Études à l’étranger : Casablanca accueille la 20e édition du Gulf Education Exhibition le 2 mai
Plus de 30 universités internationales réunies à Casablanca pour le Gulf Education Exhibition 2026
À l’heure où de plus en plus de familles marocaines s’interrogent sur les opportunités d’études à l’étranger, la 20e édition du Gulf Education Exhibition entend répondre à toutes leurs questions. Organisé le 2 mai 2026 à Barceló Casablanca, cet événement réunira plus de 30 universités internationales venues de plusieurs pays, notamment des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Europe et du Canada. L’accès se fait sur inscription avec un nombre de places limité, afin de garantir des échanges privilégiés entre visiteurs et établissements.
Pensé comme un véritable carrefour de l’orientation académique, ce rendez-vous permettra aux lycéens, étudiants et parents de rencontrer directement les représentants d’universités issues de systèmes éducatifs variés. Objectif : comparer concrètement les options, poser les bonnes questions et avancer dans son projet. Les participants pourront obtenir des informations détaillées sur les cursus, les conditions d’admission, mais aussi les bourses d’études disponibles, souvent déterminantes dans le choix d’une destination, ainsi que sur les visas et les perspectives de carrière à l’international.
Portée par les équipes d’Addictest et de Gulf Conferences, cette édition s’inscrit dans une logique d’accompagnement bien au-delà du simple événement. Acteur reconnu de l’orientation académique au Maroc, Addictest joue un rôle clé dans la préparation des étudiants : conseil personnalisé, stratégie de candidature, préparation aux tests internationaux (IELTS, TOEFL, SAT) et suivi complet des dossiers. Cette expertise de terrain permet aux visiteurs de ne pas repartir avec de simples brochures, mais avec une vision claire et actionnable de leur projet d’études à l’étranger. L’événement est soutenu par une campagne de communication multicanale, combinant street marketing, réseaux sociaux et relais médias.
« Cette 20e édition du Gulf Education Exhibition constitue une occasion unique pour les jeunes marocains de découvrir une grande diversité de parcours académiques et de dialoguer directement avec des universités internationales de premier plan. Notre ambition est d’aider les élèves et leurs familles à faire des choix éclairés pour leur avenir », a déclaré Meryam Mouniri auprès d’Addictest.
Au-delà des rencontres avec les universités, l’événement proposera un accompagnement concret, avec des informations pratiques sur les démarches administratives, les tests de langue, les équivalences de diplômes et les solutions de financement, incluant un focus spécifique sur les opportunités de bourses proposées par plusieurs établissements présents.
À travers cette initiative, Addictest et Gulf Conferences souhaitent renforcer l’accès des jeunes marocains à une information fiable, accessible et directement connectée aux attentes du marché international de l’enseignement supérieur.
Ismail Bouazar
Santé durable : l’Afrique appelle à une action collective
Plus de 200 personnes, venues de la santé humaine, animale et environnementale, se sont réunies en webinaire le 3 avril 2026. Parmi elles, des représentants d’institutions publiques, d’universités, de la société civile, des médias et des jeunes africains. Elles ont préparé le « One Health Summit » qui aura lieu le 7 avril 2026 à Lyon. Leur objectif est clair : faire avancer en Afrique l’approche « One Health », qui relie la santé des humains, des animaux et des écosystèmes.
Vue d’ensemble
L’organisation Galien Africa participe activement à cette dynamique mondiale. Elle était présente aux éditions 2023 et 2025 du forum « One Sustainable Health for All ». Elle a aussi largement contribué à l’organisation d’un forum à Dakar en 2024, marquant ainsi la volonté de l’Afrique de jouer un rôle moteur dans la promotion d’une santé durable et collaborative. Aujourd’hui, Galien Africa dirige les groupes de travail issus de ces forums et promeut une approche intégrée de la santé, avec une contribution africaine originale.
Des constats partagés
Les participants ont rappelé que les crises sanitaires, climatiques, environnementales et alimentaires actuelles montrent l’interdépendance étroite entre la santé des populations, celle des animaux et celle des écosystèmes. Ils ont réaffirmé que l’Afrique, riche de ses expériences, de ses innovations et de ses dynamiques communautaires, doit jouer un rôle central dans la construction d’un modèle mondial de santé durable, équitable et résilient. Ces constats s’inscrivent dans la continuité de la Déclaration de Lyon, adoptée en novembre 2025.
Dix engagements pour l’action
Les participants appellent les gouvernements, les institutions régionales et les partenaires internationaux à passer à l’action. Ils demandent d’abord d’institutionnaliser durablement l’approche One Health en renforçant les cadres juridiques et une gouvernance coordonnée. Ensuite, ils recommandent de développer des systèmes d’alerte précoce intégrés reliant santé, climat et environnement. Ils insistent aussi sur l’investissement dans les données et les technologies géospatiales pour mieux prévenir les crises, tout en garantissant un accès libre et équitable aux informations fiables.
Panel d’échange
Les participants veulent encourager l’innovation africaine adaptée aux réalités locales, en soutenant des solutions frugales et concrètes. Ils appellent à accélérer la production locale de solutions de santé, notamment dans les domaines pharmaceutique, vaccinal et des technologies médicales. Ils demandent également de renforcer le capital humain africain en formant des compétences capables de transformer les systèmes sanitaires et environnementaux.
Améliorer la coordination entre acteurs et initiatives est un autre point clé : il faut cartographier les actions et partager les ressources et connaissances. Les participants insistent aussi sur une participation communautaire inclusive, associant pleinement les communautés locales, les jeunes et les femmes à la conception et à la mise en œuvre des politiques One Health. Ils reconnaissent le rôle stratégique de la société civile et des médias pour la sensibilisation et la mobilisation citoyenne. Enfin, ils appellent à renforcer le leadership africain dans la gouvernance sanitaire mondiale, en portant une position coordonnée du continent dans les forums internationaux.
Délégation Galien Africa
Un appel à transformer les paroles en actes
Les participants demandent que ces engagements se traduisent par des actions concrètes, mesurables et financées. L’objectif est de faire de l’approche One Health un levier structurant pour la souveraineté sanitaire, le développement durable, la résilience climatique et l’équité en santé en Afrique et dans les pays du Sud. En adoptant cette déclaration comme un engagement commun pour un avenir plus juste, plus sûr et plus durable, ils réaffirment leur volonté de poursuivre le dialogue, de renforcer les partenariats multisectoriels et de contribuer activement aux travaux du One Health Summit de Lyon 2026.
Megan Valère SOSSOU
Gouvernance, données et innovation : le triptyque gagnant du One Health à l’africaine
Si l’approche « Une seule santé » semble parfois théorique en Occident, l’Afrique, et particulièrement le Sénégal, en a fait un laboratoire grandeur nature. Entre leadership politique, exploitation des données spatiales et production locale de solutions, le continent avance ses pions. Décryptage à travers les interventions percutantes de plusieurs experts réunis en prélude au sommet de Lyon.
L’un des principaux freins au déploiement du One Health est souvent le cloisonnement des ministères. Le Sénégal a choisi de briser ce mur en plaçant son dispositif sous l’autorité directe du Premier ministre. Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, secrétaire permanente du Haut Conseil national de la sécurité sanitaire One Health, détaille : « Notre cadre institutionnel associe l’ensemble des secteurs – santé humaine, animale, environnement – mais aussi la société civile, le secteur privé, les universités, les forces de défense et même les organisations professionnelles. C’est une gouvernance collaborative et intersectorielle. »
Pr Ibrahima Seck renforce cette analyse : « Le Sénégal est considéré comme un pays pionnier en Afrique de l’Ouest. Dès 2017, nous avons institutionnalisé cette approche. Notre force, c’est la volonté politique forte. Mais notre efficacité reste limitée par des contraintes opérationnelles et financières. » Le défi, aujourd’hui, est de transformer ce bel édifice institutionnel en résultats tangibles sur le terrain, grâce à un financement durable et une meilleure coordination.
Des satellites pour anticiper les crises
L’un des angles morts du One Health est souvent la faiblesse des systèmes d’alerte précoce. Dr Naledzani Mudau, de l’Agence spatiale sud-africaine, apporte une réponse technologique concrète : « Grâce aux images satellite, nous pouvons cartographier les habitats, même informels, et identifier les zones exposées aux vagues de chaleur ou à la mauvaise qualité de l’air. Ces données permettent aux décideurs de cibler les interventions avant que la crise ne survienne. »
M. Gerry Gimaiyo (Fondation Rockefeller) ajoute une dimension politique essentielle : « Aujourd’hui, les données climatiques et sanitaires sont cloisonnées. En intégrant ces informations – par exemple via des desks météo-santé déjà opérationnels au Sénégal, au Kenya ou en Afrique du Sud – nous pouvons passer de la réaction à l’anticipation. Mais nous sous-estimons largement l’impact des vagues de chaleur sur la santé parce que nous ne le mesurons pas. Or, ce que nous ne mesurons pas, nous ne le finançons pas. »
Produire localement pour exister
Le troisième pilier de la stratégie africaine est la souveraineté sanitaire. Pr Issakha Diallo est sans détour : « La pandémie de COVID-19 a révélé notre dépendance inacceptable aux importations de médicaments et de vaccins. L’Afrique produit moins de 20 % des médicaments qu’elle consomme. »
Sa solution : l’« innovation frugale ». « Nous avons besoin de solutions simples, robustes, peu coûteuses et réparables localement. Cela passe par des diagnostics portables, la télémédecine via mobile, et l’intelligence artificielle formée sur nos propres données. » Il appelle à former des « innovateurs sanitaires » dans les universités, et non plus seulement des cliniciens, pour endiguer la fuite des cerveaux.
Pr Francine Toumi abonde : « La souveraineté sanitaire ne se décrète pas. Elle se co-construit dans nos laboratoires, nos universités et nos politiques publiques. L’Afrique ne doit pas être un éternel consommateur. »
La leçon venue du Kenya : co-construire avec les communautés
Enfin, aucune politique ne réussit sans l’adhésion des populations. Pr Salome Bukachi raconte une histoire éloquente : « Lors de l’épidémie de fièvre de la Vallée du Rift en 2006, le gouvernement kenyan a interdit de consommer lait et viande. Mais pour les communautés pastorales, c’était leur seule source de nourriture et de revenus. Ils ont continué. L’intervention a échoué. »
La leçon est claire : « Rien pour nous sans nous. » Les communautés doivent être associées dès la conception des programmes. Les jeunes et les femmes, souvent marginalisés, doivent avoir une place centrale. « Les jeunes utilisent la musique, les défilés de mode, les sports pour sensibiliser leurs pairs. C’est une force que nous devons systématiquement intégrer », ajoute-t-elle.
l’Afrique, laboratoire d’un One Health pragmatique
À quelques jours du sommet de Lyon, les experts africains apportent une conviction forte : l’approche « Une seule santé » ne peut plus se contenter de discours. Elle exige un leadership politique au sommet, des outils technologiques pour anticiper, une production locale pour ne plus dépendre, et une inclusion réelle des communautés pour que les mesures soient acceptées. Le Sénégal, le Kenya, l’Afrique du Sud montrent la voie. Reste à convaincre les bailleurs et les États de transformer ces expériences prometteuses en politiques à grande échelle.
Megan Valère SOSSOU
Lutte contre le paludisme : Le Bénin au cœur de la « Grande Offensive » africaine malgré une conjoncture critique
Le rapport 2025 sur les progrès de la lutte contre le paludisme en Afrique, publié par l’Union africaine et l’ALMA, tire la sonnette d’alarme. Alors que les financements internationaux stagnent, le Bénin se distingue par des partenariats innovants avec le secteur privé pour maintenir la mobilisation sociale.
Les chiffres mondiaux du paludisme restent alarmants : les États membres de l’Union africaine concentrent à eux seuls 96 % des cas et 97 % des décès liés à cette maladie. Le rapport 2025 souligne que les progrès sont globalement au point mort depuis 2015, menacés par ce que les experts appellent une « tempête parfaite » : baisse de l’aide publique au développement, résistance biologique des moustiques et impact du changement climatique.
Dans ce contexte de rareté des ressources financières, le rapport cite le Bénin comme un exemple de collaboration efficace avec le secteur privé. Pour pallier la baisse de l’aide extérieure (qui a chuté de 21 % au niveau continental en 2025), le pays mise sur la communication pour le changement social et comportemental (CCSC).
Le Bénin : un modèle de mobilisation du secteur privé
Grâce à un partenariat avec CANAL+, le Bénin, aux côtés de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, bénéficie d’un soutien en nature crucial pour diffuser des messages de prévention. Cette stratégie s’inscrit dans l’initiative continentale « Zéro Palu ! Je m’engage », qui vise à faire de la lutte contre le paludisme une priorité nationale à tous les niveaux de la société.
Le Conseil des ministres du 18 février 2026, le Gouvernement du Bénin à décider de créer une Agence nationale de Lutte contre la Malaria et les Moustiques. Elle est placée sous la Présidence de la République.
Le rapport exhorte les États, dont le Bénin, à renforcer leur souveraineté sanitaire. Cela passe par lamobilisation des ressources nationales. L’UA encourage la création de « Conseils et Fonds pour l’élimination du paludisme » pour coordonner l’action multisectorielle et attirer des investissements locaux.
Le déploiement de moustiquaires de nouvelle génération (à double substance active) s’accélère. En 2025, elles représentaient 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 États membres, offrant une protection 55 % supérieure face aux moustiques résistants.
Pour réduire la dépendance aux importations (95 % des médicaments sont actuellement importés en Afrique), des discussions sont en cours pour transférer les technologies de fabrication sur le continent.
Des innovations technologiques pour lutter contre le paludisme
Face à la « tempête parfaite » de défis financiers et biologiques, l’Afrique déploie une nouvelle génération d’outils innovants qui transforment la riposte sur le terrain :
La lutte contre le paludisme a franchi un cap historique avec le déploiement massif des vaccins. En 2025, 24 États membres ont introduit ou commencé à déployer les deux vaccins approuvés par l’OMS pour les enfants de moins de 5 ans. L’échelle de distribution a explosé, passant de 10,5 millions de doses en 2024 à 28,3 millions de doses en 2025. De plus, la recherche s’accélère avec l’évaluation de vaccins à ARNm, dont l’un est déjà en essais cliniques, promettant de cibler plusieurs stades du parasite pour une efficacité accrue.
Pour optimiser la gestion des sources larvaires, plusieurs pays comme le Sénégal, le Rwanda, le Kenya et Djibouti testent désormais l’utilisation de drones. Ces appareils permettent une application plus précise et efficace des traitements antilarvaires dans des zones difficiles d’accès.
Pour contrer la résistance des moustiques aux insecticides classiques, les États membres généralisent l’usage des moustiquaires à double substance active (pyréthroïde-chlorfénapyr). Ces moustiquaires sont 55 % plus efficaces que les modèles traditionnels. En 2025, elles représentaient déjà 74 % des moustiquaires distribuées dans 39 pays africains.
Une innovation majeure introduite en 2025 concerne les répulsifs à diffusion spatiale préqualifiés par l’OMS. Ces dispositifs libèrent des principes actifs dans l’air pour tuer les moustiques ou les empêcher de piquer, offrant une protection supplémentaire en complément des moustiquaires.
Des recherches se poursuivent sur le forçage génétique, une technologie visant à réduire les populations de moustiques ou à les rendre incapables de transmettre le parasite. Parallèlement, 29 nouveaux outils de diagnostic sont en développement pour détecter les mutations du parasite et les porteurs asymptomatiques, essentiels pour les régions proches de l’élimination.
La technologie ne se limite pas aux produits physiques ; elle concerne aussi la gestion de l’information. Les États membres utilisent désormais des outils numériques et l’intelligence artificielle pour optimiser l’utilisation des ressources limitées comme les Cartes de Score (Scorecards) et la surveillance climatique.
Un défi économique majeur
L’enjeu n’est pas seulement sanitaire, il est économique. Le rapport prévient qu’une réduction continue des financements pourrait entraîner une perte de 37 milliards de dollars de PIB pour l’Afrique d’ici 2030. Pour le Bénin, l’intégration de la lutte contre le paludisme dans les plans de développement nationaux et la transparence dans la gestion des fonds des aspects que nous avons abordés précédemment concernant les obligations des associations deviennent des remparts essentiels contre la maladie.
Comme l’a souligné la présidence de l’ALMA, « le chemin à parcourir est semé d’embûches, mais nous avons le pouvoir de le relever ». Le Bénin, par ses initiatives de plaidoyer et ses partenariats médias, montre qu’une riposte intégrée est possible, même en temps de crise.
Megan Valère SOSSOU
Ange-Marie Nicodème ESSE remporte le prestigieux King Hamad Award pour la Paix et l’Action des Jeunes
De plus de 8 000 candidatures mondiales à un seul lauréat dans sa catégorie : le Bénin brille sur la scène internationale.
Face à plus de 8 000 prétendants venus des quatre coins du monde, c’est un jeune Béninois qui a tiré son épingle du jeu. Ange-Marie Nicodème ESSE, fondateur de l’organisation Health Access Initiative (HAI), a été officiellement désigné lauréat du King Hamad Award for Youth Empowerment to Achieve the Sustainable Development Goals, dans la catégorie « Youth Action – Peace Award ». Une consécration qui place le Bénin sous les projecteurs de l’engagement citoyen mondial.
Le Royaume de Bahreïn a abrité, le 15 février dernier, la cérémonie officielle de remise du King Hamad Award for Youth Empowerment to Achieve the Sustainable Development Goals. Cet événement de prestige a réuni des leaders internationaux, experts et décideurs engagés pour l’Agenda 2030, venus célébrer l’excellence de la jeunesse dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Parmi les heureux lauréats, un nom a particulièrement retenu l’attention : celui du Béninois Ange-Marie Nicodème ESSE. Sa distinction dans la sous-catégorie « Youth Action – Paix » revêt une saveur particulière, tant la compétition fut rude.
Un parcours semé de 8 000 embûches
Le King Hamad Award est réputé pour son processus de sélection extrêmement rigoureux. Cette année, plus de 8 000 candidatures ont été enregistrées à l’échelle mondiale. Un premier filtre drastique a permis de réduire ce nombre impressionnant à seulement 300 dossiers. Puis, après une analyse minutieuse, le jury international n’a retenu que 18 finalistes mondiaux, répartis dans différentes sous-catégories.
C’est dans ce cercle très fermé qu’Ange-Marie Nicodème ESSE a su convaincre. Face à lui, des projets venus des cinq continents, tous aussi ambitieux les uns que les autres. Mais c’est finalement le Bénin qui est reparti avec le trophée dans la catégorie « Youth Action – Peace Award », un exploit qui force l’admiration.
Health Access Initiative, l’innovation sociale au service des vulnérables
Derrière ce prix se cache le travail de fond mené depuis plusieurs années par Ange-Marie Nicodème ESSE à travers Health Access Initiative (HAI). L’organisation a développé une approche innovante et holistique pour répondre aux défis sociaux majeurs du Bénin.
Ange-Marie ESSEAnge-Marie ESSE
Parmi ses actions phares, on retrouve la mise en place de salles d’écoute communautaires, des espaces sécurisés où les jeunes et les femmes peuvent se confier et trouver du soutien. HAI mène également un combat acharné contre les violences basées sur le genre, tout en promouvant activement la santé sexuelle et reproductive. L’association ne s’arrête pas là : elle œuvre aussi pour l’autonomisation juridique des plus vulnérables, leur donnant les clés pour comprendre et défendre leurs droits.
Cette combinaison unique d’actions fait de HAI un acteur incontournable du développement local et un modèle inspirant pour toute une génération.
« L’innovation sociale africaine a toute sa place »
Pour le nouveau lauréat, cette reconnaissance dépasse largement le cadre personnel. Interrogé à l’issue de la cérémonie, Ange-Marie Nicodème ESSE a livré une déclaration empreinte de fierté et de lucidité :« Cette reconnaissance mondiale prouve que l’innovation sociale africaine a toute sa place dans les grandes discussions internationales. »
Un message fort qui résonne comme un appel à la jeunesse du continent à oser, à innover et à croire en sa capacité à changer le monde.
Cette distinction est multiple. C’est d’abord une victoire pour le Bénin, qui voit son drapeau flotter haut dans le ciel de Bahreïn et inscrit son nom au panthéon des nations lauréates de ce prix sélectif. C’est ensuite une victoire pour la jeunesse béninoise et africaine, qui prouve que l’audace et l’engagement peuvent mener aux plus hautes distinctions internationales. C’est enfin une victoire pour la paix, car le travail d’Ange-Marie Nicodème ESSE et de Health Access Initiative contribue, à son échelle, à construire des communautés plus apaisées, plus justes et plus égalitaires. Le Bénin peut être fier. La relève est assurée, et elle rayonne déjà sur le monde.
Megan Valère SOSSOU
Climate Justice : A new generation of climate reporters emerges in Benin
Thirty young Beninese activists and journalists gathered in January 2026 at the Hôtel Le Doppel in Bohicon for the Benin Youth Climate Reporting Academy project. This initiative by the Save Our Planet NGO aimed to strengthen the capacities of these young people from Bassila, Parakou, Abomey, Calavi, Ketou, Porto-Novo, Savalou, Zogbodomey, and Bohicon. For trainer William Tchoki, this approach is essential : « The more of us there are talking about the environment, the more we can impact the population on environmental issues. »
Vue d’ensemble
During the training workshop, participants learned about the challenges of climate change, climate justice, and storytelling and media production technique. Anna Tchagnonsi, a student and activist, recalls a key definition: « This day taught me a lot… I was able to note… that when we talk about climate change, we must note that it is an increase in the earth’s average temperature and it is caused by the emission of greenhouse gases. »
The training was delivered by a quartet of experts: Megan Valère Sossou, environmentalist; Rachida Yenoukounme Houssou, journalism consultant; Dr. William Tchoki, environmental journalist; and Modeste Glin, radio journalist. Trainer Rachida Yenoukounme Houssou emphasized suitable formats : « The news report : more concrete, you see certain realities firsthand… Interviews : short video or audio… An image that conveys a lot. »
The academy combined theory and practice with a field visit to a rainwater harvesting site under the Program for Urban Adaptation to Climate Change (PAVICC) in Bohicon. For Sylvain Ecatcho from Bassila, this training is crucial : « I believe this training comes at just the right time to address some problems that my community… faces due to climate change. It will lead me to produce journalism that will… lead the population to change its behavior. »
Following this immersion, each participant received individual coaching. Daré-Montan Dossoumon, a journalist participant, now feels equipped: « Today I am able to identify a problem in my society and solve it through journalistic production that addresses an aspect of climate. »
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The workshop culminated in the official creation of a Beninese Network of Young Climate Reporters, led by a coordination team of three elected members and three regional representatives, including Anna Tchagnonsi for the North. For her, the mission is clear: « To better reach our audience, we must provide solutions after identifying the problems. »
Supported by the Earth Rising Foundation and the Arete Arts Foundation, the project plans to award prizes for the best productions with work equipment.
Atelier de formation
William Tchoki praised this initiative : « It is a major step that Save Our Planet has taken by providing the basics of understanding to our young colleagues. » He insists on specialization: « I insisted on this question of specialization… the environment is an issue that touches every aspect of human life… if more of us talk about it, we will undoubtedly impact a lot of people. »
Rachida Yenoukounmè Houssou, for her part, appreciated the diversity of profiles : « It’s a good mix… it’s time for [the activists] to learn the rules of content production. » An opinion shared by activist Aurelle Kouagou: « I especially appreciated our sessions on content production techniques in a climate context. After this workshop, I will be able to debate on subjects concerning the climate and the environment. »
Honella Adogbo-Medagbe
Pose de la première pierre du resort Bouskoura Park: La Naissance d’une nouvelle destination d’exception au cœur de la ville verte
La province de Nouaceur a procédé, ce mardi, à la pose de la première pierre du Resort Bouskoura Park, un projet structurant qui marque une nouvelle étape dans le développement touristique, économique et urbain de Bouskoura Ville Verte, dans la région de Casablanca.
Bouskoura Park
La cérémonie s’est tenue en présence des autorités et de nombreuses personnalités, dont M. Jalal Benhayoun, Gouverneur de la Province de Nouaceur, M. Abdellatif Mazouz, Président de la Région Casablanca-Settat, M. Salmane Belayachi, Directeur Général du CRI Casablanca-Settat, et M. Imad Barrakad, Directeur Général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), ainsi que de M. Ramsay Rankoussi et de M. Erwan Garnier, représentants du Radisson Hotel Group.
Bouskoura Park s’inscrit dans une dynamique territoriale ambitieuse, en phase avec l’évolution de Casablanca en tant que poumon économique du Royaume. Pensé comme un resort urbain intégré, le projet a vocation à devenir une destination de référence, conjuguant hôtellerie haut de gamme, tourisme d’affaires, bien-être, culture, loisirs et services, au cœur d’un environnement naturel préservé. Ce projet représente un investissement global de plus de 300 millions de dirhams et devrait générer plus de de 500 emplois directs et indirects, renforçant ainsi son impact économique et territorial à l’échelle régionale.
Dans un contexte où le Maroc confirme son positionnement comme destination touristique majeure à l’échelle régionale et internationale, Bouskoura Park s’inscrit dans les orientations nationales visant à renforcer l’offre touristique, l’attractivité des territoires et à promouvoir un tourisme durable, responsable et créateur de valeur. Le projet répond également aux besoins croissants de la région en matière d’infrastructures d’accueil pour les grands événements.
Implanté sur une assiette foncière de plus de 5,3 hectares, face au Golf Casa Green Town et à proximité immédiate de la forêt de Bouskoura, le complexe bénéficie d’un emplacement stratégique au sein de l’un des principaux poumons verts de la région. Il se situe à moins de 20 minutes de l’aéroport international Mohammed V et à proximité directe des grands pôles économiques, notamment Casablanca Finance City.
6_Bouskoura Park
Le projet s’inscrit dans une démarche environnementale exigeante et est engagé dans un processus de certification HQE, traduisant une volonté affirmée d’intégration durable et responsable.
Le programme prévoit :
un Hôtel 5 étoiles Radisson Blu de 119 chambres,
un Centre de conférences et d’événements premium de plus de 4 000 m²,
un Business center intégrant des espaces de restauration, de services et de loisirs,
ainsi qu’un pôle Sport & Wellness comprenant un bâtiment Fitness & Spa et des équipements sportifs.
À travers ce projet, Radisson Hotel Group confirme son engagement en faveur du développement hôtelier de qualité au Maroc et en Afrique du Nord. Présent dans plus de 100 pays, le Groupe opère un portefeuille de marques reconnues, couvrant l’ensemble des segments de l’hôtellerie premium et lifestyle. Son approche repose sur une création de valeur durable, un ancrage local fort et une attention constante portée à l’expérience client, à la performance des actifs et à l’intégration responsable des projets dans leur environnement.
5_Bouskoura Park
Bouskoura Park entend accompagner la transformation de Bouskoura Ville Verte et contribuer durablement au rayonnement économique, touristique et environnemental de la région de Casablanca, en proposant un équipement structurant, utile au territoire et pensé dans une logique de long terme.
« Bouskoura Park a été conçu comme une destination à part entière, en parfaite cohérence avec l’identité écologique de Bouskoura Ville Verte et le rayonnement économique, touristique et environnemental de la région de Casablanca. Le partenariat avec le groupe international Radisson pour le développement du Radisson Blu Hotel & Conference Center Casablanca Bouskoura s’inscrit pleinement dans cette ambition. Notre objectif est de créer un lieu durable, ouvert et fédérateur, à la fois apaisant et fonctionnel, capable de répondre aux attentes des habitants, des touristes, des entreprises, des institutions et des visiteurs », déclare Amr Chegdali, Directeur Général de Bouskoura Park.
« Le Maroc est aujourd’hui l’un des marchés les plus dynamiques et structurants de la région, avec une vision claire en matière de développement touristique et territorial. Le projet Bouskoura Park illustre parfaitement cette ambition, en combinant qualité hôtelière, durabilité et intégration urbaine. Nous sommes fiers d’accompagner ce développement à travers l’implantation du Radisson Blu Hotel & Conference Center Casablanca Bouskoura, un établissement conçu pour répondre aux standards internationaux tout en valorisant l’identité et le potentiel du territoire », déclare Ramsay Rankoussi, Regional Chief Development Officer, Radisson Hotel Group
Bouskoura Park Resort remercie l’ensemble de ses partenaires, ainsi que les autorités locales et nationales, pour leur accompagnement, leur confiance et leur engagement dans la concrétisation de ce projet structurant, visant à contribuer à la dynamique nationale de développement touristique et territorial portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.
Megan Valère SOSSOU
JARCOMED Project Launch: Community Botanical Gardens to Safeguard Benin’s Medicinal Heritage
The NGO Save Our Planet officially launched the Community Botanical Gardens for Medicinal Plant Conservation project, known as JARCOMED, this Thursday in N’Dali. Supported by the Re-Earth Initiative, this one-year project will be deployed in the communes of N’Dali and Tchaourou, with the ambition of preserving Benin’s medicinal biodiversity and traditional knowledge.
Launch of the JARCOMED Project
The inauguration ceremony, co-chaired by the Mayor of N’Dali and the President of Save Our Planet, Ms. Aichatou Balla, had a dual purpose: the official launch of JARCOMED and the collective validation of results from focus groups previously organized in the two communes.
In his opening speech, the Mayor of N’Dali, Daouda SAKA MERE, underscored the fundamental importance of this initiative: « On this important day, it is with great honor and deep satisfaction that I stand before you to officially launch the JARCOMED project. Our land, our environment, and the knowledge they hold constitute an invaluable heritage. »
He insisted on the relevance of the chosen approach: « This is why the initiative led by the NGO Save Our Planet, in partnership with all of you, resonates strongly. It does not come from outside to impose a solution on us, but it builds on your knowledge, your experience, and your commitment. This is a project by and for the community. »
A Launch Under the Banner of Institutional and Community Commitment
Reaffirming the total support of local authorities, the Mayor declared: « I wish to reaffirm our total institutional support for this initiative. We will ensure to facilitate the necessary steps, secure the sites that will be chosen together, and accompany this project towards its full success. »
President of the NGO Save Our Planet and the Mayor of N’dali
In her address, Ms. Aichatou Balla, President of Save Our Planet, presented the project’s philosophy: « We firmly believe that solutions to the great challenges of our time whether climate change, biodiversity loss, or inequalities in access to healthcare can only be sustainable if they are locally rooted, community-driven, and respectful of ancestral knowledge. »
She described JARCOMED as a response to « a simple but alarming observation: all over the world, and right here, plants with unique medicinal virtues are disappearing, taking with them centuries of knowledge and an essential part of our natural and cultural heritage. »
The Botanical Garden: More Than Just a Cultivation Space
The Mayor shared his transformative vision for the project: « This garden will be much more than a cultivation space. It will be: a place of memory, where our children can learn the names and virtues of plants that our elders know so well; a tool of resilience, to preserve our autonomy in the face of health and environmental challenges ; a lever for development, by creating sustainable opportunities for our community. »
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Concrete Results Validated by the Community
The ceremony served as the framework for the official validation of conclusions from participatory consultations. Participants approved the priority list of 30 species of medicinal plants threatened with extinction, as well as the specific sites to host the botanical gardens in N’Dali and Tchaourou.
« Your contributions during the focus groups have already traced the first paths, »reminded Ms. Balla, emphasizing that « the NGO Save Our Planet does not position itself as a lecturer or a solo executor. Our role is that of a facilitator, an accompanist, and a partner. »
A Call for Collective Action
The Mayor issued « a solemn call to each one of you: healers, farmers, youth, women, men, all holders of knowledge or a will to act. Get fully involved. Your voice matters. Your choices will guide the actions to come. »
He concluded on a note of collective ambition: « Together, let’s make this JARCOMED project a collective success, which can inspire far beyond our borders, » before officially declaring the project open in the territory.
An Initiative Welcomed by Communities
Participants from N’Dali and Tchaourou unanimously praised the project’s relevance and the participatory methodology employed. « This initiative comes at the right time. It will allow us to strengthen our medicinal biodiversity and improve our well-being through sustainable access to these resources, » testified a traditional healer present.
Thanks to this preparatory work and the joint commitment of the authorities, the NGO, and the communities, the JARCOMED project starts on solid foundations, promising to preserve a precious natural and cultural heritage for current and future generations.
Hornella Adogbo-Medagbe
Intelligence Artificielle au Bénin : L’ONG Save Our Planet et ses partenaires plaident pour l’inclusion
Un forum national tenu à Cotonou le 29 novembre 2025 a permis de valider dix recommandations majeures issues de consultations locales citoyennes, visant à ancrer le développement de l’IA dans les réalités et les besoins des communautés.
Comment garantir que la révolution de l’Intelligence Artificielle (IA) profite à tous et n’accentue pas les fractures sociales ? C’est à cette question cruciale qu’a répondu le forum national organisé par l’ONG Save Our Planet, le samedi 29 novembre 2025 au Chant d’Oiseau à Cotonou. L’événement, qui a mobilisé des acteurs du secteur privé, de la société civile, des universités et des représentants de l’État marque l’aboutissement d’un vaste processus consultatif pour un développement inclusif et éthique de l’IA au Bénin.
Ouverture officielle
À l’ouverture des travaux, Megan Valère Sossou, Directeur Exécutif de Save Our Planet, a présenté ce forum comme « l’aboutissement d’un processus participatif inédit ». Depuis septembre 2025, des consultations menées dans le Nord (Parakou), le Centre (Bohicon) et le Sud (Porto-Novo) ont permis de recueillir « les attentes fortes et les préoccupations légitimes des populations » sur ce sujet stratégique. Il a rappelé l’objectif triple de la rencontre : partager les enseignements des consultations, enrichir le dialogue sur les implications éthiques et sociétales de l’IA, et valider des recommandations pour une gouvernance inclusive.
Nécessité de placer l’humain au cœur de la technologie
Pour Laetitia Badolo, Directrice du Plaidoyer et de l’Impact à Niyel (partenaire du projet), ce dialogue est vital. « Dans un contexte où l’IA redéfinit les services publics et les modes de vie, il est essentiel que les citoyens, les communautés locales, les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables puissent exprimer leurs attentes […] Ce sont ces contributions qui permettent d’ancrer les politiques publiques dans la réalité », a-t-elle souligné. Ce forum constitue ainsi une étape clé pour porter cette voix citoyenne au niveau institutionnel.
Le représentant du Ministère du Numérique et de la Digitalisation, Martial Ahehehinnou, a salué « l’initiative remarquable » de l’ONG, soulignant sa cohérence avec la Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle et des Mégadonnées portée par le gouvernement.
Panel d’échange
Décryptage des enjeux et vigilance citoyenne
Un panel d’échanges animé par Dr Mireille ODOUNFA, Experte en IA et Agriculture, et Martial Ahehehinnou, a permis de décortiquer les implications concrètes de cette technologie. L’accent a été mis sur la nécessité de l’orienter vers la résolution des défis locaux.
Pour Fulbert Adjimehossou, Consultant Formateur, l’intelligence artificielle doit être plus humaine, servir les besoins socioéconomiques, sanitaires, agricoles, que de rester simplement une technologie. Un avis partagé par les participants comme Serge Anagonou : « Il n’est plus possible de se passer de l’IA […] Si nous devons prendre part à cette révolution, nous devons la recadrer, la revoir sur le plan national afin qu’elle réponde à nos réalités. »
Pour des participants comme Géraud Koudakpo et Floriane Aikobinou, la sortie est nette : ils sont désormais « mieux aguerris sur les enjeux de l’IA et de la nécessité de la rendre plus inclusive ».
Dix piliers pour une feuille de route inclusive
Message du partenaire
L’aboutissement concret du forum a été l’amélioration et la validation par consensus de dix recommandations phares. Celles-ci dessinent une feuille de route articulée autour de plusieurs axes fondamentaux : Une gouvernance nationale et multipartite incluant tous les acteurs; le renforcement de la littératie technologique et de la formation pour tous; l’impératif de transparence, de responsabilité et de régulation des systèmes d’IA; une priorisation sectorielle (santé, agriculture, éducation) axée sur l’équité; une gouvernance des données protectrice des droits des citoyens et le renforcement de la coopération internationale solidaire.
ParticipantsVue d’ensemble
Ce projet de plaidoyer, soutenu par l’agence Niyel et financé par le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) et le UK International Development, pose les premières pierres d’un modèle béninois de développement de l’IA, où la technologie est mise au service de l’inclusion et du progrès humain.
Laura Leke
Nutrition : le Projet CASCADE fait des femmes des actrices de changement dans les foyers ruraux
À l’ombre des baobabs et manguiers dans les communes de l’Atacora et du Borgou, un mouvement discret mais puissant prend racine : celui des femmes qui cultivent l’avenir par la force de leurs mains. Grâce à l’approche FFBS (Farmers Field and Business School) du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE Bénin-Togo et GAIN, avec l’appui opérationnel des ONG ERAD et SIAN’SON et l’appui institutionnel des autorités locales et acteurs stratégiques aux niveaux décentralisés (Mairie, DDAEP, C-GUPS, ATDA, CCeC), des femmes membres de coopératives locales ont transformé leur quotidien en cultivant l’autonomie, une graine à la fois.
Femme dans un champs de Mais
Jardins de case, potagers communautaires, champs de maïs enrichis au compost naturel, transformation, production et vente de farines enrichies sont des activités mises en place par ces dames qui réinventent leur quotidien face à l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Ces espaces de production ne sont pas seulement agricoles, ils sont aussi sociaux, économiques et écologiques. De la tomate au piment en passant par les légumes tels que la carotte, les feuilles de laitues, les choux, le gombo, la grande morelle, ainsi que l’arachide, les lentilles, le niébé et bien d’autres produits vivriers, les femmes y font elles-mêmes les pépinières, installent des grillages pour protéger leurs cultures, et adoptent des pratiques agroécologiques durables. Malgré les défis auxquels elles sont confrontées chaque jour à savoir les inondations, la sécheresse, le manque d’infrastructures pour le stockage des produits vivriers, elles persistent, innovent et s’organisent de manière à utiliser les ressources issues de ces productions pour nourrir leurs familles, générer des revenus et renforcer la place des femmes dans les dynamiques communautaires. Dans ces localités, la terre devient source de résilience.
De la terre à l’assiette…
Dans ces coopératives, une partie des récoltes issues des jardins de case, potagers et champs de maïs est directement utilisée dans les foyers, assurant aux familles une alimentation plus saine, plus variée et plus régulière. Des légumes riches en nutriments sont intégrés aux repas afin que ceux-ci soient plus équilibrés et assure le plein de croissance aux tout-petits. Cette autosuffisance alimentaire réduit également la dépendance aux marchés.
“Je ne demande plus de l’argent à mon mari pour l’achat de produits vivriers. Mon jardin me donne ce qu’il faut. J’utilise donc les produits issus de ma récolte pour faire nos repas et cela me permet de savoir que nous consommons des aliments sains et renforce mon rôle au sein du foyer à travers les prises de décisions dans le ménage du fait que j’ai également un apport.” témoigne Adiza DANKORO, membre de la coopérative SURU TIM A de Nikki.
La terre, pour générer des revenus et être autonome…
Outre les repas quotidiens, les produits vivriers issus des récoltes alimentent aussi des marchés locaux, et servent également pour des projets de transformation artisanale.
Dans la localité de Boukombé, les femmes de la coopérative MARANATHA ont procédé à la transformation de l’arachide en farine enrichie, en y ajoutant du soja, de la noix de cajou et du maïs grillé. Ce mélange, riche en protéines et en lipides, est utilisé pour nourrir les enfants en bas-âge et lutter contre la malnutrition.
Solange N’DAH, membre de la coopérative MARANATHA à Boukombé partage avec nous son expérience, ses motivations et les résultats concrets de ce projet de transformation agroalimentaire.
« Avec la farine que je prépare moi-même, je peux nourrir mon bébé sans trop dépenser. Je recommande également cette farine aux femmes dont les enfants sont malnutris qui en achètent auprès de notre coopérative pour nourrir leurs enfants. Cela a servi à accroître le chiffre d’affaires de notre coopérative cette année et je suis convaincue qu’à la fin de ce cycle, le bénéfice que nous partagerons qui était de 100 000F CFA l’an dernier pourrait atteindre 400 000F CFA grâce à la vente de la farine enrichie. »
Hormis la production agricole, le rendement agricole est également favorable à ces femmes, grâce aux techniques de l’approche FFBS qui globalement est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Dans toutes les localités, on note une augmentation de la production agricole. À Tempégré dans la commune de TOUCOUNTOUNA, Pauline, présidente de la coopérative YERINAYO nous assure que pour une récolte d’un demi-hectare l’année dernière qui lui a donné une production de 4 sacs de maïs, elle est passée à une production de 6 sacs de maïs cette année, rien qu’avec le huitième de l’hectare en n’utilisant que du compost pour la semence qui assure également une meilleure conservation des produits.
Les potagers au service des cantines scolaires…
À Boukombé et Nikki, la solidarité pousse aussi dans les jardins. Bien que disposant de moyens financiers limités, les femmes des coopératives locales ont trouvé une manière concrète de soutenir les cantines scolaires : elles offrent une partie de leurs récoltes pour nourrir les enfants.
Ce geste, né d’un élan communautaire de solidarité, répond à la réalité préoccupante de nombreux élèves qui ne peuvent s’acquitter de la modeste contribution journalière de 25 francs CFA pour leur repas. Les femmes ont donc décidé d’agir, afin de soutenir la contribution journalière de certains enfants.
“Nous savons ce que c’est que d’avoir faim. Si nos enfants ne mangent pas, ils ne peuvent pas apprendre. Alors, ensemble avec les femmes des coopératives, on donne ce qu’on peut et on contribue aussi à la qualité hygiénique des repas de nos enfants ”, explique Awoulatou ADEWOBI ISSIFOU, présidente AME (Association des Mères d’élèves) et membre d’une coopérative à Nikki.
Les produits vivriers issus des jardins de case et des champs communautaires sont acheminés vers les écoles, parfois de façon informelle, parfois dans le cadre d’un partenariat avec les responsables des cantines. Ce soutien permet de compenser les déficits alimentaires et de soutenir les femmes qui s’attèlent à la cuisine pour garantir un repas chaud par jour aux enfants.
Au-delà de l’impact nutritionnel, cette initiative renforce les liens entre les coopératives et les établissements scolaires, tout en valorisant le rôle des femmes.
Les potagers qui soignent…
En plus des légumes et céréales destinés à l’alimentation, certaines femmes cultivent également des plantes aux vertus médicinales, héritées de savoirs traditionnels transmis de génération en génération.
Feuilles de neem, citronnelle, basilic africain, feuilles d’hibiscus blanc… Ces plantes sont précieusement entretenues, récoltées et transformées en infusions. Elles sont utilisées pour soulager les fièvres, les douleurs abdominales, certaines infections respiratoires ou encore les troubles digestifs. Dans des zones où l’accès aux soins médicaux reste limité, ces remèdes naturels jouent un rôle essentiel.
Ce volet médicinal des potagers renforce l’autonomie sanitaire des familles, tout en valorisant les savoirs locaux. En cultivant ces plantes, les femmes ne font pas que perpétuer une tradition : elles adaptent leurs pratiques à leurs besoins, avec une approche intégrée de la santé, où l’agriculture devient un outil de prévention et de soin.
Grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE, financé par le ministère des Affaires étrangères du royaume des Pays-Bas, les femmes des communes de l’Atacora et du Borgou demeurent des modèles de résilience. Leur engagement silencieux mais puissant redéfinit les rôles, renforce les solidarités et montre la capacité de ces femmes à transformer des ressources simples en solutions durables.