Parakou : démarrage de l’atelier de formation des journalistes sur la consommation des légumes
Ce Jeudi 22 mai 2025 à Parakou s’est ouvert un atelier de formation à l’endroit des professionnels des médias. L’objectif est de renforcer leurs capacités sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.
Ecoutez le reportage de Venance Ayébo TOSSOUKPE et de Megan Valère SOSSOU
JNCPB5: Le secteur privé de santé au Bénin en marche vers l’excellence
Après deux jours d’échanges constructifs, de panels enrichissants et de partages d’expériences d’acteurs du secteur sanitaire privé, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin (JNCPB5) se sont achevées dans un climat de satisfaction et d’engagement renouvelé. Initiées par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), ces journées ont réuni, du 16 au 17 mai 2025, des centaines de professionnels de santé, des représentants d’institutions étatiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures de développement.
JNCPB5
Pendant deux jours, la capitale économique du Bénin a accueilli un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs du secteur sanitaire privé avec le soutien du Ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Organisé par l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), l’événement a rassemblé médecins, gestionnaires de cliniques, partenaires techniques et financiers, représentants de l’État et sponsors, autour du thème central : « Mutualisation pour aller vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées ». Ces journées ont été marquées par des échanges de haut niveau, des panels riches, des communications scientifiques pertinentes et une ambiance professionnelle mêlée d’un esprit de synergie.
Le point culminant de ces journées n’a pas résidé uniquement dans les conférences et les panels. Il est apparu à travers la prise de parole des principaux bénéficiaires du secteur : les cliniques elles-mêmes. Le Dr Josias Sohinto, Président de l’ACPB, s’est félicité de l’engouement grandissant autour de l’initiative, preuve que les cliniques privées sont de plus en plus conscientes de leur rôle structurant dans le système de santé. « Ces journées confirment que notre secteur est en mouvement. Nous avons réuni des cliniques de tout le pays autour d’une même vision : celle d’un secteur privé structuré, professionnel et aligné sur les standards de qualité », a-t-il confié. L’ACPB, fort du dynamisme de ses membres, envisage de poursuivre les réflexions avec la création de groupes de travail thématiques sur la certification, la transparence financière et la mutualisation des services. Cette orientation permettra d’accompagner les cliniques dans la mise en place de politiques internes de qualité et d’encourager une gestion plus rigoureuse de leurs activités.
De son côté, Gilles-Christ Gbetegnansi, représentant de la Clinique Zinflou de Parakou, a salué la tenue de ces assises comme un tournant pour les structures de l’intérieur du pays. Pour lui, le partage d’expériences et la compréhension commune des enjeux de conformité sont des éléments catalyseurs. « Je repars avec beaucoup de ressources et d’enseignements. Nous avons compris l’importance de la conformité et des collaborations stratégiques. Au sein de notre clinique à Parakou, nous allons renforcer notre système interne de gestion de la qualité pour une conformité sans pareille aux pratiques et normes afin d’atteindre l’excellence », a-t-il déclaré.
Un autre signal fort a été envoyé par les partenaires techniques et financiers qui soutiennent le secteur. Parmi eux, l’ONG DKT International, représentée par Madame Charnèle Kpadonou Tossavi, Responsable qualité et chargée de formation, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner les cliniques dans leurs efforts d’amélioration continue. « Nous soutenons les actions qui contribuent à améliorer l’environnement sanitaire. La qualité des soins ne doit pas être un privilège, elle doit être un standard. Et ces journées sont un levier de changement », a-t-elle expliqué. DKT envisage de renforcer ses coopérations avec les cliniques notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, l’accessibilité des produits de santé et le renforcement de capacités.
Par ailleurs, les recommandations issues des travaux ont mis en évidence l’urgence pour les cliniques d’intégrer des dispositifs modernes de gouvernance, de mutualiser certaines fonctions techniques et d’adapter leur offre aux standards internationaux. Des perspectives qui rejoignent les orientations du Ministère de la Santé et de l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), représentée par son Directeur, Dr Lucien Dossou-Gbété, qui n’a cessé de rappeler l’impératif de conformité et d’alignement aux normes pour une meilleure protection des patients.
Une clôture festive sous le signe de la reconnaissance et de la cohésion
La clôture de cette cinquième édition a été marquée par une ambiance festive et solidaire. Une soirée de gala organisée dans un cadre chaleureux a réuni les participants, partenaires, responsables d’institutions et représentants des cliniques autour d’un dîner d’honneur. Cette rencontre informelle a été l’occasion pour l’ACPB de rendre hommage à des pionniers du secteur de la santé privée au Bénin avec des animations culturelles.
Plusieurs distinctions ont été décernées et les récipiendaires très émus, ont exprimé leur gratitude et réaffirmé leur volonté de continuer à inspirer les jeunes promoteurs. Cette célébration est venue rappeler que le secteur de la santé privée au Bénin ne se limite pas seulement à la prestation de soins, mais qu’il est aussi porteur d’une mémoire, d’une culture du service et d’une communauté en constante évolution. Dans leurs interventions, plusieurs participants ont souligné la nécessité de pérenniser ce rendez-vous annuel, devenu un levier de transformation secteur sanitaire privé au Bénin.
Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin auront permis de faire un pas de plus vers une meilleure organisation du secteur privé de santé. Les attentes sont grandes, mais les bases d’un secteur plus résilient, plus solidaire et plus exigeant sont désormais posées. L’ACPB, ses partenaires et les cliniques membres sont bien déterminés à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique nationale pour la qualité et l’accès à des soins de santé conformes et dignes pour tous.
Inondations à Cotonou et ses environs : à qui la faute ?
La Chronique de Megan Valère SOSSOU, Journaliste et Expert des questions environnementales
2025 – 1925, 100 ans que durent les inondations à Cotonou, la principale ville économique du Bénin. Depuis 2016, cette ville subit une profonde transformation. Opérations de déguerpissement, programme Asphaltage, installation de grands monuments, réorganisation de la gestion des déchets… autant d’initiatives qui ont offert à la capitale économique du Bénin un nouveau visage, plus moderne, plus attractif.
Inondation à Cotonou
Mais il a suffi d’une demi-journée de pluie pour que ces infrastructures, saluées par certains, soient mises à rude épreuve. Les grandes artères de la ville se sont rapidement retrouvées sous les eaux. Inondations, engorgements, habitations envahies : le décor était celui d’une ville littéralement débordée.
Pour certains, le problème vient du système d’attribution des marchés de travaux publics, entaché d’irrégularités. D’autres pointent l’incivisme des populations : dépôts sauvages d’ordures, caniveaux obstrués, constructions anarchiques. Et il y a ceux qui pleurent déjà les milliards engloutis dans ces projets et qui s’interrogent sur leur durabilité.
Les scientifiques, eux, vont plus loin : ils alertent sur l’improbabilité, à moyen terme, de la survie même de la ville de Cotonou si des mesures fortes ne sont pas prises. Les eaux pluviales, de plus en plus violentes avec les effets du changement climatique, s’infiltrent dans les habitations, endommagent les bâtiments publics et mettent à mal les acquis urbains.
Face à cette situation qui date d’un siècle, la solution passe avant tout par une prise de conscience collective.
Image de 1925
Cotonou ne peut plus continuer à se bétonner indéfiniment. Pour un développement réellement durable, il faut envisager une nouvelle vision de l’aménagement du territoire : valoriser d’autres villes, créer de véritables pôles économiques en dehors du littoral, construire une relation plus équilibrée entre l’Homme et la Nature.
Il est urgent de désengorger Cotonou. L’État et les entreprises doivent s’implanter dans d’autres communes. Le Bénin ne se résume pas à Cotonou. Tout gouvernement qui comprendra cela posera les jalons d’un mandat réussi et durable.
Mais pour y arriver, la mobilité doit suivre. Un réseau ferroviaire performant, notamment un train à grande vitesse, permettrait de relier les villes du pays en quelques minutes. Cela rendrait possible une meilleure répartition de la population, des activités économiques et des services publics sur l’ensemble du territoire.
Enfin, rien de tout cela ne sera viable sans transparence dans l’attribution des marchés publics, ni respect citoyen des biens communs. Protéger l’environnement ne doit plus être synonyme de vernis urbain ou de camouflages artificiels. Cela implique de remettre le naturel au cœur de toute intervention.
C’est à ce prix que nos villes, et Cotonou en particulier, pourront résister aux défis de demain.
Consommation insuffisante de légumes : une formation des médias pour inverser la tendance
Malgré les recommandations de l’OMS, la consommation moyenne de légumes dans le pays reste inférieure au seuil de 400g/jour, exposant les populations à divers risques sanitaires. Pour répondre à cette problématique, l’Université de Wageningen, en collaboration avec le projet CASCADE de CARE Bénin-Togo à travers la composante 2 du projet SAFEVEG a initié une session de formation des professionnels des médias.
Consommation des légumes
Cet atelier de formation qui se tiendra prochainement dans le septentrion a pour objectif de renforcer les capacités des professionnels des médias sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.
L’atelier, organisé avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux dont la FeRCAB, le REMAPSEN, l’Unamel-Bénin, et l’UNPM-B, s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les enjeux nutritionnels au Bénin. Il permettra aux journalistes de mieux comprendre les enjeux liés à la production maraîchère, à la qualité sanitaire des légumes et à la communication nutritionnelle adaptée au contexte béninois.
Megan Valère SOSSOU
L’EFI Casablanca célèbre la réussite de la 4e édition des Olympiades Handisport
C’est une édition haute en émotions et en engagement que vient de vivre l’École Française Internationale de Casablanca (EFI), les 15 et 16 mai, à l’occasion de la quatrième édition de ses Olympiades Handisport. Organisée dans le cadre de la Semaine Olympique et Paralympique, la manifestation a, une fois de plus, transformé le campus secondaire de l’établissement en un véritable terrain de partage, d’effort et de dépassement de soi.Un événement placé sous le signe de l’inclusion et de la solidarité.
Vue d’ensemble
L’événement a réuni des élèves valides et en situation de handicap autour d’activités sportives inclusives, avec le soutien de partenaires associatifs tels que l’Association Marocaine des Enfants Sourds (AMES) ou Al Mostaqbal. Plus qu’une simple compétition, cette rencontre a offert aux jeunes une leçon vivante de solidarité et de respect de la différence.
Encadrés par 5 enseignants de l’EFI et une dizaine de bénévoles du milieu associatif, 16 équipes mixtes de 4 enfants ont relevé les défis de 8 activités sportives adaptées. La coopération a été le fil rouge de ces épreuves, où chaque élève, quelles que soient ses capacités, a pu s’exprimer et contribuer à la réussite collective.
« L’idée n’est pas de faire une compétition en tant que telle, c’est vraiment d’apprendre à vivre ensemble. L’école a un rôle essentiel à jouer pour faire émerger une génération consciente des défis liés à la mobilité, à l’accessibilité et au respect de tous. », a rappelé Thomas Saene, proviseur de l’établissement.
La cérémonie de clôture, marquée par la présence de Pascale Trimbach, Consule Générale A.I de France à Casablanca, a salué l’engagement exemplaire de toute la communauté éducative et des associations partenaires dans la promotion du handisport.
Les élèves de la cinquième et de la seconde ont été sensibilisés tout au long de cette édition à travers divers ateliers et échanges, renforçant ainsi la mission citoyenne de l’EFI : favoriser l’ouverture d’esprit et faire évoluer le regard des plus jeunes sur le handicap.
A noter que cette action s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Semaine Olympique et Paralympique, qui vise à utiliser le sport comme outil pédagogique et à faire découvrir aux élèves les disciplines olympiques et paralympiques. Au-delà des performances, ce sont les valeurs d’entraide, d’égalité et de courage qui ont triomphé sur les terrains de l’EFI.
5e Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin : un appel à la mutualisation pour la conformité des pratiques et la recherche de l’excellence
Sous le haut parrainage du Ministère de la Santé et avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB) a lancé ce vendredi 16 mai 2025 au palais des congrès de Cotonou, les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées du Bénin. Placées sous le thème « Mutualisation pour tendre vers la conformité et l’excellence dans les cliniques privées », ces journées ont pour ambition de renforcer la qualité et la régulation du secteur privé de santé au Bénin.
Allocution du Président de l’ACPB
A la cérémonie d’ouverture, le président de l’ACPB, le Dr Josias Sohinto, a insisté sur l’importance d’une dynamique collective. « Face aux exigences grandissantes du secteur, la mutualisation des efforts n’est plus une option, mais une nécessité », a-t-il souligné, appelant les cliniques privées à se fédérer pour mieux répondre aux enjeux du financement, de la qualité des soins et de la gouvernance.
Cette vision est partagée par les autorités sanitaires. La Dr Sibylle Assavedo, représentant le ministre de la Santé, a rappelé que le secteur privé assurait la majeure partie de l’offre de soins au Bénin. « C’est un partenaire clé de l’État, et pour cela, il doit être bien encadré, structuré et responsabilisé », a-t-elle expliqué. Elle a encouragé les initiatives de mutualisation, notamment dans les achats groupés et la gestion logistique, considérant celles-ci comme des pistes pour améliorer la performance et la durabilité des cliniques privées.
De son côté, le président de l’Ordre national des Médecins du Bénin, le Dr Abou Adegbindin, a mis en exergue le rôle crucial de la conformité aux normes et à l’éthique médicale. « Respecter les règles, c’est investir dans la crédibilité et la sécurité des patients », a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité d’une formation continue adaptée et d’une certification rigoureuse des structures.
DéroulementPanel
Le représentant résident de l’OMS au Bénin, le Dr Jean Kouamé Konan, a souligné le poids du secteur privé dans le domaine de la santé en Afrique. « Entre 40 et 60 % des soins sont dispensés par le privé dans notre région », a-t-il rappelé, avant d’inviter à mieux intégrer ce secteur dans les plans nationaux de santé, en garantissant qualité, coordination et accès équitable aux services.
La conférence inaugurale, animée par le Dr Lafif Mousse, président de la Plateforme du secteur sanitaire privé, et le Dr Emmanuel Ewagnignon, a offert un cadre d’échanges autour de la réforme en cours du secteur privé de santé et des opportunités qui en découlent.
Par la suite, plusieurs panels ont exploré des sujets essentiels, tels que le financement, la qualité des services hospitaliers, l’optimisation des cliniques, les transferts de compétences, la mutualisation du parcours de soins, ainsi qu’une communication poignante sur les tiers payants et les assurances santé.
Les échanges ont bénéficié de l’expertise de professionnels et universitaires de renom, dont le professeur Rith Pascal Adjoua, venu de Côte d’Ivoire, qui a contribué à les rendre encore plus enrichissants.
Les 5èmes Journées Nationales des Cliniques Privées s’achèvent aujourd’hui, avec de nouvelles communications à venir et une soirée de gala qui viendra couronner ces journées riches en débats et en perspectives. Cette édition confirme la volonté commune des acteurs privés de santé au Bénin d’œuvrer à un secteur structuré, performant et respectueux des normes, au bénéfice des populations.
Mahugnon Josué TCHAGNONSI
Afrika Vuka Day 2025 : REC Bénin mobilise pour la souveraineté énergétique
À l’occasion de la campagne Afrika Vuka Day, le Renewable Energy Coalition (REC Bénin) a tenu dans l’après-midi du 14 mai 2025 une conférence de presse à la salle American Corner l’Université d’Abomey-Calavi. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique continentale visant à promouvoir une transition énergétique juste, citoyenne et résolument tournée vers les énergies renouvelables. L’événement a rassemblé journalistes, acteurs de la société civile et jeunes militants climatiques autour d’une conviction commune : l’Afrique doit reprendre le contrôle de son avenir énergétique.
Cérémonie d’ouverture
Dans son intervention introductive, le Coordonnateur de REC Bénin, Tabaraka Bio Bangana, a rappelé le sens profond d’Afrika Vuka Day : porter haut la voix des peuples africains en faveur d’un modèle de développement libéré des énergies fossiles et ancré dans les réalités locales. Il a présenté l’édition 2025 comme une étape stratégique de mobilisation dans la perspective de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque 25 mai.
Prévue cette année à la Porte du Non-Retour à Ouidah, la célébration mettra en lumière la résilience des peuples africains face aux liens historiques, mais aussi leur volonté de se réapproprier les leviers de leur développement, notamment sur le plan énergétique. « À travers des activités créatives et culturelles, nous voulons démontrer que notre indépendance passe aussi par l’énergie que nous consommons et contrôlons », a-t-il précisé.
Le Coordonnateur a par ailleurs relayé les messages clés de la campagne : l’échec des énergies fossiles à garantir un avenir durable, la nécessité d’investir dans le potentiel immense des énergies renouvelables en Afrique, et l’urgence de soutenir les initiatives portées par les communautés elles-mêmes. Le ton est donné : « Une transition juste doit mettre les populations au centre – pas le profit ».
Atelier en cours
Une jeunesse formée et prête à agir
Christian Hounkannou, Coordonnateur de 350.org pour l’Afrique francophone, est revenu sur la formation internationale Renew Our Energy, tenue en avril dernier au Brésil. Cette rencontre a réuni près de 350 jeunes activistes venus de différents pays africains. L’objectif était d’outiller une nouvelle génération de leaders climatiques pour mieux défendre les droits énergétiques des communautés à la prochaine Conférence des Parties (COP 30), également prévue à Belém au Brésil en novembre 2025.
Les échanges ont porté sur les modèles d’adaptation et d’atténuation des effets climatiques, notamment l’agroforesterie, la cuisson propre ou encore l’énergie solaire. L’une des thématiques majeures abordées fut la souveraineté énergétique. « Qui contrôle notre énergie aujourd’hui ? Certainement pas nos communautés. Si nous n’arrivons pas à contrôler notre énergie, cela veut dire que nous ne sommes pas indépendants », a-t-il martelé, appelant à un renversement des modèles de gouvernance énergétique.
Loin d’une approche technocratique, les discussions ont mis en évidence les défis éducationnels, politiques et financiers qui freinent l’essor des énergies renouvelables sur le continent. Le manque d’éducation des populations sur les enjeux énergétiques, l’absence de volonté politique dans certains États, ainsi que les difficultés d’accès aux financements ont été identifiés comme des freins majeurs. Pour y remédier, le plaidoyer citoyen et la construction d’alliances stratégiques avec des partenaires crédibles sont jugés indispensables.
Médias, réseaux et société civile en action
Au-delà de la mobilisation des jeunes, la conférence de presse a également permis de présenter des acteurs et réseaux clés œuvrant à la promotion de la justice climatique en Afrique. Michael Tchokpodo, Coordonnateur du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), a retracé l’historique de son organisation, née en 2020 sur les cendres du REMASTP (Réseau des Médias pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme).
Le REMAPSEN a choisi d’élargir son champ d’action pour répondre de manière plus globale aux défis de santé et d’environnement. Aujourd’hui composé de plus d’une trentaine de journalistes issus de divers supports (radio, télévision, presse en ligne, réseaux sociaux), le réseau intervient dans plusieurs pays africains avec l’ambition de renforcer les capacités médiatiques sur les questions climatiques et énergétiques. « L’information est un levier de transformation. Nous devons amplifier les voix qui proposent des solutions locales crédibles », a déclaré M. Tchokpodo.
Présent à cette rencontre, Carin Atonde, Directeur Exécutif de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Bénin) et Coordonnateur du Réseau des Organisations pour le Développement des Énergies Renouvelables (RODER), a témoigné du rôle que jouent les organisations de la société civile dans la promotion des énergies propres. Pour lui, l’engagement de JVE Bénin aux côtés de REC Bénin pour cette édition de la Journée Africaine explique une convergence naturelle des luttes.
Photo de famille
Une dynamique panafricaine en marche
À travers toutes les interventions, un message fort s’est dégagé : l’Afrique n’a pas vocation à reproduire les erreurs des pays industrialisés. Elle peut et doit emprunter une voie propre, durable et équitable en matière d’énergie. Pour cela, la construction d’une souveraineté énergétique passe par la mobilisation des communautés, l’implication des jeunes, la sensibilisation des médias, et la coopération entre organisations locales et internationales.
Mahugnon Josué TCHAGNONSI
Ibila Djibril : Un expert chevronné à la tête de la Direction Générale de l’Environnement et du Climat du Bénin
Le Bénin vient de se doter d’un nouveau Directeur Général de l’Environnement et du Climat (DGEC) : Ibila Djibril, une figure bien connue du monde de l’environnement, à la fois sur le plan national et international.
Ibila Djibril est reconnu pour sa rigueur, son affabilité et son engagement constant en faveur des causes environnementales. Originaire de Gogounou, dans le département de l’Alibori au nord du Bénin, il a gravi, au fil des années, tous les échelons de l’administration environnementale béninoise grâce à un parcours marqué par la compétence et la détermination.
Un solide parcours académique et professionnel
Titulaire d’un Diplôme d’Études Professionnelles Approfondies (DEPA) en Gestion de l’Environnement obtenu à l’Université d’Abomey-Calavi, il détient également un DESS en Droit des Affaires ainsi qu’un Master 2 en Droit des Sociétés et Fiscalité de l’Université Nationale du Bénin. À cela s’ajoute une formation à l’Université Senghor d’Alexandrie en gestion de l’environnement, renforçant ainsi son profil multidisciplinaire entre droit, fiscalité et développement durable.
Professionnel de l’environnement depuis plus de deux décennies, Ibila Djibril a occupé des postes de haute responsabilité :
Directeur de la Prévention des Pollutions et de la Gestion des Risques Environnementaux (2008-2012) ;
Conseiller Technique à l’Environnement et à la Protection de la Nature au Ministère de l’Environnement (2012-2014) ;
Coordonnateur de projet de renforcement des capacités environnementales au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable.
Une carrière internationale et des négociations déterminantes
Sur le plan international, Ibila Djibril est une figure incontournable des négociations climatiques. Point Focal National du Bénin auprès de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 2006 à 2022, il a participé activement aux discussions majeures sur le régime climatique post-2012, sur le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP), ainsi que sur les mécanismes de financement de l’adaptation et de l’atténuation.
Présent lors de la Conférence de Copenhague, il n’a pas hésité à défendre vigoureusement les intérêts africains, dénonçant notamment des arrangements sur le marché du carbone jugés défavorables aux pays en développement.
Membre du Groupe d’experts des pays les moins avancés (LEG) depuis 2007, dont il a été vice-président, Ibila Djibril a également présidé le Conseil d’Administration du Fonds Mondial pour le Changement Climatique.
Une vision pour l’avenir
Aujourd’hui, à la tête de la DGEC, Ibila Djibril entend mettre son expérience technique, son réseau international et sa vision stratégique au service d’une action climatique plus forte et d’une gouvernance environnementale plus ambitieuse au Bénin. Sa nomination est perçue comme un signal positif pour les acteurs de la société civile, du secteur privé et des partenaires internationaux engagés dans la transition écologique du pays.
Megan Valère SOSSOU
Intox : Le rectangle de couleur sur le tube de dentifrice n’indique pas sa composition
Une vieille intox ressurgit sur les réseaux sociaux : selon une publication virale, la couleur du petit rectangle au bas des tubes de dentifrice révélerait la nature de leur composition. Rouge, noir, bleu ou vert : ces couleurs seraient censées indiquer si le dentifrice est « naturel », « chimique », ou contient des « médicaments ». Cette affirmation est fausse.
Capture d’écran
La publication en question montre trois tubes de dentifrice marqués de rectangles de différentes couleurs (rouge, noir, bleu), accompagnés d’un message affirmant que le vert signifie « 100 % naturel », le bleu, « naturel avec des composants médicinaux », le rouge, « naturel et chimique » et le noir, « entièrement chimique ».
Une rumeur persistante, mais infondée
Non seulement cette interprétation est scientifiquement erronée, mais elle repose sur une totale méconnaissance du processus de fabrication des emballages.
Ces rectangles, appelés repères de découpe ou marques de repérage, n’ont aucun lien avec la composition du produit. Ils servent uniquement aux machines d’emballage dans les usines. Ces repères visuels permettent aux capteurs de détecter avec précision où découper, remplir ou sceller le tube pendant le processus de fabrication.
À quoi servent réellement ces rectangles ?
Le choix de la couleur varie selon les besoins de contraste pour la détection optique, et non en fonction du contenu du tube. Une vidéo explicative (en anglais) réalisée par une entreprise spécialisée en machines d’emballage permet de mieux comprendre ce fonctionnement : voir la vidéo.
Ces marques sont présentes sur de nombreux autres produits, des emballages de cosmétiques aux sachets alimentaires, et leur usage est purement technique.
L’idée qu’un dentifrice est « naturel », « chimique », ou « médicamenteux » sur la seule base d’une bande colorée est donc infondée. En réalité, la composition exacte du dentifrice est inscrite sur son emballage, dans la liste des ingrédients, comme l’exige la réglementation.
La plupart des dentifrices contiennent du fluorure, une substance qui renforce l’émail dentaire et réduit les risques de caries. Bien qu’il s’agisse d’un composé chimique, le fluorure est naturellement présent dans l’eau, l’air et le sol. Certains dentifrices dits « naturels » choisissent de ne pas en contenir, mais cela reste un choix de formulation indiqué sur l’étiquette – pas par un code couleur invisible au consommateur.
En résumé, il faut retenir que les rectangles colorés au bas des tubes de dentifrice ne révèlent en rien leur composition. Ils sont des repères techniques destinés aux machines de production. Pour connaître les ingrédients d’un dentifrice, fiez-vous à l’étiquette, pas aux rumeurs sur Internet.
Megan Valère SOSSOU
AQSAEP Project: A charter of best practices to guide agroecology in Benin
As part of the implementation of the Quality Assurance and Financial Management of Smallholder Agroecology Systems from Farm to Fork (AQSAEP) Project, Les Jardins de l’Espoir organized a workshop in Ouidah to present the diagnostic study and validate the AQSAEP charter.
Funded by the Global Greengrants Fund (GGF) on the recommendation of the Agroecology Fund (AEF), this project aims to ensure a healthy and sustainable production and consumption system for both consumers and producers.
The workshop brought together several agroecology stakeholders, including female farmers from the communes of the Atlantique department. According to Noël Obognon, Executive Director of Les Jardins de l’Espoir, market access and product quality remain major challenges for agroecological producers. For this reason, diagnostic studies were conducted to map agroecological actors and identify existing practices.
Validationworkshop
Building on these efforts, the workshop also introduced the charter of agroecological practices, designed to guide farmers towards sustainable methods. “As part of this Quality Assurance and Financial Management project, we have trained 100 women, mostly vulnerable young mothers, but we believe this is not enough. We have observed that women are determined to follow agroecological technical routes,” he explained.
A techno-economic framework to structure the sector
One of the key outcomes of the project is the development of a techno-economic reference study for the agroecological development of a plot over one year. This document, presented during the workshop, outlines the technical and economic measures necessary for the successful operation of an agroecological farm. According to Moukaila Bagui Bouraima, consultant for the study and agronomist specializing in agroecology and crop protection, “This reference document is unique and innovative as it will serve as a guide for farmers to develop and enhance their crops.”
Presentation of techno-economicreference study
This viewpoint is shared by Pierre Bédié, President of the Benin Agroecology Federation (FAEB), who emphasized the importance of documenting the realities on the ground. He highlighted the need for continued support for stakeholders and called for government backing of the agroecology movement.
For his part, Charles Nfotta, from the NGO Culture, Education, and Research for Development in Benin, believes that the agroecological practices charter developed under this project represents a significant step forward. “It will help regulate the sector and better identify true agroecology practitioners,” he explained.
Germain Dossou, agroecology expert and Coordinator of the National Association of Women Farmers of Benin, praised the work done by Les Jardins de l’Espoir. “The presented results demonstrate that remarkable work has been accomplished. Contributions from various stakeholders will help refine and improve them,” he stated. He also suggested extending the initiative to other communes in Benin and beyond, urging all actors to implement the proposed agroecological measures to contribute to Benin’s food security.
A key to recognizing agroecological efforts
Recognition of the efforts made by producers also depends on the certification of agroecological products, a crucial issue according to Bertrand Yehouenou, President of AMARRE Benin and member of the National Agroecology Consultation Framework for Global Convergence. “This project addresses the challenge of identifying agroecology actors and their practices. In the context of climate change, farmers must return to traditional practices, which are essentially agroecological methods. These practices are resilient to climate change, and certifying the products derived from them will ensure their competitiveness in the market,” he emphasized.
Women farmers at the forefront of change
Project beneficiaries also shared their experiences. Gisèle Gnanssounougué, a farmer from Tori, expressed her satisfaction: “Since Les Jardins de l’Espoir has been supporting us, our practices have improved. They have provided us with equipment and tools. Our main challenge remains access to water, but we are committed to sustaining the knowledge gained within our cooperatives.”
Similarly, Kantchemè Claudine, a beneficiary from Ouidah, noted: “We now grow vegetables without chemical inputs. Our products are healthier, help preserve consumer health, and increase our income—all thanks to the Les Jardins de l’Espoir project.”
For Houeze Pauline from So Ava, agroecological practices have proven beneficial. “My crops grow naturally, and I have observed increased productivity. Our consumers now trust our products and understand that agroecological products are safe,” she affirmed.
Faced with these encouraging results, Hubert Dognon Tchoukpéni, former Director of the Department of Agriculture, Livestock, and Fisheries, commended the initiative of Les Jardins de l’Espoir and urged the government to further support the production and accessibility of organic fertilizers.
A field visit to assess project progress
fieldvisit
The workshop concluded with a field visit led by a team of agronomic experts to the project’s model farms. The tour, which started in Ouidah and continued through Tori, Allada, and So-Ava, before ending in Godomey Togoudo, provided an opportunity to assess the concrete impact of the project on agricultural operations. Visitors witnessed firsthand the compost made on-site using cow dung and goat digestive waste, among other agroecological techniques, leaving them deeply impressed by the remarkable work accomplished.
This visit, marking the final stage of the AQSAEP project activities, also paves the way for a better structuring of the agroecology sector in Benin. Thanks to the efforts of Les Jardins de l’Espoir and its partners, a sustainable dynamic is emerging to promote environmentally friendly and economically viable agriculture, particularly for women producers.
It is worth recalling that several workshops were held in preparation for the validation of this charter, which will serve as a guiding framework for farmers in Benin’s agroecology sector.