Lutte contre le paludisme : Le Bénin au cœur de la « Grande Offensive » africaine malgré une conjoncture critique

Le rapport 2025 sur les progrès de la lutte contre le paludisme en Afrique, publié par l’Union africaine et l’ALMA, tire la sonnette d’alarme. Alors que les financements internationaux stagnent, le Bénin se distingue par des partenariats innovants avec le secteur privé pour maintenir la mobilisation sociale.

Les chiffres mondiaux du paludisme restent alarmants : les États membres de l’Union africaine concentrent à eux seuls 96 % des cas et 97 % des décès liés à cette maladie. Le rapport 2025 souligne que les progrès sont globalement au point mort depuis 2015, menacés par ce que les experts appellent une « tempête parfaite » : baisse de l’aide publique au développement, résistance biologique des moustiques et impact du changement climatique.

Dans ce contexte de rareté des ressources financières, le rapport cite le Bénin comme un exemple de collaboration efficace avec le secteur privé. Pour pallier la baisse de l’aide extérieure (qui a chuté de 21 % au niveau continental en 2025), le pays mise sur la communication pour le changement social et comportemental (CCSC).

Le Bénin : un modèle de mobilisation du secteur privé

Grâce à un partenariat avec CANAL+, le Bénin, aux côtés de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, bénéficie d’un soutien en nature crucial pour diffuser des messages de prévention. Cette stratégie s’inscrit dans l’initiative continentale « Zéro Palu ! Je m’engage », qui vise à faire de la lutte contre le paludisme une priorité nationale à tous les niveaux de la société.

Le Conseil des ministres du 18 février 2026, le Gouvernement du Bénin à décider de créer une Agence nationale de Lutte contre la Malaria et les Moustiques. Elle est placée sous la Présidence de la République.

Le rapport exhorte les États, dont le Bénin, à renforcer leur souveraineté sanitaire. Cela passe par lamobilisation des ressources nationales. L’UA encourage la création de « Conseils et Fonds pour l’élimination du paludisme » pour coordonner l’action multisectorielle et attirer des investissements locaux.

Le déploiement de moustiquaires de nouvelle génération (à double substance active) s’accélère. En 2025, elles représentaient 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 États membres, offrant une protection 55 % supérieure face aux moustiques résistants.

Pour réduire la dépendance aux importations (95 % des médicaments sont actuellement importés en Afrique), des discussions sont en cours pour transférer les technologies de fabrication sur le continent.

Des innovations technologiques pour lutter contre le paludisme

Face à la « tempête parfaite » de défis financiers et biologiques, l’Afrique déploie une nouvelle génération d’outils innovants qui transforment la riposte sur le terrain :

La lutte contre le paludisme a franchi un cap historique avec le déploiement massif des vaccins. En 2025, 24 États membres ont introduit ou commencé à déployer les deux vaccins approuvés par l’OMS pour les enfants de moins de 5 ans. L’échelle de distribution a explosé, passant de 10,5 millions de doses en 2024 à 28,3 millions de doses en 2025. De plus, la recherche s’accélère avec l’évaluation de vaccins à ARNm, dont l’un est déjà en essais cliniques, promettant de cibler plusieurs stades du parasite pour une efficacité accrue.

Pour optimiser la gestion des sources larvaires, plusieurs pays comme le Sénégal, le Rwanda, le Kenya et Djibouti testent désormais l’utilisation de drones. Ces appareils permettent une application plus précise et efficace des traitements antilarvaires dans des zones difficiles d’accès.

Pour contrer la résistance des moustiques aux insecticides classiques, les États membres généralisent l’usage des moustiquaires à double substance active (pyréthroïde-chlorfénapyr). Ces moustiquaires sont 55 % plus efficaces que les modèles traditionnels. En 2025, elles représentaient déjà 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 pays africains.

Une innovation majeure introduite en 2025 concerne les répulsifs à diffusion spatiale préqualifiés par l’OMS. Ces dispositifs libèrent des principes actifs dans l’air pour tuer les moustiques ou les empêcher de piquer, offrant une protection supplémentaire en complément des moustiquaires.

Des recherches se poursuivent sur le forçage génétique, une technologie visant à réduire les populations de moustiques ou à les rendre incapables de transmettre le parasite. Parallèlement, 29 nouveaux outils de diagnostic sont en développement pour détecter les mutations du parasite et les porteurs asymptomatiques, essentiels pour les régions proches de l’élimination.

La technologie ne se limite pas aux produits physiques ; elle concerne aussi la gestion de l’information. Les États membres utilisent désormais des outils numériques et l’intelligence artificielle pour optimiser l’utilisation des ressources limitées comme les Cartes de Score (Scorecards) et la surveillance climatique.

Un défi économique majeur

L’enjeu n’est pas seulement sanitaire, il est économique. Le rapport prévient qu’une réduction continue des financements pourrait entraîner une perte de 37 milliards de dollars de PIB pour l’Afrique d’ici 2030. Pour le Bénin, l’intégration de la lutte contre le paludisme dans les plans de développement nationaux et la transparence dans la gestion des fonds des aspects que nous avons abordés précédemment concernant les obligations des associations deviennent des remparts essentiels contre la maladie.

Comme l’a souligné la présidence de l’ALMA, « le chemin à parcourir est semé d’embûches, mais nous avons le pouvoir de le relever ». Le Bénin, par ses initiatives de plaidoyer et ses partenariats médias, montre qu’une riposte intégrée est possible, même en temps de crise.

Megan Valère SOSSOU




Ange-Marie Nicodème ESSE remporte le prestigieux King Hamad Award pour la Paix et l’Action des Jeunes

De plus de 8 000 candidatures mondiales à un seul lauréat dans sa catégorie : le Bénin brille sur la scène internationale.

Face à plus de 8 000 prétendants venus des quatre coins du monde, c’est un jeune Béninois qui a tiré son épingle du jeu. Ange-Marie Nicodème ESSE, fondateur de l’organisation Health Access Initiative (HAI), a été officiellement désigné lauréat du King Hamad Award for Youth Empowerment to Achieve the Sustainable Development Goals, dans la catégorie « Youth Action – Peace Award ». Une consécration qui place le Bénin sous les projecteurs de l’engagement citoyen mondial.

Le Royaume de Bahreïn a abrité, le 15 février dernier, la cérémonie officielle de remise du King Hamad Award for Youth Empowerment to Achieve the Sustainable Development Goals. Cet événement de prestige a réuni des leaders internationaux, experts et décideurs engagés pour l’Agenda 2030, venus célébrer l’excellence de la jeunesse dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Parmi les heureux lauréats, un nom a particulièrement retenu l’attention : celui du Béninois Ange-Marie Nicodème ESSE. Sa distinction dans la sous-catégorie « Youth Action – Paix » revêt une saveur particulière, tant la compétition fut rude.

Un parcours semé de 8 000 embûches

Le King Hamad Award est réputé pour son processus de sélection extrêmement rigoureux. Cette année, plus de 8 000 candidatures ont été enregistrées à l’échelle mondiale. Un premier filtre drastique a permis de réduire ce nombre impressionnant à seulement 300 dossiers. Puis, après une analyse minutieuse, le jury international n’a retenu que 18 finalistes mondiaux, répartis dans différentes sous-catégories.

C’est dans ce cercle très fermé qu’Ange-Marie Nicodème ESSE a su convaincre. Face à lui, des projets venus des cinq continents, tous aussi ambitieux les uns que les autres. Mais c’est finalement le Bénin qui est reparti avec le trophée dans la catégorie « Youth Action – Peace Award », un exploit qui force l’admiration.

Health Access Initiative, l’innovation sociale au service des vulnérables

Derrière ce prix se cache le travail de fond mené depuis plusieurs années par Ange-Marie Nicodème ESSE à travers Health Access Initiative (HAI). L’organisation a développé une approche innovante et holistique pour répondre aux défis sociaux majeurs du Bénin.

Parmi ses actions phares, on retrouve la mise en place de salles d’écoute communautaires, des espaces sécurisés où les jeunes et les femmes peuvent se confier et trouver du soutien. HAI mène également un combat acharné contre les violences basées sur le genre, tout en promouvant activement la santé sexuelle et reproductive. L’association ne s’arrête pas là : elle œuvre aussi pour l’autonomisation juridique des plus vulnérables, leur donnant les clés pour comprendre et défendre leurs droits.

Cette combinaison unique d’actions fait de HAI un acteur incontournable du développement local et un modèle inspirant pour toute une génération.

« L’innovation sociale africaine a toute sa place »

Pour le nouveau lauréat, cette reconnaissance dépasse largement le cadre personnel. Interrogé à l’issue de la cérémonie, Ange-Marie Nicodème ESSE a livré une déclaration empreinte de fierté et de lucidité :« Cette reconnaissance mondiale prouve que l’innovation sociale africaine a toute sa place dans les grandes discussions internationales. »

Un message fort qui résonne comme un appel à la jeunesse du continent à oser, à innover et à croire en sa capacité à changer le monde.

Cette distinction est multiple. C’est d’abord une victoire pour le Bénin, qui voit son drapeau flotter haut dans le ciel de Bahreïn et inscrit son nom au panthéon des nations lauréates de ce prix sélectif. C’est ensuite une victoire pour la jeunesse béninoise et africaine, qui prouve que l’audace et l’engagement peuvent mener aux plus hautes distinctions internationales. C’est enfin une victoire pour la paix, car le travail d’Ange-Marie Nicodème ESSE et de Health Access Initiative contribue, à son échelle, à construire des communautés plus apaisées, plus justes et plus égalitaires. Le Bénin peut être fier. La relève est assurée, et elle rayonne déjà sur le monde.

Megan Valère SOSSOU




Climate Justice : A new generation of climate reporters emerges in Benin

Thirty young Beninese activists and journalists gathered in January 2026 at the Hôtel Le Doppel in Bohicon for the Benin Youth Climate Reporting Academy project. This initiative by the Save Our Planet NGO aimed to strengthen the capacities of these young people from Bassila, Parakou, Abomey, Calavi, Ketou, Porto-Novo, Savalou, Zogbodomey, and Bohicon. For trainer William Tchoki, this approach is essential : « The more of us there are talking about the environment, the more we can impact the population on environmental issues. »

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Vue d’ensemble

During the training workshop, participants learned about the challenges of climate change, climate justice, and storytelling and media production technique. Anna Tchagnonsi, a student and activist, recalls a key definition: « This day taught me a lot… I was able to note… that when we talk about climate change, we must note that it is an increase in the earth’s average temperature and it is caused by the emission of greenhouse gases. »

The training was delivered by a quartet of experts: Megan Valère Sossou, environmentalist; Rachida Yenoukounme Houssou, journalism consultant; Dr. William Tchoki, environmental journalist; and Modeste Glin, radio journalist. Trainer Rachida Yenoukounme Houssou emphasized suitable formats : « The news report : more concrete, you see certain realities firsthand… Interviews : short video or audio… An image that conveys a lot. »

The academy combined theory and practice with a field visit to a rainwater harvesting site under the Program for Urban Adaptation to Climate Change (PAVICC) in Bohicon. For Sylvain Ecatcho from Bassila, this training is crucial : « I believe this training comes at just the right time to address some problems that my community… faces due to climate change. It will lead me to produce journalism that will… lead the population to change its behavior. »

Following this immersion, each participant received individual coaching. Daré-Montan Dossoumon, a journalist participant, now feels equipped: « Today I am able to identify a problem in my society and solve it through journalistic production that addresses an aspect of climate. »

The workshop culminated in the official creation of a Beninese Network of Young Climate Reporters, led by a coordination team of three elected members and three regional representatives, including Anna Tchagnonsi for the North. For her, the mission is clear: « To better reach our audience, we must provide solutions after identifying the problems. »

Supported by the Earth Rising Foundation and the Arete Arts Foundation, the project plans to award prizes for the best productions with work equipment.

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Atelier de formation

William Tchoki praised this initiative : « It is a major step that Save Our Planet has taken by providing the basics of understanding to our young colleagues. » He insists on specialization: « I insisted on this question of specialization… the environment is an issue that touches every aspect of human life… if more of us talk about it, we will undoubtedly impact a lot of people. »

Rachida Yenoukounmè Houssou, for her part, appreciated the diversity of profiles : « It’s a good mix… it’s time for [the activists] to learn the rules of content production. » An opinion shared by activist Aurelle Kouagou: « I especially appreciated our sessions on content production techniques in a climate context. After this workshop, I will be able to debate on subjects concerning the climate and the environment. »

Honella Adogbo-Medagbe




Pose de la première pierre du resort Bouskoura Park: La Naissance d’une nouvelle destination d’exception au cœur de la ville verte

La province de Nouaceur a procédé, ce mardi, à la pose de la première pierre du Resort Bouskoura Park, un projet structurant qui marque une nouvelle étape dans le développement touristique, économique et urbain de Bouskoura Ville Verte, dans la région de Casablanca.

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Bouskoura Park

La cérémonie s’est tenue en présence des autorités et de nombreuses personnalités, dont M. Jalal Benhayoun, Gouverneur de la Province de Nouaceur, M. Abdellatif Mazouz, Président de la Région Casablanca-Settat, M. Salmane Belayachi, Directeur Général du CRI Casablanca-Settat, et M. Imad Barrakad, Directeur Général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), ainsi que de M. Ramsay Rankoussi et de M. Erwan Garnier, représentants du Radisson Hotel Group.

Bouskoura Park s’inscrit dans une dynamique territoriale ambitieuse, en phase avec l’évolution de Casablanca en tant que poumon économique du Royaume. Pensé comme un resort urbain intégré, le projet a vocation à devenir une destination de référence, conjuguant hôtellerie haut de gamme, tourisme d’affaires, bien-être, culture, loisirs et services, au cœur d’un environnement naturel préservé. Ce projet représente un investissement global de plus de 300 millions de dirhams et devrait générer plus de de 500 emplois directs et indirects, renforçant ainsi son impact économique et territorial à l’échelle régionale.

Dans un contexte où le Maroc confirme son positionnement comme destination touristique majeure à l’échelle régionale et internationale, Bouskoura Park s’inscrit dans les orientations nationales visant à renforcer l’offre touristique, l’attractivité des territoires et à promouvoir un tourisme durable, responsable et créateur de valeur. Le projet répond également aux besoins croissants de la région en matière d’infrastructures d’accueil pour les grands événements.

Implanté sur une assiette foncière de plus de 5,3 hectares, face au Golf Casa Green Town et à proximité immédiate de la forêt de Bouskoura, le complexe bénéficie d’un emplacement stratégique au sein de l’un des principaux poumons verts de la région. Il se situe à moins de 20 minutes de l’aéroport international Mohammed V et à proximité directe des grands pôles économiques, notamment Casablanca Finance City.

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Le projet s’inscrit dans une démarche environnementale exigeante et est engagé dans un processus de certification HQE, traduisant une volonté affirmée d’intégration durable et responsable.

Le programme prévoit :

  • un Hôtel 5 étoiles Radisson Blu de 119 chambres,
  • un Centre de conférences et d’événements premium de plus de 4 000 m²,
  • un Business center intégrant des espaces de restauration, de services et de loisirs,
  • ainsi qu’un pôle Sport & Wellness comprenant un bâtiment Fitness & Spa et des équipements sportifs.

À travers ce projet, Radisson Hotel Group confirme son engagement en faveur du développement hôtelier de qualité au Maroc et en Afrique du Nord. Présent dans plus de 100 pays, le Groupe opère un portefeuille de marques reconnues, couvrant l’ensemble des segments de l’hôtellerie premium et lifestyle. Son approche repose sur une création de valeur durable, un ancrage local fort et une attention constante portée à l’expérience client, à la performance des actifs et à l’intégration responsable des projets dans leur environnement.

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Bouskoura Park entend accompagner la transformation de Bouskoura Ville Verte et contribuer durablement au rayonnement économique, touristique et environnemental de la région de Casablanca, en proposant un équipement structurant, utile au territoire et pensé dans une logique de long terme.

« Bouskoura Park a été conçu comme une destination à part entière, en parfaite cohérence avec l’identité écologique de Bouskoura Ville Verte et le rayonnement économique, touristique et environnemental de la région de Casablanca. Le partenariat avec le groupe international Radisson pour le développement du Radisson Blu Hotel & Conference Center Casablanca Bouskoura s’inscrit pleinement dans cette ambition. Notre objectif est de créer un lieu durable, ouvert et fédérateur, à la fois apaisant et fonctionnel, capable de répondre aux attentes des habitants, des touristes, des entreprises, des institutions et des visiteurs », déclare Amr Chegdali, Directeur Général de Bouskoura Park.

​« Le Maroc est aujourd’hui l’un des marchés les plus dynamiques et structurants de la région, avec une vision claire en matière de développement touristique et territorial. Le projet Bouskoura Park illustre parfaitement cette ambition, en combinant qualité hôtelière, durabilité et intégration urbaine. Nous sommes fiers d’accompagner ce développement à travers l’implantation du Radisson Blu Hotel & Conference Center Casablanca Bouskoura, un établissement conçu pour répondre aux standards internationaux tout en valorisant l’identité et le potentiel du territoire », déclare Ramsay Rankoussi, Regional Chief Development Officer, Radisson Hotel Group

Bouskoura Park Resort remercie l’ensemble de ses partenaires, ainsi que les autorités locales et nationales, pour leur accompagnement, leur confiance et leur engagement dans la concrétisation de ce projet structurant, visant à contribuer à la dynamique nationale de développement touristique et territorial portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.

Megan Valère SOSSOU




JARCOMED Project Launch: Community Botanical Gardens to Safeguard Benin’s Medicinal Heritage

The NGO Save Our Planet officially launched the Community Botanical Gardens for Medicinal Plant Conservation project, known as JARCOMED, this Thursday in N’Dali. Supported by the Re-Earth Initiative, this one-year project will be deployed in the communes of N’Dali and Tchaourou, with the ambition of preserving Benin’s medicinal biodiversity and traditional knowledge.

Lancement JARCOMED
Launch of the JARCOMED Project

The inauguration ceremony, co-chaired by the Mayor of N’Dali and the President of Save Our Planet, Ms. Aichatou Balla, had a dual purpose: the official launch of JARCOMED and the collective validation of results from focus groups previously organized in the two communes.

In his opening speech, the Mayor of N’Dali, Daouda SAKA MERE, underscored the fundamental importance of this initiative: « On this important day, it is with great honor and deep satisfaction that I stand before you to officially launch the JARCOMED project. Our land, our environment, and the knowledge they hold constitute an invaluable heritage. »

He insisted on the relevance of the chosen approach: « This is why the initiative led by the NGO Save Our Planet, in partnership with all of you, resonates strongly. It does not come from outside to impose a solution on us, but it builds on your knowledge, your experience, and your commitment. This is a project by and for the community. »

A Launch Under the Banner of Institutional and Community Commitment

Reaffirming the total support of local authorities, the Mayor declared: « I wish to reaffirm our total institutional support for this initiative. We will ensure to facilitate the necessary steps, secure the sites that will be chosen together, and accompany this project towards its full success. »

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President of the NGO Save Our Planet and the Mayor of N’dali

In her address, Ms. Aichatou Balla, President of Save Our Planet, presented the project’s philosophy: « We firmly believe that solutions to the great challenges of our time whether climate change, biodiversity loss, or inequalities in access to healthcare can only be sustainable if they are locally rooted, community-driven, and respectful of ancestral knowledge. »

She described JARCOMED as a response to « a simple but alarming observation: all over the world, and right here, plants with unique medicinal virtues are disappearing, taking with them centuries of knowledge and an essential part of our natural and cultural heritage. »

The Botanical Garden: More Than Just a Cultivation Space

The Mayor shared his transformative vision for the project: « This garden will be much more than a cultivation space. It will be: a place of memory, where our children can learn the names and virtues of plants that our elders know so well; a tool of resilience, to preserve our autonomy in the face of health and environmental challenges ; a lever for development, by creating sustainable opportunities for our community. »

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Concrete Results Validated by the Community

The ceremony served as the framework for the official validation of conclusions from participatory consultations. Participants approved the priority list of 30 species of medicinal plants threatened with extinction, as well as the specific sites to host the botanical gardens in N’Dali and Tchaourou.

« Your contributions during the focus groups have already traced the first paths, »reminded Ms. Balla, emphasizing that « the NGO Save Our Planet does not position itself as a lecturer or a solo executor. Our role is that of a facilitator, an accompanist, and a partner. »

A Call for Collective Action

The Mayor issued « a solemn call to each one of you: healers, farmers, youth, women, men, all holders of knowledge or a will to act. Get fully involved. Your voice matters. Your choices will guide the actions to come. »

He concluded on a note of collective ambition: « Together, let’s make this JARCOMED project a collective success, which can inspire far beyond our borders, » before officially declaring the project open in the territory.

An Initiative Welcomed by Communities

Participants from N’Dali and Tchaourou unanimously praised the project’s relevance and the participatory methodology employed. « This initiative comes at the right time. It will allow us to strengthen our medicinal biodiversity and improve our well-being through sustainable access to these resources, » testified a traditional healer present.

Thanks to this preparatory work and the joint commitment of the authorities, the NGO, and the communities, the JARCOMED project starts on solid foundations, promising to preserve a precious natural and cultural heritage for current and future generations.

Hornella Adogbo-Medagbe




Intelligence Artificielle au Bénin : L’ONG Save Our Planet et ses partenaires plaident pour l’inclusion

Un forum national tenu à Cotonou le 29 novembre 2025 a permis de valider dix recommandations majeures issues de consultations locales citoyennes, visant à ancrer le développement de l’IA dans les réalités et les besoins des communautés.

Comment garantir que la révolution de l’Intelligence Artificielle (IA) profite à tous et n’accentue pas les fractures sociales ? C’est à cette question cruciale qu’a répondu le forum national organisé par l’ONG Save Our Planet, le samedi 29 novembre 2025 au Chant d’Oiseau à Cotonou. L’événement, qui a mobilisé des acteurs du secteur privé, de la société civile, des universités et des représentants de l’État marque l’aboutissement d’un vaste processus consultatif pour un développement inclusif et éthique de l’IA au Bénin.

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Ouverture officielle

À l’ouverture des travaux, Megan Valère Sossou, Directeur Exécutif de Save Our Planet, a présenté ce forum comme « l’aboutissement d’un processus participatif inédit ». Depuis septembre 2025, des consultations menées dans le Nord (Parakou), le Centre (Bohicon) et le Sud (Porto-Novo) ont permis de recueillir « les attentes fortes et les préoccupations légitimes des populations » sur ce sujet stratégique. Il a rappelé l’objectif triple de la rencontre : partager les enseignements des consultations, enrichir le dialogue sur les implications éthiques et sociétales de l’IA, et valider des recommandations pour une gouvernance inclusive.

Nécessité de placer l’humain au cœur de la technologie

Pour Laetitia Badolo, Directrice du Plaidoyer et de l’Impact à Niyel (partenaire du projet), ce dialogue est vital. « Dans un contexte où l’IA redéfinit les services publics et les modes de vie, il est essentiel que les citoyens, les communautés locales, les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables puissent exprimer leurs attentes […] Ce sont ces contributions qui permettent d’ancrer les politiques publiques dans la réalité », a-t-elle souligné. Ce forum constitue ainsi une étape clé pour porter cette voix citoyenne au niveau institutionnel.

Le représentant du Ministère du Numérique et de la Digitalisation, Martial Ahehehinnou, a salué « l’initiative remarquable » de l’ONG, soulignant sa cohérence avec la Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle et des Mégadonnées portée par le gouvernement.

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Panel d’échange

Décryptage des enjeux et vigilance citoyenne

Un panel d’échanges animé par Dr Mireille ODOUNFA, Experte en IA et Agriculture, et Martial Ahehehinnou, a permis de décortiquer les implications concrètes de cette technologie. L’accent a été mis sur la nécessité de l’orienter vers la résolution des défis locaux.

Pour Fulbert Adjimehossou, Consultant Formateur, l’intelligence artificielle doit être plus humaine, servir les besoins socioéconomiques, sanitaires, agricoles, que de rester simplement une technologie. Un avis partagé par les participants comme Serge Anagonou : « Il n’est plus possible de se passer de l’IA […] Si nous devons prendre part à cette révolution, nous devons la recadrer, la revoir sur le plan national afin qu’elle réponde à nos réalités. »

Pour des participants comme Géraud Koudakpo et Floriane Aikobinou, la sortie est nette : ils sont désormais « mieux aguerris sur les enjeux de l’IA et de la nécessité de la rendre plus inclusive ».

Dix piliers pour une feuille de route inclusive

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Message du partenaire

L’aboutissement concret du forum a été l’amélioration et la validation par consensus de dix recommandations phares. Celles-ci dessinent une feuille de route articulée autour de plusieurs axes fondamentaux : Une gouvernance nationale et multipartite incluant tous les acteurs; le renforcement de la littératie technologique et de la formation pour tous; l’impératif de transparence, de responsabilité et de régulation des systèmes d’IA; une priorisation sectorielle (santé, agriculture, éducation) axée sur l’équité; une gouvernance des données protectrice des droits des citoyens et le renforcement de la coopération internationale solidaire.

Ce projet de plaidoyer, soutenu par l’agence Niyel et financé par le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) et le UK International Development, pose les premières pierres d’un modèle béninois de développement de l’IA, où la technologie est mise au service de l’inclusion et du progrès humain.

Laura Leke




Nutrition : le Projet CASCADE fait des femmes des actrices de changement dans les foyers ruraux

À l’ombre des baobabs et manguiers dans les communes de l’Atacora et du Borgou, un mouvement discret mais puissant prend racine : celui des femmes qui cultivent l’avenir par la force de leurs mains. Grâce à l’approche FFBS (Farmers Field and Business School) du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE Bénin-Togo et GAIN, avec l’appui opérationnel des ONG ERAD et SIAN’SON et l’appui institutionnel des autorités locales et acteurs stratégiques aux niveaux décentralisés (Mairie, DDAEP, C-GUPS, ATDA, CCeC), des femmes membres de coopératives locales ont transformé leur quotidien en cultivant l’autonomie, une graine à la fois.

Femme dans un champs de Mais
Femme dans un champs de Mais

Jardins de case, potagers communautaires, champs de maïs enrichis au compost naturel, transformation, production et vente de farines enrichies sont des activités mises en place par ces dames qui réinventent leur quotidien face à l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Ces espaces de production ne sont pas seulement agricoles, ils sont aussi sociaux, économiques et écologiques. De la tomate au piment en passant par les légumes tels que la carotte, les feuilles de laitues, les choux, le gombo, la grande morelle, ainsi que l’arachide, les lentilles, le niébé et bien d’autres produits vivriers, les femmes y font elles-mêmes les pépinières, installent des grillages pour protéger leurs cultures, et adoptent des pratiques agroécologiques durables. Malgré les défis auxquels elles sont confrontées chaque jour à savoir les inondations, la sécheresse, le manque d’infrastructures pour le stockage des produits vivriers, elles persistent, innovent et s’organisent de manière à utiliser les ressources issues de ces productions pour nourrir leurs familles, générer des revenus et renforcer la place des femmes dans les dynamiques communautaires. Dans ces localités, la terre devient source de résilience.

De la terre à l’assiette…

Dans ces coopératives, une partie des récoltes issues des jardins de case, potagers et champs de maïs est directement utilisée dans les foyers, assurant aux familles une alimentation plus saine, plus variée et plus régulière. Des légumes riches en nutriments sont intégrés aux repas afin que ceux-ci soient plus équilibrés et assure le plein de croissance aux tout-petits. Cette autosuffisance alimentaire réduit également la dépendance aux marchés.

“Je ne demande plus de l’argent à mon mari pour l’achat de produits vivriers. Mon jardin me donne ce qu’il faut. J’utilise donc les produits issus de ma récolte pour faire nos repas et cela me permet de savoir que nous consommons des aliments sains et renforce mon rôle au sein du foyer à travers les prises de décisions dans le ménage du fait que j’ai également un apport.” témoigne Adiza DANKORO, membre de la coopérative SURU TIM A de Nikki.

La terre, pour générer des revenus et être autonome…

Outre les repas quotidiens, les produits vivriers issus des récoltes alimentent aussi des marchés locaux, et servent également pour des projets de transformation artisanale.

Dans la localité de Boukombé, les femmes de la coopérative MARANATHA ont procédé à la transformation de l’arachide en farine enrichie, en y ajoutant du soja, de la noix de cajou et du maïs grillé. Ce mélange, riche en protéines et en lipides, est utilisé pour nourrir les enfants en bas-âge et lutter contre la malnutrition.

Solange N’DAH, membre de la coopérative MARANATHA à Boukombé partage avec nous son expérience, ses motivations et les résultats concrets de ce projet de transformation agroalimentaire.

« Avec la farine que je prépare moi-même, je peux nourrir mon bébé sans trop dépenser. Je recommande également cette farine aux femmes dont les enfants sont malnutris qui en achètent auprès de notre coopérative pour nourrir leurs enfants. Cela a servi à accroître le chiffre d’affaires de notre coopérative cette année et je suis convaincue qu’à la fin de ce cycle, le bénéfice que nous partagerons qui était de 100 000F CFA l’an dernier pourrait atteindre 400 000F CFA grâce à la vente de la farine enrichie. »

Hormis la production agricole, le rendement agricole est également favorable à ces femmes, grâce aux techniques de l’approche FFBS qui globalement est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Dans toutes les localités, on note une augmentation de la production agricole. À Tempégré dans la commune de TOUCOUNTOUNA, Pauline, présidente de la coopérative YERINAYO nous assure que pour une récolte d’un demi-hectare l’année dernière qui lui a donné une production de 4 sacs de maïs, elle est passée à une production de 6 sacs de maïs cette année, rien qu’avec le huitième de l’hectare en n’utilisant que du compost pour la semence qui assure également une meilleure conservation des produits.

Les potagers au service des cantines scolaires…

À Boukombé et Nikki, la solidarité pousse aussi dans les jardins. Bien que disposant de moyens financiers limités, les femmes des coopératives locales ont trouvé une manière concrète de soutenir les cantines scolaires : elles offrent une partie de leurs récoltes pour nourrir les enfants.

Ce geste, né d’un élan communautaire de solidarité, répond à la réalité préoccupante de nombreux élèves qui ne peuvent s’acquitter de la modeste contribution journalière de 25 francs CFA pour leur repas. Les femmes ont donc décidé d’agir, afin de soutenir la contribution journalière de certains enfants.

“Nous savons ce que c’est que d’avoir faim. Si nos enfants ne mangent pas, ils ne peuvent pas apprendre. Alors, ensemble avec les femmes des coopératives, on donne ce qu’on peut et on contribue aussi à la qualité hygiénique des repas de nos enfants ”, explique Awoulatou ADEWOBI ISSIFOU, présidente AME (Association des Mères d’élèves) et membre d’une coopérative à Nikki. 

Les produits vivriers issus des jardins de case et des champs communautaires sont acheminés vers les écoles, parfois de façon informelle, parfois dans le cadre d’un partenariat avec les responsables des cantines. Ce soutien permet de compenser les déficits alimentaires et de soutenir les femmes qui s’attèlent à la cuisine pour garantir un repas chaud par jour aux enfants.

Au-delà de l’impact nutritionnel, cette initiative renforce les liens entre les coopératives et les établissements scolaires, tout en valorisant le rôle des femmes.

Les potagers qui soignent…

En plus des légumes et céréales destinés à l’alimentation, certaines femmes cultivent également des plantes aux vertus médicinales, héritées de savoirs traditionnels transmis de génération en génération.

Feuilles de neem, citronnelle, basilic africain, feuilles d’hibiscus blanc… Ces plantes sont précieusement entretenues, récoltées et transformées en infusions. Elles sont utilisées pour soulager les fièvres, les douleurs abdominales, certaines infections respiratoires ou encore les troubles digestifs. Dans des zones où l’accès aux soins médicaux reste limité, ces remèdes naturels jouent un rôle essentiel.

Ce volet médicinal des potagers renforce l’autonomie sanitaire des familles, tout en valorisant les savoirs locaux. En cultivant ces plantes, les femmes ne font pas que perpétuer une tradition : elles adaptent leurs pratiques à leurs besoins, avec une approche intégrée de la santé, où l’agriculture devient un outil de prévention et de soin.

Grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE, financé par le ministère des Affaires étrangères du royaume des Pays-Bas, les femmes des communes de l’Atacora et du Borgou demeurent des modèles de résilience. Leur engagement silencieux mais puissant redéfinit les rôles, renforce les solidarités et montre la capacité de ces femmes à transformer des ressources simples en solutions durables.




Inauguration officielle à Rome de la Chambre de Commerce Marocaine en Italie (CCMI): Un nouveau pont économique entre le Maroc et l’Italie

Rome a été aujourd’hui le théâtre d’un moment fort dans l’histoire des relations économiques entre le Maroc et l’Italie. La Chambre de Commerce Marocaine en Italie (CCMI) a officiellement lancé ses activités, ce mardi 19 novembre 2025, lors d’une cérémonie organisée dans la Salle « Caduti di Nassirya » du Sénat de la République, au Palazzo Madama. De 12h30 à 14h00, responsables institutionnels, diplomates, élus et acteurs économiques marocains et italiens se sont réunis pour saluer la naissance d’une structure appelée à jouer un rôle déterminant dans l’intensification des échanges bilatéraux.

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Le choix d’un haut lieu institutionnel italien pour cette inauguration témoigne du poids accordé à cette initiative et de la volonté des deux pays de consolider durablement leur coopération économique. À Rome, les interventions ont mis en lumière le potentiel croissant des investissements croisés et l’importance d’un acteur capable d’accompagner les entreprises, de structurer les opportunités et de faciliter l’accès aux marchés des deux rives de la Méditerranée.

La journée s’est poursuivie avec un Congrès économique, organisé de 15h30 à 18h00 au Palazzo Santa Chiara. Ce deuxième temps fort a permis d’engager des discussions approfondies entre entrepreneurs, investisseurs et experts, autour des perspectives de croissance dans des secteurs clés tels que l’industrie, l’innovation, les énergies renouvelables, le tourisme ou encore l’agroalimentaire. Les participants ont également échangé sur la manière dont la nouvelle Chambre peut simplifier les démarches, améliorer la visibilité des projets et renforcer la confiance des opérateurs.

Au cours de cette inauguration, Marouan El Mansoub, Président de la Chambre de Commerce Marocaine en Italie, a rappelé la vocation stratégique de cette structure. Il a déclaré : « La création de la CCMI constitue une plateforme stratégique pour consolider les relations économiques entre nos deux nations et pour bâtir un pont durable entre les tissus entrepreneuriaux marocain et italien. » Ses propos ont résonné comme une feuille de route claire, tournée vers une ambition partagée : faire de la CCMI un outil opérationnel, agile et orienté vers les résultats.

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Avec son lancement officiel, la CCMI s’affirme désormais comme un interlocuteur privilégié pour les entreprises marocaines souhaitant s’implanter ou se développer en Italie, et pour les opérateurs italiens intéressés par le marché marocain, l’un des plus dynamiques de la région. Elle prévoit d’accompagner les porteurs de projets, de faciliter les démarches institutionnelles, d’organiser des missions économiques ciblées et de renforcer les passerelles entre les écosystèmes industriels et entrepreneuriaux des deux pays.

Cette inauguration intervient à un moment où les relations maroco-italiennes connaissent un nouvel élan, marqué par des partenariats stratégiques, des projets industriels conjoints et une intensification des flux commerciaux. La création de la CCMI vient ainsi consolider cette dynamique et offrir un cadre structuré, durable et lisible aux entreprises.

Megan Valère SOSSOU




Au Bénin, l’outil SISAN, un levier stratégique pour renforcer la planification sensible à la nutrition au niveau communal et local

Le partenariat stratégique entre le consortium CARE Bénin/Togo, GAIN et l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) permet de promouvoir l’intégration effective des enjeux de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SAN) dans la planification communale, notamment à travers l’utilisation de l’outil SISAN, un levier stratégique pour renforcer la planification sensible à la nutrition au niveau communal et local. Cette avancée est possible grâce au renforcement de la politique nationale en matière de nutrition qui s’inscrit dans le cadre du projet CASCADE (Catalyzing Strengthened policy Action for healthy Diets and resiliencE).

Atelier Sécurité alimentaire
Atelier Sécurité alimentaire

CASCADE tisse une nouvelle corde au bout de l’ancienne 

Le Score d’Intégration de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SISAN) est un outil qui permet d’évaluer et de mesurer le degré de prise en compte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les documents de planification (PDCPAI et PTA). Outil développé par l’Association des Communes de l’Atacora et de la Donga (ACAD) et le programme Appui Multisectoriel à la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle dans l’Atacora (AMSANA), le SISAN est encore aujourd’hui au cœur de la stratégie d’intervention du projet CASCADE pour l’amélioration de la nutrition dans ses six départements d’intervention.

Par le passé, le Bénin a abrité de nombreux projets et programme qui ont permis d’obtenir des résultats conséquents dans le secteur de la nutrition. Il s’agissait principalement du Projet de Nutrition Communautaire (PNC), du Projet Multisectoriel de l’Alimentation, de la Santé et de la Nutrition (PMASN) et le Projet de Nutrition et de Développement de la Petite Enfance (PNDPE). Les différentes transformations induites au sein des communautés constituent des acquis pour le projet CASCADE. Désormais ce sont sur ces acquis que CASCADE se base pour relever des défis de financement des initiatives de nutrition, à travers la mobilisation des ressources locales propres. Les budgets communaux prennent de plus en plus en compte les questions de nutrition.

Elaboration des Cadres Communs de Résultat (CCR) et redynamisation des Cadres Communaux de Concertation (CCC) : une approche dynamique impulsée par CASCADE à travers l’ANCB.

La coordination et la synergie entre les acteurs, la couverture géographique des interventions en matière de nutrition sont encore des défis que le secteur doit relever. Ces constats ont motivé dans un premier temps l’élaboration des Cadres Communs de Résultat et dans un second temps, la redynamisation des CCC, pour l’atteinte des objectifs dans le secteur de la nutrition. C’est une stratégie qu’a implémentée CASCADE à travers l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB).  Entre août 2024 et août 2025, la plus grande organisation faitière des communes du Bénin a réuni dans différents ateliers organisés des préfets, les Directeurs départementaux des ministères sectoriels (santé, agriculture, affaires sociales, hygiène), les cadres techniques des mairies (SE, DDLP, points focaux nutrition et les responsables des structures déconcentrés de l’Etat). Ces différentes rencontres ont permis entre autres de définir des activités et des indicateurs faciles à mettre en œuvre et à suivre dans le cadre de l’amélioration de la nutrition au sein des 20 communes d’intervention du projet CASCADE.

Quant à la redynamisation des Cadres Communaux de Concertation, il est important de souligner qu’il est un creuset d’institutionnalisation et de coordination des interventions en nutrition. Le CCC regroupe les sectoriels et les acteurs de la mairie. Ainsi, dans son rôle d’accompagnement en tant que partenaire stratégique, l’ANCB a, au cours de l’année 2024 et 2025, saisi l’occasion de chaque rencontre qu’elle tient pour des échanges sur le fonctionnement des CCC, en vue de proposer des solutions.

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Des transformations systémiques induites au sein des communes pour l’amélioration de la nutrition

Afin d’asseoir l’ancrage institutionnel de l’outil SISAN, le projet CASCADE a soutenu l’organisation d’un atelier de plaidoyer les 28 et 29 août 2024 à Dassa-Zoumè. Cette rencontre, qui a réuni les Préfets, les représentants des ministères sectoriels concernés (Décentralisation, Développement, Finances), avait pour objectif de faire un plaidoyer auprès des autorités déconcentrées et de les sensibiliser aux enjeux de l’outil SISAN et de solliciter leur accompagnement pour sa diffusion au niveau communal. À l’issue des échanges, une recommandation forte a été formulée en faveur de l’élaboration d’une circulaire officielle incitant les communes à intégrer la SAN dans leurs Plans de Développement Communaux (PDC), le Plan d’Investissement Annuel (PAI) et le Plan de travail Annuel (PTA) tout en utilisant l’outil SISAN dans leurs processus de planification.

À la suite de ce plaidoyer, des ateliers régionaux de formation sur l’outil ont été organisés au profit des 77 communes du Bénin entre Septembre et Novembre 2024. Ces sessions ont permis de renforcer les capacités des Secrétaires Exécutifs (SE), des Directeurs du Développement Local et de la Planification (DDLP), ainsi que des Cellules de Planification et d’Aménagement du Territoire (CSPAT), en les outillant sur les enjeux de la SAN et l’utilisation opérationnelle du SISAN. A la suite de ces sessions de renforcement, d’autres ateliers sont également tenus pour diagnostiquer l’état d’intégration de la nutrition dans les PDC, PAI et PTA et d’analyser les budgets 2023 à 2025 consacrés à la SAN. Ceci a permis de clairement mettre en évidence une meilleure prise en compte des enjeux liés à l’alimentation, à la santé et à la nutrition dans leur planification. Pour les communes dont les PDC n’étaient pas encore validés, un accompagnement a été fait, permettant de les rendre plus sensibles voire spécifiques à la nutrition grâce à l’outil SISAN.

Ces résultats ont été illustrés par des témoignages concrets. La Secrétaire Exécutive d’Adjohoun a partagé l’expérience de sa commune, qui a connu des avancées significatives grâce à un partenariat de cofinancement avec l’institution française CD40. Ce partenariat a permis de mettre en œuvre des actions d’éducation nutritionnelle et de prise en charge de la malnutrition.

Megan Valère SOSSOU




Climathon Parakou 2025 : des talents révélés, des solutions prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin

Démarré le vendredi 24 octobre, le Climathon Parakou s’est clôturé ce samedi 25 octobre 2025, avec des solutions innovantes et prometteuses pour l’agriculture et la sécurité alimentaire au Bénin. Organisé par Impact Hub Cotonou, l’événement visait à réunir des jeunes pour proposer des solutions innovantes pouvant permettre de renforcer la résilience des exploitations agricoles, d’améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et de promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes au Bénin. Pendant deux jours, les jeunes participants ont eu droit à des communications, des échanges et l’opportunité de défendre leurs idées de projet, en faveur d’une agriculture résiliente au changement climatique et de la sécurité alimentaire.

Après avoir passé leur Gate Check et validé leurs problématiques, les jeunes, répartis en 8 équipes, se sont lancés dans la recherche de solutions innovantes, qui puissent répondre aux enjeux climatiques. Le jury composé de M. Dimitri Koto N’gobi, directeur exécutif de GRADEB-ONG et préfet des jeunes du Borgou (président du jury), de M. Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou (1er membre du jury) et de M. Bernus Zinsou Djibé, agroforestier et spécialiste en microbiologie des sols (2ème membre du jury), a évalué avec objectivité et impartialité les différentes idées de projet présentées par chacune des équipes.

A l’arrivée, trois équipes se sont distinguées : « TEAM FOR CLIMATE » remporte le 1er prix,  « AGRI SMART » est sacrée 2ème, et « SEEDS OF THE FUTURE » part avec le 3ème prix du Climathon Parakou 2025. « C’est vraiment un plaisir pour nous de voir notre projet dénommé ‘’Agri Dech’’ remporter le 1er prix du Climathon Parakou 2025 », s’est réjouie Elsie Akodjenou, membre de l’équipe « TEAM FOR CLIMATE ». Ce projet, dit-elle, permettra aux paysans de valoriser les déchets agricoles et de les utiliser pour booster leurs productions. Alors que « SEEDS OF THE FUTURE » veut renforcer la chaine de valeur autour des semences améliorées en connectant les différents acteurs de la chaine, l’équipe « AGRI SMART » quant à elle se montre sensible aux peines des maraîchers. L’équipe a proposé un système d’irrigation basé sur l’intelligence artificielle, qui pourrait améliorer les pratiques maraîchères. « Ce système d’irrigation permettra d’arroser les plantes directement, sans que le maraîcher n’ait à trimballer des arrosoirs », a clarifié Boris Fagbedji, membre de ladite équipe.

Le Climathon Parakou 2025 tient toutes ses promesses

Les organisateurs du Climathon Parakou se disent satisfaits de l’engouement observé chez les participants, qui durant deux jours, se sont activement impliqués dans les différentes activités. Pour Raoul Dansi, Co-fondateur d’Impact Hub Cotonou, l’objectif est largement atteint. « Ce Climathon m’a permis de voir qu’il y a des jeunes pétris de talents. Nous avons vu des solutions très intéressantes qui pourront venir répondre à des questions pressantes », s’est-il réjoui.

Du côté des participants, l’on est tout aussi satisfait et reconnaissant. Nasirath Konmy a activement pris part au Climathon. « Je viens de comprendre que le changement climatique est un grand défi, et que nous, jeunes, avons un grand rôle à jouer dans la résolution des problèmes posés par la crise climatique actuelle », a-t-elle laissé entendre, sans manquer de remercier Impact Hub Cotonou et ses partenaires. Josiane N’touama, entrepreneure agricole qui a également pris part au Climathon, fait une doléance : « C’est l’occasion de demander au Gouvernement de nous aider, en nous facilitant l’accès au financement, que ce soit au niveau des institutions de microfinance, des banques ou des institutions internationales », a-t-elle plaidé.

Soulignons que cette édition du Climathon a reçu le soutien de plusieurs partenaires : Climate KIC, Tecnologico de Monterrey, GIZ, Green Climate Fund, German cooperaties, VIC-AFRICA, Université de Parakou, Planet Times, Journal Santé Environnement, Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Investisseurs & Partenaires, IDD ONG, Gouvernement des jeunes du Bénin, ABSE ONG, GRADEB ONG, Agricultural Expertise Center, et Digigreen Agri Center. Elle a permis de révéler de jeunes talents, porteurs d’idées et de solutions pour une révolution des pratiques agricoles, indispensable pour assurer durablement la sécurité alimentaire, un défi persistant au Bénin.

Venance Ayébo TOSSOUKPE