Nutrition : le Projet CASCADE fait des femmes des actrices de changement dans les foyers ruraux

À l’ombre des baobabs et manguiers dans les communes de l’Atacora et du Borgou, un mouvement discret mais puissant prend racine : celui des femmes qui cultivent l’avenir par la force de leurs mains. Grâce à l’approche FFBS (Farmers Field and Business School) du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE Bénin-Togo et GAIN, avec l’appui opérationnel des ONG ERAD et SIAN’SON et l’appui institutionnel des autorités locales et acteurs stratégiques aux niveaux décentralisés (Mairie, DDAEP, C-GUPS, ATDA, CCeC), des femmes membres de coopératives locales ont transformé leur quotidien en cultivant l’autonomie, une graine à la fois.

Femme dans un champs de Mais
Femme dans un champs de Mais

Jardins de case, potagers communautaires, champs de maïs enrichis au compost naturel, transformation, production et vente de farines enrichies sont des activités mises en place par ces dames qui réinventent leur quotidien face à l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Ces espaces de production ne sont pas seulement agricoles, ils sont aussi sociaux, économiques et écologiques. De la tomate au piment en passant par les légumes tels que la carotte, les feuilles de laitues, les choux, le gombo, la grande morelle, ainsi que l’arachide, les lentilles, le niébé et bien d’autres produits vivriers, les femmes y font elles-mêmes les pépinières, installent des grillages pour protéger leurs cultures, et adoptent des pratiques agroécologiques durables. Malgré les défis auxquels elles sont confrontées chaque jour à savoir les inondations, la sécheresse, le manque d’infrastructures pour le stockage des produits vivriers, elles persistent, innovent et s’organisent de manière à utiliser les ressources issues de ces productions pour nourrir leurs familles, générer des revenus et renforcer la place des femmes dans les dynamiques communautaires. Dans ces localités, la terre devient source de résilience.

De la terre à l’assiette…

Dans ces coopératives, une partie des récoltes issues des jardins de case, potagers et champs de maïs est directement utilisée dans les foyers, assurant aux familles une alimentation plus saine, plus variée et plus régulière. Des légumes riches en nutriments sont intégrés aux repas afin que ceux-ci soient plus équilibrés et assure le plein de croissance aux tout-petits. Cette autosuffisance alimentaire réduit également la dépendance aux marchés.

“Je ne demande plus de l’argent à mon mari pour l’achat de produits vivriers. Mon jardin me donne ce qu’il faut. J’utilise donc les produits issus de ma récolte pour faire nos repas et cela me permet de savoir que nous consommons des aliments sains et renforce mon rôle au sein du foyer à travers les prises de décisions dans le ménage du fait que j’ai également un apport.” témoigne Adiza DANKORO, membre de la coopérative SURU TIM A de Nikki.

La terre, pour générer des revenus et être autonome…

Outre les repas quotidiens, les produits vivriers issus des récoltes alimentent aussi des marchés locaux, et servent également pour des projets de transformation artisanale.

Dans la localité de Boukombé, les femmes de la coopérative MARANATHA ont procédé à la transformation de l’arachide en farine enrichie, en y ajoutant du soja, de la noix de cajou et du maïs grillé. Ce mélange, riche en protéines et en lipides, est utilisé pour nourrir les enfants en bas-âge et lutter contre la malnutrition.

Solange N’DAH, membre de la coopérative MARANATHA à Boukombé partage avec nous son expérience, ses motivations et les résultats concrets de ce projet de transformation agroalimentaire.

« Avec la farine que je prépare moi-même, je peux nourrir mon bébé sans trop dépenser. Je recommande également cette farine aux femmes dont les enfants sont malnutris qui en achètent auprès de notre coopérative pour nourrir leurs enfants. Cela a servi à accroître le chiffre d’affaires de notre coopérative cette année et je suis convaincue qu’à la fin de ce cycle, le bénéfice que nous partagerons qui était de 100 000F CFA l’an dernier pourrait atteindre 400 000F CFA grâce à la vente de la farine enrichie. »

Hormis la production agricole, le rendement agricole est également favorable à ces femmes, grâce aux techniques de l’approche FFBS qui globalement est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Dans toutes les localités, on note une augmentation de la production agricole. À Tempégré dans la commune de TOUCOUNTOUNA, Pauline, présidente de la coopérative YERINAYO nous assure que pour une récolte d’un demi-hectare l’année dernière qui lui a donné une production de 4 sacs de maïs, elle est passée à une production de 6 sacs de maïs cette année, rien qu’avec le huitième de l’hectare en n’utilisant que du compost pour la semence qui assure également une meilleure conservation des produits.

Les potagers au service des cantines scolaires…

À Boukombé et Nikki, la solidarité pousse aussi dans les jardins. Bien que disposant de moyens financiers limités, les femmes des coopératives locales ont trouvé une manière concrète de soutenir les cantines scolaires : elles offrent une partie de leurs récoltes pour nourrir les enfants.

Ce geste, né d’un élan communautaire de solidarité, répond à la réalité préoccupante de nombreux élèves qui ne peuvent s’acquitter de la modeste contribution journalière de 25 francs CFA pour leur repas. Les femmes ont donc décidé d’agir, afin de soutenir la contribution journalière de certains enfants.

“Nous savons ce que c’est que d’avoir faim. Si nos enfants ne mangent pas, ils ne peuvent pas apprendre. Alors, ensemble avec les femmes des coopératives, on donne ce qu’on peut et on contribue aussi à la qualité hygiénique des repas de nos enfants ”, explique Awoulatou ADEWOBI ISSIFOU, présidente AME (Association des Mères d’élèves) et membre d’une coopérative à Nikki. 

Les produits vivriers issus des jardins de case et des champs communautaires sont acheminés vers les écoles, parfois de façon informelle, parfois dans le cadre d’un partenariat avec les responsables des cantines. Ce soutien permet de compenser les déficits alimentaires et de soutenir les femmes qui s’attèlent à la cuisine pour garantir un repas chaud par jour aux enfants.

Au-delà de l’impact nutritionnel, cette initiative renforce les liens entre les coopératives et les établissements scolaires, tout en valorisant le rôle des femmes.

Les potagers qui soignent…

En plus des légumes et céréales destinés à l’alimentation, certaines femmes cultivent également des plantes aux vertus médicinales, héritées de savoirs traditionnels transmis de génération en génération.

Feuilles de neem, citronnelle, basilic africain, feuilles d’hibiscus blanc… Ces plantes sont précieusement entretenues, récoltées et transformées en infusions. Elles sont utilisées pour soulager les fièvres, les douleurs abdominales, certaines infections respiratoires ou encore les troubles digestifs. Dans des zones où l’accès aux soins médicaux reste limité, ces remèdes naturels jouent un rôle essentiel.

Ce volet médicinal des potagers renforce l’autonomie sanitaire des familles, tout en valorisant les savoirs locaux. En cultivant ces plantes, les femmes ne font pas que perpétuer une tradition : elles adaptent leurs pratiques à leurs besoins, avec une approche intégrée de la santé, où l’agriculture devient un outil de prévention et de soin.

Grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE, financé par le ministère des Affaires étrangères du royaume des Pays-Bas, les femmes des communes de l’Atacora et du Borgou demeurent des modèles de résilience. Leur engagement silencieux mais puissant redéfinit les rôles, renforce les solidarités et montre la capacité de ces femmes à transformer des ressources simples en solutions durables.




Agriculture résiliente au changement climatique et sécurité alimentaire : un Climathon s’y penche depuis ce vendredi à Parakou

La troisième édition du Climathon au Bénin s’est ouverte ce vendredi 24 octobre 2025. C’est l’université de Parakou, la deuxième plus grande du pays, qui abrite l’événement. Cette édition du Climathon réunit une cinquantaine de participants, de profils variés et d’horizons divers, tous appelés à réfléchir et à proposer des solutions innovantes autour d’une thématique centrale et très préoccupante : « agriculture résiliente au changement climatique et sécurité alimentaire ».

Photo de Famille
Photo de Famille

Dans son allocution, Madame Annick Andrée Akobé, coordinatrice du programme Impact Hub, a salué la participation et l’engagement des jeunes qui prennent part à cet événement, qui est d’une importance capitale pour l’avenir de l’agriculture béninoise et la sécuritaire alimentaire au Bénin. Selon elle, cette édition du  Climathon vise un triple objectif : renforcer la résilience des exploitations agricoles familiales, améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, et promouvoir l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes.

Conscient des défis climatiques que rencontrent les populations du Nord-Bénin et les agriculteurs du septentrion en particulier, Dimitri KOTO N’GOBI, préfet des jeunes du Borgou, s’est réjoui de voir Parakou abriter cet événement. « Le contexte actuel exige des pratiques agricoles portées par l’innovation, la technologie et une intégration des outils digitaux. Je remercie Impact HUB Cotonou  et ses partenaires pour avoir choisi Parakou pour abriter cette édition du Climathon», a-t-il confié. Hyacinthe Constant Oba, représentant des partenaires, a quant à lui invité l’ensemble des participants à faire de ce Climathon un éclosoir pour produire des solutions innovantes, qui feront avancer l‘agriculture béninoise et le Bénin de façon générale.

Une première journée de Climathon avec des communications engageantes  

Les communications se sont enchaînées, les unes aussi intéressantes que les autres, suscitant un grand intérêt chez les participants. Gildas Hodjigue a axé sa communication sur l’ « Adoption de pratiques résilientes pour la prévention et la santé des sols agricoles : protéger, restaurer et renforcer la productivité de nos terres face aux aléas climatiques. » L’ingénieur agronome a rappelé que changement climatique accentue la dégradation des sols, soulignant que le continent africain est fortement affecté par le changement climatique « à cause de notre état de pauvreté et de notre lenteur en matière d’avancées technologiques. » Pour la communicatrice Josiane Ntouama, les semences sont la base de toute production et un levier clé de résilience. Celle dont la communication a porté sur « le renforcement de la chaîne de valeur autour des semences béninoises : promouvoir l’accès, la production et la diffusion de semences adaptées pour nourrir durablement nos populations », a fait observer que les agriculteurs ont souvent un accès limité à des semences de qualité, disponibles et adaptées. « Renforcer la chaine de valeur, c’est connecter les acteurs, améliorer la coordination, assurer la qualité ainsi que la disponibilité des semences à chaque étape », a-t-elle précisé.

Les différentes communications qui ont précédé les travaux en groupe, ont renforcé la compréhension des jeunes sur les différentes sous- thématiques qui leur ont été soumises, afin d’identifier les problèmes qu’elles suscitent, et de proposer des solutions innovantes concrètes.

Fin d’une première journée de Climathon sur des notes de satisfaction

Nasirath et Exaucé ont tous pris part au Climathon ce vendredi. Alors que l’initiative n’est qu’à sa première journée, les deux participants livrent déjà leurs impressions. « La séance d’aujourd’hui a été très enrichissante, parce qu’elle m’a permis de me familiariser avec les termes comme changement climatique et sécurité alimentaire », a confié la participante Nasirath Konmy, diplômée en master en administration générale et territoriale.Elle promet de développer des solutions innovantes, inspirées du Climathon, pour aider particulièrement le monde agricole à faire face aux défis climatiques. « Avec ce Climathon, nous pouvons mettre en œuvre des projets qui améliorent le quotidien des agriculteurs et de nos communautés »s’exclame Exaucé Senade, étudiant en sociologie et activiste.

Faut-il le rappeler, cette édition du Climathon organisée par Impact HUB Cotonou et AIESEC in Bénin, a reçu le soutien de plusieurs partenaires : Climate KIC, Tecnologico de Monterrey, GIZ,Green Climate Fund, German cooperaties, VIC-AFRICA, Université de Parakou,Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Investisseurs & Partenaires, IDD ONG, Gouvernement des jeunes du Bénin, ABSE ONG, GRADEB ONG, Agricultural Expertise Center, Digigreen Agri Center, Planet Times et Journal Santé Environnement.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




Entre légumes sains et contaminés, le Bénin face à son choix alimentaire

Alors que la production maraîchère nationale affiche une croissance record de 6,2%, atteignant 717 365 tonnes, une problématique persiste : comment distinguer un légume sain d’un légume contaminé ? Face à cette inquiétude, des femmes à Zakpota mènent une révolution agroécologique. Leur combat : nourrir le Bénin sans produits toxiques.

Valérie et ses collègues de l’association sonagnon
Dame Valérie et ses collègues ajoutent du compost aux cultures de légumes, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Dans les marchés de Bohicon ou de Cotonou, l’étalage coloré des légumes cache un dilemme angoissant pour les consommateurs. Comment reconnaître une tomate saine d’un légume gorgé de produits phytosanitaires ? Cette question, des milliers de mères de famille se la posent quotidiennement. Pourtant, une alternative existe, portée par des femmes maraîchères éprises du bien-être santé et de la protection de l’environnement.

Les chiffres officiels sont éloquents : 717 365 tonnes de légumes produits en 2023-2024, soit une hausse de 6,2% par rapport à l’année précédente. Des performances portées par des cultures phares comme le gombo, dont la production a littéralement explosé de 53,8% pour atteindre 101 003 tonnes. Une croissance agricole à double tranchant selon les spécialistes.

Pour Eric Dadjo, agroécologiste cette performance repose sur l’extension des superficies cultivées et l’usage intensif de produits chimiques. « Beaucoup de maux dont souffrent les Béninois aujourd’hui sont liés à ce qu’ils mangent » a-t-il déclaré.

Des cas concrets illustrent cette menace. À Tchaourou en 2007, 105 intoxications alimentaires dont 9 morts. À Parakou en 2010, 60 victimes recensées. À Djougou en 2011, 8 morts sur 10 intoxiqués. Derrière ces chiffres glaçants, une même cause : l’usage excessif de produits chimiques qui se sont retrouvés dans l’assiette des familles.

Le paradoxe est que la majorité des consommateurs urbains au Bénin connaissent l’existence des légumes biologiques, très peu les consomment, souvent par méfiance, par habitude ou pour des questions de prix. Une réalité démontrée dans une étude menée par le Professeur Simplice Vodouhè de l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB).

L’alternative agroécologique de Zakpota

Face à ce péril sanitaire, des femmes ont décidé d’agir. À plus de trois kilomètres du centre-ville de Zakpota, au centre du Bénin, le site maraîcher de Za-Zounmè dirigé par Valérie Djaglossou, la trentaine et son association de femmes maraîchères « Sonagnon » pratique une agriculture différente.

« Avec mes collègues, nous produisons des légumes de façon naturelle et saine en commençant par le choix des semences et le mode de culture », confie-t-elle, désignant les parcelles verdoyantes. Aubergines, concombres, laitue, vernonia, basilic, gombo, crincrins…

Une culture luxuriante nourrie uniquement au compost fabriqué sur place à base de déchets agricoles, de plantes, de fientes d’élevage et d’autres déchets domestiques.

« Pour un compost efficace, il faut choisir un endroit à l’ombre, directement sur le sol, y mettre des brindilles puis alterner des couches de matières. Nous arrosons régulièrement tout en aérant le tas avec une fourche pour favoriser une décomposition optimale », explique-t-elle.

Préparation du biopesticide à base de neem
Composition de biopesticide à base de neem, Crédit Photo Megan Valère SOSSOU

Pour lutter contre les ravageurs, Valérie et ses collègues produisent elles-mêmes un biopesticide à partir de feuilles de neem, d’ail, de piment et de cendre. « Le processus de fabrication est accessible à tous », précise-t-elle, détaillant la recette : macération pendant deux semaines, filtration, puis dilution. « Il est recommandé de diluer 1 litre de biopesticide dans 10 litres d’eau. »

Des pratiques durables recommandées

« Cette méthode de production préserve intégralement la densité nutritionnelle des légumes. Contrairement aux cultures conventionnelles souvent appauvries, les légumes agroécologiques apportent à l’organisme des nutriments essentiels. Ce qui permet le renforcement du système immunitaire plutôt que de l’exposer à des résidus toxiques », affirme Dr Bérénice Guedje, médecin nutritionniste.

Pour l’environnementaliste Artevelde Gbaguidi, cette approche est fondamentale, « Le biopesticide ne tue pas les insectes, mais les repousse simplement. Cette caractéristique est essentielle pour préserver les insectes pollinisateurs et les prédateurs naturels, garants d’une production durable de légumes sains. »

Culture de légumes sains à Zakpota
Cultures de légumes sains à Zakpota, Crédit Photo: Megan Valère SOSSOU

Cependant, ces pratiques durables se heurtent à une réalité économique implacable. Le surcoût des légumes sains constitue souvent une barrière infranchissable pour de nombreux consommateurs. La différence est saisissante : un kilogramme de tomates bio se vend à 800 FCFA et 1000 FCFA, contre 400 FCFA à 500 FCFA pour des tomates conventionnelles, le double du prix. Pourtant, Dame Valérie défend sa valeur santé avec une argumentation percutante, « Quand une cliente me demande pourquoi mes légumes sont plus chers, je lui explique : soit tu paies chez le maraîcher, soit tu paies chez le médecin. Son choix est vite fait ».

Aujourd’hui, plusieurs solutions émergent pour rendre les légumes sains plus accessibles et à moindre coût. Il s’agit de la mutualisation des coûts via des coopératives d’achat, les circuits courts de distribution qui éliminent les intermédiaires. C’est le cas de l’ONG Les Jardins de l’Espoir qui a initié le Marché Fermier les deux premiers samedis de chaque mois.

Les obstacles persistants

Comme Valérie et ses collègues de l’association Sonagnon, plusieurs autres acteurs s’attelle à la production saine des légumes mais leur chemin reste semé d’embûches. Difficultés d’accès au crédit, concurrence déloyale des légumes conventionnels. Autant de défis qui freinent l’expansion de ce modèle vertueux.

Pour renverser définitivement la tendance, les décideurs politiques ont un rôle capital à y jouer, reconnaît Innocent TOGLA, Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche : « Le développement de l’agroécologie est une réponse directe aux défis de l’appauvrissement des sols et des impacts du changement climatique. » Un avis partagé par Pierre Bédié, Président de la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB) qui invite les autorités à « soutenir davantage la production et l’accessibilité des engrais biologiques. »

Le combat de Valérie et de ses collègues maraîchères dépasse le cadre agricole. Il interroge notre modèle de société tout entier. Voulons-nous d’une alimentation qui empoisonne ou qui soigne ?

Megan Valère SOSSOU




Parakou : démarrage de l’atelier de formation des journalistes sur la consommation des légumes

Ce Jeudi 22 mai 2025 à Parakou s’est ouvert un atelier de formation à l’endroit des professionnels des médias. L’objectif est de renforcer leurs capacités sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

Ecoutez le reportage de Venance Ayébo TOSSOUKPE et de Megan Valère SOSSOU




Consommation insuffisante de légumes : une formation des médias pour inverser la tendance

Malgré les recommandations de l’OMS, la consommation moyenne de légumes dans le pays reste inférieure au seuil de 400g/jour, exposant les populations à divers risques sanitaires. Pour répondre à cette problématique, l’Université de Wageningen, en collaboration avec le projet CASCADE de CARE Bénin-Togo à travers la composante 2 du projet SAFEVEG a initié une session de formation des professionnels des médias.

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Consommation des légumes

Cet atelier de formation qui se tiendra prochainement dans le septentrion a pour objectif de renforcer les capacités des professionnels des médias sur l’importance de la consommation des légumes et les bonnes pratiques culinaires et d’hygiène qui y sont liées.

L’atelier, organisé avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux dont la FeRCAB, le REMAPSEN, l’Unamel-Bénin, et l’UNPM-B, s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les enjeux nutritionnels au Bénin. Il permettra aux journalistes de mieux comprendre les enjeux liés à la production maraîchère, à la qualité sanitaire des légumes et à la communication nutritionnelle adaptée au contexte béninois.

Megan Valère SOSSOU




AQSAEP Project: A charter of best practices to guide agroecology in Benin

As part of the implementation of the Quality Assurance and Financial Management of Smallholder Agroecology Systems from Farm to Fork (AQSAEP) Project, Les Jardins de l’Espoir organized a workshop in Ouidah to present the diagnostic study and validate the AQSAEP charter.

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Funded by the Global Greengrants Fund (GGF) on the recommendation of the Agroecology Fund (AEF), this project aims to ensure a healthy and sustainable production and consumption system for both consumers and producers.

The workshop brought together several agroecology stakeholders, including female farmers from the communes of the Atlantique department. According to Noël Obognon, Executive Director of Les Jardins de l’Espoir, market access and product quality remain major challenges for agroecological producers. For this reason, diagnostic studies were conducted to map agroecological actors and identify existing practices.

Building on these efforts, the workshop also introduced the charter of agroecological practices, designed to guide farmers towards sustainable methods. “As part of this Quality Assurance and Financial Management project, we have trained 100 women, mostly vulnerable young mothers, but we believe this is not enough. We have observed that women are determined to follow agroecological technical routes,” he explained.

A techno-economic framework to structure the sector

One of the key outcomes of the project is the development of a techno-economic reference study for the agroecological development of a plot over one year. This document, presented during the workshop, outlines the technical and economic measures necessary for the successful operation of an agroecological farm. According to Moukaila Bagui Bouraima, consultant for the study and agronomist specializing in agroecology and crop protection, “This reference document is unique and innovative as it will serve as a guide for farmers to develop and enhance their crops.”

This viewpoint is shared by Pierre Bédié, President of the Benin Agroecology Federation (FAEB), who emphasized the importance of documenting the realities on the ground. He highlighted the need for continued support for stakeholders and called for government backing of the agroecology movement.

For his part, Charles Nfotta, from the NGO Culture, Education, and Research for Development in Benin, believes that the agroecological practices charter developed under this project represents a significant step forward. “It will help regulate the sector and better identify true agroecology practitioners,” he explained.

Germain Dossou, agroecology expert and Coordinator of the National Association of Women Farmers of Benin, praised the work done by Les Jardins de l’Espoir. “The presented results demonstrate that remarkable work has been accomplished. Contributions from various stakeholders will help refine and improve them,” he stated. He also suggested extending the initiative to other communes in Benin and beyond, urging all actors to implement the proposed agroecological measures to contribute to Benin’s food security.

A key to recognizing agroecological efforts

Recognition of the efforts made by producers also depends on the certification of agroecological products, a crucial issue according to Bertrand Yehouenou, President of AMARRE Benin and member of the National Agroecology Consultation Framework for Global Convergence. “This project addresses the challenge of identifying agroecology actors and their practices. In the context of climate change, farmers must return to traditional practices, which are essentially agroecological methods. These practices are resilient to climate change, and certifying the products derived from them will ensure their competitiveness in the market,” he emphasized.

Women farmers at the forefront of change

Project beneficiaries also shared their experiences. Gisèle Gnanssounougué, a farmer from Tori, expressed her satisfaction: “Since Les Jardins de l’Espoir has been supporting us, our practices have improved. They have provided us with equipment and tools. Our main challenge remains access to water, but we are committed to sustaining the knowledge gained within our cooperatives.”

Similarly, Kantchemè Claudine, a beneficiary from Ouidah, noted: “We now grow vegetables without chemical inputs. Our products are healthier, help preserve consumer health, and increase our income—all thanks to the Les Jardins de l’Espoir project.”

For Houeze Pauline from So Ava, agroecological practices have proven beneficial. “My crops grow naturally, and I have observed increased productivity. Our consumers now trust our products and understand that agroecological products are safe,” she affirmed.

Faced with these encouraging results, Hubert Dognon Tchoukpéni, former Director of the Department of Agriculture, Livestock, and Fisheries, commended the initiative of Les Jardins de l’Espoir and urged the government to further support the production and accessibility of organic fertilizers.

A field visit to assess project progress

The workshop concluded with a field visit led by a team of agronomic experts to the project’s model farms. The tour, which started in Ouidah and continued through Tori, Allada, and So-Ava, before ending in Godomey Togoudo, provided an opportunity to assess the concrete impact of the project on agricultural operations. Visitors witnessed firsthand the compost made on-site using cow dung and goat digestive waste, among other agroecological techniques, leaving them deeply impressed by the remarkable work accomplished.

This visit, marking the final stage of the AQSAEP project activities, also paves the way for a better structuring of the agroecology sector in Benin. Thanks to the efforts of Les Jardins de l’Espoir and its partners, a sustainable dynamic is emerging to promote environmentally friendly and economically viable agriculture, particularly for women producers.

It is worth recalling that several workshops were held in preparation for the validation of this charter, which will serve as a guiding framework for farmers in Benin’s agroecology sector.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI




Les Jardins de l’Espoir Empowers women in agricultural logistics and agroecological quality standards

As part of its projects « Quality Assurance and Financial Management of Farmer Agroecological Systems » (AQSAEP) and « Promotion of Agroecological Practices » (ProPAE), the NGO Les Jardins de l’Espoir organized a training session from January 7 to 9, 2025, for women from the communes of Tori-Bossito, So-Ava, Abomey-Calavi, Ouidah, and Sèmè-Kpodji.

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Targeting primarily women, young mothers, and vulnerable women in the Atlantique department, this project places women at the core of its activities. “Women play a critical role in household nutrition. They need better tools to increase their income and achieve financial independence,” explained Raoudath Bouraima, President of Les Jardins de l’Espoir. She emphasized that this training is part of a series of workshops aimed at promoting agroecology, which ensures good health and a healthy environment.

This workshop focused on managing the logistics of products from agroecological farms, from production to sale. Using an interactive participatory approach, the various trainers successfully captured the women’s interest and kept them engaged throughout the three-day program.

Marthe Kinigbé, a training participant, stated, “This is an excellent initiative. Producing is good, but knowing how to preserve is essential to avoid losses. Thanks to this training, I am now better prepared to preserve my products and market them effectively.”

A Game-Changing Initiative

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“These training sessions help us prevent post-harvest losses and increase our income. For instance, I plant sweet potatoes without burying them and also produce natural fertilizers. I plan to apply the knowledge I’ve gained to optimize my activities. I thank Les Jardins de l’Espoir and its partners for this support,” said Agballia Yolande from the commune of Ouidah.

The trainers adopted a pedagogical approach designed to maximize participant engagement and learning outcomes.

According to Serge Koutchoro, a capacity-building and social conservation specialist, the training contributes to achieving sustainable development goals. The goal was to encourage women to adopt new approaches to collecting, storing, and conserving products for better market value.

Another segment of the workshop, led by Ezéchielle Bouet Kouanou, a quality control engineer for food and health products, focused on agroecological quality standards and preservation methods. Participants learned several techniques, including product storage, client access, and essential practices for pre-harvest, harvest, and transportation to consumers.

Field Support to Sustain Acquired Knowledge

Beyond the training sessions, the AQSAEP project includes ongoing support to ensure the implementation of acquired knowledge in the field. Field facilitators are tasked with providing this follow-up.

Nicherolle Larissa Aissi, a facilitator in Tori-Bossito, expressed her satisfaction: “The exchanges were interactive, and the women were very motivated to apply the knowledge they acquired.”

Participant Outlook

Les Jardins de l’Espoir has high expectations for the beneficiaries. “We expect them not only to master agricultural logistics and storage and conservation mechanisms but also to transport their products to farmers’ markets for better value,” stated Noël Obognon, Executive Director of Les Jardins de l’Espoir.

“For several months now, we have benefited from invaluable support. I share this new knowledge with my colleagues and hope these sessions become permanent,” said Houézé Pauline, praising the quality of the training.

Similarly, Jeannette Anoumou and Donatienne Dansou, participants from So-Ava, shared their positive experiences with the program. For all involved, the three-day workshop successfully met their expectations.

With continued support from its partners, Les Jardins de l’Espoir, through this project, is initiating the transformation of traditional agricultural systems into resilient, sustainable, and equitable models. It promotes inclusive agroecology that respects health and the environment while empowering rural women.

For the record, this training workshop was made possible thanks to Agroecology Fund and SUCCO through the ProPAE project.

Edwige B. BINAZON




Festival Kwanzaa au Bénin: Pari gagné pour le CEVASTE et ses partenaires

Le Festival Kwanzaa, événement phare célébrant la fin d’année dans les communautés noires, a été lancé en grande pompe cette année à Allada. Démarrée par une caravane le 26 décembre, cette édition 2024 s’est officiellement ouverte au public le vendredi 27 décembre dans la cité d’Adjahouto.

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Une célébration des valeurs africaines riche en couleur.

Les festivités, riches en couleurs et en symboles, ont rassemblé des participants venus de tous le Bénin en particulier les communautés de Savalou, Lokossa, Ouidah, Tori ainsi que d’autres pays. La cérémonie a débuté par les prières du Père Jah, un moment solennel marquant l’entrée dans cette célébration des récoltes, enracinée dans les traditions africaines.

Père Jah a rappelé l’essence même du Kwanzaa. « Beaucoup disent que nous sommes en 2024, c’est vrai, mais à Kwanzaa, nous sommes en 6251 ans. Il y a 6251 ans que le premier homme africain a établi le premier calendrier. »

Dans son discours de bienvenue, Jahojah, la présidente du CEVASTE a exprimé l’honneur d’organiser le festival à Allada, une ville chargée d’histoire, notamment celle des afro-descendants. C’est également le premier Kwanzaa organisé sans la présence de la mère Jah, une figure emblématique de cette fête a-t-elle fait remarquer.

Kwanzaa, une réjouissance africaine

Pour le président de la Fédération Agroécologique du Bénin (FAEB), cette fête dépasse les réjouissances. « Il s’agit de célébrer, mais aussi de réfléchir au développement du continent africain. » Cette dimension introspective de Kwanzaa met en lumière l’importance des célébrations endogènes et des réalités propres à l’Afrique a-t-il ajouté.

Le représentant du maire de la commune d’Allada, Séverin HOUNGNANDAN présent pour l’occasion, a salué l’organisation de l’événement qui mérite d’être rééditée à l’en croire. En félicitant la famille Jah pour sa détermination à promouvoir les valeurs et principes des peuples africains, il a réitéré l’engagement de l’autorité communale à toujours soutenir le CEVASTE dans cette mission. « Je ne manquerai pas de rapporter tout ce que j’ai vu ici au maire de la commune d’Allada ». a-t-il laissé entendre. Dans ce cadre solennel, les discours prononcés ont rappelé l’importance historique et symbolique du Festival Kwanzaa.

Selon Daniel Jean Edwins, chargé de projet au CEVASTE, la particularité de cette nouvelle édition réside dans l’intégration du Festival Kwanzaa au projet « Un Monde sans Faim ». Ce projet, mis en œuvre dans plusieurs pays africains et financé par l’African Biodiversity Network (ABN), vise à identifier les semences en voie de disparition, à mettre en place une banque de semences et à promouvoir les techniques agroécologiques. Il inclut également des activités de plaidoyer pour influencer les politiques agricoles et environnementales. Depuis 2018, ce projet a impacté de nombreuses communautés au Bénin.

Pour renforcer cette dynamique, diverses activités éducatives et culturelles ont été organisées pour impliquer pleinement les participants.

Un retour aux sources africaines

Diverses activités ont été proposées pour sensibiliser les participants à ce grand événement. Parmi elles, des circuits touristiques, des ateliers de créativité, du jardinage agroécologique, des contes africains, des danses traditionnelles, une projection de film, et des échanges sur les valeurs endogènes.

La cuisine végétalienne et les mets africains ont également été à l’honneur pour rappeler l’importance de la reconnexion avec la nature et les traditions culinaires du continent.

Micheline Adjovi en participant à ce grand événement estime que les peuples africains possèdent un potentiel immense. « Le continent africain a la capacité d\’utiliser les ressources déjà disponibles pour répondre de manière efficace et durable à leurs propres besoins. » a-t-elle déclaré.

Une fête aux racines profondes

Le nom \ »Kwanzaa\ » provient de l’expression swahilie matunda ya kwanza, signifiant « premiers fruits ». Cette fête, célébrée depuis des siècles en Afrique, met l’accent sur les récoltes, les valeurs ancestrales et la biodiversité.

En conclusion, le Festival Kwanzaa 2024 à Allada s’est imposé comme un véritable carrefour de célébration et de réflexion, unissant les communautés autour de leurs racines communes et des enjeux actuels liés à la préservation de l’environnement. Ce lien avec les traditions africaines s’enracine dans le symbolisme même du mot \’Kwanzaa\’ et de ses principes fondamentaux.

Megan Valère SOSSOU

Quels sont les sept principes de Kwanzaa et que signifient-ils ?

Le Kwanzaa est basé sur sept principes ou idées clés qui incluent :
Unité (Umoja) : se concentre sur l\’importance de travailler et de maintenir l\’unité entre les membres de la famille, la communauté noire aux États-Unis et le pays.
Autodétermination (Kujichagulia) : souligne l\’importance pour les personnes de se définir, de se nommer, de créer pour elles-mêmes et de parler en leur nom.
Travail et responsabilité collectifs (Ujima) : construire et maintenir la communauté et aider les autres à résoudre leurs problèmes.
L\’économie coopérative (Ujamaa) : création et gestion de magasins et d\’entreprises de la communauté afro-américaine dont elle peut bénéficier ensemble.
Objectif (Nia) : construire et développer des personnes et restaurer leur grandeur.
Créativité (Kuumba) : faire ce que chacun peut pour laisser la communauté plus belle et plus bénéfique que celle dont il a hérité.
Foi (Imani) : Croire aux autres, notamment aux parents, aux enseignants, aux dirigeants et à la lutte des Afro-Américains.




L’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement donne de la voix pour le droit à l’eau et à l’assainissement

Le lundi 16 décembre 2024 à Dakar (Sénégal) l’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement (AAFEA) a formulé une déclaration en faveur de l’eau et de l’assainissement en Afrique dont voici le contenu.

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La crise mondiale de l\’eau reste alarmante : 2,2 milliards de personnes, soit un quart de la population mondiale, n\’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, et 1,5 milliard ne disposent même pas d\’un service élémentaire d\’eau potable selon le rapport 2023 du Joint Monitoring Program (JMP) de l’OMS et de l’UNICEF. Ces chiffres reflètent une situation d\’insécurité hydrique persistante à l\’échelle mondiale. En Afrique subsaharienne, 14 % de la population, principalement des femmes, passent plus de 30minutes par jour pour collecter de l\’eau. Les conflits aggravent la situation, rendant ainsi l\’accès à l\’eau et à l\’assainissement encore plus difficile, comme au Burkina Faso, où l\’insécurité a déplacé2 millions de personnes, dont 53 % de femmes, au 31 mars 2023. S’agissant de l’assainissement, seule 24 % de la population d’Afrique subsaharienne a accès à des services d’assainissement gérés en toute sécurité selon le même rapport OMS/Unicef.

Face à cette situation alarmante, les Organisations de la Société Civile (OSC) jouent un rôle essentiel non seulement pour garantir la reconnaissance effective du droit à l\’eau et à l\’assainissement en tant que droits humains fondamentaux par les États (sur le plan politique et juridique à l’échelle nationale), mais aussi pour s’assurer de la concrétisation de ces droits au niveau national et local. Regroupant dix pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement (AAFEA), œuvre pour que les droits humains à l’eau et à l’assainissement soient une réalité universelle. L’AAFEA contribue, par ses actions, à l’atteinte des ODD et en particulier l’ODD 6 « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». Ce onzième atelier d’échange de l’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement qui se clôture aujourd’hui a été un moment fort d’échange et de renforcement de capacités autour de la question des droits humains à l’eau et à l’assainissement, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Au terme de cet atelier, les collectifs membres de l’AAFEA ont formulé plusieurs messages à l’endroit des décideurs pour rendre effectifs les droits humains à l’eau et à l’assainissement et favoriser l’atteinte de l’ODD 6. Ces messages sont :

1. Formaliser sur le plan juridique et politique les droits humains à l’eau et à l’assainissement Dans de nombreux États, les droits humains à l’eau et à l’assainissement restent insuffisamment reconnus ou appliqués, faute de volonté politique, de mécanismes d’application efficaces et en raison des crises sécuritaires. Les collectifs membres de l’AAFEA recommandent aux États d’intégrer ces droits dans les cadres juridiques, les mettre en œuvre par des décrets, établir des mécanismes de suivi et adopter des plans inclusifs basés sur la non-discrimination et l’universalité, en ciblant les populations vulnérables. Une Approche Basée sur les Droits Humains (ABDH) est nécessaire pour garantir un accès universel à l’eau et à l’assainissement et contribuer à une paix sociale durable.

2. Allouer des financements adaptés, suffisants, répondant aux besoins réels des communautés Les financements pour l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène sont, dans certains cas, insuffisants ou peu priorisés dans les budgets nationaux, avec une attention encore moindre pour l’assainissement et l’hygiène.

Les collectifs membres de l’AAFEA recommandent aux États de mobiliser et d’allouer des financements suffisants, transparents et adaptés aux besoins du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, en visant au moins 3 % du budget national. Nous leur recommandons de communiquer régulièrement sur ces allocations et exploiter des sources innovantes comme les partenariats public-privé, les financements climatiques et la coopération internationale. Enfin, il est nécessaire de travailler à renforcer la traçabilité des flux financiers, et lever les obstacles entravant l’exécution des ressources.

3. Assurer une bonne gouvernance du secteur, intégrant la participation citoyenne et la redevabilité L\’absence de gouvernance solide dans le secteur de l\’eau et de l\’assainissement engendre des dérives telles qu\’une répartition floue des responsabilités, un manque de transparence, l\’absence de régulation et de dialogue entre acteurs, ainsi qu\’une faible participation du public et de la société civile. Ces lacunes, lorsqu’elles existent, compromettent la mise en œuvre efficace des politiques publiques à l\’échelle des territoires.

Pour les collectifs membres de l’AAFEA, il est primordial que les stratégies du secteur de l’eau et de l’assainissement incluent des indicateurs de transparence, d’équité, de redevabilité et de participation citoyenne. Les usagers-citoyens doivent être impliqués dans les instances consultatives et décisionnelles à tous les niveaux. Les rôles des institutions et des collectivités locales, actrices clés du développement, doivent être clarifiés et articulés. Les États ont l’obligation de promouvoir des plates-formes de dialogue multi-acteurs et de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des acteurs pour harmoniser et optimiser les actions dans le secteur.

Nous, collectifs membres de l’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement, sommes convaincus que la concrétisation de ces messages aboutira à une effectivité des droits humains à l’eau et à l’assainissement, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre. Nous espérons que Monsieur le Ministre appréciera et portera ces messages dans les instances africaines et mondiales de décision sur l’eau et l’assainissement.

Par les collectifs membres de l’Alliance d’Afrique Francophone pour l’Eau et l’Assainissement (AAFEA) :

CANEA – Cadre de Concertation des acteurs Non Étatiques pour l’Eau et l’Assainissement (Bénin)

SPONG – Secrétariat Permanent des ONG (Burkina Faso) l AME – Alliance pour la Maîtrise de l’Eau (Cameroun)

CN-CIEPA – Coalition Nationale de la Campagne Internationale pour l’Eau potable et l’Assainissement (Mali)

CCOAD – Chambre de concertation des Collectifs d’ONG et d’Associations de Développement (Niger)

CNAPE – Coalition Nationale Action et Plaidoyer pour l’Eau (République de Guinée)

POSCEAS – Plateforme des Organisations de la Société Civile de l’Eau et de l’Assainissement auSénégal (Sénégal)

REAT – Réseau des Organisations de la Société Civile d’Eau et d’Assainissement au Tchad (Tchad)

CCEABT – Conseil de Concertation pour l’Eau et l’Assainissement de Base au Togo (Togo).




Gestion durable du complexe W-Arly-Pendjari : les acteurs du Bénin en consultation nationale

Dans le cadre de l’initiative visant à renforcer la gestion durable du complexe W-Arly-Pendjari, le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) organise, depuis ce jeudi 19 décembre 2024, une consultation nationale à Grand-Popo.

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Cette initiative bénéficie du soutien du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, en collaboration avec le ministère du Cadre de Vie et des Transports chargé du Développement Durable, et de l’appui financier du gouvernement de la Norvège. Il s’agit de soutenir la conservation des sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial en Afrique dont le complexe W-Arly-Pendjari appartient.

La rencontre réunit une trentaine de participants, comprenant des experts, des représentants de la société civile, ainsi que des membres des forces de défense nationale et de sécurité publique.

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Pour sa part, la secrétaire générale de la Commission nationale béninoise pour l’UNESCO, Pr Abossèdé Paulette Okpeicha, a insisté sur la nécessité pour le Bénin, le Burkina Faso et le Niger de synchroniser leurs actions pour améliorer la gestion et la protection de ce joyau qui joue des rôles capitaux. Elle a souhaité qu’à l’issue des travaux des actions concrètes soient identifiées pour relever les défis actuels soulignant l’engagement du Bénin à la Convention de l’UNESCO du 16 Novembre 1972.

Abdel-Aziz Babamoussa, Directeur Général du CENAGREF, a salué les progrès réalisés dans le cadre de l’accord tripartite signé en 2019, tout en exhortant à une mobilisation continue des ressources nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies définies lors de cette rencontre et des prochaines assises régionales.

Dans son mot de bienvenue, Georges Sossou, Directeur Technique du CENAGREF, rappelé l’objectif de la rencontre. Il s’agit à l’en croire d’instaurer des processus transfrontaliers efficaces et opérationnels, respectant la souveraineté des États, pour protéger le Complexe W-Arly-Pendjari.

« Je saisis donc cette occasion pour saluer les avancées réalisées dans le cadre de l’Accord tripartite signé en 2019 et pour encourager la mobilisation continue des ressources nécessaires à la mise en œuvre des stratégies qui seront définies ici et lors des prochaines assises régionales » a confié le Directeur générale du CENAGREF avant de lancer officiellement au nom du Ministre du Cadre de Vie et des Transports chargé du Développement Durable.

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Il importe de rappeler que cette initiative se tient après celle du Niger et du Burkina. Des consultations qui ont pour objectif d\’engager tous les acteurs clés dans l’élaboration de Plans Nationaux d\’Actions spécifiques à chaque pays. Elles constituent la première étape d’une série d’activité prévue au plan national et régional en vue d’une gestion durable du complexe W-Arly-Pendjari.

Megan Valère SOSSOU