Projet CASCADE: l’ASCINB remobilise les médias à plaider pour l’intensification de la nutrition au Bénin

L\’Alliance de la Société Civile pour l\’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB), dans le cadre de la mise en œuvre du Projet CASCADE initié par Care International Benin Togo et Gain, poursuit son engagement en faveur de l\’amélioration de la nutrition avec la deuxième édition de la Campagne Nationale de Plaidoyer pour l\’Intensification de la Nutrition (CaNPIN) au Bénin. Un événement pour lequel les médias sont à nouveau mobilisés.

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Vue d\’ensemble des participants

Après le succès de la première édition de la Campagne Nationale de Plaidoyer pour l\’Intensification de la Nutrition (CaNPIN) en 2023, l\’ASCINB invite à participer à la 2e édition qui aura lieu du 3 septembre au 31 octobre 2024 dans vingt (20) communes du Bénin.

Pour y arriver et convaincue du rôle des médias, elle a lancé, ce lundi 19 août 2024 à Ouidah, un nouvel atelier visant à renforcer la mobilisation sociale, le plaidoyer et le lobbying pour une meilleure alimentation et nutrition au Bénin.

Cet atelier de formation qui se déroule sur trois jours, réunit près d’une cinquantaine de journalistes membres de la Fédération des Radios Communautaires et Assimilés du Bénin (FeRCAB), du Réseau des Acteurs des Médias pour l\’Eau, l\’Environnement et le Climat (RAMEC), ainsi que de l\’Union des Professionnels des Médias au Bénin (UPMB).

L’initiative vise, selon Dr Aurélien ATIDEGLA, Président de l\’ASCINB, à attirer l\’attention des autorités et de l\’opinion publique sur les défis liés à la nutrition particulierement dans les zones rurales du Bénin, au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes en âge de procréer.

Au cours de cette formation, les participants ont revisité les notions essentielles liées à la communication, au plaidoyer et au lobbying, en clarifiant les différences entre ces techniques. Ils ont également exploré diverses stratégies de mobilisation, telles que les campagnes de plaidoyer, les foires et les caravanes itinérants.

Cet atelier s\’achèvera le mercredi avec l\’engagement des acteurs des médias présents à intensifier leurs efforts pour promouvoir un plaidoyer actif contre la malnutrition au Bénin.

Il convient de rappeler que l\’année dernière, la Campagne Nationale de Plaidoyer pour l\’Intensification de la Nutrition (CaNPIN) a été lancée le 15 octobre 2023, au cours de la Journée internationale de la femme rurale, suivie d’une manifestation à Savalou, le lendemain en marge de la Journée Mondiale de l\’Alimentation. Cette campagne avait réussi à mobiliser d’importants acteurs pour le renforcement des actions en faveur de la nutrition au Bénin.

Megan Valère SOSSOU




Afrique Subsaharienne: Voici les Tops et Flops en personnel de santé en 2023

En 2023, seuls 9 des 44 pays d\’Afrique subsaharienne atteignent le seuil de densité de 4,45 professionnels de la santé pour 1 000 habitants, fixé par l\’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour garantir la couverture sanitaire universelle. Ce chiffre inclut principalement les médecins généralistes et spécialistes, tels que les cancérologues, gynécologues, et orthodontistes. En revanche, 18 pays de la région affichent une densité inférieure à un médecin pour 1 000 habitants, faisant de l\’Afrique le continent le moins doté en personnel de santé, selon une étude publiée au premier trimestre 2024 par le magazine économique américain CEO World.

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La pénurie aiguë de professionnels de la santé en Afrique s\’explique par plusieurs facteurs. CEO World cite l\’insuffisance des capacités de formation, une croissance démographique rapide, une gouvernance déficiente du personnel de santé, et des changements de carrière. Cependant, la migration reste le facteur principal de cette crise.

La fuite des cerveaux : un défi majeur

De plus en plus de médecins africains, en quête de meilleurs salaires et conditions de travail, choisissent d\’émigrer vers des pays développés où la demande en personnel de santé est également élevée. Selon les analystes de CEO World, cette migration contribue à déstabiliser les systèmes de santé déjà fragiles des pays africains. Les États-Unis et le Canada figurent parmi les principales destinations de ces professionnels de santé.

L\’OMS prévoit qu\’il manquera 6,1 millions de professionnels de la santé en Afrique d\’ici 2030, une augmentation de 45 % par rapport aux dernières estimations de 2013. Cette pénurie, combinée à une répartition inégale du personnel de santé, accentue les disparités. Par exemple, la Somalie affiche le ratio le plus bas avec seulement 0,2 travailleur de la santé pour 1 000 habitants, tandis que Maurice, avec 26,6 pour 1 000 habitants, se positionne en tête du continent grâce à un système de santé solide et des soins gratuits dans les hôpitaux publics. Les Seychelles, l\’Angola, l\’Afrique du Sud, et le Cap Vert complètent le top 5 des pays subsahariens les mieux dotés en personnel de santé.

Zone Franc : le paradoxe sanitaire

Le tableau est particulièrement sombre pour les 14 pays de la Zone Franc. À l\’exception du Gabon, qui dépasse le seuil de l\’OMS avec 5,9 médecins pour 1 000 habitants, la plupart de ces pays sont confrontés à des pénuries sévères. Le Gabon, avec une population de 2,4 millions d\’habitants et un PIB de 20,5 milliards USD en 2023, figure parmi les mieux lotis, bien que le nombre de dentistes et de pharmaciens y reste extrêmement faible. La Guinée Équatoriale, avec 3,5 médecins pour 1 000 habitants, et la Guinée-Bissau, avec 2,2, suivent dans ce classement. En revanche, des pays comme le Niger, le Tchad, le Bénin et le Togo occupent le bas du tableau avec seulement 0,6 médecin pour 1 000 habitants.

Au niveau mondial, Cuba continue de dominer avec 84,3 médecins pour 1 000 habitants. La Belgique est classée cinquième, la Russie 35e, les États-Unis 41e, la France 46e, et la Chine 74e, soulignant les écarts considérables entre les pays en termes de disponibilité du personnel de santé.

Megan Valère SOSSOU




Énergie propre pour tous : Le Projet Africa MiniGrid officiellement lancé au Bénin

Le Bénin se positionne résolument sur la voie de l’émancipation énergétique avec le lancement officiel du Projet-Bénin, dans le cadre du Programme Minigrid en Afrique. Ce lundi 12 août, les autorités béninoises, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ont marqué le coup d’envoi de cette initiative ambitieuse lors d’une cérémonie à Niaouli, dans la commune d’Allada.

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Le Programme de Mini Réseaux en Afrique, au cœur de ce projet, vise à transformer le paysage énergétique béninois en renforçant la viabilité des mini-réseaux alimentés par des sources renouvelables. L’objectif : augmenter l’accès à une énergie propre et abordable pour les populations, tout en stimulant les investissements grâce à des modèles commerciaux novateurs et des coûts réduits.

Ce projet, qui promet un avenir meilleur, prévoit l’installation de 0,4 MW de capacité photovoltaïque et 0,9 MWh de stockage sur batterie. Un impact majeur est attendu sur le plan environnemental, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre estimée à 9 000 tonnes métriques de CO2 équivalent directement, et à 180 000 tonnes métriques de CO2 équivalent de manière indirecte.

L’impact social du projet est tout aussi prometteur. Près de 12 000 Béninois, dont la moitié de femmes, bénéficieront directement des 2 400 nouveaux raccordements de mini-réseaux. À travers ce déploiement, le gouvernement béninois, soutenu par ses partenaires techniques et financiers, entend faire de l’accès universel à l’énergie une réalité.

Lors de la cérémonie, Joseph Cakpo, maire d’Allada, a souligné l’importance de ce projet pour un développement harmonieux des régions du Bénin. Il a salué l’engagement des autorités locales et nationales ainsi que la détermination du ministre de l’Énergie, Samou Adambi, à faire de l’accès à l’énergie un droit pour tous.

Jean-Claude Codjia, préfet de l’Atlantique, a quant à lui exprimé sa profonde gratitude envers le Chef de l’État et le gouvernement pour leur engagement à fournir de l’énergie électrique aux localités les plus reculées. Il a exhorté les populations à s’impliquer activement dans toutes les étapes de ce projet transformateur.

Titus Osundina, représentant résident du PNUD au Bénin, a réitéré l’engagement de son organisation à soutenir le gouvernement béninois dans sa transition énergétique. Il a salué les efforts continus du Bénin pour atteindre les Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 7, qui vise l’accès universel à une énergie propre et abordable.

Pour sa part, le ministre de l’Énergie, Samou Adambi, a exprimé sa reconnaissance envers les partenaires, particulièrement le PNUD et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), pour leur soutien indéfectible. Il a assuré que le gouvernement reste fermement engagé à réaliser les ambitions portées par ce projet.

Le lancement du Projet-Bénin du Programme Minigrid en Afrique témoigne de l’engagement des autorités béninoises à faire de l’énergie un levier de développement et de bien-être pour toutes les couches sociales.

Megan Valère SOSSOU




Semaine mondiale de l\’allaitement maternel : Un engagement renouvelé pour soutenir les Mères

Avec le soutien de l\’OMS, de l\’UNICEF, et de nombreux ministères de la Santé et partenaires de la société civile, la Semaine mondiale de l\’allaitement maternel a lieu chaque année durant la première semaine d\’août. Cette initiative vise à promouvoir l\’allaitement maternel comme l\’un des moyens les plus efficaces de garantir la santé et la survie des enfants. Cependant, moins de la moitié des nourrissons de moins de six mois sont actuellement exclusivement allaités au sein.

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Chaque année, un thème différent est choisi pour encourager des environnements favorables qui aident les femmes à allaiter. Le thème de 2024, « Combler l’écart : soutien à l’allaitement maternel pour toutes », met l\’accent sur le soutien nécessaire à toutes les mères, quel que soit leur parcours d\’allaitement, en soulignant le rôle des familles, des communautés, et des agents de santé.

Cette année la campagne célèbre la diversité des mères qui allaitent et souligne les soutiens communautaires et professionnels disponibles pour elles. Simon Nanama, Conseiller Régional pour la Nutrition Infantile au Bureau Régional de l\’UNICEF pour l\’Afrique Centrale et de l\’Ouest, s\’est exprimé au Réseau des Médias Africains pour la Promotion et la Médium de la Santé (REMAPSEN) le mardi 30 Juillet 2024. Il a rappelé que « le lait maternel continue d\’être l\’aliment approprié au développement des bébés et des enfants de la naissance à six mois », soulignant la nécessité d\’une bonne nutrition dès le début de la vie pour la santé et le développement.

Cependant, des obstacles subsistent, notamment l\’usage du lait artificiel qui compromet la santé des enfants et les expose à diverses maladies. Les faibles taux d\’allaitement maternel en Afrique centrale et occidentale sont souvent dus à la disponibilité des substituts de lait maternel sur le marché et à l\’absence de lois restrictives. Nanama a évoqué la nécessité pour les pays de développer des programmes de nutrition pour les enfants de moins de cinq ans et d\’interdire les substituts du lait, citant le Ghana comme un exemple à suivre.

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Simon Nanama, Conseiller Régional pour la Nutrition Infantile au Bureau Régional de l\’UNICEF pour l\’Afrique Centrale et de l\’Ouest

Il a également mentionné le manque de soutien postnatal pour les mères après leur sortie de l\’hôpital : « Quand la mère rentre à la maison, il n’y a personne pour l’accompagner pour donner du lait à l’enfant. Tous ces facteurs se combinent pour provoquer un mauvais allaitement. » Pour améliorer les taux d\’allaitement, il a souligné l\’importance de surmonter les obstacles actuels et de mettre en œuvre les stratégies de l\’UNICEF. « Si ces barrières sont surmontées, si les stratégies lancées par l\’UNICEF sont mises en œuvre, nous atteindrons 70 %, ce qui est le pourcentage acceptable. »

Enfin, Nanama a mis en garde contre les informations trompeuses sur les réseaux sociaux concernant l\’allaitement maternel. L\’éducation et la sensibilisation, combinées à des politiques rigoureuses, sont essentielles pour promouvoir l\’allaitement maternel et assurer une nutrition optimale pour les enfants.

Rappelons qu\’en 2018, une résolution de l\’Assemblée mondiale de la Santé a reconnu la Semaine mondiale de l\’allaitement maternel comme une stratégie essentielle de promotion de la santé.

Megan Valère SOSSOU




Variole du singe : L\’OMS pourrait déclencher l\’alerte maximale de santé et convoquer un comité d\’urgence

Le Directeur Général de l\’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé, ce dimanche 4 août, qu\’il envisage de convoquer un comité d\’experts pour déterminer s\’il faut déclarer l\’épidémie de mpox, également connue sous le nom de \ »variole du singe\ », comme une urgence de santé publique de portée internationale. Cette épidémie sévit actuellement dans plusieurs pays africains.

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Cas de variole de singe

Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné que l\’OMS, en collaboration avec les centres africains de contrôle et de prévention des maladies, intensifie ses efforts pour freiner la transmission du virus. \ »Mais il est nécessaire d\’obtenir davantage de financements et de soutien pour une réponse globale\ », a-t-il déclaré sur le réseau social X. Il a ajouté : \ »J\’envisage de convoquer un comité d\’urgence sur les régulations sanitaires internationales pour me conseiller sur la nécessité de déclarer l\’épidémie de mpox comme une urgence de santé publique de portée internationale.\ »

Cette déclaration représente la plus haute alerte que l\’OMS peut émettre, et elle est lancée par le chef de l\’OMS sur les conseils du comité.

Une nouvelle menace pour la santé mondiale

Le 11 juillet, l\’OMS a mis en garde contre la menace mondiale que représente le mpox, exprimant son inquiétude face à une flambée épidémique d\’une nouvelle souche plus virulente du virus en République démocratique du Congo (RDC). Depuis, plusieurs pays africains, dont le Burundi, la Côte d\’Ivoire, le Kenya, le Rwanda et l\’Ouganda, ont signalé des cas de mpox. La RDC, quant à elle, a rapporté plus de 11 000 cas, dont 450 décès.

La variole du singe a été identifiée chez l\’homme pour la première fois en 1970, en République démocratique du Congo. En mai 2022, le virus a commencé à se propager à l\’échelle mondiale, touchant principalement les hommes homosexuels et bisexuels. Cette épidémie mondiale a conduit l\’OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale en juillet 2022, une alerte qui a été levée en mai 2023.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors de son intervention au siège de la Banque mondiale à Washington (États-Unis) le 18 avril 2024, a réaffirmé l\’engagement de l\’OMS à lutter contre cette épidémie et à mobiliser les ressources nécessaires pour protéger les populations à risque.

Le monde attend maintenant de voir si l\’OMS déclarera une nouvelle urgence internationale pour la variole du singe, une décision qui pourrait catalyser une réponse mondiale plus coordonnée et intensifiée contre ce virus préoccupant.

Megan Valère SOSSOU




Université d’Abomey-Calavi : Sandra ZANNOU décroche son Doctorat en Socio-Anthropologie de la Santé

Le Mardi 30 juillet 2024, la salle de conférence Michel BOKO de l’École Doctorale Pluridisciplinaire « Espaces, Cultures et Développement » de l’Université d’Abomey-Calavi a servi de cadre à un moment mémorable. Madame Sandra Zannou y a brillamment soutenu sa thèse, intitulée « Trajectoires de soins et vécu des malades du cancer du sein : une analyse socio-anthropologique à partir des cas observés au CNHU-HKM de Cotonou ». La recherche de Madame Sandra Zannou, avait pour objectif d’analyser les facteurs qui influencent les trajectoires de soins des patientes atteintes du cancer du sein à Cotonou.

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Sandra Zannou

En effet, le cancer du sein est une maladie de plus en plus répandue en Afrique, avec des taux de mortalité élevés en raison du diagnostic tardif et des difficultés d\’accès aux soins. Entre 2010 et 2018, le cancer du sein représentait 32,5 % des cancers les plus fréquents chez les femmes au Bénin.

Dans sa thèse, elle s’est intéressée aux difficultés récurrentes liées à la prise en charge des patientes atteintes du cancer du sein et a cherché à comprendre comment les environnements socio-économiques et les représentations sociales influencent ces difficultés. Sa recherche est qualitative, basée sur des entretiens libres et semi-structurés avec 72 participants, incluant des patientes, des membres de leur entourage, des agents de santé et d\’autres acteurs concernés.

L’impétrante a mis en lumière les nombreuses difficultés rencontrées par les patientes, notamment les perceptions de la maladie comme « héréditaire », « des riches », « incurable », « de la civilisation », « des religieux », « spirituelle » et « à stigmate ». Elle a également souligné l\’importance des soins populaires, biomédicaux, endogènes, alternatifs et religieux, en raison de la faiblesse technique et du coût élevé des traitements spécialisés.

Le diagnostic, le suivi et l\’accompagnement des patientes laissent souvent à désirer, en raison de l\’absence d’accompagnement institutionnel et de la gestion inadéquate des effets secondaires. Mme Zannou a souligné la forte mobilité thérapeutique due au déficit de spécialistes et de technologies comme l\’immunohistochimie et la radiothérapie, ainsi qu’à l\’inaccessibilité financière et géographique des traitements au CNHU/HKM.

Face à ces défis, elle propose des solutions telles que la sensibilisation dans les communautés où les femmes sont majoritairement présentes, la création d\’un centre spécialisé multidimensionnel et la mise en place d\’un système d’assurance maladie pour améliorer l’accès aux soins.

Madame Sandra Zannou a montré l’importance de comprendre et d’intégrer les représentations sociales des patientes dans la prise en charge du cancer du sein. Elle appelle à une amélioration des infrastructures de santé et des politiques publiques pour une prise en charge plus efficace et humaine des patientes.

Ces résultats ont été présentés devant un jury prestigieux, composé de : Président : Monsieur Adolphe KPATCHAVI, Professeur titulaire à l’Université d’Abomey-Calavi, des examinateurs Monsieur Tossou ATCHRIMI, Professeur titulaire à l’Université de Togo, Monsieur Arnaud Kévin DAYORO, Professeur titulaire à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire, Monsieur N’Koué Emmanuel SAMBIENI, Maître de conférences à l’Université d’Abomey-Calavi, et Abou-Bakari IMOROU, Professeur titulaire à l’Université d’Abomey-Calavi.

L’impétrante a reçu la mention très honorable avec les félicitations du jury, devant un public composé de parents, d’amis et de collègues du laboratoire de recherches socio-anthropologiques sur les systèmes organisés et les mobilités, ainsi que de l’ancien vice-recteur de l’UAC, Marcel Zannou, Professeur agrégé à la retraite et actuellment Président du Comité National de la Médecine hospitalière.

Ce travail de recherche constitue une avancée significative dans la compréhension des trajectoires de soins des patientes atteintes de cancer du sein au Bénin et offre des perspectives nouvelles pour améliorer la prise en charge et réduire les pertes de vies précoces. Il intervient dans un contexte où le Bénin se prépare à accueillir un établissement de santé de renommée internationale. Les résultats des travaux vont servir au Centre hospitalier international de Calavi, encore appelé le CHIC, qui est un établissement hospitalier public de santé pluridisciplinaire de référence internationale situé dans la commune d\’Abomey-Calavi au Bénin.

Megan Valère SOSSOU




Jour du dépassement : à compter de ce jeudi, la Terre vit à crédit

Ce jeudi 1er août 2024 marque un triste jalon pour notre planète : le Jour du dépassement. En seulement sept mois, l\’humanité a épuisé toutes les ressources que la Terre est capable de régénérer en un an, souligne le Global Footprint Network, qui calcule cet indice annuel. Ce jour arrive cette année 15 heures plus tôt que l\’an passé, et est identique à celui de 2022.

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Depuis 2018, à l\’exception de l\’année 2020 où les confinements dus à la pandémie de Covid-19 avaient repoussé cette date au 16 août, le Jour du dépassement est resté relativement stable. En 2020, les arrêts économiques mondiaux avaient permis de retarder cette date fatidique, illustrant l\’impact de notre consommation excessive sur les ressources naturelles de la planète.

Pourtant, malgré ces fluctuations, le constat reste alarmant. En sept mois, l\’humanité a consommé autant de ressources naturelles que les écosystèmes peuvent en renouveler en une année entière. Il nous faudrait 1,75 Terre pour satisfaire notre appétit insatiable, selon les calculs du Global Footprint Network.

\ »La persistance du dépassement, depuis un demi-siècle, a entraîné une diminution de la biodiversité, un excès de gaz à effet de serre dans l\’atmosphère et une concurrence accrue pour la nourriture et l\’énergie\ », explique David Lin, directeur scientifique du Global Footprint Network, dans un communiqué. Les effets de cette surconsommation sont de plus en plus visibles : vagues de chaleur inhabituelles, feux de forêt, sécheresses et inondations.

Depuis 2011, la date du Jour du dépassement oscille entre le 1er et le 6 août, reflétant une relative stabilité. Toutefois, le Global Footprint Network met en garde : l\’humanité est en train de perdre la course pour atteindre les objectifs internationaux de protection de la planète, tels que la conservation de 30% de la biosphère mondiale d\’ici 2030 et la réduction des émissions de carbone de 45% par rapport à 2010.

\ »La réduction des émissions de carbone nécessiterait à elle seule de déplacer le Jour du dépassement de 22 jours par an au cours des six prochaines années\ », précise l\’ONG. Depuis 1970, cette date a avancé de cinq mois, soulignant l\’urgence de prendre des mesures concrètes pour inverser cette tendance.

Le Jour du dépassement est un rappel brutal de notre impact sur la Terre. Chaque jour gagné dans cette course contre la montre est crucial pour assurer un avenir durable à notre planète et aux générations futures.

Megan Valère SOSSOU




De la terre à l\’assiette : Le Bénin défend ses semences paysannes

Une diversité de voix s\’est levée ce vendredi 26 juillet 2024, au siège du CEVASTE, pour discuter de l\’avenir agroécologique du Bénin. L\’événement, rassemblant pasteurs, musulmans, chefs coutumiers, acteurs agricoles, avait pour objectif d\’influencer les politiques en matière de souveraineté alimentaire, de résilience communautaire et de régénération de la diversité bioculturelle en Afrique.

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Photo d\’ensemble

L\’importance de la rencontre est de permettre aux organisations de s\’exprimer sur la situation du Bénin en matière d\’importation de semences et d\’engrais chimiques, ainsi que sur la décision gouvernementale de créer une entreprise nationale des semences, explique Daniel Jean Edwens, chargé de projet au CEVASTE.

Pour Dah Atawé Akoyi Oussou Lio, Président de GRABE Bénin ONG et membre de l\’ABN, les semences constituent la santé de l’Homme, son histoire, sa culture et sa suivie. Il n’a pas manqué de mettre en lumière l\’importance de la souveraineté alimentaire liée aux semences. Il a évoqué les questions de santé, le transfert de connaissances et les rituels traditionnels entourant les semences. Dah Akowé a également alerté sur les dangers des semences génétiquement modifiées, soulignant les richesses culturelles et historiques que chaque semence porte en elle.

Au cours de cette séance, et parlant de la récente décision du gouvernement de créer une société des semences et Plants, l’activiste pour la Nature et membre de la FAEB et du réseau Jinunkun Patrice Sagbo a exprimé la ferme position de la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB). En effet, il s’agit  d’une désapprobation catégorique. L’activiste a rappelé que les semences paysannes, bien que perçues comme non performantes par les autorités, ont nourri des générations pendant des millénaires. Selon lui, le véritable problème réside dans les pratiques actuelles entourant les semences, notamment l\’importation d\’intrants chimiques. Patrice Sagbo a plaidé pour une valorisation des semences paysannes pour renforcer le système alimentaire du Bénin.

Une réalité à laquelle s’accordent toutes les parties prenantes à cette rencontre. Fagnon Issac, pasteur et fondateur du Ministère Église Missionnaire Évangélique la Lumière des Nations, a déclaré : « Comme le Dieu tout Puissant nous recommande d’aller évangéliser pour que les âmes soient sauvées, je sensibiliserai à la suite de cette séance mes fidèles sur les pratiques et les enseignements que j’ai découverts ici au CEVASTE. »

Le chef religieux, Hounon Agbovode Mandje Agbogni, à l’Etat civile, Dossou-Yovo Aubin, a également pris l\’engagement de partager les connaissances acquises à l’endroit de ses communautés à la base afin de préserver les semences paysannes.

Il est impératif de revenir aux anciennes pratiques agricole c’est ce que préconise la jeune entrepreneure agricole, Clarisse Adansi, qui a vu ses connaissances actualisées  au cours de cette séance débat.

La rencontre a pris fin sur le plaidoyer du Père Jah qui a, souligné l\’importance de revenir aux principes de l\’agroécologie en multipliant et partageant les semences, afin d’aller de l\’autonomie à la suffisance alimentaire puis de la suffisance alimentaire à la souveraineté alimentaire.

Il a rappelé l\’ordre divin de cultiver et de préserver la fertilité de la terre, invitant chacun à bâtir une nouvelle création sans les vicissitudes des engrais chimiques, mais plutôt un pays prospère où coulent le lait et le miel, grâce à un retour aux traditions.

Cette séance d’échange et de débat marque un grand pas vers une prise de conscience collective et une action concertée des acteurs à divers niveaux pour la préservation des semences paysannes. Elle fait renaître un espoir : celui de voir la terre béninoise prospérer grâce à ses propres richesses naturelles et culturelles.

Rappelons que cette activité organisée par le Centre d’Expérimentation et de Valorisation de l’Agro écologie des Sciences et Techniques Endogènes (CEVASTE) avec la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB) est soutenue par l\’African Biodiversity Network (ABN) et Brot für die Welt. Une pensée particulière a été adressée à la Feue Mère Jah.

Megan Valère SOSSOU




RAYLF 2024: Innocent Antoine HOUEDJI honore le Bénin au Royal African Young Leadership Forum

Le Royal African Young Leadership Forum (RAYLF), qui s\’est tenu du 09 au 13 juillet 2024 à Ife, au Nigeria, a mis en lumière des jeunes leaders exceptionnels à travers le continent. Parmi eux, Innocent Antoine HOUEDJI a particulièrement brillé par son engagement et son innovation dans le secteur agricole et foncier.

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Innocent Antoine HOUEDJI

Lors de la cérémonie de clôture du 13 juillet, Sa Majesté Ooni Adeyeye Enitan Ogunwusi, Ojaja II, l\’Ooni d\’Ife, a personnellement remis un prix prestigieux à HOUEDJI, soulignant ainsi son impact significatif.

Reconnu pour son leadership et son innovation dans le secteur agricole et foncier, HOUEDJI est l\’un des 100 jeunes leaders de 40 pays africains à avoir été récompensés cette année. Ce prix prestigieux souligne son travail acharné et sa vision pour la gouvernance foncière en Afrique, ainsi que pour une agriculture durable et prospère.

Qui est Innocent Antoine HOUEDJI ?

Fondateur de l’organisation internationale « Youth Initiative for Land in Africa (YILAA) », active dans 25 pays, Innocent Antoine HOUEDJI possède une riche expérience en gouvernance foncière et en gestion des données agricoles. Ce prix confirme son engagement à provoquer des changements positifs, à influencer la société et à encourager des partenariats productifs, renforçant ainsi l\’image mondiale de l\’Afrique. En exprimant sa gratitude, HOUEDJI a déclaré : « Ce prix est une reconnaissance de nos efforts collectifs et une motivation pour aller de l\’avant. » Sa vision et son dévouement ont été largement applaudis, augurant de grandes réalisations futures pour YILAA.
Avec plus de 10 ans d\’expérience dans le secteur de la terre et de la gouvernance foncière en Afrique, Innocent Antoine HOUEDJI a su se distinguer par ses compétences en gestion, planification d\’entreprise, analyse financière, ingénierie logicielle, opérations et analyse décisionnelle. Avant de fonder YILAA en 2019, il a travaillé sur le projet d\’accès à la terre de la Millennium Challenge Corporation au Bénin et a occupé divers postes de direction, dont celui de chef de bureau de l\’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) du Bénin.
Une influence régionale et internationale
Expert reconnu, HOUEDJI est membre du groupe de travail régional de l\’Observatoire Régional du Foncier Rural en Afrique de l\’Ouest (ORFAO) de l\’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et facilite la Plateforme Multi-Acteurs sur la Gouvernance Foncière Sensible aux Jeunes en Afrique, une initiative de l\’Union Africaine en partenariat avec la Coalition Mondiale pour l\’Accès à la Terre (ILC), l\’IGAD, Landesa et YILAA. Il a également collaboré avec de nombreuses institutions internationales, dont la Coalition internationale pour l\’accès à la terre, le FIDA, l\’UEMOA, la CEDEAO, l\’Institut international d\’agriculture tropicale (IITA), la Giz, la Global Land Alliance, la Fondation Cadasta, Kadaster International, le PNUE, l\’OIM, l\’UNCCD et l\’UNFCCC.
L’engagement et la détermination d\’Innocent Antoine HOUEDJI promettent de continuer à apporter des changements positifs dans le domaine agricole et foncier en Afrique. Le RAYLF a ainsi non seulement reconnu un leader émérite, mais aussi encouragé une vision transformative pour l\’avenir du continent.

Megan Valère SOSSOU




Soutenance de thèse à l\’université de Parakou : Le journaliste Ernest Agbota décroche un doctorat en Sociologie des Ressources Naturelles

Le cercle des docteurs de l\’université de Parakou s\’élargit. Ce jeudi 25 juillet 2024, l\’École Doctorale des Sciences Agronomiques et de l\’Eau de l\’université de Parakou a enregistré un nouveau docteur parmi ses étudiants. Ernest Agbota, puisqu\’il s\’agit de lui, a soutenu sa thèse de doctorat sur le thème « Accessibilité des informations et services agro météorologiques aux producteurs périurbains de vivriers à Parakou ».

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Ernest Agbota

L’objectif, selon l’impétrant, est d\’analyser les modes d’accessibilité des producteurs périurbains de vivriers aux informations et services agro météorologiques, afin de proposer aux acteurs impliqués des mesures pour une meilleure diffusion et accessibilité des informations et des services agro météorologiques, indispensables à la résilience des producteurs face au changement climatique. Pendant plus de trois heures, Ernest Agbota a brillamment défendu sa thèse sous le regard critique et admiratif d’un jury composé de six éminents professeurs dont deux étaient en ligne.

Il s’agit de Jean Bosco Kpatindé VODOUNOU, Président du jury, Professeur Titulaire à l’université de Parakou, de Julien Comlan HADONOU, Directeur de thèse, Maître de Conférences à l’université de Parakou, de Yvette Doubogan ONIBON, Examinatrice, Professeure Titulaire à l’université de Parakou, de Charles Lambert BABADJIDE, Examinateur, Professeur Titulaire à l’université d’Abomey-Calavi, de Tatongueba SOUSSOU, Examinateur, Maître de Conférences à l’université de Kara au Togo, et de Rodrigue Sèdjrofidé MONTCHO, Examinateur, Maître de Conférences à l’université de Parakou.

Pour le professeur Tatongueba SOUSSOU, examinateur venu de l’université de Kara au Togo, l’impétrant a obtenu des résultats satisfaisants, reposant sur une méthodologie adéquate. Sur la base de la qualité de la présentation, de la pertinence du sujet traité et des résultats de recherche jugés très satisfaisants, le jury présidé par le professeur Jean Bosco Vodounou a décerné à l’impétrant la mention « très honorable ». Une délibération qui a fortement réjoui les parents et amis d\’Ernest Agbota, venus nombreux soutenir le désormais docteur en Sociologie des Ressources Naturelles.

Pour Ernest Agbota, c\’est le couronnement de plusieurs années de recherche sur un sujet très préoccupant pour les producteurs agricoles, surtout dans le contexte actuel du changement climatique. À l’en croire, l’agriculture urbaine et périurbaine n’est pas souvent prise en compte dans les politiques de développement agricole, et donc les producteurs des milieux urbains ne sont pas suffisamment accompagnés par les services compétents en matière d’informations et de services agro météorologiques.

Il souligne que les savoirs écologiques endogènes, qui autrefois permettaient aux agriculteurs de s’adapter aux aléas climatiques, sont en voie de disparition alors que les services fournis par la météo moderne ne couvrent pas suffisamment les besoins réels des producteurs. Toutes ces choses rendent vulnérables les agriculteurs face à la crise climatique.

« Cette thèse se positionne donc comme une orientation pour les politiques visant à améliorer l’accès des producteurs aux informations et services agro météorologiques, indispensables pour une résilience efficace du secteur agricole face au changement climatique », a-t-il clamé. En perspective, le journaliste envisage de poursuivre ses recherches sur les enjeux de l’agriculture de précision au Nord Bénin.

Faut-il le préciser, la thèse soutenue par Ernest Agbota a été dirigée par le professeur Julien Comlan Hadonou, Maître de Conférences des universités du CAMES.

Venance Ayébo TOSSOUKPE