De la terre à l\’assiette : Le Bénin défend ses semences paysannes

Une diversité de voix s\’est levée ce vendredi 26 juillet 2024, au siège du CEVASTE, pour discuter de l\’avenir agroécologique du Bénin. L\’événement, rassemblant pasteurs, musulmans, chefs coutumiers, acteurs agricoles, avait pour objectif d\’influencer les politiques en matière de souveraineté alimentaire, de résilience communautaire et de régénération de la diversité bioculturelle en Afrique.

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Photo d\’ensemble

L\’importance de la rencontre est de permettre aux organisations de s\’exprimer sur la situation du Bénin en matière d\’importation de semences et d\’engrais chimiques, ainsi que sur la décision gouvernementale de créer une entreprise nationale des semences, explique Daniel Jean Edwens, chargé de projet au CEVASTE.

Pour Dah Atawé Akoyi Oussou Lio, Président de GRABE Bénin ONG et membre de l\’ABN, les semences constituent la santé de l’Homme, son histoire, sa culture et sa suivie. Il n’a pas manqué de mettre en lumière l\’importance de la souveraineté alimentaire liée aux semences. Il a évoqué les questions de santé, le transfert de connaissances et les rituels traditionnels entourant les semences. Dah Akowé a également alerté sur les dangers des semences génétiquement modifiées, soulignant les richesses culturelles et historiques que chaque semence porte en elle.

Au cours de cette séance, et parlant de la récente décision du gouvernement de créer une société des semences et Plants, l’activiste pour la Nature et membre de la FAEB et du réseau Jinunkun Patrice Sagbo a exprimé la ferme position de la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB). En effet, il s’agit  d’une désapprobation catégorique. L’activiste a rappelé que les semences paysannes, bien que perçues comme non performantes par les autorités, ont nourri des générations pendant des millénaires. Selon lui, le véritable problème réside dans les pratiques actuelles entourant les semences, notamment l\’importation d\’intrants chimiques. Patrice Sagbo a plaidé pour une valorisation des semences paysannes pour renforcer le système alimentaire du Bénin.

Une réalité à laquelle s’accordent toutes les parties prenantes à cette rencontre. Fagnon Issac, pasteur et fondateur du Ministère Église Missionnaire Évangélique la Lumière des Nations, a déclaré : « Comme le Dieu tout Puissant nous recommande d’aller évangéliser pour que les âmes soient sauvées, je sensibiliserai à la suite de cette séance mes fidèles sur les pratiques et les enseignements que j’ai découverts ici au CEVASTE. »

Le chef religieux, Hounon Agbovode Mandje Agbogni, à l’Etat civile, Dossou-Yovo Aubin, a également pris l\’engagement de partager les connaissances acquises à l’endroit de ses communautés à la base afin de préserver les semences paysannes.

Il est impératif de revenir aux anciennes pratiques agricole c’est ce que préconise la jeune entrepreneure agricole, Clarisse Adansi, qui a vu ses connaissances actualisées  au cours de cette séance débat.

La rencontre a pris fin sur le plaidoyer du Père Jah qui a, souligné l\’importance de revenir aux principes de l\’agroécologie en multipliant et partageant les semences, afin d’aller de l\’autonomie à la suffisance alimentaire puis de la suffisance alimentaire à la souveraineté alimentaire.

Il a rappelé l\’ordre divin de cultiver et de préserver la fertilité de la terre, invitant chacun à bâtir une nouvelle création sans les vicissitudes des engrais chimiques, mais plutôt un pays prospère où coulent le lait et le miel, grâce à un retour aux traditions.

Cette séance d’échange et de débat marque un grand pas vers une prise de conscience collective et une action concertée des acteurs à divers niveaux pour la préservation des semences paysannes. Elle fait renaître un espoir : celui de voir la terre béninoise prospérer grâce à ses propres richesses naturelles et culturelles.

Rappelons que cette activité organisée par le Centre d’Expérimentation et de Valorisation de l’Agro écologie des Sciences et Techniques Endogènes (CEVASTE) avec la Fédération AgroEcologique du Bénin (FAEB) est soutenue par l\’African Biodiversity Network (ABN) et Brot für die Welt. Une pensée particulière a été adressée à la Feue Mère Jah.

Megan Valère SOSSOU




RAYLF 2024: Innocent Antoine HOUEDJI honore le Bénin au Royal African Young Leadership Forum

Le Royal African Young Leadership Forum (RAYLF), qui s\’est tenu du 09 au 13 juillet 2024 à Ife, au Nigeria, a mis en lumière des jeunes leaders exceptionnels à travers le continent. Parmi eux, Innocent Antoine HOUEDJI a particulièrement brillé par son engagement et son innovation dans le secteur agricole et foncier.

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Innocent Antoine HOUEDJI

Lors de la cérémonie de clôture du 13 juillet, Sa Majesté Ooni Adeyeye Enitan Ogunwusi, Ojaja II, l\’Ooni d\’Ife, a personnellement remis un prix prestigieux à HOUEDJI, soulignant ainsi son impact significatif.

Reconnu pour son leadership et son innovation dans le secteur agricole et foncier, HOUEDJI est l\’un des 100 jeunes leaders de 40 pays africains à avoir été récompensés cette année. Ce prix prestigieux souligne son travail acharné et sa vision pour la gouvernance foncière en Afrique, ainsi que pour une agriculture durable et prospère.

Qui est Innocent Antoine HOUEDJI ?

Fondateur de l’organisation internationale « Youth Initiative for Land in Africa (YILAA) », active dans 25 pays, Innocent Antoine HOUEDJI possède une riche expérience en gouvernance foncière et en gestion des données agricoles. Ce prix confirme son engagement à provoquer des changements positifs, à influencer la société et à encourager des partenariats productifs, renforçant ainsi l\’image mondiale de l\’Afrique. En exprimant sa gratitude, HOUEDJI a déclaré : « Ce prix est une reconnaissance de nos efforts collectifs et une motivation pour aller de l\’avant. » Sa vision et son dévouement ont été largement applaudis, augurant de grandes réalisations futures pour YILAA.
Avec plus de 10 ans d\’expérience dans le secteur de la terre et de la gouvernance foncière en Afrique, Innocent Antoine HOUEDJI a su se distinguer par ses compétences en gestion, planification d\’entreprise, analyse financière, ingénierie logicielle, opérations et analyse décisionnelle. Avant de fonder YILAA en 2019, il a travaillé sur le projet d\’accès à la terre de la Millennium Challenge Corporation au Bénin et a occupé divers postes de direction, dont celui de chef de bureau de l\’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) du Bénin.
Une influence régionale et internationale
Expert reconnu, HOUEDJI est membre du groupe de travail régional de l\’Observatoire Régional du Foncier Rural en Afrique de l\’Ouest (ORFAO) de l\’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et facilite la Plateforme Multi-Acteurs sur la Gouvernance Foncière Sensible aux Jeunes en Afrique, une initiative de l\’Union Africaine en partenariat avec la Coalition Mondiale pour l\’Accès à la Terre (ILC), l\’IGAD, Landesa et YILAA. Il a également collaboré avec de nombreuses institutions internationales, dont la Coalition internationale pour l\’accès à la terre, le FIDA, l\’UEMOA, la CEDEAO, l\’Institut international d\’agriculture tropicale (IITA), la Giz, la Global Land Alliance, la Fondation Cadasta, Kadaster International, le PNUE, l\’OIM, l\’UNCCD et l\’UNFCCC.
L’engagement et la détermination d\’Innocent Antoine HOUEDJI promettent de continuer à apporter des changements positifs dans le domaine agricole et foncier en Afrique. Le RAYLF a ainsi non seulement reconnu un leader émérite, mais aussi encouragé une vision transformative pour l\’avenir du continent.

Megan Valère SOSSOU




Soutenance de thèse à l\’université de Parakou : Le journaliste Ernest Agbota décroche un doctorat en Sociologie des Ressources Naturelles

Le cercle des docteurs de l\’université de Parakou s\’élargit. Ce jeudi 25 juillet 2024, l\’École Doctorale des Sciences Agronomiques et de l\’Eau de l\’université de Parakou a enregistré un nouveau docteur parmi ses étudiants. Ernest Agbota, puisqu\’il s\’agit de lui, a soutenu sa thèse de doctorat sur le thème « Accessibilité des informations et services agro météorologiques aux producteurs périurbains de vivriers à Parakou ».

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Ernest Agbota

L’objectif, selon l’impétrant, est d\’analyser les modes d’accessibilité des producteurs périurbains de vivriers aux informations et services agro météorologiques, afin de proposer aux acteurs impliqués des mesures pour une meilleure diffusion et accessibilité des informations et des services agro météorologiques, indispensables à la résilience des producteurs face au changement climatique. Pendant plus de trois heures, Ernest Agbota a brillamment défendu sa thèse sous le regard critique et admiratif d’un jury composé de six éminents professeurs dont deux étaient en ligne.

Il s’agit de Jean Bosco Kpatindé VODOUNOU, Président du jury, Professeur Titulaire à l’université de Parakou, de Julien Comlan HADONOU, Directeur de thèse, Maître de Conférences à l’université de Parakou, de Yvette Doubogan ONIBON, Examinatrice, Professeure Titulaire à l’université de Parakou, de Charles Lambert BABADJIDE, Examinateur, Professeur Titulaire à l’université d’Abomey-Calavi, de Tatongueba SOUSSOU, Examinateur, Maître de Conférences à l’université de Kara au Togo, et de Rodrigue Sèdjrofidé MONTCHO, Examinateur, Maître de Conférences à l’université de Parakou.

Pour le professeur Tatongueba SOUSSOU, examinateur venu de l’université de Kara au Togo, l’impétrant a obtenu des résultats satisfaisants, reposant sur une méthodologie adéquate. Sur la base de la qualité de la présentation, de la pertinence du sujet traité et des résultats de recherche jugés très satisfaisants, le jury présidé par le professeur Jean Bosco Vodounou a décerné à l’impétrant la mention « très honorable ». Une délibération qui a fortement réjoui les parents et amis d\’Ernest Agbota, venus nombreux soutenir le désormais docteur en Sociologie des Ressources Naturelles.

Pour Ernest Agbota, c\’est le couronnement de plusieurs années de recherche sur un sujet très préoccupant pour les producteurs agricoles, surtout dans le contexte actuel du changement climatique. À l’en croire, l’agriculture urbaine et périurbaine n’est pas souvent prise en compte dans les politiques de développement agricole, et donc les producteurs des milieux urbains ne sont pas suffisamment accompagnés par les services compétents en matière d’informations et de services agro météorologiques.

Il souligne que les savoirs écologiques endogènes, qui autrefois permettaient aux agriculteurs de s’adapter aux aléas climatiques, sont en voie de disparition alors que les services fournis par la météo moderne ne couvrent pas suffisamment les besoins réels des producteurs. Toutes ces choses rendent vulnérables les agriculteurs face à la crise climatique.

« Cette thèse se positionne donc comme une orientation pour les politiques visant à améliorer l’accès des producteurs aux informations et services agro météorologiques, indispensables pour une résilience efficace du secteur agricole face au changement climatique », a-t-il clamé. En perspective, le journaliste envisage de poursuivre ses recherches sur les enjeux de l’agriculture de précision au Nord Bénin.

Faut-il le préciser, la thèse soutenue par Ernest Agbota a été dirigée par le professeur Julien Comlan Hadonou, Maître de Conférences des universités du CAMES.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




VIH/SIDA en Afrique de l\’Ouest, du Centre et du Nord : Une course contre la montre pour atteindre les objectifs de 2025

Avec seulement 9 % de la population mondiale (748 millions de personnes), l\’Afrique de l\’Ouest, du Centre et du Nord porte un fardeau disproportionné dans la lutte contre le VIH/SIDA. Selon le nouveau rapport mondial sur le SIDA publié le 23 Juillet dernier, en 2023, cette région a enregistré des statistiques alarmantes:

– 13 % de toutes les personnes vivant avec le VIH (5,2 millions)

– 15 % de toutes les nouvelles infections à VIH

– 20 % de tous les décès dus au sida (130 000)

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La région est loin de réaliser les objectifs fixés pour 2025 en matière de nouvelles infections et de décès liés au sida. En 2023, on comptait 196 000 nouvelles infections à VIH et 130 000 décès dus au sida, portant le nombre total de personnes vivant avec le VIH à 5,2 millions. Comparé à 2010, la tendance montre une augmentation des infections dans certaines parties du monde, notamment en Europe de l\’Est, en Asie centrale, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Cependant, des baisses significatives ont été observées en Asie-Pacifique, en Europe occidentale et centrale, en Amérique du Nord, dans les Caraïbes et en Afrique subsaharienne.

Disparités régionales et préoccupations

Bien que les nouvelles infections à VIH diminuent globalement en Afrique subsaharienne, cette baisse n\’est pas uniforme. La diminution de l\’utilisation des préservatifs chez les adolescents et les jeunes adultes, particulièrement dans les pays à forte prévalence du VIH, est préoccupante. Les messages de prévention ne semblent pas avoir l\’impact escompté sur cette tranche d\’âge, malgré l\’importance des préservatifs pour prévenir le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non désirées.

Des efforts insuffisants

Pour combler les lacunes dans la cascade de soins, un traitement plus précoce et une meilleure rétention sont nécessaires. Actuellement, seulement 48 % des enfants vivant avec le VIH ont une charge virale supprimée. Le concept \ »Indétectable = Intransmissible\ » (U=U) n\’est pas suffisamment compris par les décideurs politiques, les professionnels de santé et les personnes vivant avec le VIH, bien qu\’il soit une avancée majeure dans la lutte contre le virus.

Les nouvelles infections par le VIH chez les enfants restent une problématique majeure. L\’Afrique occidentale et centrale représente plus de 41 % des nouvelles infections verticales, tandis que l\’Afrique orientale et australe en compte environ 43 %. Les programmes de prévention doivent s\’assurer que les femmes reçoivent un traitement pendant la grossesse et l\’allaitement.

Lutte contre la stigmatisation et la discrimination

Les progrès en matière de discrimination sont lents. Seuls trois pays (Eswatini, Rwanda et Argentine) sont proches de l\’objectif concernant les attitudes discriminatoires envers les personnes vivant avec le VIH. Les obstacles aux soins, tels que la stigmatisation et la discrimination, doivent être levés pour améliorer l\’accès aux services de santé. Environ 13 % des personnes vivant avec le VIH ont signalé des discriminations en cherchant des soins liés au VIH, et 25 % ont vécu des expériences similaires pour d\’autres soins de santé. Un tiers des personnes confrontées à la stigmatisation ont interrompu ou arrêté leur traitement.

Besoins non satisfaits en contraception et ressources financières

Les besoins en contraception moderne restent élevés, surtout en Afrique subsaharienne, où près de 47 % des femmes adultes et 53 % des adolescentes (15-19 ans) n\’ont pas accès à des méthodes modernes. Les financements pour la prévention du VIH et les programmes de soutien sont insuffisants. En 2023, entre 1,8 et 2,4 milliards USD étaient disponibles pour les programmes de prévention primaire, alors que 9,5 milliards seront nécessaires en 2025. Les dépenses pour les interventions en faveur des populations clés restent faibles, représentant en moyenne seulement 2,6 % des dépenses totales en matière de VIH.

Les dirigeants et les décideurs politiques doivent agir urgemment pour garantir l\’accès aux services de traitement et de prévention. Respecter les droits de l\’homme, abolir les lois injustes et lutter contre la discrimination sont essentiels pour une réponse efficace au VIH. Les financements doivent être augmentés pour atteindre les objectifs de 2025 et assurer une réponse durable au VIH, intégrée aux services sociaux et de santé, avec les communautés et les droits au centre.

La lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l\’Ouest, du Centre et du Nord est à un tournant critique. Les efforts doivent être intensifiés pour combler les lacunes existantes, améliorer les programmes de prévention et de traitement, et assurer une réponse équitable et durable. Les investissements aujourd\’hui détermineront l\’atteinte des objectifs de 2025 et la viabilité des décennies futures.

Megan Valère SOSSOU




Lutte contre la Tuberculose : Un nouveau vaccin en phase d\’essai renait l’espoir

En mars 2024, les premières doses d\’un nouveau vaccin contre la tuberculose ont été administrées à Johannesburg en Afrique du Sud, marquant une avancée révolutionnaire dans la lutte contre cette maladie meurtrière.

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 « S’il marche, ce vaccin pourrait complètement changer la donne en matière de prévention de la tuberculose », déclare la professeure Lee Fairlie de l’institut de recherche Wits RHI, co-investigatrice principale de l\’étude clinique menée en Afrique du Sud avec le professeur Willem Hanekom de l\’Africa Health Research Institute. L\’étude vise à évaluer l\’efficacité du vaccin candidat M72/AS01E chez les adolescents et les adultes de moins de 45 ans.

Une étude de grande envergure

Cet essai de phase 3 inclura 20 000 participants volontaires de sept pays : 50 à 60 % seront recrutés en Afrique du Sud, les autres en Zambie, au Malawi, au Mozambique, au Kenya, en Indonésie et au Vietnam. La tuberculose représente un lourd fardeau pour la santé mondiale, étant la deuxième cause de mortalité infectieuse après la COVID-19 en 2022, avec plus de décès que le VIH/sida.

« La tuberculose frappe chaque année environ 280 000 personnes en Afrique du Sud et 10,6 millions dans le monde, avec 1,3 million de décès », explique la professeure Fairlie. « Il s\’agit d\’un problème majeur, en particulier pour les pays à revenu faible ou intermédiaire. »

Limites du vaccin actuel

Actuellement, le seul vaccin disponible pour la prévention de la tuberculose est le BCG, administré à la naissance dans certains pays. Bien que le BCG offre une bonne protection contre la tuberculose chez les jeunes enfants, il a ses limites. « Le BCG protège les jeunes enfants, en particulier ceux de moins de cinq ans, mais ne protège pas beaucoup au-delà de la petite enfance », explique la professeure Fairlie.

Prévenir la tuberculose latente

Le nouveau vaccin vise à empêcher la tuberculose latente de se transformer en tuberculose maladie, mais pas à empêcher l’infection initiale. Environ un quart de la population mondiale est infectée par le bacille de Koch, mais la majorité réussit à contrôler l’infection sans développer la maladie. Cependant, sous l\’effet de facteurs tels que le VIH, la malnutrition ou le diabète, l\’infection peut se réactiver et devenir symptomatique et contagieuse.

Des résultats prometteurs

Une première étude a montré une réduction de 50 % des cas de tuberculose pulmonaire chez les sujets présentant des signes de tuberculose latente et vaccinés avec le vaccin M72/AS01E. Les chercheurs espèrent que l\’essai en cours confirmera ces résultats prometteurs.

Suivi rigoureux et objectifs de l\’étude

Les participants à l\’essai recevront soit un placebo, soit le vaccin, l’attribution se faisant au hasard et en « double aveugle ». Le vaccin ou le placebo sera administré en deux doses, le premier jour et le 29e jour de l’étude, avec un suivi rigoureux des événements indésirables et des symptômes de la tuberculose. L’objectif principal de l\’étude sera atteint lorsque 110 participants développeront la tuberculose, une analyse prévue pour durer au moins quatre ans.

Un impact global potentiel

La professeure Fairlie est très enthousiaste quant au potentiel de ce vaccin candidat. « C’est une perspective formidable de pouvoir disposer d\’un excellent moyen de prévenir la tuberculose sans l\’obligation de prendre un traitement ou de se rendre régulièrement dans un centre de santé », affirme-t-elle. « Un vaccin efficace pourrait transformer radicalement la prévention de la tuberculose, améliorant la santé publique et les conditions socio-économiques des populations affectées. »

Avec ces essais en cours, l\’espoir renaît pour des millions de personnes dans le monde entier, alors que la lutte contre la tuberculose entre dans une nouvelle ère.

Megan Valère SOSSOU




Climate Clock Bénin : les jeunes béninois donnent de la voix pour l’énergie renouvelable à la Climate Emergency Day 2024

Le 20 juillet 2024, l\’amphithéâtre Fakambi de l\’université d\’Abomey-Calavi a accueilli plus d\’une cinquantaine de jeunes passionnés pour la Climate Emergency Day 2024, organisée par Climate Clock Bénin. De 13h à 18h, l\’événement a rassemblé des participants, des partenaires et des invités, tous animés par une réflexion profonde sur le thème : \ »Énergies renouvelables et urgence climatique\ ».

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En lançant officiellement la conférence, Crispus Dandaho, membre de l\’équipe de Climate Clock Bénin, a souhaité la bienvenue aux participants rappelant la nécessité d’échanger pour trouver des solutions à la crise climatique. Son intervention a été suivie de celle de Issiba Koba, représentante du Directeur Général pour l\’Environnement et le Climat. Son exposé a mis en lumière les besoins et priorités du Bénin en matière d\’énergies renouvelables. Issiba Koba a souligné l\’importance des divers instruments politiques pouvant servir de cadre aux actions environnementales des jeunes. Elle a également mis en avant les nombreux mécanismes de financement disponibles pour soutenir les initiatives vertes portées par les jeunes.

Un panel de discussion, composé principalement de jeunes leaders d\’organisations et d\’associations œuvrant pour la justice climatique a servi de cadre pour les échanges sur le thème : \ »Énergies renouvelables et urgence climatique\ ».

Ghislain Mahouton, adjoint responsable du bureau d\’organisation, a apporté des précisions importantes sur l\’impact des énergies fossiles. « D’après les Nations-Unis, les énergies fossiles représentent 75 % des émissions de gaz à effet de serre et 90 % des émissions de dioxyde de carbone qui retiennent la chaleur du soleil », a-t-il informé. Il a ajouté : « Il est temps d’arrêter les énergies fossiles et de financer notre avenir. »

Pour illustrer cette transition, l’équipe de Climate Clock propose des solutions concrètes telles qu’une transition juste vers 100% d\’énergies renouvelables, le financement du climat, la protection des terres indigènes, l\’atteinte de la parité de genre, et le désinvestissement des énergies fossiles.

Cette journée mémorable a été clôturée par une marche pour la justice climatique qui a rassemblé de nombreux jeunes, renforçant leur engagement pour la cause. Cette mobilisation des jeunes béninois lors de Climate Emergency Day 2024 montre une détermination sans faille à faire entendre leur voix pour la justice climatique.

Josué Mahugnon TCHAGNONSI




Gestion de l’Aire Marine de Donaten: RAMPAO dote Nature Tropicale ONG de matériels et équipements pour sauver les espèces menacées au Bénin

Le vendredi 19 juillet 2024, le Centre d\’Éducation Environnementale et du Développement Durable (CEEDD) de Tokplégbé, connu sous le nom de Village des Tortues Marines, a abrité une cérémonie particulière de remise de matériels et équipements essentiels à Nature Tropicale ONG. Une cérémonie présidée par  Dr. Ir. Ogoudje Isidore AMAHOUE, Coordinateur Technique Régional de RAMPAO. Un acte qui marque une grande avancée dans les efforts pour protéger les espèces marines menacées au Bénin.

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Dotation en matériels et équipements

Le projet, financé par le FFEM et orchestré par RAMPAO pour l’année 2024, vise à renforcer les capacités des communautés locales et à assurer un suivi bioécologique rigoureux des écosystèmes marins et côtiers. Ce projet, intitulé « Renforcement des capacités des communautés locales et suivi bioécologique des écosystèmes marins et côtiers pour la gestion durable de l’Aire Marine Protégée de Donaten au Bénin », est prévu pour s’étendre de mars à octobre 2024.

Une Cérémonie Chargée d’Emotion et d’Espoir

La cérémonie, empreinte de solennité, a vu la participation de nombreux acteurs clés. Les écogardes, les agents assermentés de l’État, dont la Brigade de Protection du Littoral et de Lutte anti-Pollution (BPLP), la Brigade de Protection des Écosystèmes Marins et Côtiers (BPEMC) et la Police Fluviale, ainsi que les femmes partenaires du centre, ont tous répondu présents. Le Dr. Ir. Isidore AMAHOUE a officiellement remis les équipements comprenant 10 téléphones portables Android, une moto performante pour les patrouilles, 5 gilets de sauvetage et 10 imperméables à Nature Tropicale ONG.

Ces équipements sont destinés à améliorer les opérations de suivi et de surveillance au sein de l’Aire Marine Protégée (AMP) de Donaten. Ils joueront un rôle vital dans la collecte des données, la documentation et la protection des espèces menacées.

Des Efforts Conjoints pour une Protection Durable

Les jours à venir verront l’organisation de missions de suivi bioécologique conjointes. Ces missions mobiliseront les écogardes, la BPLP, la BPEMC et la Police Fluviale dans une synergie sans précédent pour une protection efficace et durable de l’AMP de Donaten.

Le soutien de RAMPAO ne s’arrête pas là. En collaboration avec le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF), RAMPAO appuie le Gouvernement du Bénin dans l’étude diagnostique de l’AMP de Donaten. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’élaboration d’un plan d’aménagement et de gestion de cette aire marine, essentielle pour la sauvegarde des écosystèmes marins et côtiers du Bénin.

Cette cérémonie marque un tournant dans les efforts de conservation au Bénin, symbolisant l\’engagement continu de RAMPAO et de Nature Tropicale ONG pour un avenir où les espèces marines menacées pourront prospérer dans un environnement protégé et durable.

Megan Valère SOSSOU




Autonomisation de la femme : Des avancées notables grâce à ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

Le mercredi 17 juillet 2024, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a tenu un webinaire sur le thème : « Autonomisation de la femme : enjeux, défis et perspectives en Afrique de l’Ouest et du Centre ». Cette session virtuelle a permis de réunir une cinquantaine de journalistes, formés par Mme Arlette Mvondo, conseillère régionale sur les violences à l’égard des femmes et des filles au bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre à ONU Femmes.

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Mme Arlette Mvondo, conseillère régionale sur les violences à l’égard des femmes et des filles au bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre à ONU Femmes

Mme Mvondo a souligné l’importance de l’autonomisation de la femme, un objectif clé des ODD à l’horizon 2030. Elle a détaillé comment ce vaste sujet englobe divers aspects incluant l’accès à la santé, à l’éducation, aux services sociaux de base, à l’emploi, et même des postes gouvernementaux spécifiques aux questions féminines. « Quand on parle de l’autonomisation de la femme, on parle de développement », a-t-elle affirmé, illustrant l’impact profond de l’éducation sur la réduction des violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que sur le développement national.

Stratégies et avancées

Mme Mvondo a également abordé les avancées réalisées malgré les pesanteurs sociales persistantes en Afrique de l’Ouest et du Centre. Grâce à l’apport des différents acteurs sociaux, y compris les médias, ONU Femmes a réussi à induire des changements de mentalité significatifs.

En matière de stratégies pour atteindre les Objectifs du Développement Durable (ODD 2030), ONU Femmes se concentre sur plusieurs thématiques. Celles-ci incluent la représentation des femmes dans les instances de prise de décision, l’entrepreneuriat féminin avec des appuis financiers, et la promotion de la masculinité positive. Pour mettre en œuvre ces stratégies, l’organisme collabore étroitement avec la société civile et les décideurs politiques. Dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, elle a mis en avant le partenariat entre ONU Femmes et l’UNFPA à travers le programme Mousko. Un programme qui a visé la promotion de l’accès des femmes aux méthodes contraceptives et à l’interruption sécurisée de la grossesse lorsque la loi le permet. « Nous travaillons à plusieurs niveaux : établir un cadre normatif favorable, renforcer la qualité des services hospitaliers et sensibiliser les communautés pour changer les mentalités » a-t-elle indiqué.

Focus sur l’autonomisation financière

L’autonomisation financière des femmes est une priorité pour ONU Femmes, qui investit dans l’entrepreneuriat féminin et facilite l’accès aux ressources financières. « Les femmes ont moins d’opportunités que les hommes d’accéder à des institutions financières. C’est ainsi que dans les pays en développement, les disparités entre les hommes et les femmes sont de 6%, et à l’échelle mondiale, elles sont à 4% », a précisé Mme Mvondo.

Après l’intervention de Mme Mvondo, les participants ont pu poser des questions et recevoir des réponses détaillées. Pour conclure, la conseillère régionale a encouragé les médias à maintenir la pression sur les décideurs politiques afin de garantir la mise en œuvre et le suivi des lois et règlements en faveur de l’autonomisation de la femme.

Megan Valère SOSSOU




Nigéria – Cameroun: la préservation du plateau du Mont Mandara au cœur d’un atelier à Abuja

La capitale nigériane, Abuja, a abrité du 8 au 10 juillet 2024 l’atelier régional de validation des résultats de l’étude sur la plateforme fonctionnelle des écosystèmes du plateau du Mont Mandara. À la fin de cette rencontre, des recommandations pertinentes ont été formulées pour une meilleure gestion de cet écosystème partagé entre le Nigeria et le Cameroun.

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M. Adeyinka Adenopo, directeur de la planification des ressources en eau et des services d’appui technique du ministère en charge de l’eau de la République fédérale du Nigeria, a participé activement à cet atelier. À pas feutrés, le Projet NB-ITTAS travaille pour améliorer la gestion, la gouvernance et la conservation des ressources naturelles du Bassin du Niger et du système aquifère d’Iullemeden – Taoudéni/Tanezrouft. L’atelier régional de validation des résultats de l’étude sur la plateforme fonctionnelle des écosystèmes du plateau du Mont Mandara en est une belle illustration.

Au cours des trois jours de cet atelier, les participants ont apprécié, grâce à une série de communications, les documents portant sur le projet pilote, le programme de renforcement des capacités et le système de surveillance des écosystèmes du plateau du Mont Mandara. Les travaux de groupe qui ont succédé aux communications ont permis aux participants d’enrichir ces différents documents en tenant compte de deux aspects : le budget disponible pour la mise en œuvre des activités retenues et leur délai d’exécution, qui doit s’arrimer à la période restante pour la mise en œuvre du projet NB-ITTAS. Sur ces deux fondements, les participants ont identifié les activités les plus pertinentes du projet pilote de démonstration à exécuter dans le délai imparti par le projet.

L’atelier s’est aussi penché sur le programme de renforcement des capacités organisationnelles et techniques des bénéficiaires du projet pour sa mise en œuvre efficace. Le mécanisme du système de surveillance conjointe en appui aux structures de gouvernance a également été discuté. Il s’agissait d’identifier les indicateurs prioritaires et communs de surveillance des écosystèmes du plateau du Mont Mandara au Cameroun et au Nigeria.

Les recommandations formulées

À l’endroit de toutes les parties prenantes :

– Veiller à remplir le mandat en exécutant le projet dans les délais impartis. En cas de non-respect des délais d’ici la fin de l’année, inviter les bailleurs à accorder une rallonge de temps pour la fin du projet.

À l’endroit de l’ABN/NB-ITTAS :

– Développer un module de renforcement des capacités des acteurs sur le modèle/protocole de collecte et de traitement des données liées aux indicateurs retenus.

– Définir clairement le mécanisme de mise à disposition des fonds pour la réalisation des activités sur le terrain.

À l’endroit du Consultant :

– Intégrer un cadre solide de suivi et d’évaluation incluant à la fois des métriques quantitatives et qualitatives dans le mécanisme de surveillance conjointe des Monts Mandara.

– Consacrer une partie du contexte et de la justification pour souligner l’aspect de l’insécurité dans les Monts Mandara.

– Ajouter des indicateurs relatifs à la gestion des conflits, au renforcement des capacités institutionnelles et à la santé environnementale.

À l’endroit des États :

– Adopter de commun accord un protocole harmonisé de collecte des données et de traitement des indicateurs de surveillance conjointe.

– Renforcer les mesures de lutte anti-braconnage.

– Harmoniser les textes juridiques entre le Cameroun et le Nigeria pour une meilleure surveillance.

– Poursuivre la mise en œuvre des projets pilotes avec les mêmes ONG ayant donné satisfaction au regard des expériences de terrain déjà acquises.

Cet atelier représente une étape cruciale pour renforcer la collaboration et la gouvernance environnementale dans la région, en intégrant des technologies innovantes et en développant des capacités locales pour une gestion durable des ressources naturelles.

Cellule communication Projet NB-ITTAS




Les Zemidjan du parc Camp Marié de Cotonou s’engagent contre la pollution plastique

Au petit matin du samedi 13 Juillet 2024, le parc Camp Marié de Cotonou a réuni zémidjan et jeunes épris de la protection de l’environnement pour une scène peu commune mais inspirante. En effet, les zemidjan, célèbres conducteurs de motos-taxis de la ville, se sont mobilisés pour une cause écologique dans le cadre du projet Kèkènon Ekolo. Cette initiative vise à lutter contre la pollution plastique et à sensibiliser la population à l\’importance de préserver notre environnement.

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Les zemidjan, reconnaissables à leurs vestes jaunes, étaient munis de gants et de sacs-poubelles, arpentant les rues et les espaces verts pour ramasser les déchets plastiques. Leurs efforts ont permis de débarrasser les zones ciblées de nombreux déchets, envoyant un message fort sur l\’importance de maintenir notre environnement propre.

Sensibilisation des riverains et ramassage de déchets plastiques avec les Zemidjan

Outre le ramassage des déchets, les zemidjan ont également donné de la voix pour la sensibilisation des populations environnantes. À chaque arrêt, ils informaient les passants sur les dangers de la pollution plastique et les encourageaient à adopter des comportements plus responsables.

\ »Voir les zemidjan ramasser les déchets et sensibiliser les populations était formidable et transmet un message fort\ », a déclaré Anas Seko, le responsables du projet. \ »Cela montre que chacun, à son niveau, peut contribuer à la protection de notre environnement.\ »

Distribution de poubelles portatives aux Zemidjan

En plus des actions de ramassage et de sensibilisation, des poubelles portatives ont été distribuées aux zemidjan. Désormais, ces petites poubelles seront à disposition des conducteurs de motos-taxis dans toute la ville de Cotonou. Cette initiative vise à éviter que les déchets plastiques ne se retrouvent dans la nature durant l\’exercice de leur métier et à sensibiliser leurs clients.

Pour rappel, le projet Kèkènon Ekolo depuis son lancement officiel le 13 avril 2024, ambitionne de faire des zemidjan des ambassadeurs du message écologique. Le projet Kèkènon Ekolo ne s\’arrête pas là. Les organisateurs ont prévu des actions régulières pour maintenir cette dynamique et étendre la sensibilisation à d\’autres quartiers de la ville. Les zemidjan sont déterminés à continuer leur mission d\’écocitoyens et à inspirer d\’autres initiatives similaires.

Megan Valère SOSSOU