Le projet CASCADE pour des régimes alimentaires sains et équilibrés dans les cantines scolaires

Le programme des cantines scolaires du gouvernement du Bénin reçoit un appui important du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE et GAIN. Plusieurs millions de francs CFA investis par des communes du nord et du sud pour l’amélioration de la nutrition des élèves fréquentant 5709 écoles publiques à cantine. Des résultats positifs motivés par les interventions du projet CASCADE au bout de deux années d’intervention.

Cantine scolaire
Des élèves d’une cantine scolaire

Au Bénin, le programme des cantines scolaires est l’un des programmes phares du gouvernement visant à offrir un repas chaud par jour aux écoliers des établissements publics.  Depuis 2018, la première initiative dénommée Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) avait pris en compte des écoles primaires publiques autrefois sans cantine scolaire. Dans un article de 2022 sur l’état d’avancement des cantines scolaires, publié sur le site officiel du gouvernement, le budget consacré aux cantines scolaires est passé de 1,5 milliard en 2016 à 48,7 milliards de Francs CFA en 2022”. Malgré ces investissements, les cantines scolaires semblent ne pas satisfaire la qualité nutritionnelle et sanitaire des repas chauds servis aux écoliers. Cette situation a été évoquée par les acteurs du système éducatif et demeure un souci permanent aux membres des Cadres de Concertation Communale (CCC). Le suivi des services de nutrition offerts dans les communes constitue une activité importante du projet CASCADE. A cet effet, pour améliorer les services de nutrition, le projet CASCADE en collaboration avec ses partenaires et les CCC, a identifié le service ‘’ qualité des aliments servis par les cantines scolaires’’ pour apprécier la qualité des repas dans les 20 communes d’intervention du projet. L’approche Carte Communautaire de Performance (CCP) a été utilisée pour évaluer ce service ; rappelons que la CCP est un outil participatif de redevabilité sociale pour améliorer la qualité et la performance des services offerts aux communautés avec l’implication des acteurs de prise de décision ; Eudes HOUGBENOU, Assistante du gestionnaire du projet CASCADE souligne : « Il a été jugé pertinent pour CASCADE de réaliser la Carte Communautaire de Performance, afin de rapprocher les bénéficiaires et les prestataires de ce service. Cela facilitera la mise en œuvre d’un mécanisme de redevabilité, essentiel pour améliorer les performances des services. ». A ce titre, elle a permis de recueillir les perceptions des bénéficiaires sur le service de nutrition évalué et de proposer des actions de mitigation. A Kalalé dans le département du Borgou, malgré les efforts fournis au profit des cantines scolaires, la qualité des repas servis aux enfants reste à améliorer. Un fait que confirme Taïrou BANI KAO, Directeur de l’école primaire publique de Bessassi groupe A : « La difficulté que nous avons souvent, c’est une question de qualité. Les repas sont préparés sans des protéines ».

Après le diagnostic posé par le projet CASCADE à travers la Carte Communautaire de Performance (CCP), le projet a procédé à la formation des cadres techniques des communes sur l’outil Score d’Intégration de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle SISAN. A la suite de ces deux initiatives plusieurs millions ont été votés dans le budget 2024 en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN). Aussi, les Plans Annuels d’investissement (PAI) et plan de Travail Annuel (PTA) 2025 ont-ils connu une amélioration importante pour la prise en compte de la SAN. Au total, dix millions ont été décaissés par le budget communal au titre de l’année 2024 pour achat d’aliments de source protéinique et distribués aux écoles à cantines. « Avec le projet CASCADE, le conseil communal a compris qu’il faut accompagner le programme alimentaire des cantines, et ceci, en inscrivant des lignes de nutrition dans le budget communal. Et individuellement, il y a des élus qui sortent de l’argent de leur poche pour soutenir les cantines scolaires » a souligné Monsieur Sidi SIAKA le deuxième adjoint au Maire de Kalalé. Cet apport du conseil communal et des élus locaux grâce au projet CASCADE a eu des effets positifs ressentis dans les assiettes des enfants. Selon Taïrou BANI KAO : « Le projet CASCADE a pu convaincre la mairie qui appuie depuis 2024 en condiments comme des poissons, des œufs, des épices…et nos enfants ont aujourd’hui la chance d’être bien servis et de manger un repas complet».

A Klouékanmè dans le département du Couffo, les soixante-quinze écoles de la commune sont également impactées positivement par les interventions du projet CASCADE. Hormis les descentes inopinées qu’organisent fréquemment les membres du comité de supervision à travers le CCC, pour analyser les conditions d’hygiène des repas destinées aux enfants dans les cantines, c’est le conseil communal qui a appuyé les cantines avec un budget de trois millions de francs CFA. La question va au-delà d’une simple alimentation. Mais c’est un sujet qui détermine la qualité de la ressource humaine que le Bénin désire pour l’avenir. Pour Monsieur Aimé AKANDO, premier Adjoint au Maire de Klouékanmè : « Si on n’est pas sûr de garantir la qualité des repas à nos enfants, on n’est pas sûr non plus de garantir une bonne santé à nos enfants qui sont tenus de nous remplacer ».

Les perspectives du projet CASCADE pour les cantines scolaires sont grandes d’ici 2026, année qui marquera la fin du projet. L’implication des Mairies, des groupements AVEC, l’Union Communale des Producteurs, des communautés et des élus dans la gestion des cantines ; la disponibilité d’eau potable dans toutes les écoles à cantines, l’adoption des bonnes pratiques d’hygiènes et la diversification alimentaire dans les écoles à cantine sont entre autres des actions que projettent CASCADE.

A travers ces différentes actions, le projet CASCADE devient un véritable appui pour la bonne nutrition des enfants dans les écoles publiques qui est une priorité pour le gouvernement béninois.

Bamidélé LAOUROU




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Projet Adapt-WAP au Bénin : les écoliers et élèves à l’école de la préservation des écosystèmes transfrontaliers

Du 19 au 23 mai 2025, une vaste session de sensibilisation a mobilisé les écoliers et élèves des communes riveraines des parcs W et Pendjari dans le cadre de la mise en œuvre de la 4ᵉ composante du projet régional Adapt-WAP mis en œuvre par le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) à travers le Ministère du Cadre de Vie et des Transports, en charge du Développement Durable. Huit communes au total ont accueilli la sensibilisation. Il s’agit des communes de Kandi, Banikoara, Malanville et Karimama pour le compte du département de l’Alibori et les communes de Matéri, Kérou, Kouandé et Tanguiéta pour le département de l’Atacora.

Photo d’ensemble apprenants
Photo d’ensemble apprenants

L’objectif est de sensibiliser les apprenants à savoir les écoliers et élèves des écoles établissements des communes autour des parcs Pendjari et W-Bénin a déclaré le Colonel Georges Sossou, Coordonnateur du projet. Il n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction face à la mobilisation des différentes parties prenantes.

Pour Alazi Tino, représentant du Directeur départemental des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Alibori, la stratégie de sensibilisation auprès des jeunes est porteuse d’avenir. A le croire, trois raisons soutiennent cela : la période choisie, les cibles que sont les élèves et les différentes thématiques au centre de la sensibilisation. Il a exhorté tous les acteurs à pleinement jouer leur rôle pour l’atteinte des résultats durablement.

Même son de cloche dans l’Atacora, où Nahini Chabi-Boni, Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré et Directeur Départemental des Enseignements Maternel et Primaire, a mis en exergue la pertinence de l’approche pédagogique : « La méthode des supports et les illustrations utilisées sont d’une grande portée pédagogique. » Selon lui, le contenu est adapté aux niveaux des élèves et permet de toucher indirectement toute la communauté : « Les changements de comportement des écoliers et élèves vont impacter très rapidement et efficacement les parents d’élèves en particulier et, par ricochet, la communauté en général. » a-t-il laissé entendre.

Des modules pratiques et engageants

Trois thématiques majeures ont structuré cette session : la gestion des risques et catastrophes naturelles, la lutte contre le braconnage et la gestion des conflits, et la gestion durable des terres en lien avec l’adaptation aux changements climatiques. Ces modules ont été animés par les enseignants des différentes écoles concernées.

Pour Issa Bio Sounon, Directeur du Collège d’Enseignement Général de Goumori à Banikoara, le contexte s’y prêtait parfaitement : « Le milieu et le temps s’y prêtent. » Il reste convaincu que les notions acquises permettront aux élèves de jouer un rôle actif dans la gestion durable des ressources naturelles.

Le Chef division des ressources humaines, représentant le Directeur départemental de l’Enseignement maternel et primaire de l’Alibori, salue quant à lui l’initiative : « L’initiative est louable et son importance sur la vie n’est pas mesurable. Personnellement, j’ai appris beaucoup et je ne peux que souhaiter bon vent au projet. »

Les parents d’élèves à l’unisson

Du côté des associations de parents d’élèves, la mobilisation et l’enthousiasme sont tout aussi palpables. Bio Peregue Issa, de la Fédération départementale des associations des parents d’élèves et d’étudiants de l’Alibori, apprécie « l’approche de sensibilisation est innovante » et appelle à sa duplication dans d’autres localités.

Zakari Boukari, Président de la Fédération des associations de parents de l’Atacora, se réjouit de la participation massive observée de Matéri à Tanguiéta, en passant par Kérou et Kouandé. Il a expliqué : « Les enfants sont très contents d’avoir appris des pratiques simples et durables de gestion des terres comme la culture du muccuna, des pois d’angole, la rotation des cultures. Ils sauront transmettre les messages à leurs parents pour une prise de conscience collective ».

Une jeunesse motivée et bien informée

L’engouement des jeunes écoliers et élèves a été unanimement salué. Ouin-Ouro Claude, Chef du service de l’orientation scolaire et professionnelle de l’Atacora, note que la session interactive. Elle a permis selon lui que les élèves aient une meilleure compréhension des enjeux liés aux deux parcs. « A titre illustratif, les écoliers et élèves ont découvert et compris ce qu’est le système d’alerte précoce, les risques que comporte l’utilisation intensive des herbicides et les mesures d’adaptation aux changements climatiques. » a-t-il ajouté.

Même les plus jeunes ont manifesté leurs impressions.. Bakari et Mariam, tous deux en classe de CM1 à l’École primaire publique de Wantéou (commune de Matéri), se disent fiers d’avoir acquis des connaissances utiles pour préserver les ressources du parc. Ils promettent de partager ces leçons avec leurs parents pour encourager des comportements plus respectueux de l’environnement.

Au total huit-cent trente-trois (839) personnes de huit communes riveraines des parcs W et pendjari ont bénéficié et contribué à cette session de sensibilisation dont en grande majorité les écoliers et élèves.

Il convient de rappeler que cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une formation tenue du 15 au 19 août 2022, à l’attention des enseignants des zones concernées.

Venance Ayébo TOSSOUKPE & Megan Valère SOSSOU




Parakou : démarrage de l’atelier de formation des journalistes sur la consommation des légumes

Ce Jeudi 22 mai 2025 à Parakou s’est ouvert un atelier de formation à l’endroit des professionnels des médias. L’objectif est de renforcer leurs capacités sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

Ecoutez le reportage de Venance Ayébo TOSSOUKPE et de Megan Valère SOSSOU




JNCPB5: Le secteur privé de santé au Bénin en marche vers l’excellence

Après deux jours d’échanges constructifs, de panels enrichissants et de partages d’expériences d’acteurs du secteur sanitaire privé, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin (JNCPB5) se sont achevées dans un climat de satisfaction et d’engagement renouvelé. Initiées par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), ces journées ont réuni, du 16 au 17 mai 2025, des centaines de professionnels de santé, des représentants d’institutions étatiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures de développement.

JNCPB5
JNCPB5

Pendant deux jours, la capitale économique du Bénin a accueilli un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs du secteur sanitaire privé avec le soutien du Ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Organisé par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), l’événement a rassemblé médecins, gestionnaires de cliniques, partenaires techniques et financiers, représentants de l’État et sponsors, autour du thème central : « Mutualisation pour aller vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées ». Ces journées ont été marquées par des échanges de haut niveau, des panels riches, des communications scientifiques pertinentes et une ambiance professionnelle mêlée d’un esprit de synergie.

Le point culminant de ces journées n’a pas résidé uniquement dans les conférences et les panels. Il est apparu à travers la prise de parole des principaux bénéficiaires du secteur : les cliniques elles-mêmes. Le Dr Josias Sohinto, Président de l’ACPB, s’est félicité de l’engouement grandissant autour de l’initiative, preuve que les cliniques privées sont de plus en plus conscientes de leur rôle structurant dans le système de santé. « Ces journées confirment que notre secteur est en mouvement. Nous avons réuni des cliniques de tout le pays autour d’une même vision : celle d’un secteur privé structuré, professionnel et aligné sur les standards de qualité », a-t-il confié. L’ACPB, fort du dynamisme de ses membres, envisage de poursuivre les réflexions avec la création de groupes de travail thématiques sur la certification, la transparence financière et la mutualisation des services. Cette orientation permettra d’accompagner les cliniques dans la mise en place de politiques internes de qualité et d’encourager une gestion plus rigoureuse de leurs activités.

De son côté, Gilles-Christ Gbetegnansi, représentant de la Clinique Zinflou de Parakou, a salué la tenue de ces assises comme un tournant pour les structures de l’intérieur du pays. Pour lui, le partage d’expériences et la compréhension commune des enjeux de conformité sont des éléments catalyseurs. « Je repars avec beaucoup de ressources et d’enseignements. Nous avons compris l’importance de la conformité et des collaborations stratégiques. Au sein de notre clinique à Parakou, nous allons renforcer notre système interne de gestion de la qualité pour une conformité sans pareille aux pratiques et normes afin d’atteindre l’excellence », a-t-il déclaré.

Un autre signal fort a été envoyé par les partenaires techniques et financiers qui soutiennent le secteur. Parmi eux, l’ONG DKT International, représentée par Madame Charnèle Kpadonou Tossavi, Responsable qualité et chargée de formation, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner les cliniques dans leurs efforts d’amélioration continue. « Nous soutenons les actions qui contribuent à améliorer l’environnement sanitaire. La qualité des soins ne doit pas être un privilège, elle doit être un standard. Et ces journées sont un levier de changement », a-t-elle expliqué. DKT envisage de renforcer ses coopérations avec les cliniques notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, l’accessibilité des produits de santé et le renforcement de capacités.

Par ailleurs, les recommandations issues des travaux ont mis en évidence l’urgence pour les cliniques d’intégrer des dispositifs modernes de gouvernance, de mutualiser certaines fonctions techniques et d’adapter leur offre aux standards internationaux. Des perspectives qui rejoignent les orientations du Ministère de la Santé et de l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), représentée par son Directeur, Dr Lucien Dossou-Gbété, qui n’a cessé de rappeler l’impératif de conformité et d’alignement aux normes pour une meilleure protection des patients.

Une clôture festive sous le signe de la reconnaissance et de la cohésion

La clôture de cette cinquième édition a été marquée par une ambiance festive et solidaire. Une soirée de gala organisée dans un cadre chaleureux a réuni les participants, partenaires, responsables d’institutions et représentants des cliniques autour d’un dîner d’honneur. Cette rencontre informelle a été l’occasion pour l’ACPB de rendre hommage à des pionniers du secteur de la santé privée au Bénin avec des animations culturelles.

Plusieurs distinctions ont été décernées et les récipiendaires très émus, ont exprimé leur gratitude et réaffirmé leur volonté de continuer à inspirer les jeunes promoteurs. Cette célébration est venue rappeler que le secteur de la santé privée au Bénin ne se limite pas seulement à la prestation de soins, mais qu’il est aussi porteur d’une mémoire, d’une culture du service et d’une communauté en constante évolution. Dans leurs interventions, plusieurs participants ont souligné la nécessité de pérenniser ce rendez-vous annuel, devenu un levier de transformation secteur sanitaire privé au Bénin.

Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin auront permis de faire un pas de plus vers une meilleure organisation du secteur privé de santé. Les attentes sont grandes, mais les bases d’un secteur plus résilient, plus solidaire et plus exigeant sont désormais posées. L’ACPB, ses partenaires et les cliniques membres sont bien déterminés à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique nationale pour la qualité et l’accès à des soins de santé conformes et dignes pour tous.




Inondations à Cotonou et ses environs : à qui la faute ?

La Chronique de Megan Valère SOSSOU, Journaliste et Expert des questions environnementales

2025 – 1925, 100 ans que durent les inondations à Cotonou, la principale ville économique du Bénin. Depuis 2016, cette ville subit une profonde transformation. Opérations de déguerpissement, programme Asphaltage, installation de grands monuments, réorganisation de la gestion des déchets… autant d’initiatives qui ont offert à la capitale économique du Bénin un nouveau visage, plus moderne, plus attractif.

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Inondation à Cotonou

Mais il a suffi d’une demi-journée de pluie pour que ces infrastructures, saluées par certains, soient mises à rude épreuve. Les grandes artères de la ville se sont rapidement retrouvées sous les eaux. Inondations, engorgements, habitations envahies : le décor était celui d’une ville littéralement débordée.

Pour certains, le problème vient du système d’attribution des marchés de travaux publics, entaché d’irrégularités. D’autres pointent l’incivisme des populations : dépôts sauvages d’ordures, caniveaux obstrués, constructions anarchiques. Et il y a ceux qui pleurent déjà les milliards engloutis dans ces projets et qui s’interrogent sur leur durabilité.

Les scientifiques, eux, vont plus loin : ils alertent sur l’improbabilité, à moyen terme, de la survie même de la ville de Cotonou si des mesures fortes ne sont pas prises. Les eaux pluviales, de plus en plus violentes avec les effets du changement climatique, s’infiltrent dans les habitations, endommagent les bâtiments publics et mettent à mal les acquis urbains.

Face à cette situation qui date d’un siècle, la solution passe avant tout par une prise de conscience collective.

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Image de 1925

Cotonou ne peut plus continuer à se bétonner indéfiniment. Pour un développement réellement durable, il faut envisager une nouvelle vision de l’aménagement du territoire : valoriser d’autres villes, créer de véritables pôles économiques en dehors du littoral, construire une relation plus équilibrée entre l’Homme et la Nature.

Il est urgent de désengorger Cotonou. L’État et les entreprises doivent s’implanter dans d’autres communes. Le Bénin ne se résume pas à Cotonou. Tout gouvernement qui comprendra cela posera les jalons d’un mandat réussi et durable.

Mais pour y arriver, la mobilité doit suivre. Un réseau ferroviaire performant, notamment un train à grande vitesse, permettrait de relier les villes du pays en quelques minutes. Cela rendrait possible une meilleure répartition de la population, des activités économiques et des services publics sur l’ensemble du territoire.

Enfin, rien de tout cela ne sera viable sans transparence dans l’attribution des marchés publics, ni respect citoyen des biens communs.
Protéger l’environnement ne doit plus être synonyme de vernis urbain ou de camouflages artificiels. Cela implique de remettre le naturel au cœur de toute intervention.

C’est à ce prix que nos villes, et Cotonou en particulier, pourront résister aux défis de demain.




Consommation insuffisante de légumes : une formation des médias pour inverser la tendance

Malgré les recommandations de l’OMS, la consommation moyenne de légumes dans le pays reste inférieure au seuil de 400g/jour, exposant les populations à divers risques sanitaires. Pour répondre à cette problématique, l’Université de Wageningen, en collaboration avec le projet CASCADE de CARE Bénin-Togo à travers la composante 2 du projet SAFEVEG a initié une session de formation des professionnels des médias.

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Consommation des légumes

Cet atelier de formation qui se tiendra prochainement dans le septentrion a pour objectif de renforcer les capacités des professionnels des médias sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

L’atelier, organisé avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux dont la FeRCAB, le REMAPSEN, l’Unamel-Bénin, et l’UNPM-B, s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les enjeux nutritionnels au Bénin. Il permettra aux journalistes de mieux comprendre les enjeux liés à la production maraîchère, à la qualité sanitaire des légumes et à la communication nutritionnelle adaptée au contexte béninois.

Megan Valère SOSSOU




L’EFI Casablanca célèbre la réussite de la 4e édition des Olympiades Handisport

C’est une édition haute en émotions et en engagement que vient de vivre l’École Française Internationale de Casablanca (EFI), les 15 et 16 mai, à l’occasion de la quatrième édition de ses Olympiades Handisport. Organisée dans le cadre de la Semaine Olympique et Paralympique, la manifestation a, une fois de plus, transformé le campus secondaire de l’établissement en un véritable terrain de partage, d’effort et de dépassement de soi. Un événement placé sous le signe de l’inclusion et de la solidarité.

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Vue d’ensemble

L’événement a réuni des élèves valides et en situation de handicap autour d’activités sportives inclusives, avec le soutien de partenaires associatifs tels que l’Association Marocaine des Enfants Sourds (AMES) ou Al Mostaqbal. Plus qu’une simple compétition, cette rencontre a offert aux jeunes une leçon vivante de solidarité et de respect de la différence.

Encadrés par 5 enseignants de l’EFI et une dizaine de bénévoles du milieu associatif, 16 équipes mixtes de 4 enfants ont relevé les défis de 8 activités sportives adaptées. La coopération a été le fil rouge de ces épreuves, où chaque élève, quelles que soient ses capacités, a pu s’exprimer et contribuer à la réussite collective.

« L’idée n’est pas de faire une compétition en tant que telle, c’est vraiment d’apprendre à vivre ensembleL’école a un rôle essentiel à jouer pour faire émerger une génération consciente des défis liés à la mobilité, à l’accessibilité et au respect de tous. », a rappelé Thomas Saene, proviseur de l’établissement.

La cérémonie de clôture, marquée par la présence de Pascale Trimbach, Consule Générale A.I de France à Casablanca, a salué l’engagement exemplaire de toute la communauté éducative et des associations partenaires dans la promotion du handisport.

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Les élèves de la cinquième et de la seconde ont été sensibilisés tout au long de cette édition à travers divers ateliers et échanges, renforçant ainsi la mission citoyenne de l’EFI : favoriser l’ouverture d’esprit et faire évoluer le regard des plus jeunes sur le handicap.

A noter que cette action s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Semaine Olympique et Paralympique, qui vise à utiliser le sport comme outil pédagogique et à faire découvrir aux élèves les disciplines olympiques et paralympiques. Au-delà des performances, ce sont les valeurs d’entraide, d’égalité et de courage qui ont triomphé sur les terrains de l’EFI.




5e Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin : un appel à la mutualisation pour la conformité des pratiques et la recherche de l’excellence

Sous le haut parrainage du Ministère de la Santé et avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB) a lancé ce vendredi 16 mai 2025 au palais des congrès de Cotonou, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin. Placées sous le thème « Mutualisation pour tendre vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées », ces journées ont pour ambition de renforcer la qualité et la régulation du secteur privé de santé au Bénin.

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Allocution du Président de l’ACPB

A la cérémonie d’ouverture, le président de l’ACPB, le Dr Josias Sohinto, a insisté sur l’importance d’une dynamique collective. « Face aux exigences grandissantes du secteur, la mutualisation des efforts n’est plus une option, mais une nécessité », a-t-il souligné, appelant les cliniques privées à se fédérer pour mieux répondre aux enjeux du financement, de la qualité des soins et de la gouvernance.

Cette vision est partagée par les autorités sanitaires. La Dr Sibylle Assavedo, représentant le ministre de la Santé, a rappelé que le secteur privé assurait la majeure partie de l’offre de soins au Bénin. « C’est un partenaire clé de l’État, et pour cela, il doit être bien encadré, structuré et responsabilisé », a-t-elle expliqué. Elle a encouragé les initiatives de mutualisation, notamment dans les achats groupés et la gestion logistique, considérant celles-ci comme des pistes pour améliorer la performance et la durabilité des cliniques privées.

De son côté, le président de l’Ordre national des Médecins du Bénin, le Dr Abou Adegbindin, a mis en exergue le rôle crucial de la conformité aux normes et à l’éthique médicale. « Respecter les règles, c’est investir dans la crédibilité et la sécurité des patients », a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité d’une formation continue adaptée et d’une certification rigoureuse des structures.

Le représentant résident de l’OMS au Bénin, le Dr Jean Kouamé Konan, a souligné le poids du secteur privé dans le domaine de la santé en Afrique. « Entre 40 et 60 % des soins sont dispensés par le privé dans notre région », a-t-il rappelé, avant d’inviter à mieux intégrer ce secteur dans les plans nationaux de santé, en garantissant qualité, coordination et accès équitable aux services.

La conférence inaugurale, animée par le Dr Lafif Mousse, président de la Plateforme du secteur sanitaire privé, et le Dr Emmanuel Ewagnignon, a offert un cadre d’échanges autour de la réforme en cours du secteur privé de santé et des opportunités qui en découlent.

Par la suite, plusieurs panels ont exploré des sujets essentiels, tels que le financement, la qualité des services hospitaliers, l’optimisation des cliniques, les transferts de compétences, la mutualisation du parcours de soins, ainsi qu’une communication poignante sur les tiers payants et les assurances santé.

Les échanges ont bénéficié de l’expertise de professionnels et universitaires de renom, dont le professeur Rith Pascal Adjoua, venu de Côte d’Ivoire, qui a contribué à les rendre encore plus enrichissants.

Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées s’achèvent aujourd’hui, avec de nouvelles communications à venir et une soirée de gala qui viendra couronner ces journées riches en débats et en perspectives. Cette édition confirme la volonté commune des acteurs privés de santé au Bénin d’œuvrer à un secteur structuré, performant et respectueux des normes, au bénéfice des populations.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI




Afrika Vuka Day 2025 : REC Bénin mobilise pour la souveraineté énergétique

À l’occasion de la campagne Afrika Vuka Day, le Renewable Energy Coalition (REC Bénin) a tenu dans l’après-midi du 14 mai 2025 une conférence de presse à la salle American Corner l’Université d’Abomey-Calavi. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique continentale visant à promouvoir une transition énergétique juste, citoyenne et résolument tournée vers les énergies renouvelables. L’événement a rassemblé journalistes, acteurs de la société civile et jeunes militants climatiques autour d’une conviction commune : l’Afrique doit reprendre le contrôle de son avenir énergétique.

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Cérémonie d’ouverture

Dans son intervention introductive, le Coordonnateur de REC Bénin, Tabaraka Bio Bangana, a rappelé le sens profond d’Afrika Vuka Day : porter haut la voix des peuples africains en faveur d’un modèle de développement libéré des énergies fossiles et ancré dans les réalités locales. Il a présenté l’édition 2025 comme une étape stratégique de mobilisation dans la perspective de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque 25 mai.

Prévue cette année à la Porte du Non-Retour à Ouidah, la célébration mettra en lumière la résilience des peuples africains face aux liens historiques, mais aussi leur volonté de se réapproprier les leviers de leur développement, notamment sur le plan énergétique. « À travers des activités créatives et culturelles, nous voulons démontrer que notre indépendance passe aussi par l’énergie que nous consommons et contrôlons », a-t-il précisé.

Le Coordonnateur a par ailleurs relayé les messages clés de la campagne : l’échec des énergies fossiles à garantir un avenir durable, la nécessité d’investir dans le potentiel immense des énergies renouvelables en Afrique, et l’urgence de soutenir les initiatives portées par les communautés elles-mêmes. Le ton est donné : « Une transition juste doit mettre les populations au centre – pas le profit ».

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Atelier en cours

Une jeunesse formée et prête à agir

Christian Hounkannou, Coordonnateur de 350.org pour l’Afrique francophone, est revenu sur la formation internationale Renew Our Energy, tenue en avril dernier au Brésil. Cette rencontre a réuni près de 350 jeunes activistes venus de différents pays africains. L’objectif était d’outiller une nouvelle génération de leaders climatiques pour mieux défendre les droits énergétiques des communautés à la prochaine Conférence des Parties (COP 30), également prévue à Belém au Brésil en novembre 2025.

Les échanges ont porté sur les modèles d’adaptation et d’atténuation des effets climatiques, notamment l’agroforesterie, la cuisson propre ou encore l’énergie solaire. L’une des thématiques majeures abordées fut la souveraineté énergétique. « Qui contrôle notre énergie aujourd’hui ? Certainement pas nos communautés. Si nous n’arrivons pas à contrôler notre énergie, cela veut dire que nous ne sommes pas indépendants », a-t-il martelé, appelant à un renversement des modèles de gouvernance énergétique.

Loin d’une approche technocratique, les discussions ont mis en évidence les défis éducationnels, politiques et financiers qui freinent l’essor des énergies renouvelables sur le continent. Le manque d’éducation des populations sur les enjeux énergétiques, l’absence de volonté politique dans certains États, ainsi que les difficultés d’accès aux financements ont été identifiés comme des freins majeurs. Pour y remédier, le plaidoyer citoyen et la construction d’alliances stratégiques avec des partenaires crédibles sont jugés indispensables.

Médias, réseaux et société civile en action

Au-delà de la mobilisation des jeunes, la conférence de presse a également permis de présenter des acteurs et réseaux clés œuvrant à la promotion de la justice climatique en Afrique. Michael Tchokpodo, Coordonnateur du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), a retracé l’historique de son organisation, née en 2020 sur les cendres du REMASTP (Réseau des Médias pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme).

Le REMAPSEN a choisi d’élargir son champ d’action pour répondre de manière plus globale aux défis de santé et d’environnement. Aujourd’hui composé de plus d’une trentaine de journalistes issus de divers supports (radio, télévision, presse en ligne, réseaux sociaux), le réseau intervient dans plusieurs pays africains avec l’ambition de renforcer les capacités médiatiques sur les questions climatiques et énergétiques. « L’information est un levier de transformation. Nous devons amplifier les voix qui proposent des solutions locales crédibles », a déclaré M. Tchokpodo.

Présent à cette rencontre, Carin Atonde, Directeur Exécutif de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Bénin) et Coordonnateur du Réseau des Organisations pour le Développement des Énergies Renouvelables (RODER), a témoigné du rôle que jouent les organisations de la société civile dans la promotion des énergies propres. Pour lui, l’engagement de JVE Bénin aux côtés de REC Bénin pour cette édition de la Journée Africaine explique une convergence naturelle des luttes.

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Photo de famille

Une dynamique panafricaine en marche

À travers toutes les interventions, un message fort s’est dégagé : l’Afrique n’a pas vocation à reproduire les erreurs des pays industrialisés. Elle peut et doit emprunter une voie propre, durable et équitable en matière d’énergie. Pour cela, la construction d’une souveraineté énergétique passe par la mobilisation des communautés, l’implication des jeunes, la sensibilisation des médias, et la coopération entre organisations locales et internationales.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI