Lutte contre le paludisme : Le Bénin au cœur de la « Grande Offensive » africaine malgré une conjoncture critique

Le rapport 2025 sur les progrès de la lutte contre le paludisme en Afrique, publié par l’Union africaine et l’ALMA, tire la sonnette d’alarme. Alors que les financements internationaux stagnent, le Bénin se distingue par des partenariats innovants avec le secteur privé pour maintenir la mobilisation sociale.

Les chiffres mondiaux du paludisme restent alarmants : les États membres de l’Union africaine concentrent à eux seuls 96 % des cas et 97 % des décès liés à cette maladie. Le rapport 2025 souligne que les progrès sont globalement au point mort depuis 2015, menacés par ce que les experts appellent une « tempête parfaite » : baisse de l’aide publique au développement, résistance biologique des moustiques et impact du changement climatique.

Dans ce contexte de rareté des ressources financières, le rapport cite le Bénin comme un exemple de collaboration efficace avec le secteur privé. Pour pallier la baisse de l’aide extérieure (qui a chuté de 21 % au niveau continental en 2025), le pays mise sur la communication pour le changement social et comportemental (CCSC).

Le Bénin : un modèle de mobilisation du secteur privé

Grâce à un partenariat avec CANAL+, le Bénin, aux côtés de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, bénéficie d’un soutien en nature crucial pour diffuser des messages de prévention. Cette stratégie s’inscrit dans l’initiative continentale « Zéro Palu ! Je m’engage », qui vise à faire de la lutte contre le paludisme une priorité nationale à tous les niveaux de la société.

Le Conseil des ministres du 18 février 2026, le Gouvernement du Bénin à décider de créer une Agence nationale de Lutte contre la Malaria et les Moustiques. Elle est placée sous la Présidence de la République.

Le rapport exhorte les États, dont le Bénin, à renforcer leur souveraineté sanitaire. Cela passe par lamobilisation des ressources nationales. L’UA encourage la création de « Conseils et Fonds pour l’élimination du paludisme » pour coordonner l’action multisectorielle et attirer des investissements locaux.

Le déploiement de moustiquaires de nouvelle génération (à double substance active) s’accélère. En 2025, elles représentaient 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 États membres, offrant une protection 55 % supérieure face aux moustiques résistants.

Pour réduire la dépendance aux importations (95 % des médicaments sont actuellement importés en Afrique), des discussions sont en cours pour transférer les technologies de fabrication sur le continent.

Des innovations technologiques pour lutter contre le paludisme

Face à la « tempête parfaite » de défis financiers et biologiques, l’Afrique déploie une nouvelle génération d’outils innovants qui transforment la riposte sur le terrain :

La lutte contre le paludisme a franchi un cap historique avec le déploiement massif des vaccins. En 2025, 24 États membres ont introduit ou commencé à déployer les deux vaccins approuvés par l’OMS pour les enfants de moins de 5 ans. L’échelle de distribution a explosé, passant de 10,5 millions de doses en 2024 à 28,3 millions de doses en 2025. De plus, la recherche s’accélère avec l’évaluation de vaccins à ARNm, dont l’un est déjà en essais cliniques, promettant de cibler plusieurs stades du parasite pour une efficacité accrue.

Pour optimiser la gestion des sources larvaires, plusieurs pays comme le Sénégal, le Rwanda, le Kenya et Djibouti testent désormais l’utilisation de drones. Ces appareils permettent une application plus précise et efficace des traitements antilarvaires dans des zones difficiles d’accès.

Pour contrer la résistance des moustiques aux insecticides classiques, les États membres généralisent l’usage des moustiquaires à double substance active (pyréthroïde-chlorfénapyr). Ces moustiquaires sont 55 % plus efficaces que les modèles traditionnels. En 2025, elles représentaient déjà 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 pays africains.

Une innovation majeure introduite en 2025 concerne les répulsifs à diffusion spatiale préqualifiés par l’OMS. Ces dispositifs libèrent des principes actifs dans l’air pour tuer les moustiques ou les empêcher de piquer, offrant une protection supplémentaire en complément des moustiquaires.

Des recherches se poursuivent sur le forçage génétique, une technologie visant à réduire les populations de moustiques ou à les rendre incapables de transmettre le parasite. Parallèlement, 29 nouveaux outils de diagnostic sont en développement pour détecter les mutations du parasite et les porteurs asymptomatiques, essentiels pour les régions proches de l’élimination.

La technologie ne se limite pas aux produits physiques ; elle concerne aussi la gestion de l’information. Les États membres utilisent désormais des outils numériques et l’intelligence artificielle pour optimiser l’utilisation des ressources limitées comme les Cartes de Score (Scorecards) et la surveillance climatique.

Un défi économique majeur

L’enjeu n’est pas seulement sanitaire, il est économique. Le rapport prévient qu’une réduction continue des financements pourrait entraîner une perte de 37 milliards de dollars de PIB pour l’Afrique d’ici 2030. Pour le Bénin, l’intégration de la lutte contre le paludisme dans les plans de développement nationaux et la transparence dans la gestion des fonds des aspects que nous avons abordés précédemment concernant les obligations des associations deviennent des remparts essentiels contre la maladie.

Comme l’a souligné la présidence de l’ALMA, « le chemin à parcourir est semé d’embûches, mais nous avons le pouvoir de le relever ». Le Bénin, par ses initiatives de plaidoyer et ses partenariats médias, montre qu’une riposte intégrée est possible, même en temps de crise.

Megan Valère SOSSOU




Entre légumes sains et contaminés, le Bénin face à son choix alimentaire

Alors que la production maraîchère nationale affiche une croissance record de 6,2%, atteignant 717 365 tonnes, une problématique persiste : comment distinguer un légume sain d’un légume contaminé ? Face à cette inquiétude, des femmes à Zakpota mènent une révolution agroécologique. Leur combat : nourrir le Bénin sans produits toxiques.

Valérie et ses collègues de l’association sonagnon
Dame Valérie et ses collègues ajoutent du compost aux cultures de légumes, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Dans les marchés de Bohicon ou de Cotonou, l’étalage coloré des légumes cache un dilemme angoissant pour les consommateurs. Comment reconnaître une tomate saine d’un légume gorgé de produits phytosanitaires ? Cette question, des milliers de mères de famille se la posent quotidiennement. Pourtant, une alternative existe, portée par des femmes maraîchères éprises du bien-être santé et de la protection de l’environnement.

Les chiffres officiels sont éloquents : 717 365 tonnes de légumes produits en 2023-2024, soit une hausse de 6,2% par rapport à l’année précédente. Des performances portées par des cultures phares comme le gombo, dont la production a littéralement explosé de 53,8% pour atteindre 101 003 tonnes. Une croissance agricole à double tranchant selon les spécialistes.

Pour Eric Dadjo, agroécologiste cette performance repose sur l’extension des superficies cultivées et l’usage intensif de produits chimiques. « Beaucoup de maux dont souffrent les Béninois aujourd’hui sont liés à ce qu’ils mangent » a-t-il déclaré.

Des cas concrets illustrent cette menace. À Tchaourou en 2007, 105 intoxications alimentaires dont 9 morts. À Parakou en 2010, 60 victimes recensées. À Djougou en 2011, 8 morts sur 10 intoxiqués. Derrière ces chiffres glaçants, une même cause : l’usage excessif de produits chimiques qui se sont retrouvés dans l’assiette des familles.

Le paradoxe est que la majorité des consommateurs urbains au Bénin connaissent l’existence des légumes biologiques, très peu les consomment, souvent par méfiance, par habitude ou pour des questions de prix. Une réalité démontrée dans une étude menée par le Professeur Simplice Vodouhè de l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB).

L’alternative agroécologique de Zakpota

Face à ce péril sanitaire, des femmes ont décidé d’agir. À plus de trois kilomètres du centre-ville de Zakpota, au centre du Bénin, le site maraîcher de Za-Zounmè dirigé par Valérie Djaglossou, la trentaine et son association de femmes maraîchères « Sonagnon » pratique une agriculture différente.

« Avec mes collègues, nous produisons des légumes de façon naturelle et saine en commençant par le choix des semences et le mode de culture », confie-t-elle, désignant les parcelles verdoyantes. Aubergines, concombres, laitue, vernonia, basilic, gombo, crincrins…

Une culture luxuriante nourrie uniquement au compost fabriqué sur place à base de déchets agricoles, de plantes, de fientes d’élevage et d’autres déchets domestiques.

« Pour un compost efficace, il faut choisir un endroit à l’ombre, directement sur le sol, y mettre des brindilles puis alterner des couches de matières. Nous arrosons régulièrement tout en aérant le tas avec une fourche pour favoriser une décomposition optimale », explique-t-elle.

Préparation du biopesticide à base de neem
Composition de biopesticide à base de neem, Crédit Photo Megan Valère SOSSOU

Pour lutter contre les ravageurs, Valérie et ses collègues produisent elles-mêmes un biopesticide à partir de feuilles de neem, d’ail, de piment et de cendre. « Le processus de fabrication est accessible à tous », précise-t-elle, détaillant la recette : macération pendant deux semaines, filtration, puis dilution. « Il est recommandé de diluer 1 litre de biopesticide dans 10 litres d’eau. »

Des pratiques durables recommandées

« Cette méthode de production préserve intégralement la densité nutritionnelle des légumes. Contrairement aux cultures conventionnelles souvent appauvries, les légumes agroécologiques apportent à l’organisme des nutriments essentiels. Ce qui permet le renforcement du système immunitaire plutôt que de l’exposer à des résidus toxiques », affirme Dr Bérénice Guedje, médecin nutritionniste.

Pour l’environnementaliste Artevelde Gbaguidi, cette approche est fondamentale, « Le biopesticide ne tue pas les insectes, mais les repousse simplement. Cette caractéristique est essentielle pour préserver les insectes pollinisateurs et les prédateurs naturels, garants d’une production durable de légumes sains. »

Culture de légumes sains à Zakpota
Cultures de légumes sains à Zakpota, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Cependant, ces pratiques durables se heurtent à une réalité économique implacable. Le surcoût des légumes sains constitue souvent une barrière infranchissable pour de nombreux consommateurs. La différence est saisissante : un kilogramme de tomates bio se vend à 800 FCFA et 1000 FCFA, contre 400 FCFA à 500 FCFA pour des tomates conventionnelles, le double du prix. Pourtant, Dame Valérie défend sa valeur santé avec une argumentation percutante, « Quand une cliente me demande pourquoi mes légumes sont plus chers, je lui explique : soit tu paies chez le maraîcher, soit tu paies chez le médecin. Son choix est vite fait ».

Aujourd’hui, plusieurs solutions émergent pour rendre les légumes sains plus accessibles et à moindre coût. Il s’agit de la mutualisation des coûts via des coopératives d’achat, les circuits courts de distribution qui éliminent les intermédiaires. C’est le cas de l’ONG Les Jardins de l’Espoir qui a initié le Marché Fermier les deux premiers samedis de chaque mois.

Les obstacles persistants

Comme Valérie et ses collègues de l’association Sonagnon, plusieurs autres acteurs s’attelle à la production saine des légumes mais leur chemin reste semé d’embûches. Difficultés d’accès au crédit, concurrence déloyale des légumes conventionnels. Autant de défis qui freinent l’expansion de ce modèle vertueux.

Pour renverser définitivement la tendance, les décideurs politiques ont un rôle capital à y jouer, reconnaît Innocent TOGLA, Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche : « Le développement de l’agroécologie est une réponse directe aux défis de l’appauvrissement des sols et des impacts du changement climatique. » Un avis partagé par Pierre Bédié, Président de la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB) qui invite les autorités à « soutenir davantage la production et l’accessibilité des engrais biologiques. »

Le combat de Valérie et de ses collègues maraîchères dépasse le cadre agricole. Il interroge notre modèle de société tout entier. Voulons-nous d’une alimentation qui empoisonne ou qui soigne ?

Megan Valère SOSSOU




Speak Up Africa, Sightsavers, Brands on a Mission et le REMAPSEN unissent leurs forces pour mettre en lumière les défis liés aux maladies tropicales négligées en Afrique

Du 25 au 27 novembre 2025 aura lieu le 4ème forum des médias sur le thème : Contribution des médias pour le positionnement de la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) en Afrique.

Pour la réussite de cet événement, le REMAPSEN peut compter sur ses partenaires stratégiques dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. Au nombre de ceux-ci, l’on peut citer Speak Up Africa. Selon M.Papa Djibril Faye, chargé du plaidoyer en santé à SUA« Les médias ont un rôle prépondérant à jouer dans l’éducation, la sensibilisation et la mobilisation des ressources » avant d’ajouter :« A travers ce forum, nous espérons que les journalistes du REMAPSEN seront outillés pour renforcer la couverture médiatique autour des MTN en Afrique, devenant ainsi des alliés du plaidoyer avec des récits accessibles et factuels » a-t-il conclu.

Papa Djibril Faye, Chargé du plaidoyer en Santé à Speak Up Africa

Dans une vidéo transmise au comité d’organisation et diffusée au cours de la conférence de presse de lancement le 30 mai dernier, la Professeure Myriam Sidibé, Présidente Fondatrice de Brands On a Mission(BOAM) principal partenaire des Awards du REMAPSEN a expliqué aux médias, les missions de son organisation. Selon la Professeure Myriam Sidibé, BOAM est une agence qui opère dans la santé et le développement durable. « La mission de Brands On a mission est donc parfaitement alignée sur les objectifs du REMAPSEN » a-t-elle précisé. Concernant l’implication de BOAM dans l’organisation du forum des médias et des Awards 2025, elle tire sa source de l’évidence que les journalistes peuvent publier des récits pour changer des comportements.  « Nous croyons que le récit est l’un des outils les plus puissants pour changer les comportements et à terme, les systèmes. A travers les Awards du REMAPSEN nous sommes fiers de célébrer et d’investir chaque année dans les voix des journalistes   africains, en particulier les jeunes qui façonnent les récits, porteurs de progrès ». La Professeure Myriam Sidibé a aussi indiqué que  le partenariat entre Brands On a mission et le REMAPSEN s’inscrit dans le cadre de African Voices qui visent à amplifier des solutions africaines et à valoriser les champions locaux qui redéfinissent ce qui est possible dans les domaines de la santé, du climat et du développement durable avant de conclure « BOAM attend des journalistes une approche orientée vers des solutions mettant en lumière les défis et des innovations qui émergent localement

Professeure Myriam Sidibé, Présidente Fondatrice de Brands On a Mission

Dans son message, M. Simon Bush Directeur de la lutte contre les maladies Tropicales Négligées au siège de Sightsavers à Londres a écrit ceci. « Sightsavers est heureuse de rejoindre le forum des journalistes du REMAPSEN concernant la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) qui se déroulera à Abidjan. Bien que les MTN soient évitables, elles continuent néanmoins d’affecter plus d’un milliard de personnes à travers le monde. Sightsavers aide donc les ministères de la Santé à travers l’Afrique afin de contrôler et d’éliminer cinq de ces maladies invalidantes : le trachome, l’onchocercose (la cécité des rivières), la filariose lymphatique, la schistosomiase et les vers intestinaux.

À l’heure où de nombreux progrès récents concernant la santé mondiale sont menacés, les journalistes ont un rôle essentiel à jouer en demandant aux gouvernements de rendre compte de leurs engagements en matière d’élimination des MTN. Les journalistes peuvent également partager les histoires des personnes atteintes d’une MTN afin de briser la stigmatisation liée à ces maladies et d’encourager les malades à se présenter pour suivre un traitement. ». Avec l’engagement de ses partenaires, le REMAPSEN peut être rassuré quant au succès du prochain forum des médias sur les maladies tropicales négligées et des Awards du REMAPSEN dotés des prix Michel Sidibé.




Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées(MTN) en Afrique : Le forum des médias du REMAPSEN s’invite dans le débat

Dans le cadre de l’organisation du forum annuel des médias, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) se propose d’instruire les journalistes de 35 pays africains sur la situation des maladies tropicales négligées en Afrique. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse le vendredi 30 mai à Abidjan.

Photo de famille conférence de presse
Photo de famille conférence de presse

Selon le Président du conseil d’administration du REMAPSEN, M. Bamba Youssouf, « l’organisation de ce forum est une opportunité de sortir les MTN ne leur état de négligence et les placer au rang des sujets prioritaires dans le traitement de l’information par les médias en Afrique ». Placé sous le thème « Contribution des médias pour le positionnement de la lutte contre les maladies tropicales négligées en Afrique » les journalistes africains des pays francophones, anglophones, lusophones, hispanophones et arabophones se retrouveront à Abidjan du 25 au 27 novembre 2025 pour comprendre les enjeux et défis des maladies tropicales négligées.

Pour M. Coulibaly Zié Oumar, Directeur Exécutif du REMAPSEN « ce forum vise à briser le silence médiatique autour des MTN ». L’un des temps forts de cette conférence de presse de lancement du forum des médias 2025 a été la participation des Directeurs Coordonnateurs des programmes nationaux de lutte contre les MTN en Côte d’Ivoire.

Tour à tour, le Docteur Djè Ngoran Norbert, Directeur Coordonnateur du programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées à chimiothérapie préventive et le Dr Dizoé, Directeur coordonnateur du programme national de l’élimination de la lèpre ont instruit les journalistes sur la situation des MTN en Côte d’ivoire avant de se féliciter du choix des MTN comme thème Central du prochain forum des médias. Ils ont tous reconnu le rôle important des médias dans la sensibilisation des communautés et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics et des partenaires avant de s’engager à faire du rendez-vous d’Abidjan, un véritable succès.

Si le REMAPSEN peut organiser ce 4ème forum des médias, c’est grâce à l’appui technique et financier de ses partenaires dont certains ont renouvelé séance tenante leur soutien au REMAPSEN dans l’organisation de ce forum. Il ‘agit de Speak Up Africa et Sightsavers deux organisations fortement impliquées dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et dont des déclarations d’appui et de soutien ont été lues au cours de la cérémonie. 

En marge de ce forum, le REMAPSEN organisera la 4ème édition des Awards dotés des prix Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union Africaine pour l’Agence du médicament. Dans un entretien vidéo, Madame Line Renée Batongué, Journaliste à la CRTV au Cameroun et Directrice des Awards a rappelé que ces prix récompensent chaque année, les efforts des meilleurs journalistes africains dans les domaines de la santé et de l’environnement ainsi que les pays les plus productifs dans la réalisation des programmes d’activités du REMAPSEN.

Conférence Presse
Conférence Presse

Les Awards du REMAPSEN bénéficient chaque année de l’appui technique et financier de Brands on a mission dont le chef de mission Professeure Myriam Sidibé, s’est engagée encore cette année à soutenir le REMAPSEN. Dans son adresse, M. Yao Daniel, sous-Directeur chargé de la presse au District Autonome d’Abidjan s’est félicité du choix du M. Cissé Ibrahima Bacongo, Ministre Gouverneur du District Autonome d’Abidjan comme Président de la soirée des Awards du REMAPSEN qui aura lieu le jeudi 27 novembre 2025 à Abidjan.

En clôturant cette conférence de presse de lancement, M. Agnéro Alphonse Renaud, en charge des MTN à la Direction de la Communication du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la couverture maladie universelle et représentant le Directeur de la communication dudit Ministère, a dit toute la satisfaction du Ministre Pierre N’Gou Dimba, Président du forum des médias à accueillir les 70 journalistes étrangers à l’occasion du forum des médias sur les maladies tropicales négligées.




Le projet CASCADE pour des régimes alimentaires sains et équilibrés dans les cantines scolaires

Le programme des cantines scolaires du gouvernement du Bénin reçoit un appui important du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE et GAIN. Plusieurs millions de francs CFA investis par des communes du nord et du sud pour l’amélioration de la nutrition des élèves fréquentant 5709 écoles publiques à cantine. Des résultats positifs motivés par les interventions du projet CASCADE au bout de deux années d’intervention.

Cantine scolaire
Des élèves d’une cantine scolaire

Au Bénin, le programme des cantines scolaires est l’un des programmes phares du gouvernement visant à offrir un repas chaud par jour aux écoliers des établissements publics.  Depuis 2018, la première initiative dénommée Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) avait pris en compte des écoles primaires publiques autrefois sans cantine scolaire. Dans un article de 2022 sur l’état d’avancement des cantines scolaires, publié sur le site officiel du gouvernement, le budget consacré aux cantines scolaires est passé de 1,5 milliard en 2016 à 48,7 milliards de Francs CFA en 2022”. Malgré ces investissements, les cantines scolaires semblent ne pas satisfaire la qualité nutritionnelle et sanitaire des repas chauds servis aux écoliers. Cette situation a été évoquée par les acteurs du système éducatif et demeure un souci permanent aux membres des Cadres de Concertation Communale (CCC). Le suivi des services de nutrition offerts dans les communes constitue une activité importante du projet CASCADE. A cet effet, pour améliorer les services de nutrition, le projet CASCADE en collaboration avec ses partenaires et les CCC, a identifié le service ‘’ qualité des aliments servis par les cantines scolaires’’ pour apprécier la qualité des repas dans les 20 communes d’intervention du projet. L’approche Carte Communautaire de Performance (CCP) a été utilisée pour évaluer ce service ; rappelons que la CCP est un outil participatif de redevabilité sociale pour améliorer la qualité et la performance des services offerts aux communautés avec l’implication des acteurs de prise de décision ; Eudes HOUGBENOU, Assistante du gestionnaire du projet CASCADE souligne : « Il a été jugé pertinent pour CASCADE de réaliser la Carte Communautaire de Performance, afin de rapprocher les bénéficiaires et les prestataires de ce service. Cela facilitera la mise en œuvre d’un mécanisme de redevabilité, essentiel pour améliorer les performances des services. ». A ce titre, elle a permis de recueillir les perceptions des bénéficiaires sur le service de nutrition évalué et de proposer des actions de mitigation. A Kalalé dans le département du Borgou, malgré les efforts fournis au profit des cantines scolaires, la qualité des repas servis aux enfants reste à améliorer. Un fait que confirme Taïrou BANI KAO, Directeur de l’école primaire publique de Bessassi groupe A : « La difficulté que nous avons souvent, c’est une question de qualité. Les repas sont préparés sans des protéines ».

Après le diagnostic posé par le projet CASCADE à travers la Carte Communautaire de Performance (CCP), le projet a procédé à la formation des cadres techniques des communes sur l’outil Score d’Intégration de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle SISAN. A la suite de ces deux initiatives plusieurs millions ont été votés dans le budget 2024 en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN). Aussi, les Plans Annuels d’investissement (PAI) et plan de Travail Annuel (PTA) 2025 ont-ils connu une amélioration importante pour la prise en compte de la SAN. Au total, dix millions ont été décaissés par le budget communal au titre de l’année 2024 pour achat d’aliments de source protéinique et distribués aux écoles à cantines. « Avec le projet CASCADE, le conseil communal a compris qu’il faut accompagner le programme alimentaire des cantines, et ceci, en inscrivant des lignes de nutrition dans le budget communal. Et individuellement, il y a des élus qui sortent de l’argent de leur poche pour soutenir les cantines scolaires » a souligné Monsieur Sidi SIAKA le deuxième adjoint au Maire de Kalalé. Cet apport du conseil communal et des élus locaux grâce au projet CASCADE a eu des effets positifs ressentis dans les assiettes des enfants. Selon Taïrou BANI KAO : « Le projet CASCADE a pu convaincre la mairie qui appuie depuis 2024 en condiments comme des poissons, des œufs, des épices…et nos enfants ont aujourd’hui la chance d’être bien servis et de manger un repas complet».

A Klouékanmè dans le département du Couffo, les soixante-quinze écoles de la commune sont également impactées positivement par les interventions du projet CASCADE. Hormis les descentes inopinées qu’organisent fréquemment les membres du comité de supervision à travers le CCC, pour analyser les conditions d’hygiène des repas destinées aux enfants dans les cantines, c’est le conseil communal qui a appuyé les cantines avec un budget de trois millions de francs CFA. La question va au-delà d’une simple alimentation. Mais c’est un sujet qui détermine la qualité de la ressource humaine que le Bénin désire pour l’avenir. Pour Monsieur Aimé AKANDO, premier Adjoint au Maire de Klouékanmè : « Si on n’est pas sûr de garantir la qualité des repas à nos enfants, on n’est pas sûr non plus de garantir une bonne santé à nos enfants qui sont tenus de nous remplacer ».

Les perspectives du projet CASCADE pour les cantines scolaires sont grandes d’ici 2026, année qui marquera la fin du projet. L’implication des Mairies, des groupements AVEC, l’Union Communale des Producteurs, des communautés et des élus dans la gestion des cantines ; la disponibilité d’eau potable dans toutes les écoles à cantines, l’adoption des bonnes pratiques d’hygiènes et la diversification alimentaire dans les écoles à cantine sont entre autres des actions que projettent CASCADE.

A travers ces différentes actions, le projet CASCADE devient un véritable appui pour la bonne nutrition des enfants dans les écoles publiques qui est une priorité pour le gouvernement béninois.

Bamidélé LAOUROU




Parakou : démarrage de l’atelier de formation des journalistes sur la consommation des légumes

Ce Jeudi 22 mai 2025 à Parakou s’est ouvert un atelier de formation à l’endroit des professionnels des médias. L’objectif est de renforcer leurs capacités sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

Ecoutez le reportage de Venance Ayébo TOSSOUKPE et de Megan Valère SOSSOU




JNCPB5: Le secteur privé de santé au Bénin en marche vers l’excellence

Après deux jours d’échanges constructifs, de panels enrichissants et de partages d’expériences d’acteurs du secteur sanitaire privé, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin (JNCPB5) se sont achevées dans un climat de satisfaction et d’engagement renouvelé. Initiées par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), ces journées ont réuni, du 16 au 17 mai 2025, des centaines de professionnels de santé, des représentants d’institutions étatiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures de développement.

JNCPB5
JNCPB5

Pendant deux jours, la capitale économique du Bénin a accueilli un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs du secteur sanitaire privé avec le soutien du Ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Organisé par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), l’événement a rassemblé médecins, gestionnaires de cliniques, partenaires techniques et financiers, représentants de l’État et sponsors, autour du thème central : « Mutualisation pour aller vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées ». Ces journées ont été marquées par des échanges de haut niveau, des panels riches, des communications scientifiques pertinentes et une ambiance professionnelle mêlée d’un esprit de synergie.

Le point culminant de ces journées n’a pas résidé uniquement dans les conférences et les panels. Il est apparu à travers la prise de parole des principaux bénéficiaires du secteur : les cliniques elles-mêmes. Le Dr Josias Sohinto, Président de l’ACPB, s’est félicité de l’engouement grandissant autour de l’initiative, preuve que les cliniques privées sont de plus en plus conscientes de leur rôle structurant dans le système de santé. « Ces journées confirment que notre secteur est en mouvement. Nous avons réuni des cliniques de tout le pays autour d’une même vision : celle d’un secteur privé structuré, professionnel et aligné sur les standards de qualité », a-t-il confié. L’ACPB, fort du dynamisme de ses membres, envisage de poursuivre les réflexions avec la création de groupes de travail thématiques sur la certification, la transparence financière et la mutualisation des services. Cette orientation permettra d’accompagner les cliniques dans la mise en place de politiques internes de qualité et d’encourager une gestion plus rigoureuse de leurs activités.

De son côté, Gilles-Christ Gbetegnansi, représentant de la Clinique Zinflou de Parakou, a salué la tenue de ces assises comme un tournant pour les structures de l’intérieur du pays. Pour lui, le partage d’expériences et la compréhension commune des enjeux de conformité sont des éléments catalyseurs. « Je repars avec beaucoup de ressources et d’enseignements. Nous avons compris l’importance de la conformité et des collaborations stratégiques. Au sein de notre clinique à Parakou, nous allons renforcer notre système interne de gestion de la qualité pour une conformité sans pareille aux pratiques et normes afin d’atteindre l’excellence », a-t-il déclaré.

Un autre signal fort a été envoyé par les partenaires techniques et financiers qui soutiennent le secteur. Parmi eux, l’ONG DKT International, représentée par Madame Charnèle Kpadonou Tossavi, Responsable qualité et chargée de formation, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner les cliniques dans leurs efforts d’amélioration continue. « Nous soutenons les actions qui contribuent à améliorer l’environnement sanitaire. La qualité des soins ne doit pas être un privilège, elle doit être un standard. Et ces journées sont un levier de changement », a-t-elle expliqué. DKT envisage de renforcer ses coopérations avec les cliniques notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, l’accessibilité des produits de santé et le renforcement de capacités.

Par ailleurs, les recommandations issues des travaux ont mis en évidence l’urgence pour les cliniques d’intégrer des dispositifs modernes de gouvernance, de mutualiser certaines fonctions techniques et d’adapter leur offre aux standards internationaux. Des perspectives qui rejoignent les orientations du Ministère de la Santé et de l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), représentée par son Directeur, Dr Lucien Dossou-Gbété, qui n’a cessé de rappeler l’impératif de conformité et d’alignement aux normes pour une meilleure protection des patients.

Une clôture festive sous le signe de la reconnaissance et de la cohésion

La clôture de cette cinquième édition a été marquée par une ambiance festive et solidaire. Une soirée de gala organisée dans un cadre chaleureux a réuni les participants, partenaires, responsables d’institutions et représentants des cliniques autour d’un dîner d’honneur. Cette rencontre informelle a été l’occasion pour l’ACPB de rendre hommage à des pionniers du secteur de la santé privée au Bénin avec des animations culturelles.

Plusieurs distinctions ont été décernées et les récipiendaires très émus, ont exprimé leur gratitude et réaffirmé leur volonté de continuer à inspirer les jeunes promoteurs. Cette célébration est venue rappeler que le secteur de la santé privée au Bénin ne se limite pas seulement à la prestation de soins, mais qu’il est aussi porteur d’une mémoire, d’une culture du service et d’une communauté en constante évolution. Dans leurs interventions, plusieurs participants ont souligné la nécessité de pérenniser ce rendez-vous annuel, devenu un levier de transformation secteur sanitaire privé au Bénin.

Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin auront permis de faire un pas de plus vers une meilleure organisation du secteur privé de santé. Les attentes sont grandes, mais les bases d’un secteur plus résilient, plus solidaire et plus exigeant sont désormais posées. L’ACPB, ses partenaires et les cliniques membres sont bien déterminés à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique nationale pour la qualité et l’accès à des soins de santé conformes et dignes pour tous.




Consommation insuffisante de légumes : une formation des médias pour inverser la tendance

Malgré les recommandations de l’OMS, la consommation moyenne de légumes dans le pays reste inférieure au seuil de 400g/jour, exposant les populations à divers risques sanitaires. Pour répondre à cette problématique, l’Université de Wageningen, en collaboration avec le projet CASCADE de CARE Bénin-Togo à travers la composante 2 du projet SAFEVEG a initié une session de formation des professionnels des médias.

farm fresh vegetables on table
Consommation des légumes

Cet atelier de formation qui se tiendra prochainement dans le septentrion a pour objectif de renforcer les capacités des professionnels des médias sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

L’atelier, organisé avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux dont la FeRCAB, le REMAPSEN, l’Unamel-Bénin, et l’UNPM-B, s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les enjeux nutritionnels au Bénin. Il permettra aux journalistes de mieux comprendre les enjeux liés à la production maraîchère, à la qualité sanitaire des légumes et à la communication nutritionnelle adaptée au contexte béninois.

Megan Valère SOSSOU




5e Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin : un appel à la mutualisation pour la conformité des pratiques et la recherche de l’excellence

Sous le haut parrainage du Ministère de la Santé et avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB) a lancé ce vendredi 16 mai 2025 au palais des congrès de Cotonou, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin. Placées sous le thème « Mutualisation pour tendre vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées », ces journées ont pour ambition de renforcer la qualité et la régulation du secteur privé de santé au Bénin.

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Allocution du Président de l’ACPB

A la cérémonie d’ouverture, le président de l’ACPB, le Dr Josias Sohinto, a insisté sur l’importance d’une dynamique collective. « Face aux exigences grandissantes du secteur, la mutualisation des efforts n’est plus une option, mais une nécessité », a-t-il souligné, appelant les cliniques privées à se fédérer pour mieux répondre aux enjeux du financement, de la qualité des soins et de la gouvernance.

Cette vision est partagée par les autorités sanitaires. La Dr Sibylle Assavedo, représentant le ministre de la Santé, a rappelé que le secteur privé assurait la majeure partie de l’offre de soins au Bénin. « C’est un partenaire clé de l’État, et pour cela, il doit être bien encadré, structuré et responsabilisé », a-t-elle expliqué. Elle a encouragé les initiatives de mutualisation, notamment dans les achats groupés et la gestion logistique, considérant celles-ci comme des pistes pour améliorer la performance et la durabilité des cliniques privées.

De son côté, le président de l’Ordre national des Médecins du Bénin, le Dr Abou Adegbindin, a mis en exergue le rôle crucial de la conformité aux normes et à l’éthique médicale. « Respecter les règles, c’est investir dans la crédibilité et la sécurité des patients », a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité d’une formation continue adaptée et d’une certification rigoureuse des structures.

Le représentant résident de l’OMS au Bénin, le Dr Jean Kouamé Konan, a souligné le poids du secteur privé dans le domaine de la santé en Afrique. « Entre 40 et 60 % des soins sont dispensés par le privé dans notre région », a-t-il rappelé, avant d’inviter à mieux intégrer ce secteur dans les plans nationaux de santé, en garantissant qualité, coordination et accès équitable aux services.

La conférence inaugurale, animée par le Dr Lafif Mousse, président de la Plateforme du secteur sanitaire privé, et le Dr Emmanuel Ewagnignon, a offert un cadre d’échanges autour de la réforme en cours du secteur privé de santé et des opportunités qui en découlent.

Par la suite, plusieurs panels ont exploré des sujets essentiels, tels que le financement, la qualité des services hospitaliers, l’optimisation des cliniques, les transferts de compétences, la mutualisation du parcours de soins, ainsi qu’une communication poignante sur les tiers payants et les assurances santé.

Les échanges ont bénéficié de l’expertise de professionnels et universitaires de renom, dont le professeur Rith Pascal Adjoua, venu de Côte d’Ivoire, qui a contribué à les rendre encore plus enrichissants.

Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées s’achèvent aujourd’hui, avec de nouvelles communications à venir et une soirée de gala qui viendra couronner ces journées riches en débats et en perspectives. Cette édition confirme la volonté commune des acteurs privés de santé au Bénin d’œuvrer à un secteur structuré, performant et respectueux des normes, au bénéfice des populations.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI




Intox : Le rectangle de couleur sur le tube de dentifrice n’indique pas sa composition

Une vieille intox ressurgit sur les réseaux sociaux : selon une publication virale, la couleur du petit rectangle au bas des tubes de dentifrice révélerait la nature de leur composition. Rouge, noir, bleu ou vert : ces couleurs seraient censées indiquer si le dentifrice est « naturel », « chimique », ou contient des « médicaments ». Cette affirmation est fausse.

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Capture d’écran

La publication en question montre trois tubes de dentifrice marqués de rectangles de différentes couleurs (rouge, noir, bleu), accompagnés d’un message affirmant que le vert signifie « 100 % naturel », le bleu, « naturel avec des composants médicinaux », le rouge, « naturel et chimique » et le noir, « entièrement chimique ».

Une rumeur persistante, mais infondée

Non seulement cette interprétation est scientifiquement erronée, mais elle repose sur une totale méconnaissance du processus de fabrication des emballages.

Ces rectangles, appelés repères de découpe ou marques de repérage, n’ont aucun lien avec la composition du produit. Ils servent uniquement aux machines d’emballage dans les usines. Ces repères visuels permettent aux capteurs de détecter avec précision où découper, remplir ou sceller le tube pendant le processus de fabrication.

À quoi servent réellement ces rectangles ?

Le choix de la couleur varie selon les besoins de contraste pour la détection optique, et non en fonction du contenu du tube. Une vidéo explicative (en anglais) réalisée par une entreprise spécialisée en machines d’emballage permet de mieux comprendre ce fonctionnement : voir la vidéo.

Ces marques sont présentes sur de nombreux autres produits, des emballages de cosmétiques aux sachets alimentaires, et leur usage est purement technique.

L’idée qu’un dentifrice est « naturel », « chimique », ou « médicamenteux » sur la seule base d’une bande colorée est donc infondée. En réalité, la composition exacte du dentifrice est inscrite sur son emballage, dans la liste des ingrédients, comme l’exige la réglementation.

La plupart des dentifrices contiennent du fluorure, une substance qui renforce l’émail dentaire et réduit les risques de caries. Bien qu’il s’agisse d’un composé chimique, le fluorure est naturellement présent dans l’eau, l’air et le sol. Certains dentifrices dits « naturels » choisissent de ne pas en contenir, mais cela reste un choix de formulation indiqué sur l’étiquette – pas par un code couleur invisible au consommateur.

En résumé, il faut retenir que les rectangles colorés au bas des tubes de dentifrice ne révèlent en rien leur composition. Ils sont des repères techniques destinés aux machines de production. Pour connaître les ingrédients d’un dentifrice, fiez-vous à l’étiquette, pas aux rumeurs sur Internet.

Megan Valère SOSSOU