant ainsi l’accès aux personnes non bancarisées.

Ce qui rend le modèle NIBSS unique et inspirant pour les autres pays africains est sa conception locale, son alignement réglementaire profond et son évolutivité à travers les secteurs formel et informel.

Lors de la visite d’apprentissage, NIBSS a dévoilé le National Payment Stack (NPS), une infrastructure de paiement de nouvelle génération, développée localement, qui s’appuie sur le succès avéré du système NIBSS Instant Payments (NIP).

M. Premier Oiwoh, le Directeur Général et CEO de NIBSS, a décrit le NPS comme bien plus qu’une nouvelle plateforme, soulignant qu’il s’agit d’un investissement fondateur pour l’avenir financier du Nigeria. Il a insisté sur l’importance de construire des solutions dirigées par l’Afrique qui dépassent les cadres hérités et soutiennent le libre-échange grâce à une circulation financière fluide.

Premier Oiwoh, MD & CEO, NIBSS, Jacqueline Jumah, Director, Advocacy & Partnerships, AfricaNenda, and @680195857
Premier Oiwoh, MD & CEO, NIBSS, Jacqueline Jumah, Director, Advocacy & Partnerships, AfricaNenda

Il a également souligné la valeur de la collaboration réglementaire, attribuant à l’étroit partenariat de NIBSS avec la Banque centrale du Nigeria un rôle clé dans la livraison d’une infrastructure de paiement fiable, efficace et préparée pour l’avenir.

Bien plus qu’une nouvelle plateforme, le NPS est conçu pour approfondir l’inclusion financière, améliorer l’efficacité des paiements du secteur public et accélérer les progrès du Nigeria vers une économie numérique de 1 000 milliards de dollars.

Le National Payment Stack (NPS) permet des paiements en temps réel avec règlement instantané et une messagerie conforme à la norme ISO 20022 pour une meilleure exchange de données et une interopérabilité accrue. Il fournit un environnement API avec bac à sable (sandbox) permettant une intégration transparente par les banques, les fintechs et autres prestataires de services financiers. Les fonctionnalités clés incluent la demande de paiement (Request-to-Pay), le prélèvement automatique (Direct Debit) et un cadre intégré de validation Know Your Customer (KYC). Actuellement, le Bank Verification Number (BVN) sert d’identifiant de confiance primaire ; avec un potentiel pour d’autres identifiants tels que le NIN (géré par la National Identity Management Commission, NIMC), le numéro d’identification fiscale (TIN) et le numéro d’entreprise enregistrée (RC) pour renforcer davantage l’authentification des utilisateurs et la conformité réglementaire.

Au cœur du succès des services financiers numériques inclusifs se trouve la capacité à identifier et vérifier les utilisateurs de manière fiable. L’intégration de cadres d’identité tels que le NIN dans le National Payment Stack (NPS) marque une étape critique pour étendre l’accès aux services financiers. En permettant une validation KYC transparente et sécurisée, cette synergie aide à intégrer davantage de Nigérians dans l’écosystème financier formel, en particulier ceux des secteurs mal desservis ou informels, soutenant ainsi les objectifs nationaux en matière d’inclusion financière et de participation économique.

En intégrant les paiements, l’identité et les données sur une plateforme intelligente unique, le NPS permet une expérience financière plus sûre, transparente et inclusive pour les Nigérians ordinaires ; des commerçants et micro-entrepreneurs aux fonctionnaires et consommateurs ruraux.

Le NPS est également prêt pour le multi-devises, capable de fonctionner au-delà des frontières, et équipé d’outils automatisés de résolution des litiges et de détection des fraudes, alliant rapidité, sécurité et confiance des utilisateurs.

Le NPS est un exemple parfait de la manière dont les compétences locales peuvent être développées et mobilisées pour créer de la valeur économique. Il souligne également le fait que la décision de développer en interne mérite une considération sérieuse, surtout compte tenu de ses avantages à long terme.

Le défi lancé par M. Premier Oiwoh à l’industrie était clair – « En matière de temps de fonctionnement, 99,9 % ne suffisent pas. Ce 0,1 % peut être critique, voire changer une vie. Pour nous, le seul indicateur de performance acceptable est de 100 %. » Ce niveau d’ambition exige non seulement un accès numérique, mais aussi une fiabilité numérique, et fait écho à la mission de la Fondation AfricaNenda.

Fondation AfricaNenda : Partenariat pour l’Impact

La Fondation AfricaNenda existe pour accompagner les pays dans la construction de Systèmes de Paiement Instantané Inclusifs (IIPS). Nous ne venons pas avec des modèles préconçus, mais avec une écoute, de l’expérience et un engagement. Notre rôle est de soutenir la conception technique, de renforcer les cadres réglementaires et de réunir des communautés de pratique où les pays peuvent apprendre les uns des autres.

La Visite d’Apprentissage par les Pairs à Lagos a rassemblé des leaders représentant plus de 20 pays africains, dont l’Eswatini, la Somalie, le Togo, la Guinée, le Liberia, Madagascar, le Soudan du Sud, entre autres. Mais cela était bien plus qu’une visite technique ; c’était le début de quelque chose de plus grand.

Ce rassemblement a marqué un engagement collectif envers une vision panafricaine : construire des systèmes de paiement instantané évolutifs, interopérables et inclusifs qui répondent aux besoins réels des populations à travers le continent. Du partage d’expériences nationales à l’exploration des défis communs, l’énergie dans la salle reflétait une conviction partagée : l’Afrique peut et doit conduire son propre avenir financier numérique.

Un appel à l’action

La Fondation AfricaNenda et NIBSS s’accordent à dire qu’il est temps de démanteler les barrières artificielles et les silos juridictionnels. À cette fin, nous répétons la proposition de M. Musa Jimoh, Directeur de la Politique des Systèmes de Paiement à la Banque centrale du Nigeria (CBN), pour un Forum Africain des Régulateurs sur les Systèmes de Paiement Instantané. Une telle plateforme permettrait d’aligner les standards, de favoriser la confiance et de catalyser l’innovation collaborative transfrontalière.

Ne confondons pas numérisation et inclusion. N’acceptons pas 99,9 % lorsque 100 % est la norme que notre peuple mérite. Construisons des systèmes qui reflètent nos réalités, respectent notre diversité et répondent à nos ambitions.

Comme l’a écrit Chinua Achebe : « Le monde est comme un Masque qui danse. Si vous voulez bien le voir, il ne faut pas rester à une seule place. »

Avançons ensemble. Bâtissons avec audace. Allons loin.

Le Dr Robert Ochola est le CEO de la Fondation AfricaNenda, et Premier Oiwoh est le Directeur Général / CEO de NIBSS.