Ibila Djibril : Un expert chevronné à la tête de la Direction Générale de l’Environnement et du Climat du Bénin

Le Bénin vient de se doter d’un nouveau Directeur Général de l’Environnement et du Climat (DGEC) : Ibila Djibril, une figure bien connue du monde de l’environnement, à la fois sur le plan national et international.

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Ibila Djibril est reconnu pour sa rigueur, son affabilité et son engagement constant en faveur des causes environnementales. Originaire de Gogounou, dans le département de l’Alibori au nord du Bénin, il a gravi, au fil des années, tous les échelons de l’administration environnementale béninoise grâce à un parcours marqué par la compétence et la détermination.

Un solide parcours académique et professionnel

Titulaire d’un Diplôme d’Études Professionnelles Approfondies (DEPA) en Gestion de l’Environnement obtenu à l’Université d’Abomey-Calavi, il détient également un DESS en Droit des Affaires ainsi qu’un Master 2 en Droit des Sociétés et Fiscalité de l’Université Nationale du Bénin. À cela s’ajoute une formation à l’Université Senghor d’Alexandrie en gestion de l’environnement, renforçant ainsi son profil multidisciplinaire entre droit, fiscalité et développement durable.

Professionnel de l’environnement depuis plus de deux décennies, Ibila Djibril a occupé des postes de haute responsabilité :

  • Directeur de la Prévention des Pollutions et de la Gestion des Risques Environnementaux (2008-2012) ;
  • Conseiller Technique à l’Environnement et à la Protection de la Nature au Ministère de l’Environnement (2012-2014) ;
  • Coordonnateur de projet de renforcement des capacités environnementales au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable.

Une carrière internationale et des négociations déterminantes

Sur le plan international, Ibila Djibril est une figure incontournable des négociations climatiques. Point Focal National du Bénin auprès de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 2006 à 2022, il a participé activement aux discussions majeures sur le régime climatique post-2012, sur le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP), ainsi que sur les mécanismes de financement de l’adaptation et de l’atténuation.

Présent lors de la Conférence de Copenhague, il n’a pas hésité à défendre vigoureusement les intérêts africains, dénonçant notamment des arrangements sur le marché du carbone jugés défavorables aux pays en développement.

Membre du Groupe d’experts des pays les moins avancés (LEG) depuis 2007, dont il a été vice-président, Ibila Djibril a également présidé le Conseil d’Administration du Fonds Mondial pour le Changement Climatique.

Une vision pour l’avenir

Aujourd’hui, à la tête de la DGEC, Ibila Djibril entend mettre son expérience technique, son réseau international et sa vision stratégique au service d’une action climatique plus forte et d’une gouvernance environnementale plus ambitieuse au Bénin. Sa nomination est perçue comme un signal positif pour les acteurs de la société civile, du secteur privé et des partenaires internationaux engagés dans la transition écologique du pays.

Megan Valère SOSSOU




Intox : Le rectangle de couleur sur le tube de dentifrice n’indique pas sa composition

Une vieille intox ressurgit sur les réseaux sociaux : selon une publication virale, la couleur du petit rectangle au bas des tubes de dentifrice révélerait la nature de leur composition. Rouge, noir, bleu ou vert : ces couleurs seraient censées indiquer si le dentifrice est « naturel », « chimique », ou contient des « médicaments ». Cette affirmation est fausse.

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Capture d’écran

La publication en question montre trois tubes de dentifrice marqués de rectangles de différentes couleurs (rouge, noir, bleu), accompagnés d’un message affirmant que le vert signifie « 100 % naturel », le bleu, « naturel avec des composants médicinaux », le rouge, « naturel et chimique » et le noir, « entièrement chimique ».

Une rumeur persistante, mais infondée

Non seulement cette interprétation est scientifiquement erronée, mais elle repose sur une totale méconnaissance du processus de fabrication des emballages.

Ces rectangles, appelés repères de découpe ou marques de repérage, n’ont aucun lien avec la composition du produit. Ils servent uniquement aux machines d’emballage dans les usines. Ces repères visuels permettent aux capteurs de détecter avec précision où découper, remplir ou sceller le tube pendant le processus de fabrication.

À quoi servent réellement ces rectangles ?

Le choix de la couleur varie selon les besoins de contraste pour la détection optique, et non en fonction du contenu du tube. Une vidéo explicative (en anglais) réalisée par une entreprise spécialisée en machines d’emballage permet de mieux comprendre ce fonctionnement : voir la vidéo.

Ces marques sont présentes sur de nombreux autres produits, des emballages de cosmétiques aux sachets alimentaires, et leur usage est purement technique.

L’idée qu’un dentifrice est « naturel », « chimique », ou « médicamenteux » sur la seule base d’une bande colorée est donc infondée. En réalité, la composition exacte du dentifrice est inscrite sur son emballage, dans la liste des ingrédients, comme l’exige la réglementation.

La plupart des dentifrices contiennent du fluorure, une substance qui renforce l’émail dentaire et réduit les risques de caries. Bien qu’il s’agisse d’un composé chimique, le fluorure est naturellement présent dans l’eau, l’air et le sol. Certains dentifrices dits « naturels » choisissent de ne pas en contenir, mais cela reste un choix de formulation indiqué sur l’étiquette – pas par un code couleur invisible au consommateur.

En résumé, il faut retenir que les rectangles colorés au bas des tubes de dentifrice ne révèlent en rien leur composition. Ils sont des repères techniques destinés aux machines de production. Pour connaître les ingrédients d’un dentifrice, fiez-vous à l’étiquette, pas aux rumeurs sur Internet.

Megan Valère SOSSOU




AQSAEP Project: A charter of best practices to guide agroecology in Benin

As part of the implementation of the Quality Assurance and Financial Management of Smallholder Agroecology Systems from Farm to Fork (AQSAEP) Project, Les Jardins de l’Espoir organized a workshop in Ouidah to present the diagnostic study and validate the AQSAEP charter.

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Funded by the Global Greengrants Fund (GGF) on the recommendation of the Agroecology Fund (AEF), this project aims to ensure a healthy and sustainable production and consumption system for both consumers and producers.

The workshop brought together several agroecology stakeholders, including female farmers from the communes of the Atlantique department. According to Noël Obognon, Executive Director of Les Jardins de l’Espoir, market access and product quality remain major challenges for agroecological producers. For this reason, diagnostic studies were conducted to map agroecological actors and identify existing practices.

Building on these efforts, the workshop also introduced the charter of agroecological practices, designed to guide farmers towards sustainable methods. “As part of this Quality Assurance and Financial Management project, we have trained 100 women, mostly vulnerable young mothers, but we believe this is not enough. We have observed that women are determined to follow agroecological technical routes,” he explained.

A techno-economic framework to structure the sector

One of the key outcomes of the project is the development of a techno-economic reference study for the agroecological development of a plot over one year. This document, presented during the workshop, outlines the technical and economic measures necessary for the successful operation of an agroecological farm. According to Moukaila Bagui Bouraima, consultant for the study and agronomist specializing in agroecology and crop protection, “This reference document is unique and innovative as it will serve as a guide for farmers to develop and enhance their crops.”

This viewpoint is shared by Pierre Bédié, President of the Benin Agroecology Federation (FAEB), who emphasized the importance of documenting the realities on the ground. He highlighted the need for continued support for stakeholders and called for government backing of the agroecology movement.

For his part, Charles Nfotta, from the NGO Culture, Education, and Research for Development in Benin, believes that the agroecological practices charter developed under this project represents a significant step forward. “It will help regulate the sector and better identify true agroecology practitioners,” he explained.

Germain Dossou, agroecology expert and Coordinator of the National Association of Women Farmers of Benin, praised the work done by Les Jardins de l’Espoir. “The presented results demonstrate that remarkable work has been accomplished. Contributions from various stakeholders will help refine and improve them,” he stated. He also suggested extending the initiative to other communes in Benin and beyond, urging all actors to implement the proposed agroecological measures to contribute to Benin’s food security.

A key to recognizing agroecological efforts

Recognition of the efforts made by producers also depends on the certification of agroecological products, a crucial issue according to Bertrand Yehouenou, President of AMARRE Benin and member of the National Agroecology Consultation Framework for Global Convergence. “This project addresses the challenge of identifying agroecology actors and their practices. In the context of climate change, farmers must return to traditional practices, which are essentially agroecological methods. These practices are resilient to climate change, and certifying the products derived from them will ensure their competitiveness in the market,” he emphasized.

Women farmers at the forefront of change

Project beneficiaries also shared their experiences. Gisèle Gnanssounougué, a farmer from Tori, expressed her satisfaction: “Since Les Jardins de l’Espoir has been supporting us, our practices have improved. They have provided us with equipment and tools. Our main challenge remains access to water, but we are committed to sustaining the knowledge gained within our cooperatives.”

Similarly, Kantchemè Claudine, a beneficiary from Ouidah, noted: “We now grow vegetables without chemical inputs. Our products are healthier, help preserve consumer health, and increase our income—all thanks to the Les Jardins de l’Espoir project.”

For Houeze Pauline from So Ava, agroecological practices have proven beneficial. “My crops grow naturally, and I have observed increased productivity. Our consumers now trust our products and understand that agroecological products are safe,” she affirmed.

Faced with these encouraging results, Hubert Dognon Tchoukpéni, former Director of the Department of Agriculture, Livestock, and Fisheries, commended the initiative of Les Jardins de l’Espoir and urged the government to further support the production and accessibility of organic fertilizers.

A field visit to assess project progress

The workshop concluded with a field visit led by a team of agronomic experts to the project’s model farms. The tour, which started in Ouidah and continued through Tori, Allada, and So-Ava, before ending in Godomey Togoudo, provided an opportunity to assess the concrete impact of the project on agricultural operations. Visitors witnessed firsthand the compost made on-site using cow dung and goat digestive waste, among other agroecological techniques, leaving them deeply impressed by the remarkable work accomplished.

This visit, marking the final stage of the AQSAEP project activities, also paves the way for a better structuring of the agroecology sector in Benin. Thanks to the efforts of Les Jardins de l’Espoir and its partners, a sustainable dynamic is emerging to promote environmentally friendly and economically viable agriculture, particularly for women producers.

It is worth recalling that several workshops were held in preparation for the validation of this charter, which will serve as a guiding framework for farmers in Benin’s agroecology sector.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI




Le triomphe historique du Niger sur la cécité des rivières est une lueur d’espoir pour l’Afrique.

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Dr Paulin Basinga, Directeur de la Fondation Gates pour l’Afrique.

Une tribune de Dr. Paulin Basinga sur l’élimination de l’onchocercose au Niger

Dans un petit village de la région de Tahoua, au Niger, un homme du haut de ses 80 ans est assis à l’ombre, ses yeux voilés par une cécité irréversible. Sa femme, septuagénaire, est assise à proximité, son corps couvert de cicatrices sous ses vêtements. Ils font partie des dernières personnes au Niger que le Dr Salissou Adamou a traitées pour la cécité des rivières (également connue sous le nom d’onchocercose), une maladie cruelle qui prive les gens de leur vue, de leur santé et de leur dignité.

Environ 70 % des membres de cette communauté ont souffert de la cécité des rivières, l’une des 21 maladies tropicales négligées (MTN) qui, à elles seules, touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde. Cette maladie a fait des ravages dans les écoles et les exploitations agricoles locales, plongeant les familles dans la pauvreté. Un grand nombre de leurs voisins ont fui en cherchant une solution, à la fois pour échapper à la maladie et pour fuir la peur.

En moins d’une génération, le contexte s’est remarquablement amélioré. Cela est dû en grande partie grâce à M. Salissou, qui coordonne le programme national de lutte contre la cécité des rivières au Niger avec le soutien du Comité pour l’élimination de l’onchocercose, un réseau mondial d’ONG et d’experts de la maladie, ainsi que des sociétés pharmaceutiques et des donateurs. Plus tôt dans la journée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a certifié que le Niger avait éliminé la cécité des rivières en tant que problème de santé publique, ce qui signifie qu’aucun enfant né au Niger aujourd’hui ne craindra d’être aveugle de façon permanente à cause de cette maladie évitable.

Cette avancée extraordinaire, qui s’est faite en 45 ans, n’est pas seulement un triomphe en matière de santé publique. C’est la preuve de ce qui est possible lorsque les pays touchés et les donateurs mondiaux s’unissent derrière un objectif commun.

Et ce ne sera pas la dernière, car chaque jour, des champions locaux comme le Dr Salissou font tomber les barrières pour éliminer les MTN et s’assurer qu’elles ne reviennent pas. Certains font office d’historiens, passant au peigne fin de vieilles cartes et de vieux dossiers pour identifier tous les villages qui ont signalé un cas. D’autres se portent volontaires pour servir d’appât humain, s’asseyant pendant des heures sur le lit des rivières – la peau exposée – pour attirer et attraper de minuscules mouches avant qu’elles ne piquent, une tâche dangereuse mais nécessaire qui permet aux scientifiques de suivre la propagation de la maladie.

Leurs efforts inlassables méritent à la fois une large reconnaissance et le soutien total des bailleurs de fonds et des décideurs politiques.

Les programmes visant à éliminer les MTN telles que la cécité des rivières font bien plus que restaurer la santé. Ils permettent aux enfants de rester à l’école, aux adultes d’aller travailler et aux familles d’échapper à la pauvreté. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières ajoutera 2,3 milliards de dollars à l’économie du pays en permettant à un plus grand nombre de personnes de mener une vie productive. Le rapport coût-efficacité est frappant : de nombreuses personnes peuvent être atteintes et traitées pour moins de 50 cents de dollars par personne.

À l’échelle mondiale, 55 pays ont désormais éliminé au moins une MTN, ce qui représente plus de la moitié du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif de 100 pays d’ici à 2030 fixé par l’OMS. Plus de 20 de ces pays se trouvent en Afrique, ce qui constitue un exploit remarquable compte tenu de la charge de morbidité disproportionnée de ce continent. Pourtant, plus d’un milliard de personnes dans le monde restent exposées au risque. Pour honorer les efforts des champions locaux et accélérer les progrès, les programmes de lutte contre les MTN ont besoin de ressources plus importantes et de meilleure qualité.

Tout d’abord, les gestionnaires de programmes ont besoin de données fiables pour comprendre les lieux de propagation des maladies afin que les personnes reçoivent un traitement en temps voulu. Des technologies telles que l’intelligence artificielle et la cartographie géospatiale, qui combinent des données sur les conditions météorologiques, les populations et d’autres éléments de manière visuelle, permettent de localiser plus précisément les habitats changeants des insectes vecteurs de maladies, afin que les équipes sachent dans quelles zones allouer des ressources. Les investissements dans le développement de ces outils permettront de s’assurer que les programmes les exploitent au maximum.

Le dépistage des maladies n’est qu’une partie du défi. Les équipes chargées des programmes ont besoin de médicaments efficaces pour prévenir ou traiter rapidement les maladies. Bien qu’il existe de nombreux traitements éprouvés, des schémas thérapeutiques plus courts permettraient aux agents de santé de traiter les malades en moins de consultations et sur des périodes plus courtes, ce qui accélérerait les délais d’élimination. En 2023, moins de 10 % des fonds consacrés à la recherche et au développement pour la plupart des maladies infectieuses ont été affectés aux MTN, ce qui ne représente qu’une petite fraction de ce qui est nécessaire pour s’attaquer pleinement aux MTN.

Même avec des données et des médicaments, les pays ont besoin d’un financement flexible pour s’adapter à l’évolution de la situation et pour orienter la planification. C’est précisément ce que fait le fonds « Reaching the Last Mile » (Atteindre le dernier kilomètre) (RLMF), une plateforme de financement collaborative et diversifiée, en réunissant des autorités locales, des bailleurs de fonds internationaux, des entreprises et des ONG pour soutenir les gestionnaires de programmes dans leurs priorités essentielles, qu’il s’agisse de renforcer les capacités des laboratoires locaux ou de donner aux travailleurs de la santé les moyens d’atteindre les populations vulnérables.

En 2023, le Fonds « Reaching the Last Mile » a audacieusement élargi son objectif afin d’atteindre tous les pays d’Afrique où la cécité des rivières et la filariose lymphatique sont endémiques d’ici 2030, soit cinq fois plus que l’objectif initial. La Fondation Gates est fière de s’associer à d’autres partenaires désireux de soutenir cette vision, mais l’augmentation des objectifs du fonds s’est accompagnée d’une augmentation de ses besoins de financement. Des investissements accrus de la part des bailleurs de fonds et des pays endémiques aideraient les pays du continent à mettre en place des programmes de traitement dans un plus grand nombre de communautés et à veiller à ce que les progrès durement acquis soient préservés même après l’arrêt du traitement – reproduisant ainsi le succès du Niger à grande échelle.

Dans le contexte actuel, nous devons donner la priorité aux investissements qui ont un effet transformateur. S’il existe de nombreuses opportunités intéressantes dans le domaine de la santé publique, les programmes de lutte contre les MTN représentent une opportunité inégalée. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières a ajouté 2,3 milliards de dollars USD à l’économie du pays entre 1976 et 2019 – lorsque la plupart des programmes étaient actifs – permettant ainsi à davantage de personnes de mener une vie saine et productive.

Les bailleurs de fonds internationaux et les pays endémiques sont redevables à ceux qui sont en première ligne de la lutte et doivent faire plus en mettant tout leur soutien financier et politique au service des programmes de lutte contre les MTN. Ensemble, nous pouvons faire de la réussite historique du Niger le catalyseur d’un mouvement mondial, en permettant à des millions de personnes d’échapper à la négligence et en donnant de l’espoir à ceux qui souffrent encore.

Au Niger, cela fait des années déjà que l’équipe de Salissou a traité les derniers patients atteints de cécité des rivières et qu’elle a entamé le long chemin vers la certification de l’élimination de la maladie. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes n’ont jamais entendu parler de la maladie, ce qui représente un profond symbole de progrès, que nous pouvons continuer à reproduire, j’en suis persuadé.




Escroquerie en ligne via Mobile Money au Bénin : quand la confiance des usagers est mise à l’épreuve

Un matin d’octobre 2021, dame Rosine, une commerçante à Bohicon, reçoit un appel téléphonique. L’homme au bout du fil se présente comme un agent d’un réseau de téléphonie au Bénin. Il lui explique qu’une mise à jour technique est nécessaire pour éviter le blocage de son compte Mobile Money. Inquiète, Rosine suit les instructions : elle compose un code sur son téléphone jusqu’à entrer son code secret, comme indiqué. Quelques minutes plus tard, elle découvre, horrifiée, que son compte est vidé. Ses économies de 180 600 francs CFA, destinées à renouveler son stock, ont disparu.

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Alphonse D. à son poste Mobile Money

« Je n’y croyais pas. Tout cet argent, parti en un clin d’œil. Ils m’ont tout pris. », confie Rosine, encore sous le choc. Elle n’est pas seule. Alphonse D. est un investisseur dans les Mobile Money disposant de plusieurs points de transactions dans la ville de Bohicon. Il a été victime d’un cas d’escroquerie dans lequel, il a perdu 500 000 francs CFA. N’eussent été ses démarches à l’Office Central de Répression de la Cybercriminalité (OCRC), l’actuel Centre National d’Investigation Numérique (CNIN), il n’aurait pas pu récupérer son argent.

Nombreux sont ces Béninois usagers de Mobile Money ayant vécu des expériences similaires ces dernières années, victimes d’un fléau qui se répand au rythme de l’essor du Mobile Money.

Ce système de paiement instantané via le téléphone est devenu le principal levier économique en Afrique de l’Ouest selon le Groupe Special Mobile Association (GSMA). Au Bénin, le développement des services de Mobile Money, à l’instar de MTN MoMo, Moov Money et Celtiis Money, a facilité les transactions financières pour des milliers d’utilisateurs.

Selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes (ARCEP), le nombre de comptes de mobile money au Bénin a été multiplié par plus de 4 entre 2018 et 2023. L’utilisation de ces comptes a aussi fortement augmenté, avec dix fois plus de transactions enregistrées en 2023 par rapport à 2018. En d’autres termes, on est passé d’environ 200 millions de transactions en 2018 à plus de 2 milliards en 2023. De plus, l’accès aux services de mobile money s’est largement répandu avec près de 9 personnes sur 10 en 2023, contre seulement 2 sur 10 en 2018.

Cependant, cette forte adoption s’accompagne d’une recrudescence des fraudes et escroqueries. La Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a enregistré en six ans, 1956 affaires de cybercriminalité, soit près d’une (01) procédure sur trois (03) environ 31 % sur un total de 6358 affaires traitées selon les indications de Mario Elon’m Mètonou, procureur spécial de la CRIET, le 09 octobre 2024 à Cotonou au cours de la rentrée judiciaire 2024 – 2025. Autant ce système de paiement instantané rapproche le vendeur de l’acheteur, autant il rapproche les escrocs de leurs victimes.

Comment opèrent les fraudeurs ?

Approché, le Centre Nationale d’Investigation Numérique (CNIN) explique : « Sachant que les arnaques par Mobile Money nécessitent que la victime entre son code pour valider une transaction, les escroqueries de ce type reposent essentiellement sur de l’ingénierie sociale, autrement dit un ensemble de techniques de manipulation utilisé par les cybercriminels pour convaincre leurs victimes. » Dans ce cas particulier, poursuit le CNIN, « Ils usent de baiting, encore appelé hameçonnage, pour convaincre une victime de donner accès à ses informations personnelles, ou se font passer pour des fournisseurs de services et des autorités pour convaincre leur victime d’effectuer une transaction. » Leurs méthodes ciblent des utilisateurs souvent peu informés sur les mesures de sécurité.

Dame Sidonie, la quarantaine d’âge,  est une vendeuse de bouillie à Adjagbo. En juin 2024, elle avait reçu un message d’un supposé dépôt de 15.000 francs CFA sur son compte Mobile money. Quelques minutes après, elle reçoit des appels successif d’une femme qui l’a suppliée de lui renvoyer les sous, soit disant qu’elle lui a envoyé de l’argent par erreur. Elle n’a pas hésité à renvoyer les 15.000 francs avant de remarquer que c’était un faux message.

Les actions pour contrer le fléau

Face à l’ampleur de la menace, les acteurs du secteur multiplient les initiatives pour freiner ces escroqueries. MTN Bénin, Moov Africa et Celtiis, principaux opérateurs de téléphonie mobile ont lancé des campagnes d’information pour éduquer les utilisateurs sur les bonnes pratiques. Des messages rappelant de ne jamais partager leur code secret et d’ignorer les appels suspects sont régulièrement diffusés.

De même, l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN) et le CNIN mènent depuis 2022 de nombreuses campagnes institutionnelles. L’une des plus anciennes reste la campagne Paré Bénin.

Par ailleurs, en termes de mesures mises en place contre ces cas d’escroqueries, le CNIN cite son étroite collaboration au plan national avec les entreprises, mais également la coopération régionale avec des pays voisins et le partenariat avec Interpol qui permet de traquer les escrocs même lorsqu’ils sortent des frontières béninoises.

Pour le CNIN, il est important que les béninois fassent attention à ne pas communiquer leurs données personnelles à des cybercriminels lorsqu’ils prétendent être une autorité. Il faut également éviter de transférer de l’argent à quelqu’un sans être absolument sûr de son identité. Il invite les personnes déjà victimes d’escroquerie à le contacter au plaintes@cnin.bj.

Le système de paiement instantané via téléphone « Mobile Money », demeure un outil essentiel pour l’inclusion financière au Bénin. Cependant, sa réussite dépendra de la capacité des opérateurs, des autorités et des utilisateurs à collaborer pour garantir sa sécurité contre les escroqueries.

Megan Valère SOSSOU




Opportunité de financement pour les étudiants engagés dans le Développement Durable

Les étudiants porteurs de projets innovants en développement durable et en lutte contre les changements climatiques ont une opportunité en or : le Réseau UniC propose un financement pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars pour concrétiser leurs initiatives.

Dans un contexte où les enjeux climatiques exigent des solutions innovantes et des actions concrètes, le Réseau UniC souhaite soutenir les idées et initiatives des étudiants soucieux de l’avenir de la planète. Cette initiative vise à encourager et financer des projets ayant un impact réel sur la transition écologique et le développement durable.

Calendrier Clé

Pour maximiser leurs chances, les candidats sont invités à suivre les étapes suivantes :

  • 12 février : Organisation d’un webinaire d’information pour aider les intéressés à préparer leur candidature.
  • 17 février – 7 mars : Période de dépôt des candidatures.
  • 15 avril : Annonce officielle des projets retenus.

Comment Participer ?

Les étudiants souhaitant soumettre leur projet peuvent s’inscrire au webinaire et consulter les documents de candidature aux liens suivants :

Ce programme constitue une opportunité unique pour les jeunes engagés souhaitant concrétiser leurs idées en faveur du climat. L’initiative s’adresse à tous les étudiants porteurs de solutions durables et d’innovations environnementales.

Partagez cette information avec votre réseau pour maximiser l’impact de cette opportunité !

Pour en savoir plus sur le Réseau UniC : https://mailchi.mp/ulaval/rejoindre-reseau-unic




Maty Niang, nouvelle Responsable des Programmes Éducatifs de l’ARDN

Le Réseau de la Renaissance Africaine et de la Diaspora (ARDN) a procédé à la nomination de Mme Maty Niang en qualité de Responsable Principale des Programmes pour les Initiatives Éducatives de l’ARDN en Afrique, à compter du lundi 3 février 2025.

Maty Niang
Maty Niang

Dans ce rôle clé, Mme Niang dirigera la mise en œuvre des programmes éducatifs de l’ARDN à travers le continent, en développant des partenariats avec des institutions éducatives, en renforçant les initiatives de renforcement des capacités des jeunes, et en promouvant les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, avec un accent particulier sur l’égalité des sexes et l’éducation.

Avec plus de dix ans d’expérience dans les domaines de l’éducation, de la gestion de programmes et de la promotion de l’égalité des sexes, Mme Niang apporte une expertise précieuse et une compréhension approfondie du contexte africain. Son expérience avérée dans l’établissement des partenariats universitaires, la gestion d’initiatives axées sur les jeunes et la défense de pratiques équitables en matière d’éducation fait d’elle un atout inestimable pour l’équipe de direction de l’ARDN.

Le Dr Djibril Diallo, Président et PDG de l’ARDN, a exprimé son enthousiasme à propos de cette nomination :

Dr Djibril Diallo PDG de l’ARN
Dr Djibril Diallo PDG de l’ARN

“L’expérience approfondie de Maty Niang et son engagement indéfectible en faveur de l’éducation et de l’égalité des sexes s’alignent parfaitement avec la mission de l’ARDN. Son leadership sera déterminant pour atteindre notre objectif de lutter contre les discriminations et d’autonomiser les communautés à travers l’Afrique. Nous sommes ravis de l’accueillir dans ce rôle essentiel.” 

En tant que Responsable Principale des Programmes, Mme Niang dirigera des initiatives clés, notamment le renforcement des partenariats avec TRACE, une plateforme musicale urbaine mondiale qui promeut la culture, la créativité et le développement communautaire, ainsi que la mise en œuvre du protocole d’accord signé avec la National Association for Equal Opportunity in Higher Education (NAFEO) – une association regroupant des universités historiquement noires (HBCU). Elle se concentrera également sur la mobilisation de ressources, l’organisation d’ateliers et le développement de programmes pour les jeunes abordant des problématiques cruciales telles que la formation professionnelle, le changement climatique et l’équité entre les sexes.

Mme Niang a partagé son enthousiasme à l’idée de rejoindre l’ARDN :

“C’est un honneur de rejoindre le Réseau de la Renaissance Africaine et de la Diaspora pour faire avancer sa mission de promotion de l’éducation et de l’égalité des sexes à travers le continent. Je suis profondément engagée à autonomiser les jeunes et à promouvoir des pratiques inclusives qui créent des opportunités durables pour tous. Je me réjouis de contribuer à la vision transformatrice de l’ARDN.”

Basée à Dakar, au Sénégal, Mme Niang travaillera en étroite collaboration avec l’équipe du bureau de Dakar de l’ARDN et relèvera des Co-Présidents de l’Initiative pour l’Enseignement Supérieur de l’ARDN, sous la supervision du Dr Roger Salla Ntounga, Directeur Régional de l’ARDN pour l’Afrique.

Ce rôle illustre l’engagement de l’ARDN à mobiliser des individus de tous les secteurs de la société pour lutter contre les discriminations et les violences, en particulier à l’encontre des femmes et des filles, comme point d’entrée pour la promotion des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, un projet spécial de l’ARDN pour les Nations Unies. La nomination de Mme Niang réaffirme l’engagement de l’organisation à promouvoir un développement durable et à créer un avenir plus équitable.




Dix cadres du ministère de la santé certifiés pour renforcer la lutte contre le paludisme au Bénin 

La salle de réunion du cabinet du ministère de la Santé a abrité, ce jeudi 30 janvier 2024, la cérémonie de remise de certificats aux lauréats de la première cohorte du programme de renforcement des compétences en leadership, management et gouvernance pour l’éradication du paludisme (ALAMIME). Dix cadres du ministère ont ainsi été formés à travers un parcours alternant formations en ligne et en présentiel.

Lutte contre le paludisme des cadres certifés

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme au Bénin, dix cadres du ministère de la Santé ont reçu, ce jeudi 30 janvier 2025, leurs attestations après avoir suivi une formation intensive en leadership, management et gouvernance.

Cette initiative, portée conjointement au Benin par le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et l’Institut Régional de Santé Publique (IRSP), vise à doter les acteurs clés de compétences renforcées pour atteindre l’objectif national d’élimination de la maladie d’ici 2030.  Elle s’inscrit dans le cadre du projet ALAMIME incluant 13 pays africains francophones et anglophones mis sous le leadership de l’université de Makekere en Ouganda.

Présent à la cérémonie, la coordonnatrice du projet au Benin, le professeur Colette AZANDJEME, enseignante-chercheure a l’IRSP a salué la persévérance des participants et demandé que toutes les notions acquises soient maintenant utilisées pour des actions concrètes sur le terrain par la mise en œuvre des plans élaborés. Elle a exhorté les 36 nouveaux participants de la deuxième cohorte du Benin à prendre le pas et donner le meilleur d’eux même dans la riche expérience qui est prévue pour eux dans la formation qui va commencer au cours du mois de février.

A sa suite, le Directeur de la formation, le professeur Ghislain SOPOH, enseignant-chercheur à l’IRSP et représentant du directeur de l’IRSP a rappelé le contexte de la formation, ses objectifs et son déroulement. Il a ensuite proclamé les résultats. Les impétrants ont alors reçu leurs certificats.

Germain PADONOU, Directeur du Centre de Recherche Entomologique de Cotonou, a salué l’engagement des lauréats. « Chers participants, chers lauréats, c’est un grand plaisir pour nous de vous encourager dans cette démarche qui suscite notre engagement formel dans la lutte contre le paludisme. Félicitations à vous et courage aux prochaines cohortes ! », a-t-il déclaré. 

Le Dr Rock AÏKPON, mentor de la formation et coordonnateur national adjoint du PNLP, a souligné l’importance de ce programme. « Il s’agit d’une formation très riche, alternant apprentissages en ligne et sessions en présentiel à Lomé. Les lauréats ont été suivis dans leur stage et leur rédaction de mémoire. Aujourd’hui, nous sommes heureux de voir cette première cohorte couronnée de succès », a-t-il affirmé. 

Pour M. Toumadougou, DPAF du ministère, représentant le ministre de la sante, c’est une réelle fierté que de voir de telle initiative de renforcement de capacite des professionnels de la sante visant à réduire l’impact néfaste d’une maladie qui nuit à tous.

Parlant au nom des lauréats, Saka Iréné AMOUSSOU, chef du service Partenariat et Interventions à base communautaire du PNLP, a insisté sur l’impact des compétences acquises. « Aller vers l’élimination du paludisme d’ici 2030 nécessite des compétences solides. Ces cadres joueront un rôle clé au sein du ministère de la Santé pour atteindre cet objectif. » 

Il a exprimé la satisfaction et l’engagement de tous les lauréats à mettre en pratique les connaissances acquises. Cette initiative marque une étape importante dans le renforcement des capacités des acteurs de la santé publique et témoigne de la détermination du Bénin à éradiquer le paludisme.

Opportune AHITCHEME




Le Niger, premier pays africain à éliminer l’onchocercose selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) félicite le Niger pour avoir satisfait aux critères d’élimination de l’onchocercose, devenant ainsi le cinquième pays au monde et le premier pays en Afrique à être reconnu par l’OMS pour avoir interrompu la transmission du parasite Onchocerca volvulus.

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« Éliminer une maladie est une réussite majeure qui exige un dévouement sans faille », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Je félicite le Niger pour son engagement à libérer sa population de cette maladie cécitante et stigmatisante qui cause tant de souffrances humaines parmi les plus pauvres.

Ce succès témoigne une fois de plus des progrès remarquables que nous avons accomplis dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et offre de l’espoir aux autres nations qui luttent encore contre l’onchocercose, prouvant que l’élimination est possible. »

L’onchocercose, communément appelée cécité des rivières, est une maladie parasitaire qui constitue la deuxième cause infectieuse de cécité dans le monde, après le trachome. Elle est transmise à l’homme par la piqûre de mouches noires infectieuses, principalement présentes dans les zones riveraines. La maladie touche principalement les populations rurales d’Afrique subsaharienne et du Yémen, avec des zones endémiques plus petites dans certaines régions d’Amérique latine.

Efforts et partenariats efficaces menés par les pays

Entre 1976 et 1989, dans le cadre du Programme de lutte contre l’onchocercose en Afrique de l’Ouest (OCP) de l’OMS, le Niger a entrepris des mesures de lutte antivectorielle en pulvérisant des insecticides qui ont considérablement réduit les niveaux de transmission de l’onchocercose. Suite au don d’ivermectine par Merck, Sharpe & Dohme (MSD), les zones encore touchées par la filariose lymphatique (FL) ont fait l’objet d’une administration massive de médicaments (AMM) à base d’ivermectine et d’albendazole de 2008 à 2019, suivie d’une surveillance. Étant donné que l’ivermectine est efficace contre les deux maladies et que les zones ciblées par l’AMM contre la FL étaient également endémiques pour l’onchocercose, cette intervention a également contribué à interrompre la transmission du parasite Onchocerca volvulus .

Le Niger a commencé les évaluations préliminaires sur l’interruption de la transmission de l’onchocercose en 2014 après avoir arrêté la DMM contre la FL dans la plupart des zones. Ces évaluations ont été suivies d’enquêtes entomologiques et épidémiologiques qui ont révélé que la combinaison de médicaments et de lutte antivectorielle avait réussi à éliminer la transmission de l’onchocercose, comme en témoigne la réduction de la prévalence d’environ 60 % à 0,02 %.

Outre les interventions de lutte antivectorielle et les dons de médicaments de MSD, un facteur clé du succès du Niger est le partenariat entre le gouvernement nigérien, l’OMS et les organisations non gouvernementales, qui a permis de mobiliser des ressources et un soutien technique. Le suivi continu de la prévalence de la maladie et de son impact a permis d’ajuster les stratégies en temps opportun et de garantir l’efficacité des interventions.       

 « L’onchocercose est depuis longtemps à l’origine d’immenses souffrances humaines. Elle entrave également le développement économique des communautés touchées, éloignant les populations des rivières, qui sont souvent vitales pour leurs moyens de subsistance », déclare le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Le succès du Niger met fin à ce fardeau pour sa population. Il positionne également le Niger comme un modèle pour l’élimination des maladies tropicales négligées en Afrique. Le pays a déjà démontré son leadership en matière de santé publique en éliminant la maladie du ver de Guinée en 2013. Aujourd’hui, il franchit une nouvelle étape historique. »

À l’échelle mondiale, 54 pays ont éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Le Niger rejoint quatre autres pays qui ont été vérifiés par l’OMS pour l’élimination de l’onchocercose, tous dans la Région des Amériques : la Colombie (2013), l’Équateur (2014), le Guatemala (2016) et le Mexique (2015).

Dans la région africaine de l’OMS, 21 pays ont éliminé au moins une maladie tropicale négligée. L’onchocercose est la deuxième maladie tropicale négligée éliminée au Niger : le pays a été certifié exempt de transmission de la dracunculose (maladie du ver de Guinée) en 2013.




La campagne « Aller plus loin » de Speak Up Africa, amplifie la lutte contre les MTN

À l’occasion de la Journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN), Speak Up Africa répond à l’appel mondial « Unir, Agir, Éliminer » avec son initiative ALLER PLUS LOIN. Cette initiative repousse les frontières de la lutte contre les MTN en mobilisant une coalition diversifiée de porte-voix.

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La campagne « Aller plus loin » mobilise un large éventail d’acteurs – artistes, athlètes et personnes touchées par les MTN – avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Elle vise à construire un mouvement communautaire avec trois objectifs principaux : faire des MTN une priorité dans l’agenda sanitaire, augmenter les investissements, et développer des solutions centrées sur les personnes et leurs communautés. Cette initiative est cruciale alors que plus d’un milliard de personnes dans le monde sont touchées par ces maladies évitables et traitables, le continent africain supportant à lui seul 40 % de cette charge.

La Journée mondiale des MTN est l’occasion de célébrer les progrès réalisés : vingt-deux nations africaines ont déjà éliminé au moins une MTN, et plusieurs d’entre elles en ont éliminé plus d’une, ce qui témoigne du fort engagement du continent en faveur de la santé publique. Le monde est maintenant à mi-chemin de l’objectif de la feuille de route 2030 de l’OMS sur les MTN, visant l’élimination d’au moins une MTN dans 100 pays d’ici 2030.

Cette journée est également l’occasion d’aborder les défis qui nous attendent : le renforcement des systèmes de santé, le lien entre les MTN et le changement climatique dans un monde confronté à des changements environnementaux croissants et le manque d’approches centrées sur la personne et dirigées par la communauté.

L’initiative ALLER PLUS LOIN explore de nouvelles opportunités dans la lutte contre les MTN en impliquant les personnes et les communautés affectées par les maladies tropicales négligées. Nous mettons à profit leur expertise inestimable et veillons à ce que les solutions soient adaptées aux besoins réels. Nous défions et allons plus loin que les approches traditionnelles de plaidoyer en santé en encourageant la collaboration intersectorielle, en amplifiant les voix communautaires et en favorisant des partenariats inclusifs. Ces champions illustrent la puissance de la diversité, établissant une nouvelle norme pour ce que signifie unir, agir et éliminer les MTN.

« À travers ALLER PLUS LOIN, nous amplifions les voix des artistes, des athlètes et des leaders communautaires à travers l’Afrique pour transformer notre façon de lutter contre les maladies tropicales négligées. En apportant ces perspectives diverses aux décideurs, nous créons l’élan politique et l’engagement communautaire nécessaires pour éliminer définitivement les MTN », déclare Yacine Djibo, Directrice Exécutive et Fondatrice de Speak Up Africa.

Pour la Journée mondiale des MTN, l’initiative ALLER PLUS LOIN rassemblera des jeunes leaders, des musiciens et des artistes à travers le Sénégal, le Kenya et l’Éthiopie et reliera les communautés grâce au pouvoir du sport au Bénin et au Sénégal. En partenariat avec la Basketball Africa League (BAL), les jeunes apprendront comment prévenir et combattre les MTN dans leurs communautés et leurs adversaires sur le terrain en participant à un match de basketball. Au Niger, Burkina Faso et Kenya, des communautés organiseront également des ateliers et des dépistages pour sensibiliser et améliorer la détection dans leurs communautés.

Des champions à travers l’Afrique s’uniront pour soutenir l’élimination des MTN en cette Journée mondiale des MTN en utilisant leurs voix, leurs plateformes et leur expertise pour assurer la durabilité, l’efficacité et l’équité dans la lutte contre les MTN.

L’heure est à l’action. Nous appelons les dirigeants mondiaux à démontrer leur engagement en intégrant les objectifs d’élimination des MTN dans les politiques nationales de santé, en allouant des lignes budgétaires dédiées et en intégrant les programmes MTN dans les plans de couverture sanitaire universelle.

Notre réussite collective repose sur une action coordonnée à tous les niveaux : les gouvernements doivent renforcer leurs financements nationaux, le secteur privé doit investir dans des solutions innovantes de distribution des traitements, et les partenaires financiers doivent maintenir leur appui vital. Car ne rien faire coûtera bien plus cher que d’agir pour l’élimination de ces maladies.

Ensemble, nous devons aller plus loin que les approches traditionnelles et forger de nouveaux partenariats qui placent les communautés affectées au centre des solutions. En cette Journée mondiale des MTN, rejoignez-nous pour construire un avenir où les maladies tropicales ne seront plus négligées.